📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Romains 15, 14-21

DE LA LETTRE AUX ROMAINS

Texte

14 Je suis personnellement bien persuadé, mes frères, à votre sujet, que vous êtes par vous-mêmes remplis de bons sentiments, en pleine possession du don de science, capables aussi de vous avertir mutuellement.
15 Je vous ai cependant écrit assez hardiment par endroits, comme pour raviver vos souvenirs, en vertu de la grâce que Dieu m’a faite
16 d’être un officiant du Christ Jésus auprès des païens, ministre de l’Évangile de Dieu, afin que les païens deviennent une offrande agréable, sanctifiée dans l’Esprit Saint.
17 Je puis donc me glorifier dans le Christ Jésus en ce qui concerne l’œuvre de Dieu.
18 Car je n’oserais parler de ce que le Christ n’aurait pas fait par moi pour obtenir l’obéissance des païens, en parole et en œuvre,
19 par la vertu des signes et des prodiges, par la vertu de l’Esprit de Dieu : ainsi, depuis Jérusalem en rayonnant jusqu’à l’Illyrie, j’ai procuré l’accomplissement de l’Évangile du Christ,
20 tenant de la sorte à honneur de limiter cet apostolat aux régions où l’on n’avait pas invoqué le nom du Christ, pour ne point bâtir sur des fondations posées par autrui
21 et me conformer à ce qui est écrit : Ceux à qui on ne l’avait pas annoncé le verront et ceux qui n’en avaient pas entendu parler comprendront.

Commentaire

1. Situation

La Lettre aux Romains est la plus longue, la plus importante et la mieux structurée des lettres de Paul.

Son interprétation a été décisive dans les grands moments de crise de l’Eglise, surtout au 5ème siècle (face à l’hérésie du moine Pélage : l’homme gagne son salut par son effort personnel), et au 16ème siècle (Luther et Calvin se séparent de Rome).

C’est à partir de leur relecture de la Lettre aux Romains que les Réformés et les Luthériens du 16ème siècle ont formulé leurs thèses sur le salut de Dieu par la grâce acceptée dans la foi.

Cette lettre a été écrite par Paul lui-même (en la dictant à un secrétaire-écrivain) au printemps de 57 ou de 58, et probablement depuis Corinthe. On n’a jamais mis en doute son authenticité.

Paul estime avoir terminé son oeuvre apostolique en Orient. Il forme donc le projet de passer par Rome pour aller en Espagne (15, 19 - 31).Il envoie donc d’avance aux chrétiens de Rome ce qui représente le coeur de sa prédication et de son Evangile.

En effet, cette Lettre aborde en profondeur les points les plus centraux du message chrétien : la puissance du salut de Dieu, présenté comme une grâce à recevoir dans la foi, pour en être transformé. C’est une vie avec le Christ ressuscité, mais marquée par l’événement suprême du dessein de salut de Dieu que constituent enemble la prédication, le témoignage, la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit Saint que nous avons reçu insère en nous toute la richesse de vie et de nouveauté, qui est le fruit de cet événement unique.

Cet enseignement à la fois général, et sans doute adapté à des circonstances particulières de l’Eglise de Rome, se réalise en deux parties : - l’une doctrinale (1 - 11), - l’autre exhortative et de conclusion, pour encourager à une manière de vivre avec et selon le Christ, et qui traite de différents aspects de notre existence humaine (12 - 16).

La partie proprement doctrinale de la Lettre de Paul aux Romains (1, 16 - 11, 36), qui commence dès la fin des présentations (1, 1 - 15), est toute entière consacrée à la Bonne Nouvelle ou l’Evangile de Dieu qui nous vient de notre Seigneur Jésus le Christ, et elle se développe en trois thèmes : - La justice de Dieu nous est révélée par l’Evangile comme force de justice pour qui l’accueille avec foi (1, 16 - 4, 25), - L’amour de Dieu assure le salut à ceux qui sont justifiés par la foi (5, 1 - 8, 39), - Cette réalisation du salut de Dieu n’est pas en contradiction avec la promesse de Dieu faite jadis à Israël (9, 1 - 11, 36)

A côté de cette répartition de cette Lettre en deux parties, comme il vient d’être indiqué, on peut tout aussi bien n’y voir, d’un bout à l’autre que le développement, en trois temps successifs, d’une seule idée force très prégnante : - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière selon laquelle Dieu traite les Juifs et les paiens (1 - 8), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la manière dont Dieu traite le peuple d’Israël (9 - 11), - la justice miséricordieuse de Dieu se manifeste dans la vie de ceux qui croient au Christ. (12 - 15).


Selon le découpage de cette Lettre, que nous continuons de suivre, notre passage se trouve dans la 2nde grande partie de ce document de Paul, appelée “partie exhortative et de conclusion” (12 - 16), qui, avant d’aborder la conclusion de cette Lettre, au chapitre 16, nous présente les exigences de la vie droite que nous sommes conduits à mener si nous vivons dans une confiance totale au Christ Jésus qui nous rend justes par la foi et qui nous transforme par son Esprit Saint. (12, 1 - 15, 13). Et, suite à cette section exhortative proprement dite, Paul conclut sa Lettre (15, 14 - 33), y ajoute un mot de recommandation pour une personne, Phoebé (16, 1 - 23), et termine par une doxologie ( 16, 25 - 27).

Cette exhortation développée traite successivement de deux thèmes : - la vie chrétienne, vue comme culte spirituel que nous rendons à Dieu (12, 1 - 13, 14), - le respect dû aux membres plus faibles de nos communautés de disciples de Jésus (14, 1 - 15, 13).

Après avoir lu l’exhortation proprement dite de la 2nde grande partie de cette Lettre aux Romains (12, 1 - 15, 13), nous rejoignons maintenant Paul au début de la première conclusion de cette Lettre, où il rend compte de son ministère (15, 14 - 21) et fait part de ses projets (15, 22 - 33).

2. Message

Paul commence le regard qu’il porte sur son propre ministère en faisant le point avec la communauté de Rome à propos de la qualité de vie chrétienne qu’elle mène, qualité dont Paul reconnaît l’authentique valeur et la possibilité de croissance (15, 14 - 16).

Cela n’a pas empêché l’apôtre de se situer par rapport à eux en leur parlant franchement, et même avec hardiesse, comme il le précise, ici au verset 15 (voir 14, 4. 10. 13. 15).

Paul explique les raisons de son interpellation de cette communauté : d’une part, il n’a cherché qu’à raviver leurs souvenirs, et, d’autre part, il se dit mandaté pour ce genre d’intervention, de par la mission même qu’il a reçue du Seigneur.

Dieu lui a, en effet, par grâce, accordé le ministère de permettre aux païens d’offrir à Dieu le culte spirituel de leur foi, qui se traduit par leur obéissance, attitude qui correspond à la définition qu’il en a donnée tout au début de son exhortation, en 12, 1 - 2.

Et de raconter tout ce que le Christ a accompli par lui, à travers son ministère, et dans la puissance de l’Esprit. Telle est, non pas son oeuvre, mais l’oeuvre de Dieu, dont il peut s’enorgueillir.

Mais comme il s’est toujours refusé, par principe, à exercer son ministère dans des Eglises que d’autres que lui ou ses propres disciples avaient fondées, il considère maintenant sa tâche présente comme terminée, et peut donc, dans le paragraphe suivant, envisager de nouveaux projets (15, 23).

3. Decouvertes

Paul avait commencé cette Epître en se présentant avec ses “lettres de créance” apostoliques, et en manifestant son désir d’aller visiter cette Eglise de Rome (1, 1 - 15).

Son langage était alors très diplomatique et plein d’éloge pour leur foi, dont lui-même, en les rencontrant, pourrait tirer un bénéfice spirituel.

Au verset 14 de ce chapitre 15, Paul revient sur ce sujet, toujours avec autant de diplomatie et de prudence : l’Eglise de Rome est bien informée et formée dans sa connaissance de l’Evangile, et ses membres sont bien capables de s’instruire les uns les autres. S’il leur a parlé avec audace, c’est simplement pour les faire se remémorer de l’Evangile, et au nom de son autorité apostolique, qui lui vient du Christ, comme il le précise aux versets 16 - 20.

Paul utilise ici un langage “sacerdotal” pour décrire son ministère : il se déclare “officiant”, chargé de “l’offrande des païens”. Il semble s’inspirer ici surtout d’Isaïe, 66, 18 - 23, mais aussi d’Isaïe, 2, 1 - 4; 42, 1 - 9; 55, 4 - 5; 60, 1 - 7.

Peut-être Paul considérait-il son prochain voyage à Jérusalem, accompagné de responsables de ses Eglises pour porter l’argent de sa collecte pour la pauvres de l”Eglise-mère”, comme un pélerinage d’offrande, ou même comme l’accomplissement des grandes prophéties du Livre d’Isaïe sur le rassemblement eschatologique de toutes les nations à Sion préalablement au “retour” du Seigneur (Isaïe, 2, 3; 59, 20 - 21 et 66).Voir à ce sujet : Romains, 15, 25 - 28; Galates, 2, 10; 1 Corinthiens, 16, 1 - 4; 2 Corinthiens, 8, 9).

Il faut se rappeler également que le ministère de Paul avait été contesté à Corinthe et dans les Eglises de Galatie (1 Corinthiens, 4, 8 - 13; 15, 10; 2 Corinthiens, 6, 3 - 10; 11, 21 - 12, 21), et les versets 17 - 19 de notre page en sont peut-être un écho.

4. Prolongement

18 Mais moi je viendrai rassembler toutes les nations et toutes les langues, et elles viendront voir ma gloire.

19 Je mettrai chez elles un signe et j’enverrai de leurs survivants vers les nations : vers Tarsis, Put, Lud, Méshek, Tubal et Yavân, vers les îles éloignées qui n’ont pas entendu parler de moi, et qui n’ont pas vu ma gloire. Ils feront connaître ma gloire aux nations,

20 et de toutes les nations ils ramèneront tous vos frères en offrande à Yahvé, sur des chevaux, en char, en litière, sur des mulets et des chameaux, à ma montagne sainte, Jérusalem, dit Yahvé, comme les Israélites apportent les offrandes à la Maison de Yahvé dans des vases purs.

21 Et de certains d’entre eux je me ferai des prêtres, des lévites, dit Yahvé.

22 Car, de même que les cieux nouveaux et la terre nouvelle que je fais subsistent devant moi, oracle de Yahvé, ainsi subsistera votre race et votre nom.

1 Vision d’Isaïe, fils d’Amoç, au sujet de Juda et de Jérusalem.

2 Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle,

3 alors viendront des peuples nombreux qui diront : ” Venez, montons à la montagne de Yahvé, à la maison du Dieu de Jacob, qu’il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers. ” Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole de Yahvé.

4 Il jugera entre les nations, il sera l’arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre.

4 Voici que j’ai fait de lui un témoin pour des peuples, un chef et un législateur de peuples.

5 Voici que tu appelleras une nation que tu ne connais pas, une nation qui ne te connaît pas viendra vers toi, à cause de Yahvé, ton Dieu, et pour le Saint d’Israël, car il t’a glorifié.

Prière

*Seigneur Jésus, c’est à travers ton appel à te suivre, et ton envoi pour continuer ta mission auprès des hommes et des femmes de notre temps, que ton propre service d’obéissance au Père et d’accueil de tous les humains que tu es venu sauver, service achevé en ta mort-résurrection et le don de l’Esprit, est rendu présent aux hommes et aux femmes de notre temps : aide-moi à ne jamais oublier que c’est toi qui agis efficacement, dans la force de ton Esprit, chaque fois, qu’en témoignant de toi, je t’annonce, par ma parole et mon engagement de disciple auprès de tous mes frères et soeurs, apprends-moi ainsi à ne jamais oublier que, de moi-même, je ne suis qu’un serviteur “quelconque”. AMEN.

07.11.2003.*

Évangile : Luc 16, 1-8

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

1 Il disait encore à ses disciples : ” Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
2 Il le fit appeler et lui dit : “Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais. “
3 L’intendant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? je n’en ai pas la force ; mendier ? j’aurais honte…
4 Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m’accueillent chez eux. “
5 ” Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” -
6 “Cent barils d’huile”, lui dit-il. Il lui dit : “Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante. “
7 Puis il dit à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” - “Cent mesures de blé”, dit-il. Il lui dit : “Prends ton billet, et écris quatre-vingts. “
8 ” Et le maître loua cet intendant malhonnête d’avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière.

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Jésus a terminé sa mission en Galilée, et, depuis Luc, 9, 51, il a pris avec ses dsiciples le chemin de Jérusalem. Cette montée vers la ville sainte, où il sera rapidement, après quelque temps, arrêté et condamné à la croix, constitue une partie très importante de l’Evangile, qui s’étale sur 10 chapitres, et durant laquelle Luc nous montre Jésus en train de former ses disciples, à mesure qu’il réagit à toutes les situations qu’il rencontre.

2. Message

Dans cette parabole, à première vue surprenante, Jésus nous invite à nous montrer aussi habiles et astucieux pour atteindre le but du Royaume de Dieu, qu’il nous propose, que le fait ce gérant malhonnête et avisé, qui s’attend à être licencié, pour assurer son avenir.

Un gérant de ce genre se payait à l’époque en prenant sa part sur ce que versaient les débiteurs de son patron, en augmentant d’autant la facture initiale. La remise qu’il accorde aux débiteurs de son maître dans la parabole peut donc s’interpréter comme une renonciation à ce supplément qui lui revenait, et, de ce fait, il ne vole personne et fait même apparaître son patron comme particulièrement généreux.

Mais il se peut également que, dans la remise qu’il accorde, le gérant diminue la facture initiale de son maître, aggravant, dans ce cas, sa propre malhonnêteté. Quoi qu’il en soit exactement, l’accent de la parabole est bien très fortement placé sur l’ingéniosité de ce gérant qui fait tout ce qu’il peut pour se tirer d’une situation catastrophique.

3. Decouvertes

Ce chapitre 16, moins unifié que l’était le chapitre 15, à propos du thème de l’accueil des publicains et des pécheurs, avec beaucoup de miséricorde par Jésus, traite pour une grande partie du problème des richesses, mais de manière plus fragmentaire.

Tous les commentateurs n’arrêtent pas le récit de la parabole au verset 8, même si la plupart estiment que les versets 9 - 13 représentent des éléments détachés pour aider à relire la parabole comme une leçon sur les différents aspects de l’argent.

Si, pour Jésus, l’argent est toujours considéré comme malhonnête, cela ne veut pas dire qu’il faut s’en servir de façon malhonnête, bien au contraire (16, 9 - 13), et il est bien clair que Jésus ne défend pas le caractère malhonnête des comportements du gérant de la parabole, lorsqu’il nous suggère d’être aussi malins que cet homme dans notre manière d’être ses disciples.

Au verset 8, certains ont vu, dans le “maître” dont il est question, Jésus lui-même commentant la parabole. Mais cela atténuerait le “choc” du message de la parabole. Il vaut donc mieux inclure le verset 8a dans la parabole elle-même, et lire que c’est le maître du gérant qui fait l’éloge de son employé avisé et malhonnête. En revanche, au verset 8b, c’est bien Jésus qui constate l’habileté des “fils de ce monde”.

Jésus, qui raconte cette parabole à ses disciples, inclut peut-être parmi eux les puiblicains et les pécheurs (qu’on lui reprochait de fréquenter au chapitre précédent), et qu’il inviterait ainsi à faire un usage “honnête” de l’argent malhonnête.

4. Prolongement

Luc est l’Evangéliste qui nous rapporte les propos les plus sévères de Jésus concernant l’argent, et insiste le plus, par contraste, sur la valeur de la pauvreté réelle. Sa présentation des béatitudes s’accompagne, en effet, d’une contrepartie contre les richesses :

20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : ” Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.

21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.

22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.

23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. ”

24 ” Mais malheur à vous, les riches ! car vous avez votre consolation.

25 Malheur à vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant! car vous connaîtrez le deuil et les larmes.

26 Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. ”

Paul , de son côté, insiste sur l’attitude de recul nécessaire à avoir pour toutes les valeurs de ce monde face aux biens du Royaume que Jésus nous apporte :

29 Je vous le dis, frères : le temps se fait court. Que désormais ceux qui ont femme vivent comme s’ils n’en avaient pas ;

30 ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas ; ceux qui sont dans la joie, comme s’ils n’étaient pas dans la joie ; ceux qui achètent, comme s’ils ne possédaient pas ;

31 ceux qui usent de ce monde, comme s’ils n’en usaient pas vraiment. Car elle passe, la figure de ce monde.

Prière

*Seigneur Jésus, même si, sans toi, présent en nous par ton Esprit Saint, et la force qu’il nous donne, nous ne pouvons rien faire, tu attends néanmoins de nous que nous te suivions, activement, volontairement, en mettant toutes nos capacités humaines, y compris notre habileté et notre ingéniosité, à t’imiter en toutes circonstances, et à témoigner de la nouveauté définitive du Royaume des cieux : insère en moi ce dynamisme qui me pousse toujours à faire de mon mieux pour répondre à ton appel, sous toutes ses formes, et pour manifester ainsi, visiblement, par mon ouverture à ton Royaume, le reflet de ton “OUI”, à travers tous mes comportements vécus en référence à ta Parole, et selon la foi qui respire dans la prière, et agit par la charité. AMEN.

08.11.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour