📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Actes des Apôtres 2, 14-36

DES ACTES DES APÔTRES

Texte

14 Pierre alors, debout avec les Onze, éleva la voix et leur adressa ces mots : ” Hommes de Judée et vous tous qui résidez à Jérusalem, apprenez ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
15 Non, ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez ; ce n’est d’ailleurs que la troisième heure du jour.
16 Mais c’est bien ce qu’a dit le prophète :
17 Il se fera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes.
18 Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit.
19 Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre.
20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le Jour du Seigneur, ce grand Jour.
21 Et quiconque alors invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
22 ” Hommes d’Israël, écoutez ces paroles. Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, ainsi que vous le savez vous-mêmes,
23 cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez pris et fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies,
24 mais Dieu l’a ressuscité, le délivrant des affres de l’Hadès. Aussi bien n’était-il pas possible qu’il fût retenu en son pouvoir ;
25 car David dit à son sujet : Je voyais sans cesse le Seigneur devant moi, car il est à ma droite, pour que je ne vacille pas.
26 Aussi mon cœur s’est-il réjoui et ma langue a-t-elle jubilé ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance
27 que tu n’abandonneras pas mon âme à l’Hadès et ne laisseras pas ton saint voir la corruption.
28 Tu m’as fait connaître des chemins de vie, tu me rempliras de joie en ta présence.
29 ” Frères, il est permis de vous le dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli, et son tombeau est encore aujourd’hui parmi nous.
30 Mais comme il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un descendant de son sang,
31 il a vu d’avance et annoncé la résurrection du Christ qui, en effet, n’a pas été abandonné à l’Hadès, et dont la chair n’a pas vu la corruption :
32 Dieu l’a ressuscité, ce Jésus ; nous en sommes tous témoins.
33 Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint, objet de la promesse, et l’a répandu. C’est là ce que vous voyez et entendez.
34 Car David, lui, n’est pas monté aux cieux ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite,
35 jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds.
36 ” Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous avez crucifié. “

Commentaire

1. Situation

Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.

Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).

Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.

Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 33), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).

Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.


Avec l’Esprit promis qui vient d’être répandu, nons en sommes, avec ce texte, au tout début de la mission des disciples à Jérusalem : l’appel à rallier Jésus ressuscité est adressé à Israêl, et ce, en premier lieu, dans ce discours de Pierre prononcé juste après l’effusion de l’Esprit, en cette Fête Juive de la Pentecôte.

2. Message

Ce discours explique l’événement de l’effusion de l’Esprit, annonce le coeur du message sur Jésus Ressuscité, argumenté à partir de l’Ecriture. Les auditeurs se trouveront ainsi invités à se convertir (Actes, 2, 37 - 41) à la cause de Jésus, comme seule possibilité d’atteindre le Royaume de Dieu promois à Israël.

Les points développés dans ce discours (Actes, 2, 14 -36, tronqué dans notre lecture liturgique) constituent la base de la foi de Pierre et la fondation sur laquelle l’Eglise est construite.

Successivement, Pierre nous y dit que :

  • l’extase collective des disciples à 9 heures du matin n’a rien à voir avec une consommation d’alcool, mais est le signe de l’effusion de l’Esprit annoncée par le Prophète Joël (Joël, 2, 28 - 32).
  • Jésus, qui s’était manifesté par la puissance de sa Parole et de son action, et qui a été crucifié, est ressuscité, selon le plan de Dieu.
  • les douleurs de la mort ne pouvaient retenir en leur pouvoir Jésus, le Messie.
  • David savait qu’un de ses descendants serait le Messie (Psaume 110, 1). Ce Messie, c’est Jésus.
  • témoins de la résurrection de Jésus, ses disciples sont témoins de tout cet accomplissement du plan de Dieu.
  • tout ce que les auditeurs de Pierre voient et entendent en ce jour leur vient de Jésus Ressuscité et exalté à la droite de Dieu, par son Esprit répandu.
  • En conclusion, “Dieu l’a fait Seigneur et Maître, ce Jésus, que vous, vous avez crucifié”.

3. Decouvertes

La plus grande preuve de l’Esprit répandu, c’est bien ce discours de Pierre, dont l’assurance et l’audace devant la foule contrastent on ne peut plus radicalement avec son reniement du Christ au cours de la passion de Jésus (Luc, 22, 54 - 61).

Comme tous les autres discours des Actes des Apôtres (les autres de Pierre, celui d’Etienne, ceux de Paul plus tard), ce discours a été composé par Luc, l’auteur présumé des Actes, qui n’en est pas pour autant l’inventeur. Les historiens de cette époque ne prétendaient pas reproduire les mots ou phrases exactes prononcés, mais essayaient de rendre au mieux la substance du message de l’orateur qu’ils mettaient ainsi en scène, à partir de la tradition qui leur en avait été transmise.

4. Prolongement

Ce discours, adressé à des Juifs, continue de s’adresser aux croyants de tous les temps de l’Eglise. Nous avons à situer la résurrection de Jésus et à toujours mieux comprendre ce que “l’affaire Jésus”, continuée par l’action et la présence de son Esprit, représente pour la communication du salut de Dieu, achevé en, et par, Jésus le Christ.

En effet, la résurrection du Seigneur n’est pas seulement un événement d’exaltation concernant Jésus seul, dont la mission est ainsi reconnue par Dieu : elle est le “basculement” de tout le plan de Dieu sur le monde dans le temps de l’accomplissement.

L’oeuvre de Dieu est désormais achevée, et elle est communiquée comme telle à tous les hommes postérieurs à Jésus, dont l’histoire doit être transformée, et intégrée en cette “fin des temps” ouverte définitivement par l’ultime et unique événement du salut, comprenant, et unifiant, la mission de Jésus, sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de l’Esprit.

Notre conviction est-elle assez forte que nous avons à vivre et à témoigner que “tout est accompli” en Jésus crucifié et ressuscité, et que, dans son Esprit, toute notre expérience humaine de chaque jour est à intégrer dans cette “Heure” définitive de l’histoire du salut que Dieu nous donne ?

Prière

*Seigneur Jésus, par ta Parole que nous avons reçue de la prédication apostolique de tes premiers disciples, c’est ton action d’accomplissement de tout le dessein de Dieu qui nous est proposée, pour qu’à notre tour, aujourd’hui, nous y pénétrions et en devenions les témoins pour tous nos contemporains, par notre manière de vivre à ta façon, et l’explication que nous en donnons à toute personne qui nous en demande compte : donne-moi de mesurer l’ampleur de cette responsabilité que tu nous confies, avec la force de ton Esprit Saint, d’annoncer et de montrer, à temps et à contre temps, que Dieu a tout fait pour nous, qu’il nous a absolument tout donné pour que nous soyons sauvés, et qu’il n’est pas “d’autre Nom” que le tien pour donner tout son sens à notre existence, ainsi qu’à celle de tous les hommes et de toutes les femmes de tous les temps. AMEN.

21.04.2003.*

Évangile : Matthieu 28, 1-15

DE L’EVANGILE DE MATTHIEU

Texte

1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
2 Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit.
3 Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige.
4 A sa vue, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts.
5 Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : ” Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
6 Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,
7 et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit.”
8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : ” Je vous salue ”, dit-il. Et elles de s’approcher et d’étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.
10 Alors Jésus leur dit : ” Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront. “
11 Tandis qu’elles s’en allaient, voici que quelques hommes de la garde vinrent en ville rapporter aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
12 Ceux-ci tinrent une réunion avec les anciens et, après avoir délibéré, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent,
13 avec cette consigne : ” Vous direz ceci : “Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé tandis que nous dormions. “
14 Que si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, nous nous chargeons de l’amadouer et de vous épargner tout ennui. “
15 Les soldats, ayant pris l’argent, exécutèrent la consigne, et cette histoire s’est colportée parmi les Juifs jusqu’à ce jour.

Commentaire

1. Situation

Cet Evangile, qui reprend beaucoup de passages de l’Evangile de Marc (qui avait été écrit vers 65), mais en y ajoutant des éléments qu’il partage en grande partie avec Luc, a été très probablement rédigé entre les années 85 et 90.

A parcourir tout ce Livre, on peut se demander s’il a été composé pour des chrétiens d’origine Juive (Judéochrétiens), ou pour des chrétiens d’origine païenne, ou encore pour les deux. Néanmoins, même s’il a été d’abord écrit pour confirmer une communauté Judéochrétienne dans sa découverte de la Bonne Nouvelle de Jésus, cet Evangile est ouvert également à la mission universelle auprès des païens, et il se termine par un envoi en mission par le Christ ressuscité, avec ces paroles : “allez, de toutes les nations, faites des disciples” (28, 18).

On peut diviser cet Evangile en 11 parties, qui se répondent en sens inverse (la 1ère correspondant à la dernière, la 2ème, à l’avant-dernière, etc…), concentrées autour de la 6ème partie, le “Discours en paraboles”, qui sert en quelque sorte de “pivot”. Nous obtenons ainsi le découpage suivant :

  • Naissance de Jésus et commencement de sa mission (1 - 4)
  • Bénédictions et Discours sur la montagne (5 - 7)
  • Manifestations de l’autorité de Jésus et de ses appels (8 - 9)
  • Discours sur la mission (10)
  • Jésus rejeté par “cette génération” (11 - 12 )
  • Discours en paraboles (13)
  • Jésus reconnu par ses disciples (14 - 17)
  • Discours sur la manière de vivre en communauté de croyants (18)
  • De nouveau, Jésus manifeste son autorité et ses appels (19 - 22)
  • Proclamation de situations malheureuses et Discours sur la venue définitive du Royaume (23 - 24)
  • Passion, mort et résurrection (26 - 28)

Cette présentation fait ressortir que cet Evangile est bien rythmé par 5 grands discours de Jésus, dans lesquels l’auteur a concentré la majeure partie de son enseignement. Les 5 discours ont souvent fait penser aux 5 livres de Moïse de l’Ancien Testament. On dit volontiers que, pour Matthieu, Jésus est le “Nouveau Moïse”.


Notre page se situe dans la toute dernière partie de cet Evangile, la 11ème, (26, 1 - 28, 20), et dans sa 2ème section, qui traite de la résurrection du Christ (28, 1 - 20) : Matthieu nous y fait, en quelque sorte, assister aux signes extérieurs qui ont accompagné la résurrection de Jésus (28, 1 - 10), puis au rapport des gardes du tombeau (28, 11 - 15), et, pour terminer, au solennel envoi des disciples en mission jusqu’aux ultimes confins de la terre (28, 16 - 20).

2. Message

Il est difficile de lire ces versets indépendamment des versets 1 à 7 qui les précèdent dans ce chapitre, et forment un tout avec eux.

Les femmes au tombeau en ce matin du 1er jour de la semaine sont celles-là mêmes qui avaient été présentes à la mort de Jésus sur sa croix (27, 55. 61). Après avoir observé le sabbat, eles reviennent visiter le tombeau de Jésus. et deviennent, de ce fait, témoins, à la fois, de la mort et de la résurrrection de Jésus. Et si, comme cela se faisait à l’époque, elles sont peut-être d’abord venues, après 3 jours, pour vérifier que Jésus était bien mort, et sans s’être chargées d’aromates pour traiter son corps, puisque le tombeau était scellé et gardé, c’est une toute autre confirmation qu’elles obtiennent à son sujet, à savoir qu’il est vivant, d’une toute autre et toute nouvelle vie. Ce n’est plus donc Jésus, qui est mort, mais plutôt les gardes qui sont figés et terrassés comme dans une attitude de morts.

Nous voyons maintenant Jésus ressuscité, qui rencontre ces femmes, alors que, tremblantes et joyeuses, elles s’en vont annoncer aux disciples le message qu’elles reçu de l’Ange au tombeau, à savoir que Jésus est ressuscité et qu’il les précède en Galilée, où ils le verront. Et Jésus de leur répéter exactement ce message même de l’Ange du tombeau. Cette 1ère apparition de Jésus ressuscité à celles qu l’ont suivi jusqu’à l’heure de sa mort est orientée vers la grande et unique apparition de Jésus aux apôtres et disciples, dans le grand final de l’Evangile, où Jésus les enverra en mission jusqu’aux extrémités de la terre.

A noter que, comme dans les trois autres Evangiles, ce sont ces femmes qui sont les 1ers témoins de la résurrection, chargées d’annoncer aux disciples de Jésus, qui l’avaient tous abandonné, que Jésus est bien vivant et ressuscité.

A l’inverse, les gardes placés auprès du tombeau (27, 62 - 66), et témoins des mêmes signes bouleversants que ces femmes, lorsque l’Ange de Dieu est descendu rouler la pierre du tombeau et en faisant trembler la terre, s’en vont rendre compte de ces événements aux autorités Juives, qui ne contestent pas le fait du tombeau vide, mais essayent de répandre l’idée que le corps de Jésus a tout simplement été volé.

3. Decouvertes

Deux parallélismes dans cette page sur la résurrection de Jésus. Le premier se trouve dans le rapprochement entre les signes qui accompagnent la mort de Jésus et ceux qui marquent sa résurrection. Comparons , 27, 51 - 55 et 28, 1 - 11. Dans les 2 cas, il se passe un tremblement de terre, l’ouverture d’un ou de plusieurs tombeaux, une résurrection ou un réveil de morts, une réaction de peur chez les gardes ou soldats qui sont témoins de l’événement, une entrée dans Jérusalem (des saints relevés de la mort ou des gardes), la présence de femmes, qui sont d’autres témoins.

L’autre parallélisme se situe entre les 2 groupes de personnes dont notre page rend compte auprès du tombeau de Jésus : le groupe des femmes, et le groupe des gardes. Ces 2 groupes se trouvent autour du tombeau de Jésus (28, 1 et 4). Ces 2 groupes assistent à la manifestation de l’Ange (28, 2 et 5), connaissent ensuite des réactions de peur (28, 4 et 8), et puis vont quitter le tombeau pour aller raconter à d’autres ce qui s’est passé (28, 8 et 11). La différence est que les femmes portent un message de vérité, tandis que les gardes vont recevoir l’ordre de dire un mensonge.

4. Prolongement

Comme il l’avait dit lors de ses derniers propos avant son arrestation, que nous rapporte l’Evangile de Jean, Jésus a vraiment vaincu le monde (Jean, 16, 32 - 33), et nous assistons dans cette page de Matthieu aux signes spectaculaires de cette victoire, victoire de la Vie selon Dieu, aux dimensions cosmiques et eschatologiques, qui montrent bien que la résurrection de Jésus est, pour toute l’humanité, une entrée dans la fin des temps, selon le projet de Dieu, qui se trouve totalement accompli dans la mort-résurrrection de Jésus Christ..

Ce qui n’empêche pas Jésus, le Ressuscité, pour autant de demeurer proche de ces femmes et de ses disciples, auxquels il s’est manifesté, et de les envoyer en mission. N’est-ce pas ce qu’il nous offre encore aujourd’hui, - sa présence permanente auprès de nous - , et ce qu’il nous demande, - d’être en toutes occasions ses témoins - , dans toutes les situations humaines que nous rencontrons (28, 16 - 20) ?

Prière

*Seigneur Jésus, de la même façon que tu venais à la rencontre de ces quelques femmes qui étaient chargées d’annoncer la Bonne Nouvelle de ta résurrection, tu reviens sans cesse à notre rencontre par le don de ta présence dans ton Esprit Saint, sur tous les chemins où tu nous envoies vivre notre histoire en témoignant de toi : donne-moi cette joie de te savoir toujours à mes côtés, apprends-moi à ne jamais te quitter du regard, à ne jamais cesser de t’écouter en relisant les souvenirs écrits de ta Parole, toi qui es la seule source de la vraie Vie selon la qualité d’existence de Dieu, et sa miséricorde pour toute cette humanité, à laquelle tu appartiens comme nous, et que tu as définitivement sauvée de la mort et du péché. AMEN.

01.04.2002.*


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