📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 11, 19-26
DES ACTES DES APÔTRES
Texte
19 Ceux-là donc qui avaient été dispersés lors de la tribulation survenue à l’occasion d’Étienne poussèrent jusqu’en Phénicie, à Chypre et à Antioche, mais sans prêcher la parole à d’autres qu’aux Juifs.
20 Il y avait toutefois parmi eux quelques Chypriotes et Cyrénéens qui, venus à Antioche, s’adressaient aussi aux Grecs, leur annonçant la Bonne Nouvelle du Seigneur Jésus.
21 La main du Seigneur les secondait, et grand fut le nombre de ceux qui embrassèrent la foi et se convertirent au Seigneur.
22 La nouvelle en vint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on députa Barnabé à Antioche.
23 Lorsqu’il arriva et qu’il vit la grâce accordée par Dieu, il s’en réjouit et les encouragea tous à demeurer, d’un cœur ferme, fidèles au Seigneur ;
24 car c’était un homme de bien, rempli de l’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’adjoignit ainsi au Seigneur.
25 Barnabé partit alors chercher Saul à Tarse.
26 L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Toute une année durant ils vécurent ensemble dans l’Église et y instruisirent une foule considérable. C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de ” chrétiens “.
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.
Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).
Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 2, qui se déploie en 4 scènes : Samarie et Gaza (8, 1 - 40), Damas (9, 1 - 31), Césarée (9, 32 - 11, 18), Antioche et Jérusalem (11, 19 - 12, 25).
Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage se continue la grande partie des Actes, traitant de la mission qui se déroule hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il est question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque, incluant le martyre d’Etienne, la persécution de ces disciples Héllénistes et leur dispersion, avec, comme conséquence, la prédication en Samarie de la Bonne Nouvelle de Jésus par Philippe (6, 1 - 8, 40). de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).
Avec la conversion de Saül (Paul) , mis à part par le Seigneur pour porter son Nom auprès des païens (9, 1 - 20), une nouvelle étape se dessine. Mais, le Seigneur lui-même a décidé de préparer l’Eglise à cette nouvelle extension, en envoyant Pierre convertir le 1er païen, le centurion Corneille. Mais voici que des chrétiens de base prennent d’eux-mêmes l’initiative de convertir des païens à Jésus. Comment va réagir la Communauté fondatrice de Jérusalem ?
2. Message
Le verset 19 de ce chapitre 11 rejoint le récit de la dispersion des croyants Juifs Héllénistes à cause de la persécution, qui avait suivi la mort d’Etienne, dispersion dont il avait été brièvement question en Actes, 8,1. Nous trouvons ici la réponse à la question posée par cet éclatement de la Communauté de Jérusalem : que sont devenus tous ces dispersés ? Ils annoncent la Parole dans les différents endroits où ils sont parvenus : la Phénicie, Chypre, Antioche de Syrie, la troisième grande ville de l’empire Romain.
Et puis, la nouveauté : certains prennent d’eux-mêmes l’initiative de convertir à Jésus des païens d’Antioche, qui, en grand nombre, deviennent disciples.
Et comme cela s’était déjà passé lors de l’évangélisation de la Samarie (8, 14), la Communauté Mère de Jérusalem établit le contact avec cette nouvelle Communauté d’Antioche, en y dépéchant, cette fois, Barnabas, qui reconnaît que le Seigneur, par sa grâce, est à l’oeuvre dans ces conversions de païens.
En même temps, Barnabas prend conscience de la responsibilité qui lui incombe de former tous ces nouveaux disciples. En effet, une nouvelle question apparaît : peut-on comprendre la Bonne Nouvelle de Jésus sans connaître la tradition de l’Ancien Testament, qu’il accomplit définitivement ? D’où la décision de Barnabas d’aller chercher Saul-(Paul), le docteur Juif devenu chrétien, qui va ainsi commencer sa mission auprès des païens convertis ou à convertir, mission pour laquelle il a été mis à part (9, 5). Ainsi, pendant une année entière, Barnabas et Saul vont ensemble travailler à instruire cette foule de païens convertis devenus si nombreux que les étrangers ne vont plus percevoir le lien entre cette Communauté et le Judaïsme, et leur donner le nom de “chrétiens”, c’est-à-dire de “partisans de Christ”.
3. Decouvertes
Le récit interrompu de la dispersion des Héllénistes reprend ici comme premier élément d’un nouvel ensemble centré sur la vie de Jérusalem et les débuts de l’Eglise d’Antioche, dont nous assistons ici à la fondation (11, 19 - 12, 25). Un lien ferme se met en place entre la première Eglise composée de païens et l’Eglise Mère de Jérusalem.
Lien que l’on verra se continuer jusqu’à l’Assemblée de Jérusalem, rapportée au chapitre 15, suite au premier voyage missionnaire de Barnabas et Saul, entrepris à l’initiative de l’Eglise d’Antioche. Lien d’autant plus ferme que la nouveauté de l’Eglise d’Antioche, à savoir sa composition de Juifs et de païens tous convertis à Jésus, s’inscrit sans la tradition apostolique, dans la mesure où Pierre a réussi à faire admettre à la Communauté de Jérusalem la conversion par lui du premier païen, le centurion Corneille.
C’est toujours Jésus Ressuscité qui agit, et ici prête main forte à cette nouveauté (verset 21). Ce que Barnabas discerne, et qui motive sa réaction totalement positive (verset 23).
Barnabas est un modèle du disciple : homme droit, rempli d’Esprit Saint et de foi (verset 24). Peut-on imaginer mieux ? Que pourrait-on dire de nous sur ce point ?
A Antioche commence ainsi la mission de Paul, que la Communauté d’Antioche détachera ensuite pour sa première mission itinérante (avec Barnabas), et à qui il viendra en rendre compte (Actes, 13, 1 - 4 et 14, 27 - 28).
4. Prolongement
Comme ces persécutés dispersés qui ont fondé l’Eglise d’Antioche, considérons-nous toute situation, quelle qu’elle soit, comme une occasion nouvelle d’annoncer la Parole dans nos engagements et notre témoignage, en sachant utiliser toutes les possibilités d’ouverture rencontrées ?
Prière
*Seigneur Jésus, toute situation concourt à l’expansion et à la prédication de ton Evangile, d’une manière ou d’une autre, à la condition que nous utilisions toutes les possibilités ouvertes par les nouvelles occasions rencontrées, que ce soit dans des circonstances à première vue négatives ou positives : donne-moi de considérer le témoignage à te rendre, en mes gestes et paroles, comme la première nécessité qui s’impose à moi, partout et toujours, car il s’agit du projet de salut de Dieu concernant autant mon existence personnelle, sous toutes ses formes, que celle de tous les frères et soeurs, hommes et femmes, que tu as placés sur mon chemin. AMEN.
13.05.2003.*
Évangile : Jean 10, 22-30
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
22 Il y eut alors la fête de la Dédicace à Jérusalem. C’était l’hiver.
23 Jésus allait et venait dans le Temple sous le portique de Salomon.
24 Les Juifs firent cercle autour de lui et lui dirent : ” Jusqu’à quand vas-tu nous tenir en haleine ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement. “
25 Jésus leur répondit : ” Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi ;
26 mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis.
27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ;
28 je leur donne la vie éternelle ; elle ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main.
29 Mon Père, quant à ce qu’il m’a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père.
30 Moi et le Père nous sommes un. “
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre des signes, dans lequel se situe notre passage, est d’abord ainsi nommé parce qu’il se trouve ponctué par SEPT signes, tous IMPORTANTS de par leur sens, accomplis par Jésus du début à la fin de son ministère :
- le changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11),
- la guérison du fils d’un intendant royal à Cana (4, 46 - 54),
- la guérison d’un infirme à la piscine de Bethesda (5, 1 - 11),
- la multiplication des pains en Galilée (6, 1 - 15),
- la marche sur la Mer de Galilée (6, 16 - 21),
- la guérison d’un aveugle-né à Jérusalem (9),
- la réanimation de Lazare, mort et mis au tombeau à Béthanie (11).
Cependant, dans la mesure où ces SEPT “signes” sont souvent plus ou moins longuement expliqués par des paroles ou des discours de Jésus, une autre répartition, plus précise, de ce Livre des signes, nous aide à mieux situer et donc mieux comprendre notre passage :
- 1°) Les débuts de la Révélation de Jésus : de Jean-Baptiste à Jésus (1, 19 - 51), aboutissant au changement de l’eau en vin à Cana (2, 1 - 11), qui sert de transition avec la partie suivante,
- 2°) Du premier signe de Cana (eau changée en vin) au deuxième signe de Cana (guérison du fils d’un intendant royal) (2 - 4), ce deuxième signe servant également de transition avec la 3ème partie (4, 46 - 54),
- 3°) Jésus et les principales fêtes juives (5 - 10),
- 4°) Jésus vit l’approche de son “Heure”, Heure de sa mort et de sa gloire (11, 1 - 12, 36),
- 5°) Conclusion du Livre des signes sur le ministère de Jésus et résumé de sa prédication (12, 37 - 50).
Dans la 3ème partie du Livre des Signes, après s’être situé, face au Sabbat, suite à sa guérison du paralytique de la piscine de Bethesda, face à la Fête de la Pâque, dans son discours sur le pain de vie après avoir multiplié les pains et rejoint ses disciples en marchant sur la mer, puis face à la Fête des Tentes, en proclamant dans le Temple que lui seul donne l’eau vive et qu’il est la lumière du monde, Jésus nous est maintenant présenté à la Fête de la Dédicace du Temple de Jérusalem, qui a lieu trois mois après la Fête des Tabernacles ou des Tentes, Fête où il rencontre de nouveau beaucoup d’opposition à tout ce qu’il propose au nom de Dieu, et à tout ce qu’il déclare de lui-même.
De façon plus précise, ce chapitre 10, qui fait suite à la guérison de l’aveugle-né et à la critique acerbe lancée par Jésus à l’encontre des Pharisiens, a commencé par la continuation de cette critique en deux petites paraboles de Jésus, inséparables l’une de l’autre : celle de la Porte par laquelle ne passent ni les bandits ni les voleurs, celle du Berger qui passe par la porte, qui n’est pas un étranger, et donc que reconnaissent et suivent les brebis. (Jean, 10, 1 - 6)
Suivent trois explications ou interprétations de ces 2 petites paraboles :
- Jean, 10, 7 -10 : JESUS EST LA PORTE DES BREBIS,
- Jean 10, 11 - 18 : JESUS EST LE VRAI BERGER,
- Jean, 10, 26 - 30 : REPRISE DU THEME DES BREBIS, thème commun aux deux petites paraboles, dans le contexte de la violente opposition que rencontre Jésus lors de cette Fête de la Dédicace (notre passage).
2. Message
Une fois de plus, à l’occasion de cette Fête de la Dédicace, Jésus va s’en attribuer le sens, lorsqu’il précisera que c’est lui que le Père a “consacré” (10, 36).
Dans cette page, le procès de Jésus devant les Juifs, qui se déroule, en fait, depuis le chapitre 5 de l’Evangile de Jean, est bien en train de se continuer. Et les adversaires de Jésus le somment de dire qui il est vraiment, de façon à pouvoir l’accuser devant les autorités : va-t-il déclarer ouvertement qu’il est le Christ-Messie ? Pour toute réponse, Jésus fait appel au témoignage de ses oeuvres. Mais seuls ceux que le Père lui a donnés, et qui font partie de ses brebis, sont à même de le comprendre. Ce qui veut dire que c’est seulement par la foi en Jésus que l’on peut discerner le sens profond de ses oeuvres.
Toutefois, Jésus,en affirmant que lui et le Père ne font qu’un, va se faire accuser de blasphème et menacer de lapidation, parce que “lui qui n’est qu’un homme, il se fait Dieu” (10, 31 - 33). Notre attachement à Jésus est donc réexpliqué ici par l’image du troupeau, dont il est le Pasteur, et auquel appartiennent ceux qui croient en lui : ses brebis, Jésus les connaît, elles marchent à sa suite, il leur donne vie éternelle, et personne ne peut les lui arracher, parce que ce serait les arracher de la main du Père, ce qui est impossible. C’est pour cela qu’avec Jésus, ses brebis, inséparables de lui, ont l’assurance de la vie éternelle. Et ainsi se manifeste l’unité totale de Jésus avec le Père (10, 26 - 30).
3. Decouvertes
La Fête de la Dédicace avait lieu trois mois après la Fête des Tabernacles pour commémorer la restauration et la redédicace du Temple après la victoire de Judas Maccabée sur l’armée d’Antiochus IV (1 Maccabées, 4, 36 - 59 et 2 Maccabées, 1, 9. 18 et 10, 1 - 8)
A la question concernant sa messianité, Jésus a déjà répondu lors de sa rencontre avec la Samaritaine en Jean, 4, 26. Il a, de même, déclaré à l’aveugle-né qu’il venait de guérir, en Jean, 9, 35, qu’il est le Fils de l’homme. De son côté, Pierre avait affirmé devant les autres disciples que Jésus est le Saint de Dieu, et qu’il a les paroles de la vie éternelle (Jean, 6, 65 - 69).
L’auditoire dont il est question dans notre texte se refuse à mettre sa foi en Jésus, tandis que pour ceux qui croient en Jésus, et sont ainsi capables de comprendre ses paroles, le Bon Pasteur, qu’il est, tient lieu de Fête des Tabernacles et de Fête de la Dédicace.
Au verset 28, Jésus se déclare le protecteur absolu de ses brebis, qui lui ont fait confiance, et, comme elles lui appartiennent, personne ne pourra les séparer de lui.
A plusieurs reprises, Jésus a répété que nous lui avons été donnés par le Père (Jean, 6, 32 et 17, 2. 24).
4. Prolongement
Déjà, à la fin de son discours sur le pain de vie (Jean, 6, 60 - 71), Jésus avait déclaré : “Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père” (Jean, 6, 65, et aussi 6, 37 - 39).
Notre foi est accueil de ce don que le Père fait de nous à Jésus, son Fils.
Prière
*Seigneur Jésus, nous sommes ceux que le Père t’a donnés, nous t’appartenons, nous sommes ton troupeau, saisis et attachés à toi, qui es notre seule force et notre seule défense : augmente ma foi en ta puissance de salut, en ce “mystère” de ce don réciproque de nous-mêmes, qui existe entre le Père et toi, et garde-moi toujours attaché à toi de façon inébranlable, avec cette capacité de traduire cette unité avec toi, à travers tous mes actes et toutes mes paroles. AMEN.
23.04.2002.*