📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Romains 8, 31-39
DE LA LETTRE AUX ROMAINS
Texte
31 Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?
32 Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ?
33 Qui se fera l’accusateur de ceux que Dieu a élus ? C’est Dieu qui justifie.
34 Qui donc condamnera ? Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je ? ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous ?
35 Qui nous séparera de l’amour du Christ ? la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ?
36 selon le mot de l’Écriture : A cause de toi, l’on nous met à mort tout le long du jour ; nous avons passé pour des brebis d’abattoir.
37 Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés.
38 Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances,
39 ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.
Commentaire
1. Situation
La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.
Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).
C’est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.
Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.
Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.
En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.
Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).
La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)
A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).
Selon le premier découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, Paul développe ensuite une 2ème série d’arguments autour d’un 2ème thème : L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39).
Ce thème est successivement : annoncé (le chrétien, justifié par la foi, réconcilié à Dieu, sera sauvé : 5, 1 - 11), puis expliqué (la vie chrétienne apporte une triple libération : du péché et de la mort, en 5, 12 - 21, de l’homme lui-même, désormais uni au Christ, en 6, 1 - 23, de la Loi, en 7, 1 - 25), enfin développé (la vie chrétienne est vie dans l’Esprit, destinée à la gloire, selon la force de l’Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu, dont nous devons chanter l’amour indéfectible : 8, 1 - 39).
Avec cette page nous continuons notre avancée dans le 3ème et dernier aspect de cette 2ème série d’arguments.
Il nous y est donné maintenant de découvrir la qualité extraordinaire du don de Dieu qui nous est proposé dans l’Esprit Saint que nous avons reçu, et que nous présente tout ce chapitre 8, qui est incontestablement le “sommet” de cette Lettre de Paul aux Romains.
La vie chrétienne est une vie dans l’Esprit et elle est destinée à la gloire. En un premier temps, Paul a montré que c’est bien l’Esprit qui donne puissance et dynamisme à une existence selon le Christ (8, 1 - 13).
Dans le 2ème temps de ce chapitre 8, où se situe la plus grande partie de notre page, Paul nous annonce la transformation radicale qu’opère en nous l’Esprit, qui nous fait devenir enfants de Dieu (8, 14 - 30).
Vient ensuite le temps de la conclusion sous la forme d’une hymne à l’amour de Dieu, révélé par le Christ, manifesté pour nous dans l’Esprit (8, 31 - 39).
C’est cette hymne que nous lisons ce jour.
2. Message
Dans cette hymne finale, Paul résume et synthétise l’essentiel du message qu’il vient de nous donner de façon détaillée tout au long de ce chapitre 8.
Cette hymne grandiose se fonde sur la conviction la plus profonde que, dans l’envoi, la mission de Parole et de miséricorde, la mort et la résurrection du Christ (événement qui nous est communiqué dans le don de l’Esprit), Dieu a vraiment fait pour nous le maximum envisageable, au point qu’on ne voit pas comment il aurait pu aller plus loin dans le dépassement du don qu’il nous fait ainsi de lui-même.
En conséquence, toute la faveur de Dieu nous est acquise au-delà de toute mesure. Dieu nous est présenté comme Celui qui justifie qui lui fait confiance dans la foi, et comme Celui qui manifeste sa miséricorde infinie dans l’événement du Christ.
L’obéissance totale du Christ au Père, et son service, aussi total, de ses frères et soeurs que nous sommes, nous révèlent qu’il nous a aimés de cet amour de Dieu qui nous a aimés le premier, tout-à-fait gratuitement.
Dans cet amour, dont rien ne peut nous séparer, aucun obstacle, si grand serait-il ou paraîtrait-il être, ne saurait l’emporter.
3. Decouvertes
Les huit premiers chapitres de cette Lettre aux Romains atteignent leur sommet dans cette hymne de conclusion du chapitre 8. Paul y utilise un langage dramatique qui rappelle Isaïe, 50, 7 - 8.
Paul souligne ici l’énorme disproportion entre les apparences de notre existence terrestre et la réalité spirituelle qui nous habite.
Pour les croyants, le seul indicateur véritable de leur situation est l’amour de Dieu démontré dans l’attitude de Jésus, engagé dans sa mission jusqu’à la mort de la croix, moment suprême de son amour et de son obéissance.
Au verset 32, Paul constate que Dieu a fait pour nous avec Jésus ce qu’Abraham avait fait en Genèse, 22, 12, en n’hésitant pas à livrer son fils Isaac. La différence est cependant que Dieu, à travers l’engagement obéissant de Jésus jusqu’à mourir effectivement sur la croix pour le service de la Vérité du salut (sans aucune substitution de dernière minute comme cela s’était passé pour Abraham), Dieu, nous a, de fait, livré son Fils unique, sa Parole faite chair.
Par notre ouverture à Dieu dans la prière et par le “OUI” de notre obéissance à sa volonté, la victoire du Christ et sa conquête du monde selon l’achèvement du projet de Dieu, qu’il réalise, nous sont donnés en pleine participation.
4. Prolongement
On ne peut ren ajouter à une pareille hymne.
Il ne nous reste qu’à la laisser se chanter en nous, dans l’Esprit Saint qui nous a été donné, et dans le silence de notre coeur, “saisi” par, et dans, ce mystère du don de Dieu.
“Si tu savais le don de Dieu” nous y redit Jésus, comme à la femme de Samarie (Jean 4)…
Prière
*Seigneur Jésus, non, vraiment, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en toi : renforce-moi dans cette conviction qui doit toujours m’habiter davantage et illuminer de ta Lumière tous les instants de mon existence humaine passagère, lieu où tu nous me rejoins, comme tu le fais pour tous mes frères et soeurs, pour nous conduire au Père dans le partage de la gloire que tu as toi-même reçue de lui. AMEN.
30.10.2003.*
Évangile : Luc 13, 31-35
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
31 A cette heure même s’approchèrent quelques Pharisiens, qui lui dirent : ” Pars et va-t’en d’ici ; car Hérode veut te tuer. “
32 Il leur dit : ” Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé !
33 Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.
34 ” Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes…, et vous n’avez pas voulu !
35 Voici que votre maison va vous être laissée. Oui, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu’à ce qu’arrive le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! “
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses disciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.
L’on divise habituellement toute cette marche en 3 séries d’instructions que Jésus donne de diverses façons à l’ensemble de ses disciples :
- la 1ère série d’instructions se déroule de 9, 51 à 13, 21,
- la 2ème série de 13, 22 à 17, 10,
- la 3ème, de 17, 11 à 19, 27.
Toutes ces instructions ne visent qu’un seul thème : quel est le sens de notre chemin à parcourir avec Jésus, de ce qu’on appelle “la Voie” chrétienne, ou la “route avec le Christ” ?
Donc, au cours de cette montée vers Jérusalem (9, 51 - 19, 27),Jésus a commencé une 2ème série d’instructions données à ses disciples au fil des occasions rencontrées. C’est ainsi qu’après avoir répondu à une question concernant le nombre des sauvés (13, 22 - 30), il se trouve maintenant informé sur l’attitude d’Hérode à son égard.
2. Message
Jésus vient de constater une fois de plus qu’Israël ne saisit pas l’occasion de salut qu’il lui apporte par sa mission, et de rappeler à ses auditeurs qu’il n’est pas d’autre chemin à prendre, pas d’autre porte à franchir, que lui-même.
Dans ce contexte, il est logique que Luc ait placé ici ces deux allusions que Jésus fait à sa mort prochaine, l’une liée à une remarque de quelques Pharisiens concernant l’attitude agressive d’Hérode à son égard, l’autre au sujet du sort que lui réserve Jérusalem, la ville sainte où il se rend.
Face à la prétendue menace d’Hérode, Jésus maintient qu’il continue son parcours missionnaire jusqu’à l’heure de son terme, terme signifié par la mention que Jésus fait d’un “troisième jour”, après avoir parlé “d’aujourd’hui” et de “demain”.
Jésus indique ensuite qu’il s’attend à subir le sort des prophètes qui ont payé de leur vie leur engagement de témoins de la Parole et du Projet de salut de Dieu.
Jérusalem, qui symbolise l’ensemble du peuple en son coeur qui est le Temple, n’a plus d’avenir parce qu’elle a refusé Jésus, qu’elle ne pourra empêcher de triompher définitivement de sa victoire, qui est la victoire de Dieu.
3. Decouvertes
Ces Pharisiens qui viennent prévenir ainsi Jésus, lui seraient-ils favorables ? On peut le penser, sans pour autant en être vraiment certains.
En traitant Hérode de “renard”, Jésus semble indiquer qu’il ne le considère pas comme dangereux, auquel cas il aurait parlé de lui comme d’un “lion”.
Luc est le seul à nous rapporter cette remarque concernant l’attitude d’Hérode vis-à-vis de Jésus, comme il est le seul à nous relater une rencontre de Jésus prisonnier avec Hérode auquel Pilate l’a renvoyé au cours de la passion (23, 6 - 12).
Au verset 35, Jésus fait probablement allusion à la ruine du Temple (qui avait été détruit bien avant que Luc n’écrive son Evangile), reprenant ainsi le langage menaçant des grands prophètes contre le sanctuaire, en raison de la désobéissance du peuple à son Dieu. Notons l’émotion de Jésus dans cette adresse à Jérusalem, qui nous révèle à quel point il était solidaire de la mission d’Israël, et se situait dans la ligne de son histoire.
La reconnaissance de sa venue, comme bénédiction de Dieu proclamée par le peuple, et dont parle ici Jésus, vise, semble-t-il, la fin ultime des temps, et peut-être également un accueil final de sa mission par Israël à cette heure décisive (à la façon dont Paul en parle en Romains 9 - 11).
4. Prolongement
Nous resituer face au mystère de Dieu qui vient à nous en Jésus le Christ (sa mission de prophète en paroles et gestes de miséricorde, son engagement jusqu’à la mort, sa résurrection et le don de l’Esprit) :
4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi,
5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale.
6 Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !
7 Aussi n’es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.
1 Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu,
2 en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles.
3 Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l’univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs,
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée,
12 nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété,
13 attendant la bien-heureuse espérance et l’Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus
14 qui s’est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour le bien.
Prière
*Seigneur Jésus, en toi se révèle en plénitude “Celui qui est, qui était et qui vient”, car en toi Dieu nous a rejoints au plus près qu’on puisse imaginer : ouvre mes yeux, ouvre mon coeur à ta venue, qui est toujours pour moi présence renouvelée en ton Esprit Saint, source en moi de vérité et d’amour, qu’il m’appartient de faire rayonner partout et devant tous. AMEN.
30.10.2003.*