📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Actes des Apôtres 9, 31-43

DES ACTES DES APÔTRES

Texte

31 Cependant les Églises jouissaient de la paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elles s’édifiaient et vivaient dans la crainte du Seigneur, et elles étaient comblées de la consolation du Saint Esprit. Pierre guérit un paralytique à Lydda.
32 Pierre, qui passait partout, descendit également chez les saints qui habitaient Lydda.
33 Il y trouva un homme du nom d’Énée, qui gisait sur un grabat depuis huit ans ; c’était un paralytique.
34 Pierre lui dit : ” Énée, Jésus Christ te guérit. Lève-toi et fais toi-même ton lit. ” Et il se leva aussitôt.
35 Tous les habitants de Lydda et de la plaine de Saron le virent, et ils se convertirent au Seigneur.
36 Il y avait à Joppé parmi les disciples une femme du nom de Tabitha, en grec Dorcas. Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait.
37 Or il se fit qu’elle tomba malade en ces jours-là et mourut. Après l’avoir lavée, on la déposa dans la chambre haute.
38 Comme Lydda n’est pas loin de Joppé, les disciples, apprenant que Pierre s’y trouvait, lui dépêchèrent deux hommes pour lui adresser cette prière : ” Viens chez nous sans tarder. “
39 Pierre partit tout de suite avec eux. Aussitôt arrivé, on le fit monter à la chambre haute, où toutes les veuves en pleurs s’empressèrent autour de lui, lui montrant les tuniques et les manteaux que faisait Dorcas lorsqu’elle était avec elles.
40 Pierre mit tout le monde dehors, puis, à genoux, pria. Se tournant ensuite vers le corps, il dit : ” Tabitha, lève-toi. ” Elle ouvrit les yeux et, voyant Pierre, se mit sur son séant.
41 Lui prenant la main, Pierre la fit lever. Appelant alors les saints et les veuves, il la leur présenta vivante.
42 Tout Joppé sut la chose, et beaucoup crurent au Seigneur.
43 Pierre demeura un certain temps à Joppé chez un corroyeur appelé Simon.

Commentaire

1. Situation

Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.

Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).

Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.

Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).

Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.


Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).

Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 2, qui se déploie en 4 scènes : Samarie et Gaza (8, 1 - 40), Damas (9, 1 - 31), Césarée (9, 32 - 11, 18), Antioche et Jérusalem (11, 19 - 12, 25).

Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage se continue la grande partie des Actes, traitant de la mission qui se déroule hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il est question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque (6, 1 - 8, 40), de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).

Avec la conversion de Saül (Paul) , mis à part par le Seigneur pour porter son Nom auprès des païens (9, 1 - 20), une nouvelle étape se dessine. Mais, auparavant, le Seigneur lui-même va préparer l’Eglise à cette nouvelle extension en envoyant Pierre convertir le 1er païen, le centurion Corneille, au cours d’une mission de visite des disciples, où nous le rejoignons actuellement.

2. Message

Pierre profite d’une cessation de la persécution et d’une période de calme pour aller visiter les disciples hors de Jérusalem,et ainsi “consolider” en quelque sorte leur entrée dans la communauté des croyants.

Comme Jésus, il prend des initiatives de miséricorde, et répond à la demande. Ainsi le voyons-nous proposer de lui-même la guérison à un paralytique, et ensuite aller rendre la vie à une femme morte, auprès de laquelle on l’a appelé d’urgence.

Et, tout en prolongeant la mission et les comportements de Jésus, qui, ressuscité, est à l’oeuvre par son intermédiaire, et en imitant Jésus, Simon-Pierre n’agit qu’en se référant explicitement à Jésus, en s’effaçant devant lui, et en le priant, comme il le fait avant d’intervenir auprès de Tabitha.

Une fois de plus, nous avons à constater que le grand et l’unique principal acteur de la mission dans ce livre des Actes, demeure, et est toujours davantage, Jésus le Ressuscité, qui, dans l’Esprit Saint, s’exprime à travers les gestes et paroles de ses disciples, qui rendent présente son action salvifique accomplie une fois pour toutes.

3. Decouvertes

Notons l’importance de ces femmes parmi les disciples de Jaffa, ainsi que leurs travaux pour aider les pauvres.

L’attitude de Simon Pierre auprès de Tabitha manifeste de fortes ressemblances avec celle du prophète Elie , au 9ème siècle, auprès du fils mort de la Veuve de Sarepta (1 Rois, 17, 17 - 24). Relire également 2 Rois, 4, 33, pour un comportement semblable du Prophète Elisée, successeur d’Elie.

Cependant, le parallèle le plus proche de ce “relèvement” de Tabitha, se trouve dans l’intervention de Jésus auprès de la fille de Jaïre (Marc, 5, 22 - 24 et 35 - 43). Dans le récit de Marc, Jésus prononce alors, en araméen, les mots “Talitha cum”, très proches des mots qu’emploie Pierre dans notre passage, encore que pour Marc, “Thalita” n’est pas un nom de personne.

Cette mission de Pierre, suite à la conversion de Saül (Paul), représente bien une préparation du terrain et des mentalités dominantes dans l’Eglise qui est à Jérusalem, pour l’ouvrir à une mission éventuelle prochaine auprès des païens, que Jésus avait déjà annoncée, dés avant son ascension (Actes, 1, 8) et lors de son renversement de Saül (Paul), le persécuteur (Actes, 9, 15) : la suite du texte va nous raconter l’intervention personnelle, et décisive, du Seigneur, en ce sens, auprès de Pierre par une vision, qui nous sera relatée à trois reprises, pour nous souligner l’importance de cette démarche initiale d’une nouivelle mission, qu’il appartiendra ensuite à Saül (Paul) de développer.

4. Prolongement

“L’affaire Jésus” continue et s’élargit à travers les paroles et les signes de guérison de malades et de réveil de morts que ses principaux disciples répètent, Pierre ici, et bientôt Paul, au cours de ses voyages missionnaires (Actes, 14, 8 - 10 et 20, 9 -12).

Il nous appartient aujourd’hui de prendre le relais, car cette mission de Jésus avec sa Parole, ses signes de miséricorde, nous est désormais confiée, et elle se situe à la fois dans notre rayonnement du visage de Jésus en tous nos comportements, ainsi que dans la Parole explicative que nous en fournissons, selon ce qui est écrit dans la 1ère lettre attribuée à Pierre :

15 Au contraire, sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.

16 Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience, afin que, sur le point même où l’on vous calomnie, soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ.

Prière

*Seigneur Jésus, par la puissance de ton Esprit, tu continues de nous guérir intérieurement, et de nous mettre debout en ta présence comme des croyants, appelés désormais à agir en ton Nom, et comme des serviteurs de tous nos frères et soeurs, hommes et femmes de toutes races, langues, peuples et nations : apprends-moi à te suivre comme tu attends que je le fasse, sur tous les chemins du monde, par la proclamation de ta parole de vérité et de salut, et le témoignage de mes gestes et engagements concrets, qui imitent tes comportements et révèlent ainsi l’attitude de Dieu, notre Père. AMEN.

20.04.2002.*

Évangile : Jean 6, 60-69

DE L’EVANGILE DE JEAN

Texte

60 Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : ” Elle est dure, cette parole ! Qui peut l’écouter ? “
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : ” Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?…
63 C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. ” Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : ” Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. “
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : ” Voulez-vous partir, vous aussi ? “
68 Simon-Pierre lui répondit : ” Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. “

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :

  • LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

  • LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d’abord ainsi nommé parce qu’il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :

  • le changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
  • la guérison du fils d’un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
  • la guérison d’un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
  • la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
  • la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
  • la guérison d’un aveugle-né à Jérusalem (9),
  • la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).

Cependant, dans la mesure où ces SEPT “signes” sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :

  • 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
  • 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d’un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
  • 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
  • 4°) Jésus vit l’approche de son “Heure”, Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
  • 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).

Dans la 3ème partie du Livre des Signes, nous avançons dans l’épisode où nous rencontrons Jésus au temps de la Fête de la Pâque Juive, avec le “signe” de la multiplication des pains (6, 1 - 15), le “signe” de sa marche sur les eaux (6, 16 -21), la foule qui le rejoint une 2ème fois (6, 22 - 24), sa préface au discours qu’il va donner sur le thème du “pain de vie” (6, 25 - 34), son discours sur le “pain de vie” (6, 35 - 50), une suite de ce discours, avec une approche différente du même thème (6, 51 - 59), suivie, pour conclure et jusqu’à la fin du chapitre, des réactions de la foule et des disciples.

Nous lisons ce jour, après la fin de la 2ème partie du discours de Jésus sur le “pain de vie”, les réactions diverses que ses paroles entraînent.

2. Message

Jésus vient de terminer son discours sur le pain de vie en insistant avec beaucoup de force, dans sa deuxième partie, sur la nécessité de “manger sa chair et boire son sang” pour avoir la vie éternelle.

Si ce sont ces dernières paroles qui motivent leur réaction - ce qui n’est pas certain -, beaucoup de ses disciples sont choqués de ce qu’ils viennent d’entendre, et qu’ils interprètent en ce cas, avec malentendu, comme un langage terre-à-terre, et non pas avec le dépassement que les mots de Jésus appellent, dépassement qui leur donne une dimension symbolique. Ils ne se rendent pas compte du degré d’unité et de communion, dans le partage de toute sa qualité de vie, que Jésus leur propose ainsi.

La réponse de Jésus se situe sur le même plan de ce qu’il est et de sa mission : il faut accepter qu’il vient de Dieu, qu’il est le “Fils de l’homme” de la fin des temps, selon l’accomplissement des prophéties de Daniel, qui remontera vers son lieu d’origine au coeur de Dieu, en son “passage” de mort-résurrction-ascension. C’est pour cela que nous devons accepter que ses paroles soient “esprit et vie”, conduisant à la vie éternelle, et qu’elles nous invitent à le suivre au delà des limites de notre humanité (que souligne le mot “chair” qui nous est, en ce cas, appliqué).

On ne peut donc adhérer à Jésus qu’en lui accordant une confiance totale dans la foi, confiance qui ne nous est possible que si nous l’accueillons comme un don de Dieu notre Père, en nous remettant à lui dans l’abandon de la maîtrise de notre vie, que nous sommes toujours portés spontanément à chercher.

Face à un tel choix décisif, beaucoup de disciples arrêtent de suivre Jésus, mais les Douze, interrogés par Jésus, s’engagent de nouveau totalement à sa suite, par la bouche de Pierre, reconnaissant ainsi qu’il n’est pas d’autre chemin que celui qu’il leur offre, dans ses paroles qui conduisent à la vie éternelle.

3. Decouvertes

Les exégètes et spécialistes de la Bible sont divisés sur la portée exacte de ce refus d’un grand nombre de disciples, d’accepter le message de Jésus.

Refusent-ils tout le discours qu’ils viennent d’entendre, ou seulement la seconde partie de ce discours ? Il semble plus probable que cette réaction vise l’ensemble du discours : en effet, cette réaction des disciples, relatée au versée 60, correspond, d’une part, à celle que la foule avait manifestée au verset 41, suite à l’affirmation de Jésus qu’il est le pain qui descend du ciel, et elle ne s’exprime, d’autre part, qu’en terme de refus “d’écouter” les paroles de Jésus, et non en termes de refus de “manger” ou de “boire”.

Le mot “chair”, au verset 63 (“la chair n’est capable de rien”) vise tout homme en sa faiblesse, et non la “chair” que Jésus donne en vraie nourriture (dans les gestes de son Eucharistie), aux versets 51 - 58. En ce verset 63, Jésus nous redit que nous ne pouvons entrer dans la vie de Dieu, qu’il nous apporte, à partir de nous-mêmes et de nos seuls efforts.

Il est intéressant et suggestif de comparer les versets 65 - 66 de notre texte de ce jour avec ceux de Matthieu,11, 20 - 28, le verset 27 de Matthieu y correspondant exactement au verset 65 de notre page.

La profession de foi des Douze, qu’exprime Pierre dans les versets 67 - 71 de notre passage, est le parallèle en Jean de la profession de foi de Pierre et des Douze, située à Césarée des Philippe dans les trois autres Evangiles de Marc, Matthieu et Luc. Relire en particulier Marc, 8, 27 - 28 et Matthieu, 16, 16 - 19. A noter que le verset de Matthieu, 16, 17 correspond de façon très précise aux versets 63 et 65 de notre page.

4. Prolongement

20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n’avaient pas fait pénitence.

21 ” Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties.

22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous.

23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui.

24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. ”

25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : ” Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits.

26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir.

27 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler.

28 ” Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai.

16 Simon-Pierre répondit : ” Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ”

17 En réponse, Jésus lui dit : ” Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux.

18 Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle.

19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. ”

20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.

Prière

*Seigneur Jésus, nous ne pouvons accepter les paroles de ton discours sur le pain de vie, comme d’ailleurs celles de tous tes discours, sans croire que notre seul avenir, et le sens de tout ce que nous vivons, ne se trouve qu’en cet au-delà que Dieu nous réserve avec lui, et que tu es justement venu nous révéler en sa plénitude, en l’inaugurant de façon définitive : aide-moi à toujours situer mon existence, sous tous ses aspects, dans cette unique et ultime perspective. AMEN.

10.05.2003.*


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