📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Daniel 2, 31-45
DU LIVRE DE DANIEL
Texte
31 “Tu as eu, ô roi, une vision. Voici : une statue, une grande statue, extrêmement brillante, se dressait devant toi, terrible à voir.
32 Cette statue, sa tête était d’or fin, sa poitrine et ses bras étaient d’argent, son ventre et ses cuisses de bronze,
33 ses jambes de fer, ses pieds partie fer et partie argile.
34 Tu regardais : soudain une pierre se détacha, sans que main l’eût touchée, et vint frapper la statue, ses pieds de fer et d’argile, et les brisa.
35 Alors se brisèrent, tout à la fois, fer et argile, bronze, argent et or, devenus semblables à la bale sur l’aire en été; le vent les emporta sans laisser de traces. Et la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne qui remplit toute la terre.
36 Tel fut le songe; et son interprétation, nous la dirons devant le roi.
37 C’est toi, ô roi, roi des rois, à qui le Dieu du Ciel a donné royaume, pouvoir, puissance et honneur
38 les enfants des hommes, les bêtes des champs, les oiseaux du ciel, en quelque lieu qu’ils demeurent, il les a remis entre tes mains et t’a fait souverain sur eux tous , la tête d’or, c’est toi.
39 Et après toi se dressera un autre royaume, inférieur à toi, et un troisième royaume ensuite, de bronze, qui dominera la terre entière.
40 Et il y aura un quatrième royaume, dur comme le fer, comme le fer qui réduit tout en poudre et écrase tout; comme le fer qui brise, il réduira en poudre et brisera tous ceux-là.
41 Ces pieds que tu as vus, partie terre cuite et partie fer, c’est un royaume qui sera divisé; il aura part à la force du fer, selon que tu as vu le fer mêlé à l’argile de la terre cuite.
42 Les pieds, partie fer et partie argile de potier : le royaume sera partie fort et partie fragile.
43 Selon que tu as vu le fer mêlé à l’argile de la terre cuite, ils se mêleront en semence d’homme, mais ils ne tiendront pas ensemble, de même que le fer ne se mêle pas à l’argile.
44 Au temps de ces rois, le Dieu du Ciel dressera un royaume qui jamais ne sera détruit, et ce royaume ne passera pas à un autre peuple. Il écrasera et anéantira tous ces royaumes, et lui-même subsistera à jamais
45 de même, tu as vu une pierre se détacher de la montagne, sans que main l’eût touchée, et réduire en poussière fer, bronze, terre cuite, argent et or. Le Grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver. Tel est véritablement le songe, et sûre en est l’interprétation.”
Commentaire
1. Situation
Le Livre de Daniel ne porte pas le nom de son auteur, mais du principal personnage qui en est le sujet.
On ne sait pas qui est ce “Daniel” : ni l’un des fils de David (1 Chroniques, 3, 1), ni l’un des captifs de retour de Babylone après l’exil (Esdras, 8, 2 et Néhémie, 10, 7), ni l’illustre contemporain de Noé ou de Job, dont parle Ezéchiel en le nommant “Danel” (Ezéchiel, 14, 14 et 20), ainsi que le livre de la Sagesse (Sagesse, 28, 3). Tout au plus, peut-on dire, ce nom de “Daniel” signifie “mon juge, c’est Dieu” ou “Dieu a jugé”.
Ce Livre de Daniel se divise en 2 parties sensiblement égales :
- 6 histoires édifiantes concernant Daniel et ses 3 compagnons à la cour royale de Babylone (Daniel, 1 - 6),
- 4 visions de 4 royaumes, dans lesquels se trouvent les Juifs depuis la conquête de Juda par Babylone, jusqu’à l’établissement pour eux du Royaume même du Dieu d’Israêl.
Ce qui veut dire qu’on ne peut comprendre ce Livre de Daniel sans un regard sur les grands empires qui se sont succédé au Moyen Orient : l’empire Babylonien (605 - 539), l’empire Perse (550 - 331), l’Empire Grec d’Alexandre le Grand et ses successeurs, dont, parmi enx, les dynasties des Ptolémées en Egypte et des Séleucides en Syrie (336 - 164).
Le dernier de ces rois Séleucides, Antiochus Epiphane (175 - 164), prit la décision politique d’hélléniser les Juifs de Palestine, et de les forcer ainsi à abandonner Ia religion de leurs pères pour se rallier aux cultes païens du reste de son royaume. Ce qui entraîna la révolte réussie des frères Maccabées (voir 1 et 2 Maccabées), et ce qui constitue également le thème de base du Livre de Daniel.
Le livre de Daniel nous offre ainsi une réflexion sur cette relation conflictuelle entre la religion d’Israël et le paganisme, en essayant de se situer du point de vue de Dieu. En nous montrant que Dieu a prévu et toléré ces événements, le Livre de Daniel nous révèle la supériorité de la Sagesse d’Israël, ainsi que la maîtrise de Dieu sur tous les événements de l’histoire des hommes (Daniel, 2, 21 ).
Dans la 1ère partie de son Livre (Daniel, 1 - 6), l’auteur de Daniel nous raconte des “histoires” ou “récits” dans le but de nous livrer un enseignement moral. Ces récits peuvent être de pures inventions de l’auteur ou des développements très libres à partir d’événements réels.
Dans la 2nde partie de son l..ivre (Daniel, 7 - 12), l’auteur s’exprime selon le genre “apocalyptique”, fait de révélations mystérieuses, de visions fantastiques, de rencontres d’anges ou messagers célestes, le tout pour nous annoncer l’établissement d’un Règne défintif de Dieu à la fin des temps.
Dans de tels récits, des événements réels du passé, et antérieurs à l’auteur, sont présentés comme des prophéties de l’avenir. Cette seconde partie, dans son ensemble, nous offre une vision divine de l’histoire des hommes, située dans le plan de Dieu. L’auteur a dû écrire son livre peu de temps avant la mort du roi persécuteur Antiochus Epiphane, soit vers 165. On ne sait si cet auteur est unique, on pense volontiers qu’il ne l’est pas, mais le Livre est suffisamment unifié pour indiquer au moins une même école de pensée, au cas où il serait l’oeuvre de plusieurs.
Notre page nous raconte une autre des 6 histoires édifiantes de la 1ère partie du Livre.
2. Message
Un songe mystérieux du roi Nabuchodonozor est révélé par le Seigneur à Daniel, qui obtient, de ce fait, sa propre grâce ainsi que celle de tous les sages de Babylone (que le roi voulait massacrer pour incompétence), en faisant valoir que Dieu seul peut révéler un mystère d’une telle importance.
Après avoir relaté au roi le songe que ce dernier avait eu, Daniel lui en fournit l’interprétation, en lui annonçant une succession de royaumes de plus en plus fragiles qui suivront le sien, et parmi lesquels le dernier sera divisé et fera place à un autre Royaume, suscité par le Dieu du Ciel, et qui remplira alors toute la terre et subsistera à jamais.
Face à la caducité, qui est le lot de tous les empires humains, même des plus grands, le Royaume de Dieu est le seul qui puisse à la fois jouir d’une extension universelle sans limites et d’une stabilité indéfectible.
3. Decouvertes
Présenté au roi comme un exilé inconnu de Juda, Daniel surprend ce souverain en lui racontant à la fois son songe et son interprétation. Nous constatons ici une certaine incohérence avec ce qui nous avait été raconté auparavant dans ce Livre de Daniel, où il nous avait été dit que le roi avait reconnu la sagesse inégalée de Daniel et de ses trois compagnons (Daniel, 1, 19 - 20), qui, dans le présent épisode, n’ont même pas été convoqués, comme les autres sages de Babylone, pour expliquer au roi le songe secret qu’il avait eu.
A la fois dévoiler un songe inconnu de celui qui l’a eu, et en livrer l’interprétation, dépasse l’entendement humain : il faut pour cela une intervention divine.
Daniel et ses compagnons ont du prier le Seigneur de dévoiler à Daniel ce mystère indéchiffrable, et de sauver ainsi leur vie ainsi que celle de tous les Sages de Babylone.
La suite des métaux dont est composée la statue du songe rappelle une ancienne croyance selon laquelle les âges du monde sont ainsi symbolisés en accusant une détérioration progressive. A noter que les chapitres 7 et 8 de Livre nous diront le contraire.
Le message, original et unique de ce chapitre dans toute la Bible, est que les royaumes humains seront finalement supplantés par un Royaume éternel définitif.
On relève quelques contradictions dans ce texte : la pierre détachée qui devient une montagne est présentée ensuite comme une pierre qui se détache de la montagne (voir versets 34 - 35 et 45).
4. Prolongement
Jésus a repris cette image de la pierre qui écras ecelui que lequel elle tombe, et Paul, à sa suite, nous parlera de cette pierre d’angle, qu’est Jésus lui-même, de la toute nouvelle construction du Royaume de Dieu, inauguré dans le ministère de Jésus :
13 Le maître de la vigne se dit alors : “Que faire ? je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là. ”
14 Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : “Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous. ”
15 Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent. ” Que leur fera donc le maître de la vigne ?
16 Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres. ” A ces mots, ils dirent : ” A Dieu ne plaise ! ”
17 Mais, fixant sur eux son regard, il dit : ” Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs, c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
18 Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. ”
19 Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.
10 Selon la grâce de Dieu qui m’a été accordée, tel un bon architecte, j’ai posé le fondement. Un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il y bâtit.
11 De fondement, en effet, nul n’en peut poser d’autre que celui qui s’y trouve, c’est-à-dire Jésus Christ.
12 Que si sur ce fondement on bâtit avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille,
13 l’œuvre de chacun deviendra manifeste ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c’est ce feu qui éprouvera la qualité de l’œuvre de chacun
19 Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu.
20 Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même.
21 En lui toute construction s’ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur ;
22 en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit.
Prière
*Seigneur Jésus, tu as déclaré à Pilate que ton royaume n’était pas de ce monde, et qu’il était uniquement fondé sur le témoignage que tu rendais à la Vérité, toi qui t’es également défini comme la Vérité même de Dieu, que nous avons à découvrir et à accueillir pour parvenir à la Lumière de Dieu que tu es aussi toi-même : aide-moi à toujours mieux recevoir et saisir ce mystère de Dieu, que tu nous traduis en langage, paroles et gestes d’homme, et donc, de ce fait, accessibles à notre compréhension, mais nous ouvrant à l’au-delà indicible du Royaume de Dieu que tu inaugures en nos coeurs par le don de l’Esprit Saint, que tu nous fais, afin de nous être présent définitivement, suite au salut de Dieu accompli en ton “Heure” de passage au Père en ta mort-résurrection. AMEN.
25.11.2003.*
Évangile : Luc 21, 5-11
DE L’EVANGILE de LUC
Texte
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
6 ” De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. “
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : ” Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? “
8 Il dit : ” Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : “C’est moi ! ” et “Le temps est tout proche”. N’allez pas à leur suite.
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. “
10 Alors il leur disait : ” On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Dernier épisode de l’activité de Jésus à Jérusalem, avant qu’il rentre dans les jours de sa passion, de sa mort, et de sa résurrection, tel est ce discours qu’il prononce pour avertir Jérusalem des conséquences qu’elle va subir, pour n’avoir pas reconnu en lui le prophète de Dieu (21, 5 - 38).
Jésus arrive ainsi vraiment au terme de son ministère dans la Ville Sainte : dès son arrivée, il s’est installé dans leTemple qu’il a commencé par purifier (19, 28 - 48), il a ensuite affirmé son autorité par les réponses qu’il a données à tous ceux qui l’ont questionné pour le prendre en défaut, de façon à pouvoir l’accuser, au point que désormais personne n’ose plus l’interroger sur quoi que ce soit (20, 1 - 21, 4).
Alors, maintenant, il tire les conclusions de cette réception très négative qu’il a connue à Jérusalem.
Ce discours final nous propose une double regard. D’une part, il nous invite à relire ce qui a précédé de 19, 47 à 21, 4 dans cet Evangile de Luc, pour constater à quel point les chefs du peuple ont rejeté Jésus et refusé son enseignement dans le Temple.
D’autre part, il nous invite à nous tourner vers la fin des temps, au delà des événements de la passion et de la mort de Jésus, pour découvrir que Dieu va rendre justice au Fils de l’homme rejeté par son peuple, et que Jésus va, à son tour, donner à ses disciples la force de faire face, comme lui, au rejet qu’ils subiront à cause de son Nom.
2. Message
Dans les versets 5 - 6, Luc rappelle la destruction du Temple, qu’il connaît, parce qu’elle a eu lieu bien avant qu’il se mette à écrire son Evangile. Ensuite, il élargira son regard vers la ruine de Jérusalem (21, 20 - 24), et sur la fin du monde (21, 25 - 33).
Tout le plan de Dieu, en ses grandes étapes de l’Ancien Testament, conduisait à Jésus, en qui tout est accompli. Ce qui veut dire, qu’avec son passage, tout ce qui l’a précédé n’a plus de raison d’être, indépendamment de lui, et n’a plus aucun sens hors de lui. Il est donc logique que, face à son rejet, Jésus prophétise ainsi sur la “fin” du Temple.
Cependant, cette destruction du Temple n’a rien à voir, de soi, avec le retour de Jésus comme Fîls de l’homme en gloire. Cependant, cette venue finale sera, dit-il, précédée de bouleversements cosmiques (21, 10 - 11).
3. Decouvertes
Pour bien nous situer dans ce discours complexe, aux approches ainsi superposées, il est bon d’en mesurer le parcours et les divisions :
- introduction (21, 5 - 7),
- annonce de bouleversements cosmiques (21, 10 - 11),
- avant la fin du monde, les chrétiens seront persécutés (21, 12 - 19),
- destruction de Jérusalem (21, 20 - 24),
- désastres cosmiques (21, 25
- 33),
- conclusion, sous forme d’exhortation (21, 34 - 36),
- reprise, en parallélisme des versets de 19, 47 - 48, aux versets de 21, 37 - 38, pour signifier que toutes ces paroles de Jésus à Jérusalem, depuis le début jusqu’à ce dernier discours, se situent dans l’activité d’enseignement qu’il a pratiquée chaque jour dans le Temple. Son message dans la Ville Sainte forme donc un tout bien unifié.
Reconstruit par Hérode le Grand en 19 avant JC, le Temple était encore un monument quasi tout neuf aux temps de Jésus.
Pour “situer” les prophéties de .Jésus sur le Temple et la Ville Sainte, relire Michée, 3, 12; Jérémie, 7, 1 - 5 et 26, 1 - 19; Ezéchiel, 8 à 11 : bien des prophètes avaient déjà osé annoncer la ruine du 1er Temple, comme signe que Dieu rompait l’alliance qu’il avait conclue avec le peuple, devenu infidèle. Jérémie avait même été poursuivi et menacé de mort pour une telle annonce (Jérémie, 26).
Jésus, pareillement, annonce à son tour la ruine du Temple, parce qu’en le rejetant, lui, Israël rejette tout le plan de Dieu, et renie sa propre vocation d’être une bénédiction pour toutes les nations de la terre. Jésus va de même susciter le scandale par cette annonce : voir Matthieu, 26, 61 et 27, 40. Voir également l’accusation portée contre Etienne, le premier martyr chrétien, en Actes, 6, 14, pour avoir parlé contre le Temple.
A noter, qu’une fois de plus, Jésus ne répond pas directement à la question de ses disciples sur la date précise et le comment de cette destruction du Temple. Il ne cède jamais à de telles demandes. Il va seulement parler ici de “signes” liés à l’avènement du Fîls de l’homme.
4. Prolongement
Le choix fondamental de Jésus comme unique Sauveur nous est sans cesse reprécisé, avec tous les changements et accomplissements qu’il entraîne :
11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.
12 Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
13 eux qui ne sont engendrés ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.
14 Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
19 La femme lui dit : “Seigneur, je vois que tu es un prophète…
20 Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites: C’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer.”
21 Jésus lui dit : “Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
22 Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
23 Mais l’heure vient - et c’est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père.
24 Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. ”
1 .Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu: c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre.
2 Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.
3 Au nom de la grâce qui m’a été donnée, je le dis à tous et à chacun: ne vous surestimez pas plus qu’il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départi.
Là où se trouve Jésus “avec-nous”, nous rencontrons Dieu (Jean, 14, 9 - 10; Jean, 14, 23) Jésus, présent dans l’Esprit Saint, remplit toutes les fonctions du Temple, qui, désormais, n’a plus de raison d’être (Apocalypse, 21, 22 - 23), et nous rencontre au plus profond de nous- mêmes (1 Corinthiens, 6, 19).
Prière
*Seigneur Jésus, tu es déjà de “retour” en ta présence permanente de Ressuscité au coeur de nos vies par ton Esprit Saint, la fin des temps est donc bien pour nous commencée, et il nous appartient d’en témoigner devant le monde d’aujourd’hui, à la fois comme une réalité de notre temps, qui transforme notre histoire et transfigure notre existence, et comme un avenir que nous attendons d’autant plus que nous le savons au milieu de nous, tendu vers son achèvement définitif : apprends-moi à vivre de ce mystère qui change radicalement toutes mes attItudes face à Dieu et face à mes frères et soeurs. AMEN.
25.11.2003.*