📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 13, 26-33
DES ACTES DES APÔTRES
Texte
26 ” Frères, vous les enfants de la race d’Abraham, et vous ici présents qui craignez Dieu, c’est à vous que ce message de salut a été envoyé.
27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont accompli sans le savoir les paroles des prophètes qu’on lit chaque sabbat.
28 Sans trouver en lui aucun motif de mort, ils l’ont condamné et ont demandé à Pilate de le faire périr.
29 Et lorsqu’ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, ils le descendirent du gibet et le mirent au tombeau.
30 Mais Dieu l’a ressuscité ;
31 pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple.
32 ” Et nous, nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères,
33 Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd’hui je t’ai engendré
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.
Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).
Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 3, qui se déploie en 4 scènes : 1er voyage missionnaire de Paul (13, 1 - 14, 28), L’Assemblée apostolique de Jérusalem (15, 1 - 35), 2ème voyage missionnaire de Paul (15, 36 - 18, 23), 3ème voyage missionnaire de Paul (18, 24 - 21, 16).
Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage se continue la grande partie des Actes, traitant de la mission qui se déroule hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il est question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque, incluant le martyre d’Etienne, la persécution de ces disciples Héllénistes et leur dispersion, avec, comme conséquence, la prédication en Samarie de la Bonne Nouvelle de Jésus par Philippe (6, 1 - 8, 40). de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).
Envoyés par la Communauté d’Antioche de Syrie, qui prend de plus en plus d’ampleur face à Jérusalem, Barnabas et Saul-(Paul), accompagnés de Jean Marc, sont partis pour une première mission à l’extérieur, mission au cours de laquelle une très importante étape se trouve être une autre ville portant aussi le nom d’Antioche, et située, cette fois, en Pisidie.
C’est là que Paul, désormais désigné par son nom grec, et nommé en premier, donne l’un de ses grands discours rapportés par Luc dans les Actes des Apôtres, discours adressé à des Juifs et des païens sympathisants du Judaïsme, un jour de Sabbat, dans la synagogue. La lecture de ce jour ne comporte que la deuxième partie de ce discours, qu’il nous faut cependant regarder dans son ensemble.
2. Message
Cette page est importante parce qu’elle nous donne un bon exemple de la prédication de Paul aux Juifs de la Diaspora, qu’il appelle ses frères, fils de la race d’Abraham.
Il leur propose ici l’aspect central du message du salut, en leur racontant comment les responsables d’Israël n’ont pas reconnu Jésus, l’ont condamné à mort sans raison, tout en accomplissant les Ecritures de l’Ancien Testament, qu’ils ne comprenaient pas.
Mais Dieu a ressuscité Jésus, manifestant par là qu’il avait réalisé totalement la promesse faite aux anciens Pères d’Israël. Paul atteste cette résurrection de Jésus sur le témoignage de ceux qui l’ont rencontré vivant et ressuscité, c’est-à-dire ceux-là mêmes qui l’avaient accompagné de Galilée à Jérusalem, les Apôtres, qui sont ses premiers témoins devant le peuple de Jérusalem. Témoins, dont les prédicateurs de la Bonne Nouvelle de Jésus transmettent l’expérience de ce qu’ils ont vécu de la mission et de l’événement pascal de Jésus.
Selon le découpage du texte adopté par notre page, Paul termine sa présentation de la partie centrale du message de salut en Jésus ressuscité, en centrant son regard sur Jésus, par une citation du verset 7 du psaume 2 : Jésus est celui à qui le Père déclare : “Tu es mon Fils, aujourd’hui, je t’ai engendré.” Ce qui veut dire que la résurrection de Jésus représente son intrônisation messianique suprême. Déjà, dans l’Evangile de Luc, ce même verset était cité comme parole venant du ciel, lors du baptême de Jésus par Jean Baptiste (Luc, 3, 21). Dès le début de son ministère, Jésus était ainsi déjà intrônisé comme Messie, par le Père.
3. Decouvertes
Notre texte liturgique, pour ce vendredi et ce samedi de la 4ème semaine de Pâques, ne représente qu’une partie de ce grand discours de Paul, qui se divise en 5 temps :
- Témoignage du passé : toute l’histoire d’Israël est en marche vers l’apparition et la mission de Jésus (13, 16 - 25).
-Témoignage du présent, qui correspond à notre texte de ce vendredi (13, 26 - 31).
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Témoignage de l’Ecriture, dans laquelle Paul fait appel au Psaume 2, 7 (repris dans notre page), au 2ème Prophète Isaïe (Isaïe, 55, 3), et au Psaume 16, 10 : Jésus est le Fils, qui porte la sainteté de Dieu, et qui n’a pas connu la corruption. Nous ne sommes pas loin ici des 1ers discours de Pierre, dès la Pentecôte (13, 32 - 37).
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Le défi de l’avenir : tout ce qui s’est passé en, et avec, Jésus est l’oeuvre de Dieu, qu’il ne faut surtout pas mésestimer, car, par la résurrection de Jésus, nous est venu le pardon des péchés, et la justification (ou le salut) selon la “justice” de Dieu, que la pratique de la Loi de Moïse ne pouvait accorder. A ce propos, Paul cite Habaccuk, 1, 5. Ce qui donc a été proposé aux Juifs de Jérusalem dans le témoignage apostolique, est maintenant offert, partout, et dans les mêmes conditions, à tous ceux qui veulent bien l’accueillir avec foi (13, 38 - 41).
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Réactions diverses et mélangées au discours de Paul, le sabbat suivant : ce qui encourage Paul, tout en rappelant la priorité de la prédication de la Bonne Nouvelle de Jésus aux fils d’Israël, à se tourner résolument vers les païens (13, 42 - 50).
Pas plus que Pierre dans ses propres discours (2, 14 et 3, 17), Paul n’accuse tous les Juifs de complicité dans la mort de Jésus : ce sont seulement les chefs du peuple de Jérusalem qui portent la responsabilité morale de sa condamnation.
4. Prolongement
“L’affaire Jésus” continue après la résurrection du Seigneur, et la Bonne Nouvelle qui le concerne continue de se propager.
Ce que Jésus disait, à savoir qu’il faut passer par lui pour avoir la Vie (Jean, 5,), et que Pierre a proclamé dans ses discours des Actes, qu’il n’existe aucun autre Nom que celui de Jésus par lequel on puisse être sauvé (Actes, 4, 12), est bien repris et répété ici par Paul dans sa prédication à des Juifs de la Diaspora (13, 38 - 39).
En Jésus , obéissant jusqu’à en mourir, et ressuscité, Dieu a achevé tout son dessein, qui est désormais offert comme don de grâce et de salut à tous les hommes et toutes les femmes du monde entier, par Jésus ressuscité, dans l’Esprit Saint, qui universalise désormais sa mission partout, et à toutes les époques de l’histoire humaine postérieures à la mort de Jésus.
Prière
*Seigneur Jésus, c’est en te découvrant, en contemplant ton témoignage, en accueillant ton engagement, jusqu’en ta mort et ta résurrection, comme le dernier mot de Dieu, que, par la foi nous sommes sauvés, et que ta sainteté nous est communiquée dans l’Esprit Saint : apprends-moi à ne jamais te séparer du plan de Dieu qui, en toi, s’accomplit et continue de se réaliser dans ton Eglise, aide-moi à toujours mieux comprendre en profondeur ce que nous ont transmis les premiers témoins de ta résurrection, qui nous ont détaillé ta Parole, ton action, ta relation au Père, dans les Evangiles et les autres écrtis du Nouveau Testament, de façon à ce que notre histoire intègre ta présence et ta mission, et en devienne aujourd’hui le lieu du rayonnement. AMEN.
26.04.2002.*
Évangile : Jean 14, 1-6
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
1 ” Que votre cœur ne se trouble pas ! vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
2 Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon, je vous l’aurais dit ; je vais vous préparer une place.
3 Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez.
4 Et du lieu où je vais, vous savez le chemin. “
5 Thomas lui dit : ” Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? “
6 Jésus lui dit : ” Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi.
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d’abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l’annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d’adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l’Evangile, même si le chapitre 21, que l’on appelle “Epilogue”, nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d’une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d’une pêche miraculeurse et d’un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l’Evangile, dans laquelle l’auteur se présente comme étant le “disciple que Jésus aimait”, que l’on continue d’identifier, non sans difficultés, avec l’Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques.
Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de “l’Heure” de Jésus, c’est-à-dire tout ce qui concerne son “passage” au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l’Esprit par le Ressuscité).
A noter l’importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l’Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres.
Avec ce passage, nous sommes entrés dans le Dernier Discours de Jésus. Ce dernier discours, placé par l’Evangéliste au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, peut se diviser en trois sections : - Section 1 (13, 31 - 14, 31), - Section 2 (15, 1 - 16, 33), - Section 3 (17, 1 - 26). Chacune de ces sections se partage ensuite en sous-sections, certaines de ces sous-sections pouvant, à leur tour, être subdivisées.
Ainsi, dans la Section 1, à laquelle appartient notre page de ce jour, nous distinguons 3 unités, en plus de l’introduction (13, 31 - 38) : - Unité 1 (14, 1 - 14 : Jésus est le chemin vers le Père pour tous ceux qui croient en lui), - Unité 2 (14, 15 - 24 : le Paraclet, Jésus, et le Père, vont venir chez tous ceux qui aiment Jésus), - Unité 3 (14, 25 - 31 : Dernières pensées de Jésus avant son départ).
Notre page se trouve dans l’Unité 1 de la Section 1.
2. Message
Il semble difficile de suivre le fil de cette Unité 1, dans laquelle nous lisons cette page, et de toujours bien voir comment les idées se distinguent les unes des autres.
Les versets 1 - 4 traitent du départ de Jésus et de son retour. Face à la perspective de la mort de Jésus, la foi en Jésus est le seul remède contre le trouble et la peur. De fait, sa mort, inséparable de sa résurrection-ascension, sera victoire sur Satan et l’esprit du monde, accomplissement de l’oeuvre du Père. D’où avoir foi en Dieu et foi en Jésus, c’est tout un.
Pour rassurer ses disciples, Jésus leur annonce qu’il va leur préparer une place dans la maison de son Père, et revenir les chercher pour qu’ils soient avec lui. Et, ce faisant, il accomplit la promesse de Dieu écrite dans le Deutéronome, 1, 33 et 1, 29, de marcher devant son peuple pour lui préparer une place.
En quoi consiste précisément ce retour de Jésus ? On pense à la fois à son retour lors de la fin ultime des temps, à la fin de toute l’histoire, aussi bien qu’à son retour actuel par le Paraclet, dont il annonce l’envoi (14, 15 - 17; 16, 7), ou sa promesse d’habiter la vie de ses disciples et d’y demeurer (14, 23).
La mention, au verset 4, du chemin que va prendre Jésus, et que connaissent ses disciples, est une transition vers la déclaration du verset 6. Par sa mort, sa résurrection et son ascension, Jésus retourne au Père. Il peut ensuite préciser, dès le verset 6, ce qu’il va développer des versets 6 à 11 : Jésus est le chemin unique et obligatoire pour aller au Père, parce qu’il est la Vérité de Dieu qui se révèle. Le connaître, c’est connaître le Père (verset 7), le voir, c’est voir le Père (versets 8 - 9). C’est aussi parce qu’il est le chemin, qu’il est la Vie, puisqu’il vit dans le Père et que le Père vit en lui (versets10 - 11). Ainsi nous communique-t-il la réalité du Père.
3. Decouvertes
On a écrit et réfléchi beaucoup depuis 2000 ans sur l’articulation de ces 3 mots : chemin, vérité, vie : - chemin qui mène à la vérité ou à la vie ? - chemin et vérité qui conduisent à la vie, comme de nombreux Pères Grecs et Latins l’ont proposé ? - chemin qui conduit à la vérité et à la vie, toutes deux considérées comme réalités divines de la fin des temps ? - chemin qui, en tant que chemin, est vérité et vie ?
En résumé, le chemin mène-t-il ailleurs, vers d’autres valeurs, ou est-il déjà terme ? Il n’existe pas de réponse à ces questions et hypothèses d’interprétation qui ne font que nous aider à cerner le mystère de ce qui nous est donné en, et par, Jésus.
4. Prolongement
Comme les premiers disciples, nous sommes invités par ces paroles de Jésus à dissiper tout malentendu en acceptant que le départ de Jésus de notre monde est un accomplissement, un “plus”, dans la mesure où Jésus revient vraiment à nous “autrement”, dans sa dimension de Ressuscité et dans son Paraclet, lieu nouveau de sa présence renouvelée au terme de son “Heure”.
Du même coup, le chemin qu’il nous propose, et qu’il prend en son “Heure” de mort-résurrection-ascension, est chemin, et entrée simultanée, dans le mystère de la richesse de Dieu, qui est son Père et notre Père (20, 17), qui est la Vérité absolue qui se révèle comme étant don, suprême et insurpassable, d’une vie qui se partage (Ephésiens, 3, 20 - 21).
Cette page est un appel à notre foi en Jésus glorifié, plus présent que jamais à notre existence et face à nos situations.
Prière
*Seigneur Jésus, au moment où tu nous déclares monter vers le Père, pour nous préparer, auprès de lui, une place avec toi, tu te proclames le plus ouvertement et le plus clairement possible, le chemin unique, par où te suivre et te rejoindre, pour rencontrer le Père et recevoir la Vérité et la Vie en plénitude : donne-moi de mesurer combien est extraordinaire l’annonce que tu nous fais ainsi, de partager la richesse de ta Gloire et de ta Lumière, que tu nous accordes déjà en te rendant présent, Ressuscité, dans ton Esprit Saint, qui est tout autant l’Esprit du Père, au plus profond de mon existence, que tu m’offres de vivifier et d’animer ainsi de l’intérieur, afin de me rendre capable de témoigner de ta mission d’annonce et de transmission du salut de Dieu, que tu as achevée définitivement une fois pour toutes. AMEN.
16.05.2005.*