📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Romains 12, 5-16

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Texte

5 ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres.
6 Mais, pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c’est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi ;
7 si c’est le service, en servant ; l’enseignement, en enseignant ;
8 l’exhortation, en exhortant. Que celui qui donne le fasse sans calcul ; celui qui préside, avec diligence ; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie.
9 Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien ;
10 que l’amour fraternel vous lie d’affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants,
11 d’un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l’esprit, au service du Seigneur,
12 avec la joie de l’espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière,
13 prenant part aux besoins des saints, avides de donner l’hospitalité.
14 Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, ne maudissez pas.
15 Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure.
16 Pleins d’une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l’orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse.

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.

Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).

C’est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.

Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.

Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.

En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.

Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).

La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)

A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).


Selon le découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, notre passage se trouve au début de la 2nde grande partie de ce document de Paul, appelée “partie exhortative” (12 - 16), qui, avant d’aborder la conclusion de cette Lettre, au chapitre 16, nous présente les exigences de la vie droite que nous sommes conduits à mener si nous vivons dans une confiance totale au Christ Jésus qui nous rend justes par la foi (12, 1 - 15, 13).

Cette exhortation développée traite successivementr de deux thèmes : - la vie chrétienne, vue comme culte spirituel que nous rendons à Dieu (12, 1 - 13, 14), - le respect dû aux membres plus faibles de nos communautés de disciples de Jésus (14, 1 - 15, 13).

2. Message

Unité très forte du corps que nous formons ensemble dans le Christ, puisque nous sommes, tous et chacun, membres les uns des autres.

Mais unité qui s’exprime à travers la mise en pratique d’une grande diversité de dons différents que nous avons reçus, et que nous devons laisser fructifier en nous et s’épanouir pour le service de la communauté à laquelle nous appartenons, dans un engagement conforme à ce qui nous est donné.

Paul indique quels comportements correspondent aux dons de prophétie, de service, d’enseignement, d’encouragement, de capacité de donner, de direction et de dévouement.

Ensuite il nous propose des directives d’ordre beaucoup plus général sur la manière de vivre en harmonie dans la communauté chrétienne : il recommande ainsi la sincérité de l’amour, la fuite du mal, l’attachement au bien, l’affection fraternelle et le respect mutuel.

Il nous rappelle enfin les attitudes de base attendues des croyants : l’accueil de l’Esprit, le service du Seigneur, l’espérance, la joie, la prière, le partage, le pardon, l’accueil, la compassion, et, pour conclure, la simpolicité et l’humilité dans le refus des grandeurs de ce monde.

3. Decouvertes

Paul écrit aux chrétiens de Rome depuis Corinthe, communauté connue pour ses divisions (1 Corinthiens, 1 - 4) : il n’est pas impossible que le contexte de son séjour en cette ville, ainsi que sa récente polémique avec les communautés de Galatie, aient au moins quelque peu influencé son message.

On peut comparer notre page avec 1 Corinthiens, 12, 12 - 28, versets avec lesquels les versets 3 - 8 de notre passage sont à lire en parallèle.

A noter toutefois une grande différence entre la liste des dons mentionnés dans le passage de 1 Corinthiens et les versets 3 - 8 de notre texte de ce jour, dans lesquels il est question de dons de générosité, d’exhortation et de compassion, mais non pas des dons qui sont signes d’un certain “pouvoir”, comme les dons de guérison et des langues. De plus, ces dons ne nous pas ici présentés comme liés à une activité spécifique de l’ESprit Saint dans leur acquisition. De même, si les chrétiens constituent un seul corps dans le Christ, il n’est pas dit qu’ils “sont” le corps du Christ, comme c’est le cas en 1 Corinthiens, 12.

Des versets 9 à 21 de ce texte, Paul nous présente une liste de maximes, comme on en trouve ailleurs dans ses lettres (voir 1 Thessaloniciens, 5, 12 - 22 et Philippiens, 4, 4 - 9). Ces maximes sont un “condensé” de sagesse Juive et Héllénistique, autour du thème central de l’authenticité de l’amour.

4. Prolongement

Dès que nous sommes saisis en Christ, tout s’ensuit : il règne en nos vies, y produit, par l’Esprit Saint, des fruits à rayonner autour de nous, selon le dynamisme de notre foi-confiance au Seigneur se traduisant en charité fraternelle. Relire, une fois de plus, Galates, 5, 6, sur l’aspect central de la “foi qui agit par l’amour”.

Paul souligne les multiples aspects que suscite en nous cette fructification des dons reçus du Seigneur, lorsque, dans l’Esprit Saint qui demeure en nous, nous nous ouvrons, de façon réceptive, à cette action gratuite de Dieu, qui nous sauve et fait de nous les témoins de son Christ Ressuscité.

Prière

*Seigneur Jésus, dans la communication de ta vie de Ressuscité, qui te rend présent en nous par ton Esprit Saint, tu nous rassembles dans l’unité, au-delà, et dans le respect de toutes les différences, car c’est toi personnellement qui es notre unité, et il n’y a plus désormais, comme l’écrit Paul, ni Juifs, ni Grecs, ni hommes ni femmes, ni esclaves, ni hommes libres, mais toi-même, Christ, tout en tous : aide-moi à mieux découvrir l’aspect communautaire de ton salut et de toute mon existence chrétienne, dont tous les éléments constitutifs me sont venus de toi, à travers une communauté d’Eglise qui me les a transmis. AMEN.

04.11.2003.*

Évangile : Luc 14, 15-24

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

15 A ces mots, l’un des convives lui dit : ” Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! “
16 Il lui dit : ” Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde.
17 A l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez ; maintenant tout est prêt. “
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. “
19 Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. “
20 Un autre dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. “
21 ” A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. “
22 “Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. “
23 Et le maître dit au serviteur : “Va-t’en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse.
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. ” “

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses dsiciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.

Alors que Jésus continue sa montée vers Jérusalem, et qu’il donne une 2ème série d’instructions à ses disciples (13, 22 - 17, 10), il a commencé par réinsister sur la nécessité pour tous de se repentir (13, 22 - 30).

Il a, ensuite, réagi courageusement à une information selon laquelle Hérode chercherait à le faire mourir, en maintenant qu’il lui faut poursuivre sa route vers Jérusalem, même si cette ville est celle qui tue les prophètes (13, 31 -35).

Nous le retrouvons, enfin, invité de nouveau à prendre un repas chez un des chefs des Pharisiens. Ce qui lui permet de présenter le Royaume de Dieu sous l’image du banquet de la fin des temps, banquet dont lui-même sera l’hôte qui invite tous les hommes, élus ou non, Juifs ou païens, à participer (14, 1 - 24).

Jésus, l’invité d’honneur, profite de cette occasion pour se livrer à un ensemble de critiques sur le comportement de ses co-invités et de son hôte, de façon à souligner la différence et l’originalité du Royaume des cieux :

  • il faut choisir la dernière place lorsqu’on est invité (14, 7 - 11),
  • il faut inviter les pauvres qui ne peuvent vous rendre votre invitation (14, 12 - 14),
  • il faut accepter l’invitation au banquet du Royaume comme une priorité à honorer, dès qu’elle nous parvient, tout en sachant que tous, même les non- invités officielIement, y seront finalement rassemblés (14, 15 - 24 : parabole des invités remplacés par des pauvres).

Avec la page de ce jour, nous assistons ainsi au dernier enseignement que propose Jésus à son hôte et aux autres invités de ce repas chez ce chef de Pharisiens, au moment où il raconte cette “histoire exemple” ou “parabole” des invités au festin dont la place va être prise par des gens de toutes conditions et origines.

2. Message

Le message de cette belle histoire est des plus clairs : ceux qui ont été officiellement invités au banquet se révèlent incapables d’y prendre part et de répondre à l’appel que Dieu leur a fait d’entrer et d’avoir part à son Royaume, Dieu qui se trouve ici représenté par cet homme qui invite beaucoup de monde à un grand dîner.

De ce fait, l’invitation est étendue à deux reprises à tous ceux qui n’avaient pas été officiellement contactés : les pauvres, d’abord, quelle que soit leur forme de misère, puis ceux qui sont à l’extérieur de la ville et des clôtures, c’est-à-dire, selon Luc, les étrangers et les païens.

Finalement la maison est remplie et le festin a bien lieu. En conclusion de cette histoire, nous remarquons que .Jésus, l’invité du chef des Pharisiens, se présente comme l’hôte et l’invitant de ce festin qu’il vient de décrire, au moment où il “s’approprie” la parabole et déclare au présent : “je vous le déclare, aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de “mon” dîner”. Ce faisant, Jésus, qui a répondu par cette “histoire exemple” ou “parabole” à la béatitude du verset 15 exprimée par l’un des convives, précise que l’entrée au Royaume de Dieu est bien l’objet de sa mission et de sa responsabilité.

3. Decouvertes

Au verset 21, les premiers non invités rassemblés sont exactemet les mêmes que ceux que Jésus avait énumérés dans la liste de ceux qu’il suggérait à son hôte d’inviter parce qu’ils sont incapables de rendre l’invitation, au verset 14 : “les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles”.

Remarquons que la “parabole” est structurée selon 3 “cycles” ou “séries” de 3 : 3 invités qui refusent de venir, 3 excuses, 3 envois du serviteur chercher les convives. Du même coup, on ne peut conclure que les 2ème et 3ème séries d’invités sont moins importants aux yeux de Dieu que les premiers appelés. Sans ces 2 derniers envois du serviteur chercher d’autres invités, l’histoire ne tiendrait pas, et n’aurait plus de raison d’être.

A lire, en parallèle avec notre page, les derniers versets du chapitre 13 (13, 28 - 30) : la priorité historique et chronologique des fils d’Israël, appelés les premiers au salut de Dieu, n’interdit pas l’extension de l’invitation à tous les peuples de la terre.

Néanmoins, comme cela est manifesté au long des Actes des Apôtres, l’autre livre écrit par Luc, les Juifs n’accueillent pas l’Evangile de Jésus : au point que Paul y est plusieurs fois cité par Luc avec ces paroles: “c’est à vous, d’abord, (les Juifs) que devait être adressée la Parole de Dieu. Puisque vous la repoussez, nous nous tournons vers les païens (Actes, 13, 46 -47; 18, 6 et 28, 28).

Les 2 premières excuses des 2 premiers invités sont énoncées au nom de l’argent ou du profit. La 3ème est liée au mariage, qui, selon le verset 26, plus loin que notre texte, ne saurait être un obstacle à la condition de disciple de Jésus, qu’il faut préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, etc.

Beaucoup ont noté que Luc, sans défavoriser le mariage (Elizabeth-Zacharie en, 1, 5 - 25, Priscille-Aquila en Actes 18), a favorisé également le célibat ou le veuvage: des femmes comme Marie de Magdala, Marthe et Marie, Tabitha (Actes, 9, 36), Lydie (Actes 16, 14 - 15) , Damaris (Actes 17, 34).Les 4 filles du diacre Philippe (Actes, 21, 9), semblent n’avoir pas été mariées.

Au verset 23, “forcer les gens à entrer” n’a rien à voir avec quelque “violence que ce soit”. Il s’agit seulement d’une invitation “pressante”, et, ce, d’autant plus que dans les coutumes d’hospitalité du Proche Orient, la courtoisie demande que l’on commence par ne pas dire OUI tout de suite aux invitations que l’on reçoit.

Pour l’image du festin ou banquet messianique, voir Isaïe 25, 6, et aussi les allusions par Jésus lors de la dernière Cène (Luc, 22, 16. 18. 30).

4. Prolongement

Pour nous, chrétiens, l’Eucharistie, reprise du dernier repas de Jésus “en mémoire de lui”, présentée par lui comme célébration anticipée de sa mort (“corps livré”, “sang versé”), et comme quelques gestes simples à refaire par nous, en mémorial de son Heure de passage au Père (mort-résurrection-ascension), est devenue le repas pascal de tous ceux, qui, après avoir été plongés dans la mort-résurrection de Jésus par leur baptême (Rom. 6), sont devenus fils adoptifs de Dieu et enfants du Royaume.

A ce titre, dans la mesure où nous demeurons UN avec Jésus, et recevons son OUI au Père pour le redire là où nous vivons aujourd’hui, l’Eucharistie est symbole du banquet eschatologique.

Dans ce contexte, il est important pour nous de relire tout ce qu’exige Paul des chrétiens qui se rassemblent pour l’Eucharistie, “Repas du Seigneur” (1 Corinthiens 11, 17 - 34), et ce que Jésus lui-même nous annonce du mystère de notre unité profonde avec lui (Jean 14, 2 - 3 et 17, 24).

Prière

*Seigneur Jésus, Heureux sommes-nous de nous savoir invités par toi au banquet du Royaume de Dieu, que nous anticipons dans nos Eucharisties, dans lesquelles tu nous communiques, de façon chaque fois renouvelée, le “OUI” au Père de ton Heure; ainsi que de toute ta vie de mission, de parole, et de miséricorde active ! : fais-moi pleinement mesurer la responsabilité que j’y encours, de témoigner de toi, dans la Vérité et la charité, dans toutes les circonstances de mon existence dans l’histoire de ce temps. AMEN.

04.11.2003.*


La Bible commentée · Liturgie du jour