📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Actes des Apôtres 6, 8-15

DES ACTES DES APÔTRES

Texte

8 Étienne, rempli de grâce et de puissance, opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple.
9 Alors intervinrent des gens de la synagogue dite des Affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins et d’autres de Cilicie et d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne,
10 mais ils n’étaient pas de force à tenir tête à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler.
11 Ils soudoyèrent alors des hommes pour dire : ” Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. “
12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes, puis, survenant à l’improviste, ils s’emparèrent de lui et l’emmenèrent devant le Sanhédrin.
13 Là ils produisirent des faux témoins qui déclarèrent : ” Cet individu ne cesse pas de tenir des propos contre ce saint Lieu et contre la Loi.
14 Nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazôréen, détruira ce Lieu-ci et changera les usages que Moïse nous a légués. “
15 Or, tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et son visage leur apparut semblable à celui d’un ange.

Commentaire

1. Situation

Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.

Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).

Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.

Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).

Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.


Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des Apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - Actes 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).

Selon cette présentation, nous en sommes toujours à l’ACTE 1, qui se déploie en 4 scènes : l’effusion de l’Esprit le jour de Pentecôte (2, 1 - 47), la guérison du boiteux au Temple (3, 1 - 4, 22), après un interlude sur l’action de l’Esprit, les Apôtres en jugement (5, 17 - 42), le premier martyre (6, 1 - 7, 60).

Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage nous sommes toujours dans les débuts de la troisième grande partie des Actes, traitant des origines de la mission qui va très bientôt se dérouler hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il sera question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque (6, 1 - 8, 40), de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).

2. Message

Avec ce que nous relate ce texte, une nouvelle étape est franchie de la controverse opposant les disciples de Jésus à d’autres Juifs qui refusent leur message.

Cete fois, ceux qui s’opposent aux disciples ne sont plus les autorités du Temple, mais des membres de diverses communautés appartenant à la “Diaspora” (Dispersion) Juive, et qui sont suffisamment établies à Jérusalem pour y avoir, au moins pour certaines d’entre elles, construit une synagogue particulière.

De même, cette fois, le disciple de Jésus qui fait l’objet de cette opposition n’est plus l’un des Douze mais justement Etienne, l’un des responsables de la communauté chrétienne Juive de langue grecque qui viennent d’être institués.

Suite à des débats publics où ils n’arrivent pas à venir à bout des arguments d’Etienne dans leur discussion controversée avec lui, ses adversaires ont recours à de faux témoins et à des calomniateurs,qu’ils soudoient pour dénoncer publiquement Etienne, soulever le peuple, se saisir d’Etienne et le conduire devant le Grand Conseil où on l’accuse de blasphème.

Les reproches portés à l’encontre d’Etienne reprennent ceux-là mêmes qu’on avait soulevés contre Jésus lors de son procès, à savoir qu’il blasphème en parlant contre la Loi de Moïse, ainsi que contre le Temple, dont il annoncerait la destruction prochaine par Jésus. On le voit, le sort du disciple est toujours celui de son Maître.

La fin de notre passage nous rend compte d’une entrée en extase d’Etienne, dont la suite nous sera donnée, avec son témoignage engagé concernant Jésus Ressuscité, Fils de l’homme debout à la droite de Dieu (reprenant ce que Jésus lui-même avait déclaré devant Caïphe) après son long discours, que va nous rapporter immédiatement le texte des Actes des Apôttres (7, 55 - 60).

3. Decouvertes

Malgré l’importance centrale et unique du Temple au coeur de la Ville Sainte, la présence d’une ou plusieurs synagogues à Jérusalem pour des Juifs de langue grecque est attestée au 1er siècle.

Pour les Israélites de la “Diaspora”, immergés dans la culture grecque, l’enseignement et la pratique de la Loi Juive constituaient un signe d’identité très important : ce qui explique leur grande sensibilité sur ce point.

Notons que l’accusation de parler contre la Loi Juive portée ici contre Etienne sera reprise contre Paul lorsqu’à son tour, bien plus tard, il sera arrêté et fait prisonnier à Jérusalem (Actes, 21, 28).

4. Prolongement

Suite au témoignage des Douze, voici maintenant celui d’Etienne, qui va le conduire au martyre, avant que nous soit donné celui de Philippe, également l’un des 7 responsables de la communauté chrétienne Juive de langue grecque établie à Jérusalem.

Nous constatons ainsi que, déjà, de tous côtés, de différentes façons, Jésus commence d’être proclamé, dans toutes les langues et cultuures, Seigneur Ressuscité et Sauveur du Monde dans l’accomplissement de tout le dessein de Dieu.

Nous voyons donc la mission s’élargir, mais elle aura encore un nouveau seuil à franchir, définitif celui-là, avec l’annonce de Jésus, non plus seulement à des Juifs de langues et cultures différentes, mais à des païens qui vont bientôt, eux aussi, se convertir à Jésus et entrer dans son Eglise.

La consigne de Jésus Ressuscité aux Onze, ainsi qu’à d’autres disciples, et que rapportent les derniers versets des Evangiles de Luc, Marc et Matthieu), va donc s’appliquer de plus en plus largement :

45 Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures,

46 et il leur dit : ” Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait et ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,

47 et qu’en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

18 S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : ” Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.

19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit,

20 et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. ”

14 Enfin il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination à ne pas ajouter foi à ceux qui l’avaient vu ressuscité.

15 Et il leur dit : ” Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création.

Prière

*Seigneur Jésus, tout au long de l’histoire de tes communautés de disciples, que tu accompagnes de ta présence en ton Esprit Saint depuis plus de 2000 ans, ceux qui te suivent et croient en toi ont dû redire et retraduire ton message dans des langues et cultures différentes, courant de nouveau, à chaque étape, le risque de l’incompréhension, de l’hostilité et de la persécution : renouvelle en moi la force d’annoncer ta Parole ainsi que de témoigner de ton engagement qui nous sauve, à temps et à contretemps, et donne-moi toujours ta Lumière, afin que je puisse aider tous ceux et toutes celles que je trouve sur mon chemin au fil de mes jours, à te découvrir, et te rencontrer en Vérité. AMEN.

05.05.2003.*

Évangile : Jean 6, 22-29

DE L’EVANGILE DE JEAN

Texte

22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : ” Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? “
26 Jésus leur répondit : ” En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. “
28 Ils lui dirent alors : ” Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? “
29 Jésus leur répondit : ” L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. “

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :

  • LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

  • LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d’abord ainsi nommé parce qu’il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

  • le changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
  • la guérison du fils d’un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
  • la guérison d’un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
  • la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
  • la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
  • la guérison d’un aveugle-né à Jérusalem (9),
  • la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT “signes” sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :

  • 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
  • 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d’un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
  • 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
  • 4°) Jésus vit l’approche de son “Heure”, Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
  • 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).

Dans la 3ème partie du Livre des Signes, nous rencontrons Jésus au temps de la Fête de la Pâque Juive, après les “signes” qu’il a accomplis de la multiplication des pains (6, 1 - 15), et de sa marche sur les eaux (6, 16 -21), au moment où la foule le rejoint une 2ème fois (6, 22 - 24), et où Jésus interpelle ces gens sur leur démarche, en préface au discours qu’il va ensuite leur donner sur le thème du “pain de vie” (6, 25 - 34). La suite du texte nous proposera alors son discours proprement dit sur le “pain de vie” (6, 35 - 50), puis un complément de ce discours, avec une approche différente du même thème (6, 51 - 59), avec, pour conclure et jusqu’à la fin du chapitre, des réactions de la foule et des disciples.

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2. Message

Remarquons l’empressement de cette foule à retrouver Jésus, qui a disparu mystérieusement de l’endroit de la multiplication des pains, et qu’ils rejoignent de l’autre côté du Lac, en se demandant comment il est parvenu en ce lieu.

Jésus interprète leur démarche comme très “matériellement” intéressée : ces gens ont mangé du pain, et en ont été rassasiés, sans avoir perçu, ni compris, que ce don du pain, avec une pareille abondance, n’était qu’un “signe” de sa capacité de leur donner une vie “toute autre” par le pain de sa Parole et de son engagement jusqu’à se livrer entièrement, en sa personne, sa “chair” et son “sang”.

Jésus les invite donc à croire en lui : telle est “l’oeuvre” de Dieu, à laquelle ils doivent “travailler” et concourir, en accueillant, dans leur existence, la “nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle”, que leur offre Jésus.

Cependant, ces gens ne vont pas accepter cette demande que leur fait Jésus de croire en lui, comme le montrent les versets suivants (6, 30 - 34), ce qui va enclencher le grand discours de Jésus (6, 35 - 59), dans lequel il va leur préciser qu’il a vraiment cette capacité de donner la vie même de Dieu, du fait qu’il est descendu du ciel.

3. Decouvertes

On s’est interrogé à propos de cette foule qui rejoint ainsi Jésus : est-elle bien la même que celle qui voulait faire de Jésus un “roi-messie” terrestre, suite à la multiplication des pains (6, 15 ) ? En effet, après l’avoir reconnu comme le “grand prophète” annoncé par Moîse, ils s’adressent à lui maintenant, en utilisant le simple titre de “Rabbi”.

D’autre part, on a du mal à imaginer comment une foule de 5000 hommes aurait pu se transporter si facilement de l’autre côté de la Mer de Galilée pour rattraper Jésus. A moins, peut-être, qu’une partie seulement de cette foule de la multiplication des pains ait effectué ce déplacement et ait été rejointe par d’autres gens de Capharnäum, venus de leur côté rencontrer Jésus à son arrivée dans leur ville, et écouter ainsi son discours sur le pain de vie.

Quoi qu’il en soit, cette page fait bien partie d’une transition entre le “signe” de la multiplication des pains et le discours sur le pain de vie qui va suivre, et cela de deux façons : en nous rapportant le déplacement de ces gens qui avaient été témoins de la multiplication des pains, et en nous faisant participer à une discussion vive entre ces gens et Jésus, discussion qui sert de préface au discours que va prononcer Jésus.

A noter que cet ensemble de “transition” ne se termine pas avec notre page, et continue jusqu’au verset 34 : car, après avoir demandé à Jésus de produire un signe pour qu’ils puissent croire en lui, en lui rappelant que Moïse avait donné la manne à leur pères dans le désert du Sinaî, ils vont réagir à la réponse que leur apporte Jésus, qui leur annonce que c’est son Père qui donne le vrai pain qui descend du ciel, en lui demandant de leur donner de “ce pain-là”.

4. Prolongement

Notre foi en Jésus est-elle bien une “oeuvre” engageant toute notre existence, non pas tant notre “oeuvre”, réalisée à notre initiative, que notre accueil en nous, avec la plus grande disponibilité possible, de “l’oeuvre que Dieu accomplit” par le ministère, la Parole et l’engagement total de Jésus en son “Heure” de passion-mort-résurection-don de l’Esprit ?

Est-ce que notre rencontre de Jésus ressuscité, en notre prière consciente de sa présence en notre vie, et notre empressement à le rencontrer, vont jusqu’à notre remise de nous-mêmes entre ses mains, pour nous laisser faire et conduire par lui dans toutes nos démarches et attitudes ?

Un bel exemple de cette foi engagée nous est fourni dans le récit des Actes des Apôtres nous relatant la conversion du geôlier de la prison de Philippes, dans laquelle Paul et Silas sont incarcérés :

29 Le geôlier demanda de la lumière, accourut et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas.

30 Puis il les fit sortir et dit : ” Seigneurs, que me faut-il faire pour être sauvé ? ”

31 Ils répondirent : ” Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et les tiens. ”

32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison.

33 Le geôlier les prit avec lui à l’heure même, en pleine nuit, lava leurs plaies et sur-le-champ reçut le baptême, lui et tous les siens.

34 Il les fit alors monter dans sa maison, dressa la table, et il se réjouit avec tous les siens d’avoir cru en Dieu.

Prière

*Seigneur Jésus, à travers ton existence humaine, par tes gestes et tes paroles d’homme, ainsi que par les “signes” que tu nous proposes, tu nous invites à recevoir le don du salut de Dieu, qui est vette Vie nouvelle et éternelle qui nous transforme radicalement, en nous plaçant dès maintenant sous le Règne de Dieu : aide-moi à mieux percevoir cette “oeuvre” de Dieu qui se réalise en moi dès que je l’accueille par la foi, en te reconnaissant comme “Celui qui vient de Dieu” pour nous conduire à Dieu, et nous donner d’avoir part à sa propre vie. AMEN.

15.04.2002.*


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