📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 4, 1-12
DES ACTES DES APÔTRES
Texte
1 Ils parlaient encore au peuple quand survinrent les prêtres, le commandant du Temple et les Sadducéens,
2 contrariés de les voir enseigner le peuple et annoncer en la personne de Jésus la résurrection des morts.
3 Ils mirent la main sur eux et les emprisonnèrent jusqu’au lendemain, car déjà le soir tombait.
4 Cependant beaucoup de ceux qui avaient entendu la parole embrassèrent la foi, et le nombre des fidèles, en ne comptant que les hommes, fut d’environ cinq mille.
5 Le lendemain les chefs des Juifs, les anciens et les scribes se rassemblèrent à Jérusalem.
6 Il y avait là Anne le grand prêtre, Caïphe, Jonathan, Alexandre et tous les membres des familles pontificales.
7 Ils firent comparaître les apôtres et se mirent à les questionner : ” Par quel pouvoir ou par quel nom avez-vous fait cela, vous autres ? “
8 Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur dit : ” Chefs du peuple et anciens,
9 puisqu’aujourd’hui nous avons à répondre en justice du bien fait à un infirme et du moyen par lequel il a été guéri,
10 sachez-le bien, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus Christ le Nazôréen, celui que vous, vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par son nom et par nul autre que cet homme se présente guéri devant vous.
11 C’est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d’angle.
12 Car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. “
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 33), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.
L’affaire de Jésus Ressuscité, qui a envoyé son Esprit, continue, dans une première phase, la “mission à Jérusalem” : après la venue de l’Esprit Saint et le discours de Pierre qui s’est terminé par un grand nombre de Juifs convertis à Jésus Sauveur, après un sommaire sur les principaux axes de la vie de la première communauté chrétienne, c’est, avec ce passage, le premier récit d’une guérison miraculeuse effectuée “au Nom de Jésus”.
Face à la foule qui s’est précipitée autour d’eux après la guérison constatée par tous du boiteux de la Belle Porte du Temple, Pierre, toujours accompagné d’un Jean silencieux, explique à ces gens le sens de cette guérison accomplie par la puissance du “Nom” de Jésus le Ressuscité, en qui Dieu a accompli tout son plan de salut pour l’humanité, et auquel il faut se rallier dans une démarche de conversion.
C’est alors que les dirigeants du peuple Juif interviennent, exaspérés de leur succès et de leur prédication, et qu’ils les font arrêter et emprisonner. Ainsi commence une opposition-persécution qui va croître et culminer dans la dispersion d’une grande partie de la communauté Juive rattachée à la cause de Jésus (Actes, 8, 1), et finalement dans la prédication de la Bonne Nouvelle aux païens, qui sera relatée dans 18 chapitres des Actes Apôtres (Actes, 10 à 28).
2. Message
Le témoignage de Pierre devant le Sanhédrin est d’une rare audace, et sans la moindre équivoque ni la moindre concession : le boiteux a été guéri par la puissance du Nom de Jésus, que les chefs du peuple et le peuple ont fait crucifier, mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts.
La formule de Pierre est très forte sur l’aspect unique et définitif de la personnalité et de la mission de Jésus : il n’est pas, sous le ciel, d’autre Nom donné aux hommes par lequel on puisse être sauvé.
Ce qui veut dire que tout le plan de Dieu converge et trouve son achèvement en Jésus seul, en qui tout est définitivement accompli, et qui est, de ce fait, la pierre d’angle du peuple renouvelé que Dieu se construit, selon une relecture, désormais accomplie, elle aussi, du Psaume 118, le grand Psaume de Pâques, que l’Eglise fait réciter chaque dimanche dans sa prière publique.
3. Decouvertes
Selon la promesse de Jésus à ses disciples de les assister en temps d’épreuve ou de persécution (Luc, 12, 11 - 12), Pierre est assisté de l’Esprit pour prononcer son discours, qui, bien que bref, est, comme les deux qui l’ont précédé, l’explication d’un événement-signe par le mystère du Christ Ressuscité, interprété comme achèvement du dessein de Dieu et des Ecritures.
Il semble que le motif de l’arrestation des deux apôtres soit présenté de façon différente au verset 2 (ils enseignent le peuple et proclament la résurrection des morts, hypothèse que les prêtres Sadducéens refusent), et le verset 7 (par quel pouvoir avez-vous effectué cette guérison ?)
A remarquer le grand contraste entre la foule enthousiaste, parmi laquelle un grand nombre se convertissent à Jésus, et les chefs du peuple qui refusent totalement qu’on parle de Jésus. C’était déjà la situation constatée au Temple quelques jours avant la mise à mort de Jésus.
Le témoignage apostolique est proclamé devant toutes les factions réunies des dirigeants du peuple : Grands prêtres, autorités, anciens, docteurs de la Loi. Tous ces gens instruits et cultivés demeurent confondus devant cette capacité de parole des compagnons de Jésus, et l’homme guéri, debout à leur côté (verset 13).
Voilà un autre contraste, non moins saisissant, entre ces apôtres sans culture, mais remplis de l’Esprit Saint répandu par Jésus, et tous ces dignitaires d’Israël, qui n’arrivent pas à les faire taire. Relire la réponse audacieuse de Pierre et Jean, plus loin, dans la suite du texte, au verset 19 : “Qu’est-ce qui est juste aux yeux de Dieu : vous écouter ? ou l’écouter, lui ? A vous d’en décider ! Nous ne pouvons, certes pas, quant à nous, taire ce que nous avons vu et entendu”.
4. Prolongement
La proclamation de l’Evangile, et la relecture de la vie et des événements du monde, à partir de Jésus Crucifié-Ressuscité, Parole et Agir définitifs de Dieu, “scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés…, Christ, puissance de Dieu et Sagesse de Dieu (1 Corinthiens, 1, 23 - 25)”, nous met toujours en procès face au monde dans lequel nous vivons, mais dont nous ne sommes pas (Jean, 17, 14 - 18).
Comme ce fut le cas pour les apôtres et premiers disciples de Jésus Ressuscité (Actes, 4, 29 - 31, et 9, 27 - 28), l’Esprit de Dieu nous habite et nous remplit d’espérance et de force pour témoigner de Jésus le Vivant. En douterions-nous quelquefois ?
Prière
*Seigneur Jésus, ta présence invisible, mais combien efficace, de Vivant de la vie même de Dieu, au coeur de nos vies par ton Esprit Saint, qui est l’Esprit de Dieu qui habite en nous, est véritablement source de transformation de toute notre existence dans une renaissance et une nouvelle identité, que tu marques de ta force, de ta Lumière et de la Vérité : donne-moi, en te rédécouvrant ainsi dans la foi, de me laisser davantage saisir et conduire par toi, de façon à ce que je demeure, et devienne toujours plus, en toutes circonstances, un témoin actif et engagé de ton Evangile, sachant, en reproduisant ton image et ton exemple, prendre tous les risques pour proclamer, avec tous mes frères et soeurs coyants et disciples, au monde de notre temps, et dans son langage, qu’il n’est pas “d’autre Nom que le tien donné aux hommes pour être sauvés”. AMEN.
25.04.2003.*
Évangile : Jean 21, 1-14
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
1 Après cela, Jésus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Il se manifesta ainsi.
2 Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaèl, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble.
3 Simon-Pierre leur dit : ” Je m’en vais pêcher. ” Ils lui dirent : ” Nous venons nous aussi avec toi. ” Ils sortirent, montèrent dans le bateau et, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
4 Or, le matin déjà venu, Jésus se tint sur le rivage ; pourtant les disciples ne savaient pas que c’était Jésus.
5 Jésus leur dit : ” Les enfants, vous n’avez pas du poisson ? ” Ils lui répondirent : ” Non ! “
6 Il leur dit : ” Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez. ” Ils le jetèrent donc et ils n’avaient plus la force de le tirer, tant il était plein de poissons.
7 Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : ” C’est le Seigneur ! ” A ces mots : ” C’est le Seigneur ! ” Simon-Pierre mit son vêtement - car il était nu - et il se jeta à l’eau.
8 Les autres disciples, qui n’étaient pas loin de la terre, mais à environ deux cents coudées, vinrent avec la barque, traînant le filet de poissons.
9 Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise, avec du poisson dessus, et du pain.
10 Jésus leur dit : ” Apportez de ces poissons que vous venez de prendre. “
11 Alors Simon-Pierre monta dans le bateau et tira à terre le filet, plein de gros poissons : cent cinquante trois ; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas.
12 Jésus leur dit : ” Venez déjeuner. ” Aucun des disciples n’osait lui demander : ” Qui es-tu ? ”, sachant que c’était le Seigneur.
13 Jésus vient, il prend le pain et il le leur donne ; et de même le poisson.
14 Ce fut là la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, une fois ressuscité d’entre les morts.
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d’abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l’annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d’adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l’Evangile, même si le chapitre 21, que l’on appelle “Epilogue”, nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d’une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d’une pêche miraculeurse et d’un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l’Evangile, dans laquelle l’auteur se présente comme étant le “disciple que Jésus aimait”, que l’on continue d’identifier, non sans difficultés, avec l’Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques.
Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de “l’Heure” de Jésus, c’est-à-dire tout ce qui concerne son “passage” au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l’Esprit par le Ressuscité).
A noter l’importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l’Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres.
Notre passage se situe ainsi dans l’Epilogue de cet Evangile, qui fait suite au Livre de la Gloire, tout en lui demeurant très étroitement lié, puisqu’il traite encore de la résurrection du Seigneur.
2. Message
Ils ne sont que 7 disciples à se trouver au bord du Lac de Tibériade, lorsque Pierre leur propose une séance de pêche qui va s’avérer totalement infructueuse. A noter l’ordre des noms cités : Thomas et Nathanaël viennent en tête, et le disciple “que Jésus aimait”, que la suite du passage révèlera présent, n’est pas davantage identifié directement.
Au retour de leur pêche, voilà que, de façon inattendue, Jésus les interpelle et leur donne un signe de sa présence - comme en chacune de ses apparitions de Ressuscité -, en les invitant à réaliser, sur sa parole, une pêche qui, elle, va se révéler extraordinaire.
Le fait qu’aucun disciple n’avait reconnu Jésus alors qu’il était sur le rivage, et la mention, vers la fin du texte, qu’aucun disciple n’osait l’interroger sur son identité, “car ils savaient que c’était le Seigneur”, montre, une fois de plus, que Jésus ressuscité n’était pas reconnaissable, de manière évidente, sans un signe spécifique produit par lui. Comme à chaque fois qu’il se manifeste, “il est le même”, mais “il n’est plus le même”, en sa différence.
L’importance de la prise de poissons fait comprendre au disciple “que Jésus aimait” que l’homme sur le rivage, c’est le Seigneur. Conviction qu’il partage à Simon Pierre, qui alors se précipite vers le rivage et vers Jésus.
Le Seigneur les invite ensuite à prendre part au repas de pain et de poisson qu’il avait préparé, et auquel il avait ajouté du poisson supplémentaire capturé au cours de cette pêche miraculeuse. En sa qualité d’invitant, et de chef de communauté, c’est lui qui distribue le pain et le poisson, sans qu’il ait été précisé qu’il ait ou non prononcé, au préalable, une bénédiction.
3. Decouvertes
A noter que le mot “disciple” revient 7 fois dans ce texte, chiffre qui correspond au nombre de disciples présents.
Une fois de plus, le disciple “que Jésus aimait” est le premier à percevoir la présence, comme telle, du Ressuscité.
Cette pêche miraculeuse est à rapprocher de celle que rapporte l’Evangile de Luc en 5, 1 - 11, et suite à laquelle les disciples présents suivirent Jésus. Pierre et les fils de Zébédée figurent également dans le récit de Luc. André, non cité ici, est peut-être l’un des 2 “anonymes” du groupe de notre texte.
La pêche réalisée en Luc 5, comme celle de notre texte de ce jour, peut être interprétée comme le symbole de la mission de Jésus et de ses disciples.
Notre texte ne nous précise pas que Jésus lui-même ait participé ou non au repas.
On s’est souvent interrogé sur l’énigme du chiffre”153”, qui indique le nombre des “gros” poissons capturés : certains y voient la totalité des espèces de poissons connues à l’époque, d’autres y lisent la somme des nombres de 1 à 17, “17” pouvant rappeler par ailleurs, l’addition des 5 pains et des 12 paniers de fragments restants, lors de la multiplication des pains par Jésus au cours de son ministère en Galilée.
Même si l’on remarque que Thomas est mis en valeur dans les apparitions de Jésus ressucité de cet Evangile (voir la 2ème apparition de Jésus aux Onze dans le chapitre 20 précédent), certains estiment que, dans cette scène du bord du lac se trouveraient des éléments de l’apparition de Jésus à Pierre (voir, entre autres, le dialogue qui suit entre Jésus et Pierre), apparition signalée par Luc, en Luc, 24, et Paul, dans sa 1ère Lettre aux Corinthiens, 15, mais dont aucun récit descriptif ne nous est proposé. Comme cette apparition de Jésus est la seule qui ne se termine pas un envoi en mission immédiat, et qu’elle est suivie d’une mission confiée personnellement à Pierre, au cours d’un dialogue qui va commencer, cette hypothèse pourrait s’en trouver, au moins partiellement, confirmée.
4. Prolongement
Jésus ressuscité échappe toujours à tous ceux auxquels il se manifeste : il n’est plus de ce monde, et il utilise donc le langage des “signes” pour se faire reconnaître, dans sa continuité et sa différence d’avec son existence antérieure à sa mort.
L’important pour nous n’est donc pas de le “saisir”, lui l’insaisissable, même si nous cherchons à lui être le plus proche possible, ou de le retenir et de le posséder, mais de nous laisser “saisir” par lui, qui nous donne son Esprit Saint, et nous invite, à partir de sa résurrection, à relire, et faire nôtre, tout ce qu’il a vécu, en ses gestes et paroles de révélation du Règne de Dieu, avant sa mort.
Voici le témoignage très personnalisé de Paul : :
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ,
9 et d’être trouvé en lui, n’ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi ;
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort,
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts.
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus.
Prière
*Seigneur Jésus, tu ne peux plus être reconnu vivant aujourd’hui que si nous interprétons, dans la foi, les signes de ta Résurrection, que tu as proposés à tes premiers disciples, ainsi que la mission que tu leur as confiée, afin que le mystère de ta venue, en vue d’achever le plan de Dieu en notre monde, ainsi que ton message, nous soient révélés : apprends-moi à ne pas céder à la tentation de te chercher dans l’évidence impossible d’une réalité que je maîtriserais, mais dans la conviction de la foi en ton Nom, qui insère ta présence au plus profond de moi-même, et me rend capable de produire, à mon tour, les signes de vérité et de miséricorde, qui me permettent de te révéler aux autres. AMEN.
05.04.2002.*