📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Romains 16, 1-27

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Texte

1 Je vous recommande Phébée, notre sœur, diaconesse de l’Église de Cenchrées :
2 offrez-lui dans le Seigneur un accueil digne des saints, et assistez-la en toute affaire où elle aurait besoin de vous ; aussi bien fut-elle une protectrice pour nombre de chrétiens et pour moi-même.
3 Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus ;
4 pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête, et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude : c’est le cas de toutes les Églises de la gentilité ;
5 saluez aussi l’Église qui se réunit chez eux. Saluez mon cher Épénète, les prémices que l’Asie a offertes au Christ.
6 Saluez Marie, qui s’est bien fatiguée pour vous.
7 Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité : ce sont des apôtres marquants qui m’ont précédé dans le Christ.
8 Saluez Ampliatus qui m’est cher dans le Seigneur.
9 Saluez Urbain, notre coopérateur dans le Christ, et mon cher Stachys.

16 Saluez-vous mutuellement d’un saint baiser. Toutes les Églises du Christ vous saluent.
17 Je vous en prie, frères, gardez-vous de ces fauteurs de dissensions et de scandales contre l’enseignement que vous avez reçu ; évitez-les.

22 Je vous salue dans le Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre.
23 Gaïus vous salue, qui est mon hôte et celui de l’Église entière. Éraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que Quartus, notre frère.
24
25 A Celui qui a le pouvoir de vous affermir conformément à l’Évangile que j’annonce en prêchant Jésus Christ, révélation d’un mystère enveloppé de silence aux siècles éternels,
26 mais aujourd’hui manifesté, et, par des Écritures qui le prédisent selon l’ordre du Dieu éternel, porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi ;
27 à Dieu qui seul est sage, par Jésus Christ, à lui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen.

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.

Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).

C’est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.

Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.

Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.

En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.

Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative et de conclusion, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).

La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)

A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).


Selon le découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, notre passage se trouve dans la 2nde grande partie de ce document de Paul, appelée “partie exhortative et de conclusion” (12 - 16), qui, avant d’aborder la conclusion de cette Lettre, au chapitre 16, nous présente les exigences de la vie droite que nous sommes conduits à mener si nous vivons dans une confiance totale au Christ Jésus qui nous rend justes par la foi et qui nous transforme par son Esprit Saint. (12, 1 - 15, 13). Et, suite à cette section exhortative proprement dite, Paul conclut sa Lettre (15, 14 - 33), y ajoute un mot de recommandation pour une personne, Phoebé (16, 1 - 23), et termine par une doxologie ( 16, 25 - 27).

Cette exhortation développée traite successivement de deux thèmes : - la vie chrétienne, vue comme culte spirituel que nous rendons à Dieu (12, 1 - 13, 14), - le respect dû aux membres plus faibles de nos communautés de disciples de Jésus (14, 1 - 15, 13).

Après avoir lu l’exhortation proprement dite de la 2nde grande partie de cette Lettre aux Romains (12, 1 - 15, 13), et la première conclusion de cette Lettre, où il rend compte de son ministère (15, 14 - 21) et fait part de ses projets (15, 22 - 33), nous en arrivons à la toute dernière conclusion de cette grande Lettre, entièrement remplie de salutations à de nombreuses personnes situées à Rome et que Paul semble bien connaître.

2. Message

Voici donc un ensemble de recommandations et de salutations que Paul adresse à un certain nombre de ses connaissances Romaines.

Il commence par demander aux Romains de bien accueillir Phoebe, diaconesse de Cenchrées, le port oriental de Corinthe, et dont on pense qu’elle était probablement la personne que Paul avait chargée de remettre sa Lettre à la communauté de Rome.

Parmi les noms de chrétiens de la communauté Romaine qu’il salue, notons le couple Judéo-chrétien Prisca et Aquilée, que Paul avait rencontrés à Corinthe et Ephèse, et qui se trouvent de retour à Rome, d’où ils avaient ét chassés pour un temps suite à un édit impérial, et qui étaient des collègues de métier de Paul. Et chaque fois qu’il les mentionne dans ses lettres, Paul parle de “l’Eglise qui se réunit chez eux” (1 Corinthiens, 16, 19; Actes, 18, 2 - 3, et 23 - 26), semblant indiquer qu’ils sont responsables d’une petite communauté domestique.

Relevons de même Junias et Andronicus, proches de Paul par la parenté, ainsi que par une expérience commune de la prison pour la foi en Jésus, et auxquels Paul donne ne titre “d’apôtres”, qui n’était donc pas alors réservé aux Douze de façon exclusive. Plus anciens que Paul dans la foi, ils devaient appartenir à la première génération chrétienne.

Au verset 22, Tertius, scribe et secrétaire de Päul, à qui Paul a dicté cette Lettre aux Romains, s’introduit dans le texte pour saluer, de son côté, la communauté de Rome.

La doxologie finale des versets 25 - 27 s’adresse au Père, par Jésus : sa gloire est célébrée, car lui seul peut affermir la foi des Romains, lui seul est à l’origine du mystère du salut manifesté par Jésus Christ et les disciples qu’il a envoyés en mission, salut désormais offert aux païens pour qu’ils soient, eux aussi, conduits à l’obéissance de la foi.

3. Decouvertes

On se demande si ce chapitre 16 appartient bien à cette Lettre aux Romains, où la plupart le maintiennent, mais sans certitude absolue. En effet, il manque dans l’un des manuscrits les plus anciens dont nous disposons, tandis que dans d’autres manuscrits, la doxologie des versets 25 - 27 est reportée dans ailleurs, dans les lettres de Paul.

Entre les versets 3 - 15 de ce chapitre, Paul mentionne et salue 26 personnes : aurait-il pu connaître tant de monde ? De plus, la liste des femmes qu’il cite est très impressionnante.

Les versets 25 - 27 de ce dernier chapitre sont aussi majestueux que les 7 versets de l’unique première phrase qui a ouvert cette Lettre (1, 1 - 7). Paul s’y réfère à nouveau à son ministère de l’annonce de l’Evangile (16, 25 et 1, 1), cite le témoignage des écrits prophétiques (16, 26 et 1, 2), et parle de gagner les païens à l’obéissance de la foi (16, 26 et 1, 5).

Comme dans son hymne à la gloire de Dieu en 11, 36, Paul rend gloire à Dieu, dont le dessein éternel mystérieux a permis à des païens d’être admis à la communion dans la foi.

4. Prolongement

Comment saluons-nous nos proches, nos amis, nos collaborateurs ? Font-ils toujours partie de notre prière ? Et cette communion écclésiale est-elle ouverte à une accueil du plus grand nombre dans la foi ?

Les traitons-nous tous comme des “frères et soeurs” en Christ ? Faisons-nous l’effort de voir d’abord ce qui est positif, ce qui “édifie” dans leur existence ou leurs comportements,? Nous considérons-nous comme membres d’une Eglise où il n’y a plus ni homme, ni femme, ni esclave ni homme libre, où il n’y a plus que “Christ tout en tous’” ?

Prière

*Seigneur Jésus, le but de ta mission de salut est que nous appartenions, toutes et tous, à la grande famille de Dieu, dans laquelle ton Père et notre Père se donnera en partage et deviendra “tout en tous” dans notre existence achevée dans le mystère de ta résurrection partagée, et déjà, dans ton Esprit, nous ne formons qu’un seul corps, membres les uns des autres autour de toi notre “chef” unique qui nous conduit vers la vie éternelle du Royaume des cieux, dont notre plongée baptismale en ta mort-résurrection nous donne dès maintenant d’avoir part dans la foi : apprends-moi à exprimer, dans les circonstances concrètes de ma vie relationnelle, cette communion dans l’unité qui est le signe de notre réconciliation, accomplie en toi, une fois pour toutes, et communiquée dans la présence en nos coeurs de ton Esprit Saint. AMEN.

08.11.2003.*

Évangile : Luc 16, 9-15

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

9 ” Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles.
10 Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup.
11 Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien ?
12 Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre ?
13 ” Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. “
14 Les Pharisiens, qui sont amis de l’argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui.
15 Il leur dit : ” Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses dsiciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.

Alors donc qu’il continue sa montée vers Jérusalem, et qu’il donne une 2ème série d’instructions à ses disciples (13, 22 - 17, 10), nous le rejoignons maintenant en ce chapitre 16, consacré entièrement à la nécessité de partager ses richesses avec ceux qui sont dans le besoin.

Deux histoires illustrant ce thème (appelées également “paraboles”) nous y sont racontées par Jésus : celle du gérant malhonnête, mais habile (Luc, 16, 1 - 8a), puis celle du riche et du pauvre Lazare (Luc, 16, 19 - 31).

Entre ces 2 histoires, nous sommes invités à réfléchir, d’abord sur l’interprétation à donner à l’histoire du gérant malhonnête (Luc, 16, 8b - 13), ensuite, sur le lien à faire entre tout ce qui a été dit au début de ce chapitre (Luc, 16, 1 - 13) et la seconde histoire illustrant un exemple, celle du riche aux 5 frères et du pauvre Lazare (Luc, 16, 14 - 18).

Notre page liturgique se situe quasi-entièrement dans le 1er temps de cette réflexion intermédiaire.

2. Message

L’enseignement de Jésus, tel que nous le rapporte Luc, se résume ainsi : l’argent détourne les disciples de Dieu, il est donc dangereux. Cependant, le disciple doit, maintenant et en ce monde, utiliser l’argent, dans l’aumône et le partage, pour le faire servir à l’avancée du Royaume.

1ère leçon à tirer de la parabole, qui a précédé, du gérant malhonnête, qui a su se faire des amis, en utilisant frauduleusement l’argent de son maître : soyons aussi habiles et déterminés que lui pour nous faire des amis auprès de Dieu ! Que notre partage, digne et honnête, de nos ressources soit le signe de la communion authentique des disciples entre eux et avec Dieu !

2ème leçon : l’argent est toujours un “Iieu-test” de notre honnêteté et de notre droiture. Si nous ne sommes pas capables de le gérer ainsi, comment pourrons-nous être crédibles au niveau des autres aspects de notre témoignage de disciples concernant l’Evangile de Jésus ?

3ème leçon : qui est notre “maître” ? Dieu (toujours pris le premier en considération, recherché d’abord en toute démarche, et sous le regard de qui nous situons tout ce que nous vivons), ou l’argent (avec tout ce qu’il implique de recherche de comfort, de reconnaissance et de considération dans la société des hommes, de sécurité et de possession de nous-mêmes, au point d’en oublier de nous remettre à Dieu) ?

Jésus est clair : nous ne pouvons servir 2 maîtres. Il nous faut donc choisir.

Répondant au ricanement des Pharisiens, Jésus les traite de “riches”, de gens qui se donnent une place “exaltée” aux yeux des hommes, et qui, de ce fait, se situent aux antipodes du Royaume de Dieu.

3. Decouvertes

Etre disciples, c’est être vigoureux, enthousiastes pour la cause de Jésus, autant que pouvait l’être ce gérant malhonnête pour sauver son avenir (verset 8b).

Les disciples doivent convertir l’argent trompeur en “capital” pour le Royaume, et, ce, en le partageant avec les autres, en particulier avec ceux qui sont dans le besoin (verset 9).

Les disciples sont appelés à une fidélité quotidienne. S’ils ne partagent pas leurs biens, on ne leur confiera pas le bien véritable du Royaume des cieux. Mais, s’ils le font, ils recevront en partage le “trésor” qui est dans les cieux (versets 10 - 12).

4. Prolongement

Comment peut-on prétendre se remettre à Dieu, comme un “pauvre” et dans la foi confiante, si l’on s’attache aux biens de ce monde avec un esprit de “maîtrise” et de “possession” ?

Notre relation à l’argent, reste, pour nous toutes et tous sans exception, un “lieu” de vérification permanente de notre “sincérité” face à Dieu et à Jésus (face auxquels tout doit prendre une place seconde et secondaire).

Cela suppose une véritable attitude de renoncement et de détachement, que l’on ait peu ou beaucoup de biens.

Paul se présente à nous, exemplaire sur ce point. Relisons comment il accuse réception d’une aide matérielle que lui ont fait parvenir les chrétiens de Philippes :

10 J’ai eu grande joie dans le Seigneur à voir enfin refleurir ,votre intérêt pour moi ; il était bien toujours vivant, mais vous ne trouviez pas d’occasion.

11 Ce n’est pas mon dénuement qui m’inspire ces paroles; j’ai appris en effet à me suffire en toute occasion.

12 Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et de toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement.

13 Je puis tout en Celui qui me rend fort.

14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à mon épreuve.

15 Vous le savez vous-mêmes, Philippiens : dans les débuts de l’Evangile, quand je quittai la Macédoine, aucune Église ne m’assista par mode de contributions pécuniaires ; vous fûtes les seuls,

16 vous qui, dès mon séjour à Thessalonique, m’avez envoyé, et par deux fois, ce dont j’avais besoin.

17 Ce n’est pas que je recherche les dons; ce que je recherche, c’est le bénéfice qui s’augmente à votre actif.

18 Pour le moment j’ai tout ce qu’il faut, et même plus qu’il ne faut, je suis comblé, depuis qu’Épaphrodite m’a remis votre offrande, parfum de bonne odeur, sacrifice que Dieu.

Prière

*Seigneur Jésus, toi qui t’es fait pauvre pour nous enrichir de ta pauvreté : fais-moi comprendre que cette pauvreté, reçue en don dans ton Esprit Saint, inscrit dans ma vie les valeurs de dépouillement mais aussi de dépassement, en me rendant d’autant plus disponible à Dieu et à mes frères que je suis devnu “pauvre de moi et riche de Dieu”. AMEN.

08.11.2003.*


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