📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Actes des Apôtres 3, 11-26

DES ACTES DES APÔTRES

Texte

11 Comme il ne lâchait pas Pierre et Jean, tous, hors d’eux-mêmes, accoururent vers eux au portique dit de Salomon.
12 A cette vue, Pierre s’adressa au peuple : ” Hommes d’Israël, pourquoi vous étonner de cela ? Qu’avez-vous à nous regarder, comme si c’était par notre propre puissance ou grâce à notre piété que nous avons fait marcher cet homme ?
13 Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate, alors qu’il était décidé à le relâcher.
14 Mais vous, vous avez chargé le Saint et le Juste ; vous avez réclamé la grâce d’un assassin,
15 tandis que vous faisiez mourir le prince de la vie. Dieu l’a ressuscité des morts : nous en sommes témoins.
16 Et par la foi en son nom, à cet homme que vous voyez et connaissez, ce nom même a rendu la force, et c’est la foi en lui qui, devant vous tous, l’a rétabli en pleine santé.
17 ” Cependant, frères, je sais que c’est par ignorance que vous avez agi, ainsi d’ailleurs que vos chefs.
18 Dieu, lui, a ainsi accompli ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait.
19 Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés,
20 et qu’ainsi le Seigneur fasse venir le temps du répit. Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus,
21 celui que le ciel doit garder jusqu’aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes.
22 Moïse, d’abord, a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira.
23 Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple.
24 Tous les prophètes, ensuite, qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, ont pareillement annoncé ces jours-ci.
25 ” Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre.
26 C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l’a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités. “

Commentaire

1. Situation

Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.

Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).

Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.

Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 33), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).

Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.


Avec l’Esprit promis qui vient d’être répandu, nons en sommes, avec ce texte, dans la mission des disciples à Jérusalem : l’appel à rallier Jésus ressuscité continue d’être adressé à Israël, dans ce deuxième discours de Pierre, prononcé juste après la guérison qu’il vient d’effectuer du boiteux de la Belle Porte du Temple. Cette page se situe donc dans la 2ème partie du Livre, la Mission à Jérusalem.

2. Message

Suite à la guérison d’un boiteux, effectuée par Pierre et Jean, au Nom de Jésus, Pierre s’adresse à la foule stupéfaite, et leur tient ce qui est constitue son 2ème discours.

C’est par la puissance du Nom de Jésus, que Dieu a ressuscité, que cet homme a été guéri, et cette puissance est accordée par la foi au Nom de Jésus.

Pierre invite son auditoire, comme dans son 1er discours du jour de la Pentecôte, à passer de l’étonnement à la conversion, pour le pardon de leurs péchés. Après leur avoir rappelé qu’ils ont livré Jésus, qu’ils l’ont rejeté devant Pilate, et l’ont tué, lui, le Chef de la Vie, il reconnaît qu’ils ont tous agi dans l’ignorance, tout en accomplissant ainsi les paroles des prophètes.

Toujours selon les prophètes, Jésus, qui est le Messie, reviendra, le moment venu, lui que, Moïse le premier (Deutéronome, 18, 15 - 16), suivi de tous les prophètes, avait annoncé.

La promesse faite à Abraham, qu’en sa descendance seraient bénies toutes les nations de la terre, est accomplie dans la résurrection de Jésus, qui agit à présent, et bénit ceux qui croient en lui, et sont invités à changer de vie : d’abord eux, les fils d’Israêl, puis les paîens.

L’appartenance au peuple d’Abraham doit normalement conduire à se rallier à Jésus Sauveur, en qui tout le dessein de Dieu est achevé.

3. Decouvertes

Dans les Actes des Apôtres, nous assistons à la “loi” du “décalage” : ce que, dans le parcours historique de son ministère, Jésus accomplissait de lui-même, est réalisé aujourd’hui par ses disciples en son Nom, en invoquant son Nom, ce Nom de Jésus étant désormais le “lieu” de sa présence agissante de Ressuscité. Ce décalage continue tout au long de l’histoire des communautés croyantes de nos Eglises.

Pierre invite ses auditeurs à s’interroger sur leur identité profonde face à Dieu : ils sont les fils des prophètes, ils sont les fils de l’Alliance ! C’est donc à ce titre qu’ils doivent accueilllir Jésus, en ce qu’il est, et en ce qu’il agit et ce qu’il dit, à travers maintenant ses témoins et ses disciples.

Comme dans son premier discours, Pierre souligne le contraste entre le statut de Jésus, au regard de Dieu et de son dessein de salut (il est le Saint, le Juste, l’Auteur de la Vie, le Serviteur que Dieu glorifie), et le statut que lui a réservé le peuple de Dieu (ils l’ont livré, rejeté, tué).

S’adressant à des Juifs, Pierre, comme il l’avait déjà fait également en son premier discours, leur montre qu’avec Jésus toute l’Ecriture est accomplie, à partir de quelques textes qu’il cite (Deutéronome, 18, 15 - 16 et Genèse, 12, 1 - 3).

4. Prolongement

Dans l’accomplissement des Ecritures par Jésus, en son engagement suprême qui le fait “passer” de ce monde au Père en sa mort-résurrection, l’Esprit Saint nous est envoyé, et la Parole de Jésus ressuscité est bien, tout en la dépassant et l’achevant, celle du Nouveau Moïse annoncé au Livre du Deutéronome.

Quant à nous, disciples de Jésus, nous savons à quel point Jésus Ressuscité est actif pour nous assurer une existence de qualité, dans la mesure où il habite en nos coeurs par la foi que nous avons en lui, selon la grâce de l’Esprit Saint.

Est-ce que, vraiment, dans notre vie, nous pouvons dire que “tout est de lui, tout est pour lui, tout va à lui”, à la condition que nous lui fassions de plus en plus toute la place ?

Prière

*Seigneur Jésus, c’est en ton Nom que, lors de notre baptême, nous avons été plongés dans l’événement de ta mort-résurrection, c’est en ton Nom que nous prions désormais le Père, et essayons d’accomplir sa volonté face aux situations que nous rencontrons, et c’est de toi que nous avons reçu un nom nouveau, associé à la dignité de “fils”, héritiers et cohéritiers de celui qui est ton Père et notre Père : apprends-moi à vivre en cohérence avec le don de Dieu qui nous est fait, dans cette communion permanente et croissante que tu nous proposes, avec toi, dans une même marche vers le Père, portés par le souffle de ton Esprit Saint. AMEN.

04.04.2002.*

Évangile : Luc 24, 35-48

DE L’EVANGILE DE LUC

Texte

35 Et eux de raconter ce qui s’était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.
36 Tandis qu’ils disaient cela, lui se tint au milieu d’eux et leur dit : ” Paix à vous ! “
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : ” Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
39 Voyez mes mains et mes pieds ; c’est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai. “
40 Ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Et comme, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d’étonnement, il leur dit : ” Avez-vous ici quelque chose à manger ?
42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il leur dit : ” Telles sont bien les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. “
45 Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures,
46 et il leur dit : ” Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
47 et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.
48 De cela vous êtes témoins.

Commentaire

1. Situation

Luc est l’auteur d’une oeuvre en deux volumes qui se suivent, et sont écrits pour être lus en suivant : l’Evangile, et les Actes des Apôtres. Luc nous est régulièrement présenté comme disciple et accompagnateur de Paul, bien que nous ne trouvions rien dans son oeuvre des grands thèmes théologiques développés dans les Epîtres de Paul.

Luc a écrit ses 2 Livres entre les années 80 et 90 de notre ère, soit plus de 50 ans après la mort de Jésus, 30 ans après les lettres authentiques de Paul, et quelque 20 ans après l’Evangile de Marc. Ce qui ne veut pas dire que les traditions qu’il reprend ne sont pas aussi anciennes que celles de ceux qui ont écrit avant lui. Cela indique toutefois qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes déjà différentes, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus.

Son Evangile se déroule en huit étapes :

  • un Prologue (Luc, 1, 1 - 4) au destinataire de cet Evangile, un certain Théophile, dont nous ne savons rien par ailleurs, Prologue auquel fait écho le Prologue des Actes des Apôtres (Actes, 1, 1 - 5).
  • un résumé de toute la Bonne Nouvelle de Jésus, en qui toutes les promesses de Dieu sont accomplies, autour du thème de son Enfance (Luc, 1, 5 - 2, 52).
  • la préparation de son ministère public (Luc, 3, 1 - 4, 13).
  • le ministère de Jésus en Galilée (Luc, 4, 14 - 9, 50).
  • le voyage de Jésus vers Jérusalem (Luc, 9, 51 - 19, 27).
  • le rejet de Jésus par Jérusalem (Luc, 19, 28 - 21, 38).
  • le dernier repas de Jésus et sa mise au rang des pécheurs dans sa condamnation et son éxécution (Luc, 22, 1 - 23, 56a).
  • la victoire décisive de Jésus, sa promesse de l’Esprit et son ascension (Luc, 23, 56b - 24, 53).

Cette scène est tirée de la fin de la dernière partie de l’Evangile, concernant la victoire de Jésus en sa résurrection. Pendant que les deux disciples d’Emmaüs, de retour à Jérusalem, après avoir reconnu Jésus Ressuscité à la fraction du pain, sont encore en train de raconter leur aventure, Jésus lui-même se trouve soudainement au milieu d’eux.

Alors que Matthieu ne place d’apparition de Jésus à tous ses disciples que sur une montagne de Galilée, que Jean en situe une à Jérusalem et une autre en Galilée (dans l’Epilogue du chapitre 21 de son Evangile), Luc reste centré sur Jérusalem.

Cela peut s’expliquer par le projet qu’avait Luc d’écrire son second volume, les Actes des Apôtres : si le sujet de son Evangile est bien la mission de Jésus depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem, le thème des Actes des Apôtres est bien la mission de Jésus (selon son Esprit Saint dans les communautés croyantes), depuis Jérusalem jusqu’à Rome. La Bonne Nouvelle de la Résurrection du Messie Crucifié apparaît ainsi comme un point d’arrivée et un point de départ, dont comme la plaque tournante de toute l’oeuvre de Luc.

Le récit de cette apparition de Jésus à tous ses disciples semble inséparable des versets suivants (49 - 53) qui forment la conclusion de l’Evangile, et dans lesquels Jésus leur annonce la venue de l’Esprit, les emmène à Béthanie, et tandis qu’il les bénit, se trouve exalté-emporté au ciel dans l’Ascension, alors que les disciples se prosternent devant lui avant de retourner tout joyeux à Jérusalem.

2. Message

Tel qu’il nous est présenté, ce passage paraît très proche de la rencontre du Christ Ressuscité avec Thomas et les autres apôtres dans l’Evangile de Jean (Jean, 20, 19 - 29). Il s’agit d’expliquer, de bien situer la foi au Christ Ressuscité. Il est plus important de croire en la Résurrection du Seigneur que de le voir dans une approche d’ordre physique.

Dans ce passage, l’invitation par Jésus à le toucher et à constater les traces de sa passion, ne suffit pas à conduire à la foi ses disciples témoins de son apparition. Pour que leur esprit s’ouvre, il est nécessaire que Jésus le leur ouvre, en leur expliquant le sens des Ecritures (verset 45), après les avoir invités à se rappeler ce qu’il leur avait dit, lors de son ministère au milieu d’eux, dans les annonces de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, quand il leur indiquait que cela était une nécessité, traduite par l’emploi de la formule “IL FAUT”.

Cette fomule, Jésus la précise maintenant comme “Il FAUT que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes (verset 44).

Si nous prolongeons ce texte jusqu’au dernier verset de l’Evangile (verset 53), nous constatons que pratiquement tous les thèmes qui ont jalonné l’Evangile de Luc se retrouvent ici : la paix (verset 36), le partage de la table (versets 41 - 43), l’accomplissement en Jésus de toutes les promesses de Dieu (versets 44 - 47), le pardon des péchés (verset 47), Jérusalem (versets 47 et 52), le témoignage (verset 48), l’Esprit Saint (verset 49), l’achèvement du parcours de Jésus (verset 51), et le Temple (verset 53).

Et tout l’Evangile culmine dans la posture de vénération, par ses disciples prosternés, de Jésus montant au ciel (verset 52).

3. Decouvertes

Comme dans toutes ses apparitions, le Ressuscité n’est pas reconnu immédiatement, et il se fait reconnaître et identifier par un signe adapté aux personnes rencontrées. Luc s’adresse à des chrétiens d’origine et de culture grecque ou païenne, marqués par une différente conception de l’homme, comme composé d’un corps contenant une âme immortelle ou éternelle, et donc ne pouvant que difficilement comprendre ou accepter la “résurrection des corps”. D’où l’insistance, mise dans les paroles de Jésus, à préciser qu’il n’est pas un “esprit” qui “n’a ni chair ni os”.

Jésus Ressuscité donne la paix annoncée dans la Nuit de Noël en Luc, 2, 14, et proclamée en Luc, 19, 38, lors de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.

Jésus Ressuscité mange sous leurs yeux, toujours, peut-être, pour montrer qu’il n’est pas un “esprit” ou un “fantôme”, mais surtout pour montrer la victoire de Jésus sur la mort, symbolisée par sa capacité de participer de nouveau à la convivialité de table avec les siens.

Une fois de plus, Jésus fait appel aux souvenirs de ses paroles d’avant sa mort “du temps que j’étais encore avec vous” (ce qui implique que maintenant il n’est plus là, du moins de la même façon).

Jésus précise que toutes les catégories de livres de la Bible Juive ont écrit de lui, mais il faut qu’il ouvre l’intelligence de ses disciples pour qu’ils puissent comprendre.

La mission messianique ne sera vraiment accomplie que si le salut de Dieu atteint le monde entier par Jésus, et ceux qui, en son Nom et avec la force de l’Esprit répandu par lui, prolongeront sa mission à travers les âges.

4. Prolongement

Intelligence des Ecritures avec l’aide de Jésus Ressuscité et de son Esprit Saint, convivialité avec lui, telles sont les deux dimensions de nos assemblées chrétiennes liturgiques, où nous nous rencontrons entre frères et soeurs pour faire mémoire de tout ce qu’a vécu Jésus, et surtout de ce qu’il a accompli en son passage définitif au Père.

Nous ne pouvons comprendre la Bible, l’Ancien Testament, relu dans l’accomplissement du Nouveau, sans la foi en Jésus et la présence de son Esprit.

Il en va de même de tous les signes qui nous rendent présents la mort-résurrection-don de l’Esprit de Jésus, pour que nous y ayons part et soyons transformés par sa présence, et le mystère renouvelé en nous de sa mission.

Relisons-nous l’Ecriture, qui nous transmet la mémoire de ce qui a été vécu, puis accompli par Jésus, de tout le plan de Dieu qui se déroule dans l’histoire depuis l’appel d’Abraham, avec cette foi qui nous permet d’en faire un lieu de la présence de la Parole et de la vie de Dieu avec nous, en Jésus Ressuscité qui nous rejoint dans son Esprit Saint ?

Prière

*Seigneur Jésus, depuis ta résurrection d’entre les morts et le don que tu nous as fait de ton Esprit Saint, tu es vraiment avec nous, au coeur de nos vies, comme celui qui agit en nous avec puissance, nous fait sans cesse découvrir, en ta Parole, le mystère de la miséricorde infinie de Dieu, et nous rend capables, dans nos communautés de disciples, d’avoir part à la richesse unique de ton attitude, qui est celle de celui qui nous apporte de “OUI” de Dieu, qui prononce en notre nom, et façonne pour nous, et en nous, le “OUI” à sa volonté et à sa grâce, que Dieu attend de nous, pour que nous soyons vraiment avec toi ses Fils et les héritiers de son Royaume : augmente en moi la capacité d’admirer la grandeur “lumineuse” de ce don de Dieu, et de me laisser, dans l’ouverture de ma foi, saisir et transformer par lui en cet achèvement de mon être et de mon existence que lui seul peut réaliser, dans l’Esprit Saint, par toi, qui es mort et ressuscité, une fois pour toutes, au terme de l’histoire du salut, pour que “tous les hommes aient la vie”. AMEN.

24.04.2003.*


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