📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Apocalypse 20, 1-15
DE L’APOCALYPSE
Texte
1 Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main.
2 Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans.
3 Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps.
4 Et je vis des trônes; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.
5 Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection.
6 Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans.
7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison.
8 Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer.
9 Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora.
10 Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles.
11 Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus. La terre et le ciel s’enfuirent devant sa face, et il ne fut plus trouvé de place pour eux.
12 Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres.
13 La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux; et chacun fut jugé selon ses oeuvres.
14 Et la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu.
15 Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu.
1 Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus.
2 Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.
Commentaire
1. Situation
Ce livre de l’Apocalypse ou de Révélation, est un grand message d’encouragement aux communautés fortement persécutées àa fin du 1er siècle, écrit par un visionnaire qui transmet son message sous la forme de comptes-rendus de ses visions.
Il s’exprime dans le langage dit “apocalyptique”, langage d’écriture très pratiqué à cette époque, utilisant de fortes images caricaturales pour nous suggérer la victoire de Dieu et de son peuple sauvé par la mort-résurrection de Jésus Christ, et nous obliger, de ce fait, à un dépassement et une rupture dans les représentations courantes de notre imagination.
Ce Livre constitue donc un message sur la fin des temps inaugurée par le Christ ressuscité, à laquelle nous avons déjà part dans notre histoire, et qui s’ouvre sur l’accomplissement final victorieux de tout le plan de Dieu. Ce qui veut dire que les visions rapportées concernent autant notre vie de chrétiens dans l’Eglise de ce temps que l’entrée définitive de toute l’humanité dans le Royaume de Dieu.
Plusieurs structurations de ce livre nous sont possibles et ont été formulées par divers auteurs. Retenons pour le moment celle ci : après une grande vision, inaugurale, du ciel où Dieu trône en présence du Christ décrit comme un “agneau debout comme immolé” (4, - 5, 14), cette vision va se décomposer en 6 séries de 7 visions chacune, à partir des 7 sceaux du livre que tient entre ses mains le Christ-Agneau de Dieu :
- les 7 visions des 7 sceaux (6, 1 - 8, 6),
- les 7 visions des 7 trompettes (8, 7 - 11, 18),
- les 7 visions des 7 signes (12, 1 -14, 2),
- les 7 visions des 7 coupes de la colère de Dieu (15, 1 - 16, 21),
- les 7 visions de la chute de Babylone (17, 1 - 19, 5),
- les 7 visions de la consommation finale (19, 6 - 22, 5).
A noter que toutes ces séries de visions s’incrustent dans la série précédente et s’ouvrent à la série suivante.
Si l’on tient compte qu’après l’introduction du Livre (1, 1 - 8), la mission confiée par le Seigneur au visionnaire se fait également par l’intermédaire d’une vision préalable, dans laquelle l’auteur, qui y contemple le Christ en majesté, y reçoit la teneur de 7 lettres d’accompagnement qu’il doit communiquer aux 7 Eglises d’Asie Mineure, avec le message central qui leur rapporte toutes ses visions (1, 9 - 3, 22), nous constatons que ce Livre est composé de 7 septénaires de visions, avec, ici et là, quelques interludes non mentionnés ci-dessus.
2. Message
Cette page se situe vers la fin de la dernière série des visions de l’Apocalypse, les 7 visions de la consommation finale. où nous sont révélées le sort définitif des forces du mal et de la mort, le jugement dernier de tous les membres de l’humanité de tous les temps, ainsi que la nouvelle Jérusalem associée à la création nouvelle, et évoquée également sous l’image d’une fiancée parée pour la rencontre de son époux.
Il nous est annoncé que les forces du mal, en leur source même, jugulées pendant 1000 ans, puis relachées pour un autre temps, connaissent leur destruction définitive dans ce que repésente l’image de l’étang de feu.
En outre, cette ruine totale de ces forces du mal s’accompagne de celle de tout ce qui leur est associé : la mort elle-même avec tous ses repaires, et tous ceux qui, au terme du jugement, ne figureront pas parmi les inscrits sur le Livre de vie.
Quand se met en route cette procédure du jugement final, la création ancienne disparaît pour être bientôt remplacée par une création nouvelle dans laquelle il n’y aura plus de mer.
3. Decouvertes
Les versets 1 - 10 du chapitre 20, qui ne sont pas tous repris dans la lecture liturgique de ce jour, traitent d’une période de 1000 années, dont l’interprétation a été à l’origine de nombreux débats depuis plusieurs siècles.
Il nous fauit essayer de découvrir le sens que l’auteur donne à ces 1000 années dans ses récits de visions. Certains écrivains Juifs de l’époque de notre Apocalypse ont décrit une période de 1000 ans de règne du Messie à la fin de l’histoire des hommes, préalablement au renouvellement de la création (Apocalypse de Baruch, 40, 4, 4 et 4ème Livre d’Esdras, 7, 28 - 29). C’est une tradition semblable que Jean adapte ici à son message théologique.
De même que le Dragon dans son Livre était apparu avant les 2 Bêtes (12 - 13), son histoire continue après leur disparition, car il est le principe ultime du mal. Au chapître 12 il avait été précipité du ciel sur la terre, et il est maintenant emprisonné dans l’abîme pour l’empêcher de nuire pendant longtemps.
Voir également la signification des 1000 ans dans le psaume 90, 4. Les versets 2 - 6 sont le seul endroit où il est question de ces 1000 ans, conséquence de la victoire de la vérité de Dieu sur les tromperies du Diable et de la Bête. Il faut que soit manifestée la victoire de la vérité sur la Bête vaincue (19, 20), et que les martyrs de Jésus, victimes de la Bête, puissent apparaître victorieux et participant au règne du Christ qui fait suite au règne de la Bête. Alors que celle-ci avait régné pendant 3 ans et demi, ils vont, eux, régner pendant 1000 ans. Alors que la Bête, qui avait mis à mort les martyrs avait péri dans la seconde mort (19, 20), les martyrs ressuscitent et la seconde mort n’a plus aucun pouvoir sur eux.
Les 1000 ans n’ont ainsi aucune autre signification que de mettre fin au combat des martyrs et de la Bête, combat dont l’enjeu est la vie et le royaume véritables.
Il n’y a donc pas à chercher ici l’annonce d’une période réelle de 1000 ans qui précèderait le retour du Christ : ils ne sont que le symbole de la victoire des témoins de Jésus.
Les versets 7 - 10 du chapitre 20 dépendent d’Ezéchiel 38 - 39. Et pour montrer que cette victoire des martyrs du Christ ne peut plus jamais être remise en cause, Satan recevra une nouvelle chance de vaincre les Saints du Très-Haut après ces 1000 années, mais il n’y parviendra pas et sera alors totalement anéanti.
Aux versets 11 - 15 du chapitre 20, le jugement est différent de celui raconté en 19, 17 - 21, en ce qu’il détermine le destin éternel de tous les humains qui ont vécu sur terre. Ce jugement, annoncé en 11 18, n’est relaté qu’ici. Toute la Bible nous dit que chaque personne de notre humanité sera jugée selon ses actes : Psaume 62, 12; Proverbes, 24, 12; Job, 34, 11; Jérémie, 17, 10; Matthieu, 16, 27; Romains, 2, 6; 1 Pierre, 1, 17; Apocalypse, 22, 12). Il ne s’agit pas dans ce jugement de l’application légaliste d’une justice distributive, mais d’une appréciation du choix fondamental de chaque personne (pour Dieu, pour le bien ou pour le mal), tel que ses oeuvres le manifestent. La miséricorde de Dieu n’en demeure pas moins présente, et en ayant le dernier mot (20, 12).
La nouveauté radicale dont il est question à la fin de notre passage, et qui fait écho à Isaïe, 65, 17, suppose l’apparition d’une réalité absolument différente, un renouvellement complet de la vieille création. L’absence de mer indique qu’il n’y a plus aucune réalité de “chaos” d’où surgit le mal (13, 1). Ce qui implique la durée éternelle de cette nouvelle création.
4. Prolongement
Nous n’avons ici que l’accomplissement de la dernière parole de Jésus à la fin du chapitre 16 de l’Evangile de Jean, au terme de l’un de ses discours d’adieu, qui sont autant de parties de son testament la veille de sa mort : “Je ne suis pas seul, le Père est avec moi : ayez confiance, j’ai vaincu le monde”.
De même, Paul nous invite à nous considérer comme création nouvelle en Christ, totalement tournés vers l’avenr 2 Corinthiens
5.17 Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.
5.18 Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation.
Telle est la nouveauté de la résurrection du Christ, dans laquelle nous avons été réellement pris en charge et radicalement transformés, lors de notre baptême assumé dans la foi d’un coeur de pauvre. :
Prière
*Seigneur Jésus, donne-moi de vivre toujours, et de plus en plus, en témoin de ta victoire sur la mort et les puissances du mal, par une existence contagieuse de ta Lumière, de ta Vérité, et de la charité-miséricorde de Dieu, que tu nous partages en plénitude, dans le don de ton Esprit Saint et de ta présence vivante en lui au coeur de notre être. AMEN.
26.11.2004.*
Évangile : Luc 21, 28-36
DE L’EVANGILE DE LUC
Texte
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. “
29 Et il leur dit une parabole : ” Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 ” Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. “
Commentaire
1. Situation
Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.
Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.
Son Evangile se déroule en huit étapes :
- un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
- un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
- la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
- le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
- le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
- le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
- le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
- la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).
Jésus continue son dernier discours au Temple de Jérusalem sur l’achèvement de l’histoire dans l’accomplissement final de sa mission.
Après avoir annoncé prophétiquement la fin du Temple de Jérusalem (21, 5 - 7), exhorté ses auditeurs à ne pas se laisser égarer par de faux messies qui se couvriraient de son Nom (21, 8 - 9), fait déjà allusion à des bouleversements d’ordre cosmique pour évoquer le sens de son retour à la fin des temps (21, 10 - 11), et préparé ses disciples à la perspective des persécutions qu’ils auront à subir, tout en les assurant, en ce cas, de son soutien puissant (21, 12 - 19), Jésus en arrive maintenant à prophétiser la ruine de Jérusalem et le renversement définitif de toutes choses lors de l’irruption de la fin ultime des temps et de son retour en gloire.
Il appartient donc aux disciples de discerner les signes de ce retour, qui va s’inaugurer dans la mort-résurrectionde Jésus, et demeurer toujours sur leurs gardes, dans une attitude de veille permanente vers la réalité qu’ils doivent attendre en se tenant prêts, debout, pour accueillir le retour du fils de l’homme, dont Jésus, selon Luc, va préciser qu’il ne saurait tarder.
2. Message
Nous arrivons au terme du dernier discours de Jésus, sur la fin des temps. Au verset 28, qui précède notre page liturgique, mais qui devrait en faire partie, Jésus a commencé de conclure sa triple annonce des difficultés et des persécutions qu’auront à affronter ses disciples, de la ruine de Jérusalem, qui n’a pas rempli sa mission prophétque, et du retour en gloire du Fils de l’homme qu’il est, par une invitation à tenir compte de toutes ses paroles en les accueillant comme un message d’encouragement et d’espérance.
Jésus nous appelle ainsi au discernement des signes et événements dont il nous a parlé, tout en relevant la tête dans la confiance. La parabole du figuier et des autres arbres, dont les bourgeons signifient immanquablement l’approche de l’été, ne fait que renforcer l’autorité qu’il manifeste en ses paroles, dont il nous précise qu’elles ne passeront pas.
Puis son discours se termine par une exhortation à la vigilance, de façon à ne pas manquer le retour du Fils de l’homme, qu’il faut accueillir en étant debout, dans une vigilance constamment renouvelée. (21, 34 - 36).
3. Decouvertes
Selon Luc, Jésus inclut l’apparition définitive du Fils de l’homme dans le temps de cette génération. Ce que les premières communautés chrétiennes, et Paul lui-même, commenceront par interpréter à la lettre (1 Thessaloniciens, 4, 16 - 17), avant de prendre du recul face à cette datation (2 Pierre, 3, 8 - 10).
Dans cet Evangile de Luc, ce discours est à lire en le situant sur la toile de fond de toute la mission et de tout le message de Jésus : le Royaume est déjà inauguré, et c’est en vivant dans l’histoire cette dimension “d’au-delà” du Royaume, que Jésus va réaliser dans son passage de mort-résurrection, et nous transmettre dans le don de l’Esprit Saint, qu’il nous faut “attendre” le retour du Seigneur.
Par contraste avec la peur et la crainte de toute l’humanité devant le mystère et la question de la fin des temps et de l’histoire, les disciples doivent se tenir debout, la tête haute, totalement tournés vers le Fils de l’homme victorieux qui a anéanti toutes les forces du mal (21, 25 - 33).
Autre contraste, celui du scandale et de la folie de la croix (1 Corinthiens, 1, 22 - 25) : Jésus, qui va subir une mort violente à Jérusalem, profère des paroles qui ont valeur d’éternité.
4. Prolongement
Déjà, dans le premier texte écrit du Nouveau Testament, la 1ère Lettre envoyée par Paul aux Thessaloniciens (vers 50 - 51), soit au moins 30 ans avant que Luc rédige son Evangile, nous trouvons repris de langage du dernier discours de Jésus :
1 Quant aux temps et moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive.
2 Vous savez vous-mêmes parfaitement que le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuit.
3 Quand les hommes se diront : Paix et sécurité ! c’est alors que tout d’un coup fondra sur eux la perdition, comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper.
4 Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, de telle sorte que ce jour vous surprenne comme un voleur :
5 tous vous êtes des fils de la lumière, des fils du jour. Nous ne sommes pas de la nuit, des ténèbres.
Dans ses grandes Lettres aux Corinthiens et aux Romains, Paul nous indique comment nous comporter aujourd’hui, dans notre temps de l’histoire humaine, en présence du “déjà-là” du Christ ressuscité, dans l’attente du “pas-encore” de sa manifestation plénière :
10 La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude.
11 D’autant que vous savez en quel moment nous vivons. C’est l’heure désormais de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru.
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière.
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies.
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises.
Voir aussi 1 Corinthiens, 7, 29 -31.
Prière
*Seigneur Jésus, ta rencontre aujourd’hui, en présence de ton Esprit Saint, nous demande un accueil de ta Parole et de ta force, pour revivre, en notre histoire concrète, ton témoignage évangélique, en même temps qu’une docilité à nous laisser toujours conduire par toi dans la nouveauté du Jour définitif du Royaume de Dieu, que tu as inauguré en ta mort-résurrection, donc selon une existence dynamique qui nous oblige sans cesse au refus de toute possession, de toute stagnation, pour une avancée constante “au-delà” vers Dieu notre Père, qui, par toi et en toi, nous a saisis : renouvelle en moi cette pauvreté de coeur, cette ouverture à ta Parole, ainsi qu’à ta vie, selon ce dépassement dans la foi et la charité, que tu nous offres chaque jour, afin que nous ne cherchions qu’à suivre, en toutes circonstances, ton chemin de vérité et de vie. AMEN.
29.11.2002.*