📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain
Première lecture : Actes des Apôtres 14, 19-28
DES ACTES DES APÔTRES
Texte
19 Survinrent alors d’Antioche et d’Iconium des Juifs qui gagnèrent les foules. On lapida Paul et on le traîna hors de la ville, le croyant mort.
20 Mais, comme les disciples faisaient cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Et le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé.
21 Après avoir évangélisé cette ville et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche.
22 Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, ” car, disaient-ils, il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu “.
23 Ils leur désignèrent des anciens dans chaque Église, et, après avoir fait des prières accompagnées de jeûne, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient mis leur foi.
24 Traversant alors la Pisidie, ils gagnèrent la Pamphylie.
25 Puis, après avoir annoncé la parole à Pergé, ils descendirent à Attalie ;
26 de là ils firent voile vers Antioche, d’où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir.
27 A leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi.
28 Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples.
Commentaire
1. Situation
Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.
Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).
Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.
Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 35), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28. 31).
Tout cela signifie que dans ces Actes des Apôtres, “l’affaire Jésus continue”. Ce qui a été accompli par Jésus, en sa vie, son engagement, sa parole, sa mort, sa résurrection, et son ascension liée à la promesse de l’Esprit Saint, entre dans une nouvelle phase d’extension à toute l’humanité, depuis Jérusalem, la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre, selon l’ordre de Jésus lui-même (Actes, 1, 8). Les communautés de disciples sont désormais le “lieu” de la présence et de l’action de Jésus.
Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 35).
Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 3, qui se déploie en 4 scènes : 1er voyage missionnaire de Paul (13, 1 - 14, 28), L’Assemblée apostolique de Jérusalem (15, 1 - 35), 2ème voyage missionnaire de Paul (15, 36 - 18, 23), 3ème voyage missionnaire de Paul (18, 24 - 21, 16).
Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, avec notre passage se continue la grande partie des Actes, traitant de la mission qui se déroule hors de Jérusalem (6, 1 - 15, 35), où il est question successivement des chrétiens d’origine Juive et de langue grecque, incluant le martyre d’Etienne, la persécution de ces disciples Héllénistes et leur dispersion, avec, comme conséquence, la prédication en Samarie de la Bonne Nouvelle de Jésus par Philippe (6, 1 - 8, 40). de la conversion de Saül (Paul) (9, 1 - 31), d’une mission de Pierre, incluant la première conversion d’un païen (9, 32 - 11, 18), la fondation de l’Eglise d’Antioche, suivie de la 1ère mission de Paul, et de l’Assemblée de Jérusalem, où seront abordées des questions nées de cette mission parmi les païens (11, 19 - 15, 35).
Envoyés par la Communauté d’Antioche de Syrie, qui prend de plus en plus d’ampleur face à Jérusalem, Barnabé et Saul-(Paul), accompagnés de Jean Marc, sont partis pour une première mission à l’extérieur, mission au cours de laquelle une très importante étape se trouve être une autre ville portant aussi le nom d’Antioche, et située, cette fois, en Pisidie.
C’est là que Paul, désormais désigné par son nom grec, et nommé en premier, donne l’un de ses grands discours rapportés par Luc dans les Actes des Apôtres, discours adressé à des Juifs et des païens sympathisants du Judaïsme, un jour de Sabbat, dans la synagogue. Mais les autorités Juives locales n’ont pas accepté le message de Paul et Barnabé, qu’ils ont fait chasser de leur ville. Au cours de leur étape suivante, à Iconium, Paul et Barnabé ont rencontré la même hostilité de la part des Juifs, qui se sont mis à les faire suivre, là où ils vont, pour entraver leur prédication du message de Jésus. Ce qu’ils vont réussir à faire, une fois de plus à Lystres, où, dans un premier temps, suite à un miracle de Paul, la foule avait commencé par traiter les deux apôtres comme des “dieux”, auxquels elle voulait offrir un sacrifice.
2. Message
Nous sommes témoins d’un changement éclair dans l’attitude des gens de Lystres, qui passent subitement de la quasi-adoration à la persécution, suite à l’arrivée de Juifs d’Antioche de Pisidie et d’Iconium, très hostiles à la mission de Paul et Barnabé. Voilà donc Paul lapidé, laissé pour mort, mais qui, néanmons se relève et va repartir. Derbé est le point final de leur voyage, où ils remplissent une mission qui nous est présentée comme fructueuse.
Sur le chemin inverse qu’ils prennent à leur retour vers Antioche de Syrie, Paul et Barnabé font de nouveau étape dans toutes les localités qu’ils ont évangélisées, pour y encourager les disciples qu’ils ont amenés à Jésus, les inviter à tenir bon face à l’hostilité qu’ils pourraient rencontrer, et organiser la vie de ces communautés locales en chargeant quelques “Anciens” d’en être collégialement responsables.
Finalement de retour à Antioche de Syrie, leur point de départ, ils y rendent compte de leur mission à la communauté qui les avait envoyés, cette mission ayant été accomplie avec la force de Dieu agissant en eux et par eux.
3. Decouvertes
Rappelons que Paul et Barnabé avaient su, à Lystres, profiter de cette tentative de leur offrir un sacrifice pour faire réfléchir ces païens sur le Dieu unique, créateur de l’univers, et dont la bonté peut se déceler dans tout ce que nous offre de bon la nature qui nous entoure.
Le changement d’attitude de la foule de Lystres à l’égard de Paul et Barnabé rappelle le retournement semblable de la foule de Jérusalem contre Jésus entre son entrée triomphale et le Vendredi de sa mort sur la croix (Luc, 19, 37 - 38 et 23, 18 - 21). Luc montre ainsi fortement à quel point le sort des disciples est identique à celui de leur maître.
Paul fait allusion à cette lapidation en 2 Corinthiens, 11, 25. Il a dû être sévèrement touché pour être ainsi cru mort, et traîné inanimé, tel un cadavre, hors de la ville : voulait-on ainsi remettre son corps à ses compagnons de voyage ? Autre allusion à la mort de Jésus et sa descente de croix (Luc, 23, 50 - 53) ? L’énergie de Paul qui se relève est très forte : Jésus ressuscité habite sa vie et lui donne force.
Démarche “courageuse” de Paul et Barnabé que de repasser ainsi dans les villes de Lystres, d’Iconium et d’Antioche de Pisidie, d’où ils avaient été chassés. Il semble toutefois que ce n’est pas pour une nouvelle mission ayant pour but de faire de nouveaux convertis à Jésus, mais simplement pour encourager les disciples existants et organiser la vie des communautés.
Comme ils avaient été eux-mêmes désignés par la communauté d’Antioche dans le jeûne et la prière, Paul et Barnabé désignent des “Anciens” dans les communautés de la même façon. Nous rencontrons un fonctionnement d’Eglise qui est déjà, dans les Actes, le même un peu partout (11, 30) : des communautés animées pour ainsi dire “collégialement” par un groupe, une “équipe” d’Anciens qui sont chargés du culte, de la charité, et de la qualité du témoignage des disciples.
C’est Dieu lui-même, par Jésus Ressuscité, et dans la force de l’Esprit répandu par Jésus, qui a agi à travers les comportements de Paul et de Barnabé. C’est ce que pense la communauté d’Antioche à qui Paul et Barnabé rendent compte de leur activité apostolique. Mais que va penser de cela l’autre communauté importante de l’Eglise : la “communauté-mère” de Jérusalem ?
4. Prolongement
Depuis la résurrection de Jésus, ses disciples, remplis de l’Esprit Saint, actualisent ce qui fut la mission, ou le ministère, de Jésus, mais dans des circonstances toujours nouvelles. Ils ont ainsi à reproduire l’engagement de Jésus à travers leurs gestes et leurs paroles : ils prêchent le Règne de Dieu accompli en Jésus, ils sont persécutés comme Jésus, et, comme ce fut le cas d’Etienne, ils meurent martyrs innocents à la façon de Jésus. Jésus nous a annoncé que nous serions, comme lui, persécutés (Jean, 15, 20), que nous, qui sommes ses serviteurs, aurions le même sort que le sien (Jean, 12, 26).
Cependant, notre mission de reproduire en toutes circonstances l’image de Jésus, ne peut se vivre, comme il nous l’a promis, que dans la force de son Esprit (Luc, 21, 12 - 19), qui nous fait le don de sa présence de Ressuscité, Vivant, glorifié (Romains, 8, 26 - 30). Il nous suffit de nous “laisser faire”, en remettant notre existence de chaque jour entre les mains de Jésus, en nous abondonant à lui dans la foi d’un coeur de “pauvre”, pour que notre vie devienne le “lieu ” visible de sa présence aujourd’hui en ce monde. Mettons-nous toute notre existence à sa disposition pour qu’elle devienne toujours davantage le “lieu” de sa manifestation aux hommes et femmes de notre temps ?
Prière
*Seigneur Jésus, dès que tu as commencé d’appeler des disciples, tu les as formés et envoyés prendre part à ta mission, avant de les “lâcher” dans le monde, après ta résurrection, remplis intérieurement de ton Esprit, pour continuer ton oeuvre, et faire entrer dans la fin des temps, que tu as inaugurée une fois pour toutes, la totalité des hommes et des femmes de tous les temps qui ont suivi l’époque de ton histoire humaine : renouvelle en moi la force de ta présence, pour que je sache te proclamer, à temps et à contre temps, et quelles que puissent être les difficultés qui jalonnent mon parcours humain, comme l’unique Seigneur de ma vie, et rayonner ton image, afin d’attirer à te suivre tous ceux et celles que je rencontre sur mon chemin au fil de mes jours. AMEN.
20.05.2003.*
Évangile : Jean 14, 27-31
DE L’EVANGILE DE JEAN
Texte
27 Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie.
28 Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi.
29 Je vous le dis maintenant avant que cela n’arrive, pour qu’au moment où cela arrivera, vous croyiez.
30 Je ne m’entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n’a aucun pouvoir,
31 mais il faut que le monde reconnaisse que j’aime le Père et que je fais comme le Père m’a commandé.
Commentaire
1. Situation
L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.
En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :
-
LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),
-
LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).
Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d’abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l’annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d’adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l’Evangile, même si le chapitre 21, que l’on appelle “Epilogue”, nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d’une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d’une pêche miraculeurse et d’un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l’Evangile, dans laquelle l’auteur se présente comme étant le “disciple que Jésus aimait”, que l’on continue d’identifier, non sans difficultés, avec l’Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques.
Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de “l’Heure” de Jésus, c’est-à-dire tout ce qui concerne son “passage” au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l’Esprit par le Ressuscité).
A noter l’importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l’Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres.
Avec ce passage, nous sommes entrés dans le Dernier Discours de Jésus. Ce dernier discours, placé par l’Evangéliste au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, peut se diviser en trois sections : - Section 1 (13, 31 - 14, 31), - Section 2 (15, 1 - 16, 33), - Section 3 (17, 1 - 26). Chacune de ces sections se partage ensuite en sous-sections, certaines de ces sous-sections pouvant, à leur tour, être subdivisées.
Ainsi, dans la Section 1, à laquelle appartient notre page de ce jour, nous distinguons 3 unités, en plus de l’introduction (13, 31 - 38) : - Unité 1 (14, 1 - 14 : Jésus est le chemin vers le Père pour tous ceux qui croient en lui), - Unité 2 (14, 15 - 24 : le Paraclet, Jésus, et le Père, vont venir chez tous ceux qui aiment Jésus), - Unité 3 (14, 25 - 31 : Dernières pensées de Jésus avant son départ).
Notre page se trouve dans l’Unité 3 de la Section 1.
2. Message
Au moment où il quitte les siens, Jésus leur laisse sa paix qui est une bénédiction anticipant la paix qu’il leur redonnera pleinement après sa résurrection (20, 19. 21. 26), en l’associant, cette fois, non seulement à la promesse (voir 14, 26 : le verset qui précède notre page), mais au don effectif, de l’Esprit Saint (20, 22). Cette paix sera donc présence de Jésus ressuscité et de son Esprit à ses disciples.
En conséquence, Jésus invite ses disciples à bannir toute crainte, puisqu’ainsi, dans le don définitif de cette paix, il reviendra vers eux. Ce qui doit leur être source de joie, puisque, si Jésus les quitte, c’est pour aller au Père, qui est la source et le terme de sa mission, et donc, à ce titre, est plus grand que lui.
Ce message, les disciples doivent l’accueillir dans la foi face au prince de ce monde, adversaire de Jésus et des siens, adversaire toutefois totalement impuissant devant l’obéissance toute aimante du Fils qu’est Jésus à l’égard de son Père, et par laquelle nous sommes sauvés.
3. Decouvertes
Dans l’Ancien Testament, des amis qui se séparent se souhaitent la paix les uns aux autres (1 Samuel, 20, 42 et 29, 6 - 7). De même, Jacob bénit ses fils à la fin de son discours d’adieux (Genèse, 49, 28).
Les Pères de l’Eglise ont beaucoup discuté de cette phrase prononcée par Jésus en ce discours : “le Père est plus grand que moi”, dans leur élaboration de la théologie du mystère de la Trinité de Dieu. Cette affirmation est à situer en relation, d’une part, avec la parfaite correspondance qui existe entre le Père et le Fils qu’est Jésus dans cet Evangile de Jean (Jean, 5, 19 - 30 et 10, 30), et, d’autre part, avec la totale soumission au Père, manifestée par Jésus tout au long de sa mission, et jusqu’à “l’humiliation” de sa mort sur la croix, même si sa crucifixion est, dans cet Evangile, présentée comme la 1ère étape de la montée de Jésus vers sa gloire (Jean, 19, 28 - 30 et 12, 49 - 50).
A propos du v. 29 sur l’annonce anticipée des événements à venir, qui invite les disciples à rapprocher les paroles prophétiques de Jésus des événements eux-mêmes, lorsqu’ils arriveront, voir également Jean, 2, 21 - 22; 7, 37 - 39; 13, 19; 16, 4.
Le “monde” et celui qui le régit n’ont aucun pouvoir ni aucun droit sur Jésus parce qu’il est sans péché (Jean, 8, 46 et 17, 14).
L’amour de Jésus pour le Père s’exprime dans sa parfaite obéissance à la volonté du Père (Jean, 4, 34; 5, 30; 6, 38).
4. Prolongement
Le mystère de l’excellence de Jésus le Christ est exprimé à travers le double abaissement du Verbe deDieu, dont il est inséparable, dans l’incarnation, d’une part, et dans la mort sur la croix, d’autre part, double abaissement qui s’ouvre à la glorification absolue au coeur du mystère de la divinité de Dieu :
5 Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus :
6 Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
7 Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme,
8 il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix !
9 Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,
10 pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,
11 et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.
21 Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu.
1 Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu,
2 en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles.
3 Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l’univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs,
4 devenu d’autant supérieur aux anges que le nom qu’il a reçu en héritage est incomparable au leur.
5 Auquel des anges, en effet, Dieu a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Et encore : Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils.
7 Tu l’as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l’as couronné de gloire et d’honneur.
8 Tu as tout mis sous ses pieds. Par le fait qu’il lui a tout soumis, il n’a rien laissé qui lui demeure insoumis. Actuellement, il est vrai, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis.
9 Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur, parce qu’il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort.
10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous donnes ta paix, associée à ton retour avec l’Esprit Saint après ta mort-résurrection, et tu nous as promis ta présence permanente au coeur de nos vies, comme celui qui nous conduit sans cesse sur le chemin du Père, que tu es toi-même et que tu as tracé pour nous : accorde-moi la pauvreté du coeur qui, seule, te permet d’envahir mon existence, et de me saisir de l’intérieur, pour faire de moi un disciple et un frère, de façon à ce que tous mes comportements, dans l’histoire du monde d’aujourd’hui, deviennent autant de lieux de ta présence rayonnante. AMEN.
30.04.2002.*