📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 13, 44-52
DES ACTES DES APÔTRES
Texte
44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s’assembla pour entendre la parole de Dieu.
45 A la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul.
46 S’enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent : ” C’était à vous d’abord qu’il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens.
47 Car ainsi nous l’a ordonné le Seigneur : Je t’ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu’aux extrémités de la terre. “
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle.
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu’aux notables de la ville ; il suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire.
51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leur pieds, se rendirent à Iconium.
52 Quant aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint.
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.
Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).
Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 3, qui se déploie en 4 scènes : 1er voyage missionnaire de Paul (13, 1 - 14, 28), L’Assemblée apostolique de Jérusalem (15, 1 - 35), 2ème voyage missionnaire de Paul (15, 36 - 18, 23), 3ème voyage missionnaire de Paul (18, 24 - 21, 16).
Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage se continue la grande partie des Actes, traitant de la mission qui se déroule hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il est question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque, incluant le martyre d’Etienne, la persécution de ces disciples Héllénistes et leur dispersion, avec, comme conséquence, la prédication en Samarie de la Bonne Nouvelle de Jésus par Philippe (6, 1 - 8, 40). de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).
Envoyés par la Communauté d’Antioche de Syrie, qui prend de plus en plus d’ampleur face à Jérusalem, Barnabas et Saul-(Paul), accompagnés de Jean Marc, sont partis pour une première mission à l’extérieur, mission au cours de laquelle une très importante étape se trouve être une autre ville portant aussi le nom d’Antioche, et située, cette fois, en Pisidie.
C’est là que Paul, désormais désigné par son nom grec, et nommé en premier, donne l’un de ses grands discours rapportés par Luc dans les Actes des Apôtres, discours adressé à des Juifs et des païens sympathisants du Judaïsme, un jour de Sabbat, dans la synagogue. Avec le texte de ce jour, nous retrouvons Paul et Barnabé, le sabbat suivant, toujours dans la même ville.
2. Message
Huit jours après son grand discours à la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul, accompagné de Barnabas, dont on peut penser qu’ils n’ont pas été inactifs tout au long de la semaine, se trouvent, on ne nous dit pas où, entourés d’une foule si nombreuse venant de toute la ville et composée d’éléments très divers, que les Juifs, (probablement les autorités de la synagogue), réagissent avec une très grande agressivité aux propos de Paul.
Ce qui conduit Paul et Barnabas à bien définir devant eux les fondements de leur propre mission.
Face aux attaques dont il est l’objet, Paul (ainsi que Barnabas) rappelle la priorité des Juifs à recevoir la Parole de Dieu, qui est l’annonce de la Bonne Nouvelle du ministère, de la mort et de la résurrection de Jésus. Cependant, cette priorité, liée à l’histoire et à l’initiative de Dieu qui a appelé Abraham et sa descendance, avec lesquels il a conclu une Alliance, ne leur est offerte que comme un accomplissement normal et une occasion d’urgence à saisir.
En effet, d’une part, tous les hommes ont désormais droit à cette Bonne Nouvelle qui les concerne tous, et, d’autre part, Paul a reçu une mission précise du Seigneur, qui est justement de porter l’Evangile à toutes les nations.
Cette réponse de Paul aux Juifs sur la nécessité que la Parole concernant le salut en Jésus leur soit adressée en premier, et sur la conséquence de leur refus de l’accepter, qui est la mission auprès des païens, est un thème qui revient fréquemment tout au long des Actes des Apôtres. Voir 18, 6 (à Corinthe), 22, 21 (à Jérusalem), 26, 20 (à Césarée), 28, 28 (à Rome).
Cette prise de position publique de Paul et Barnabas est, en revanche, bien accueillie par les païens qui, se trouvant acceptés à part entière, sont donc nombreux à adhérer au Seigneur Jésus, et son remplis de joie dans l’Esprit Saint.
Paul et Barnabas n’en sont pas moins l’objet de poursuites et doivent quitter les lieux.
3. Decouvertes
L’importance de dire OUI à Jésus Sauveur est telle que rejeter la Parole de Dieu qui nous l’annonce, c’est faire un choix définitif, que traduit bien l’expression “ne pas se juger digne de la vie éternelle”. Il n’est pas “d’autre Nom par lequel on puisse être sauvé”, avait proclamé Pierre devant le Grand Conseil à Jérusalem après la guérison du boiteux de la Belle Porte du Temple (Actes, 4, 12).
Cela demeure toujours vrai. A l’inverse, c’est toujours par grâce que nous sommes sauvés gratuitement. C’est bien ce que signifie l’expression du verset 48 : “tous ceux que Dieu avait préparés pour la vie éternelle devinrent croyants.” Relire Ephésiens, 2, 5 - 11, qui affirme fortement cette idée d’une gratuité totale du salut que Dieu réalise en nous. Ces païens sont préparés par Dieu pour la vie éternelle dans la mesure où ils acceptent la Bonne Nouvelle de Jésus.
Notons les rapprochements significatifs : Israël lui-même était appelé à être “Lumière des nations” (Isaïe, 49, 6). Mais puisqu’Israël a rejeté le Messie qui est déclaré “Lumière pour éclairer les nations païennes” (Luc, 2, 32), ce sont ceux qui le proclament et sont ses serviteurs, qui sont, à leur tour, appelés “Lumière pour éclairer les nations païennes”, comme Paul se l’est entendu dire par le Seigneur (verset 47).
Selon les dernières paroles de Jésus Ressuscité, avant son ascension, dans les Actes des Apôtres (1, 8), ses disciples - et nous, parmi eux - sont envoyés jusqu’aux extrémités de la terre porter la Bonne Nouvelle du salut totalement réalisé en Jésus.
Paul déclare fortement en Romains, 11, 25 - 32, que le travail de l’Eglise ne sera accompli que lorsque tous les hommes, qu’ils soient Juifs ou païens, auront été intégrés dans le salut accompli par Jésus le Christ.
Quels que soient les lieux où de nouveaux croyants se rattachent à Jésus par la foi, la joie qu’avaient manifestée les tout premiers croyants, dès l’événement de la Pentecôte (Actes, 2, 46), est renouvelée chez ces païens convertis à Antioche de Pisidie.
Le message de Jésus doit toujours être présenté clairement sans la moindre ambiguïté. Quand Paul et Barnabas “secouent contre eux (les gens d’Antioche de Pisidie qui les chassent de leur ville) la poussière de leurs pieds”, ils manifestent ainsi, selon la consigne que Jésus avait donnée de son vivant (Luc, 9, 5), qu’ils ne veulent aucune compromission avec leur incroyance.
4. Prolongement
Chacune et chacun de nous est appelé, à son tour, à se découvrir être dans sa vie une “Lumière pour éclairer les nations païennes”. C’est notre mission de croyants-disciples, auxquels Jésus demande d’être, en même temps, “Apôtres” et missionnaires de son Evangile. Plus nous sommes images de Jésus “Lumière”, et plus nous devons l’imiter dans ses comportements et son approche missionnaire de tout homme et de toute femme qu’il rencontrait sur les chemins de sa vie mortelle.
Comme Paul et Barnabas se sont précipités dans la vie de la ville d’Antioche de Pisidie, au milieu de l’enthousiasme de la foule, de la jalousie des Juifs et des intrigues en tous genres qui ont conduit à leur expulsion, ainsi sommes-nous jetés, porteurs de la Bonne Nouvelle du salut, au milieu des réalités humaines de notre temps, avec tout ce qu’elles comportent d’incroyance, d’intrigues, de jalousies. Là, comme dans les Actes des Apôtres, c’est toujours le même Esprit-Saint, répandu par le Ressucité, qui nous envoie chaque jour au coeur et aux limites de ce monde dans lequel nous vivons, le monde du XXIème siècle.
Prière
*Seigneur Jésus, dans la puisssance de ton Esprit Saint, tu fais de nous des “fils de Lumière”, porteurs de ta propre Lumière, puisque tu t’es déclaré “la Lumière du monde”, et que tu nous as révélé que “Dieu est Lumière” : donne-moi de toujours proclamer ton Nom, en imitant ta démarche de Vérité et d’obéissance permanente au Père, tout en demeurant dans ta Lumière, dans la mesure où j’aime tous mes frères et soeurs, comme tu nous as aimés. AMEN.
17.05.2003.*
Évangile : Jean 14, 7-14
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
7 Si vous me connaissez vous connaîtrez aussi mon Père ; dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu. “
8 Philippe lui dit : ” Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. “
9 Jésus lui dit : ” Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ? Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père ! ” ?
10 Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : mais le Père demeurant en moi fait ses œuvres.
11 Croyez-m’en ! je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des œuvres mêmes.
12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ; et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers le Père.
13 Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d’abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l’annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d’adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l’Evangile, même si le chapitre 21, que l’on appelle “Epilogue”, nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d’une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d’une pêche miraculeurse et d’un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l’Evangile, dans laquelle l’auteur se présente comme étant le “disciple que Jésus aimait”, que l’on continue d’identifier, non sans difficultés, avec l’Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques.
Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de “l’Heure” de Jésus, c’est-à-dire tout ce qui concerne son “passage” au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l’Esprit par le Ressuscité).
A noter l’importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l’Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres.
Avec ce passage, nous continuons la lecture du Dernier Discours de Jésus. Ce dernier discours, placé par l’Evangéliste au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, peut se diviser en trois sections : - Section 1 (13, 31 - 14, 31), - Section 2 (15, 1 - 16, 33), - Section 3 (17, 1 - 26). Chacune de ces sections se partage ensuite en sous-sections, certaines de ces sous-sections pouvant, à leur tour, être subdivisées.
Ainsi, dans la Section 1, à laquelle appartient notre page de ce jour, nous distinguons 3 unités, en plus de l’introduction, dans laquelle Jésus annonce d’abord son départ et le reniement de Pierre(13, 31 - 38) : - Unité 1 (14, 1 - 14 : Jésus est le chemin vers le Père pour tous ceux qui croient en lui), - Unité 2 (14, 15 - 24 : le Paraclet, Jésus, et le Père, vont venir chez tous ceux qui aiment Jésus), - Unité 3 (14, 25 - 31 : Dernières pensées de Jésus avant son départ).
Notre page se trouve dans l’Unité 1 de la Section 1.
2. Message
Jésus est en partance vers le Père : c’est bien ce que notre page, à la suite de celle de la veille, dans nos textes liturgiques, continue de nous dire.
Jésus a annoncé son départ et son retour (14, 1 - 4), et, juste avant que ne commence notre texte d’aujourd’hui, en réponse à une question de Thomas, il vient de déclarer qu’il est le chemin, la vérité et la vie (verset 6).
Les versets 7 à 11, que nous lisons ensuite, expliquent en quel sens Jésus est le chemin qui mène au Père : quand on le connaît, on connaît le Père (verset 7), quand on le voit, on voit le Père (verset 8). Il est également le chemin, parce qu’il est la vie, puisqu’il vit dans le Père et que le Père vit en lui, et que donc la vie du Père se communique à travers lui, et agit par lui (versets 9 - 11). C’est bien cela que nous devons croire.
La fin de cette page nous montre le pouvoir de la foi que nous plaçons en Jésus : pouvoir d’accomplir les mêmes oeuvres, et même de plus grandes oeuvres que Jésus, pouvoir d’obtenir de Jésus tout ce que nous lui demandons.
3. Decouvertes
Nous “voyons” le Père à travers les paroles et les oeuvres de Jésus, qui sont, en réalité, paroles et oeuvres du Père (v. 10) Ce thème revient souvent dans cet Evangile de Jean.
Les oeuvres plus grandes que celles de Jésus, qu’il nous est donné d’accomplir après le départ de Jésus, sont celles qui sont liées à son entrée dans la gloire : nos gestes et paroles accomplis selon la puissance de l’Esprit de Jésus, l’expansion universelle de la mission de Jésus.
Ceux qui connaissent Jésus par la foi peuvent voir le Père qui l’a envoyé (voir Jean, 6, 40 et 12, 45). Philippe fait preuve de naïveté lorsqu’il pense qu’il peut déjà voir la gloire de Dieu. Moïse avait déjà fait cette demande en Exode, 33, 18.
Tout ce que Jésus nous communique est communication avec le Père : voir et entendre Jésus, c’est voir et entendre le Père. En résumé, toute la personne de Jésus est révélation du Père en toutes ses expressions.
Plus loin dans le discours, en 15, 16 et 16, 23 - 26, Jésus parlera encore de la prière faite en son nom, en précisant alors que c’est le Père qui répondra à notre prière, alors qu’ici, en 14, 13 - 14, c’est lui qui répond personnellement. Ceci ne fait que souligner l’unité et la réciprocité entre le Père et Jésus.
4. Prolongement
Toutes les découvertes énumérées dans la paragraphe précédent peuvent donner lieu à autant de prolongements immédiats.
Prière
*Seigneur Jésus, par toi, avec toi, en toi, nous rencontrons Dieu le Père dans l’Esprit Saint que tu nous as promis et donné, si bien qu’à travers tous tes gestes et paroles d’homme, nous découvrons les gestes et paroles du Père en notre humanité, c’est-à-dire dans un langage qui nous est parfaitement adapté : apprends-moi à discerner l’importance de nos propres gestes et paroles de croyants aujourd’hui, à travers lesquels, dans la force de l’Esprit, je puis reproduire tes attitudes et ton engagement, en aimant mes frères et mes soeurs comme tu nous as aimés, et en produisant les fruits de ton Esprit Saint en ma vie de croyant, d’une manière qui signifie que Dieu s’est révélé en toi. AMEN.
27.04.2002.*