📘 Commentaire biblique de l’abbé Léon Hamain


Première lecture : Actes des Apôtres 16, 22-34

DES ACTES DES APÔTRES

Texte

22 La foule s’ameuta contre eux, et les stratèges, après avoir fait arracher leurs vêtements, ordonnèrent de les battre de verges.
23 Quand ils les eurent bien roués de coups, ils les jetèrent en prison, en recommandant au geôlier de les garder avec soin.
24 Ayant reçu pareille consigne, celui-ci les jeta dans le cachot intérieur et leur fixa les pieds dans des ceps.
25 Vers minuit, Paul et Silas, en prière, chantaient les louanges de Dieu ; les prisonniers les écoutaient.
26 Tout à coup il se produisit un si violent tremblement de terre que les fondements de la prison en furent ébranlés. A l’instant, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers se détachèrent.
27 Tiré de son sommeil et voyant ouvertes les portes de la prison, le geôlier sortit son glaive ; il allait se tuer, à l’idée que les prisonniers s’étaient évadés.
28 Mais Paul cria d’une voix forte : ” Ne te fais aucun mal, car nous sommes tous ici. “
29 Le geôlier demanda de la lumière, accourut et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas.
30 Puis il les fit sortir et dit : ” Seigneurs, que me faut-il faire pour être sauvé ? “
31 Ils répondirent : ” Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et les tiens.”
32 Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison.
33 Le geôlier les prit avec lui à l’heure même, en pleine nuit, lava leurs plaies et sur-le-champ reçut le baptême, lui et tous les siens.
34 Il les fit alors monter dans sa maison, dressa la table, et il se réjouit avec tous les siens d’avoir cru en Dieu.

Commentaire

1. Situation

Le Livre des Actes des Apôtres, écrit au cours des années 80 et après l’Evangile de Luc, dont il constitue la suite et un 2ème tome, nous offre le récit, unique dans tout le Nouveau Testament, du passage du message chrétien de la Palestine rurale au monde méditerrranéen gréco-latin fort urbanisé. Il a donc pour auteur celui qui a écrit l’Evangile dit de Luc, et il est dédicacé au même “Théophile”.

Les spécialistes demeurent néanmoins fortement divisés sur l’attribution ou non de ce livre à Luc, le companion Antiochien de Paul (Colossiens, 4, 14 et Philémon, 23), qui, depuis une antiquité très ancienne, est considéré comme l’auteur de ce Livre des Actes, en raison particulièrement d’un certain nombre de passages de ce Livre où il raconte les événements en cours en employant le pluriel “Nous” (Actes, 15, 36 - 18, 28).

Il existe, en effet, de grandes différences entre le portrait de Paul, dans les Actes des Apôtres, et celui que l’on déduit d’une lecture attentive des lettres authentiques de Paul, et cela au point que l’on se demande comment Luc, s’il a été vraiment un companion de Paul et a écrit les Actes, ait pu brosser un tableau de l’apôtre Paul si différent de celui que nous découvrons par ailleurs. Même si l’attribution à Luc de ce Livre, et de l’Evangile qui le précède, semble demeurer la moins mauvaise hypothèse, on ne parvient pas à rendre compte d’une telle différence dans la présentation de la personnalité et des idées de l’apôtre Paul.

Ce Livre des Actes commence avec une introduction sur les tout premiers débuts de la communauté écclésiale (1, 1 - 26), puis il nous décrit la mission à Jérusalem (2, 1 - 5, 42), suivie de la mission au-delà de Jérusalem et de la Palestine même (réalisée pas les Héllénistes Juifs devenus chrétiens, puis suite à la conversion de Saül de Tarse, devenu Paul, une mission de Pierre auprès de païens et en terre païenne, le premier voyage de Paul et les problèmes liés à l’entrée de païens en grand nombre dans l’Eglise, dont a dû traiter l’Assemblée de Jérusalem : 6, 1 - 15, 33), enfin le rapprochement progressif de Paul vers Rome, où se termine le récit des Actes, après sa mission en Europe et à Ephèse, et son retour à Jérusalem où il est arrêté dans le Temple (15, 36 - 28, 31).


Une autre manière d’analyser le contenu des Actes des apôtres est d’en suivre le déroulement à la façon d’un drame en 4 actes : - ACTE 1 : L’Eglise à Jérusalem (2, 1 - 7, 60), - ACTE 2 : L’Eglise dispersée, en Samarie et à Antioche (8, 1 - 12, 25), - ACTE 3 : Paul le missionnaire (13, 1 - 21, 16), - ACTE 4 (Paul le prisonnier (21, 17 - 28, 31).

Selon cette présentation, nous en sommes maintenant dans l’ACTE 3, qui se déploie en 4 scènes : 1er voyage missionnaire de Paul (13, 1 - 14, 28), L’Assemblée apostolique de Jérusalem (15, 1 - 35), 2ème voyage missionnaire de Paul (15, 36 - 18, 23), 3ème voyage missionnaire de Paul (18, 24 - 21, 16).

Mais, si nous suivons la première répartition indiquée plus haut, notre passage se trouve dans la dernière partie des Actes (15, 36 - 28, 31), qu’on pourrait, selon cette division du Livre, intituler “le chemin de Paul jusqu’à Rome”. En effet, désormais, il n’y sera plus question que de Paul, que nous allons suivre dans son 2ème et son 3ème grands voyages missionnaires, sa captivité en Palestine, et son voyage maritime de prisonnier jusque Rome. Si bien que tout cet ensemble constitue ce qu’on appelle les Actes de Paul.

Nous le rejoignons ici au cours de son 2ème grand voyage missionnaire, pour lequel il a pris Silas comme compagnon, car il s’est querellé avec Barnabé, qui voulait emmener avec eux Jean-Marc, qui n’avait pas su les accompagner jusqu’au bout de leur premier voyage commun. Paul a donc pris un chemin différent de celui de Barnabé, et c’est par la terre, et en sens inverse, qu’il s’en est allé, avec l’intention de rendre visite aux communautés fondées lors de sa première mission. Sa première étape a, de ce fait, été Derbé.

Cependant, Paul va être empêché, à plusieurs reprises, de suivre son itinéraire prévu, difficultés qu’il interprète positivement comme des appels de l’Esprit de Jésus. Il a ainsi traversé le pays des Galates, et suite à une vision, il est passé en Macédoine, à Philippes, où il a commencé par fonder une petite communauté dans la maisonnée de Lydie. Mais, quelques jours plus tard, après que Paul ait chassé le démon d’une jeune esclave qui les poursuivait en criant qu’ils annonçaient le salut qui vient de Dieu, toute la ville se trouve en effervescence.

2. Message

Cela semble aller bien mal pour Paul et Silas. Les voici au cachot après avoir subi la bastonnade en public.

Mais cette situation très peu confortable n’empêche pas Paul et Silas, tout entravés qu’ils soient, de chanter avec une foi rayonnante les louanges de Dieu, de Dieu qui leur répond par un tremblement de terre qui les libère, ainsi que tous les autres prisonniers.

Bien loin de s’enfuir, nos deux apôtres saisissent l’occasion, en ne quittant pas leur cachot, de convertir le geôlier ébranlé par ce signe et ces hommes peu ordinaires qui sont restés là, et de fonder chez lui une deuxième communauté : après lui avoir annoncé le message fondamental de Jésus qui est Sauveur par son enseignement, son engagement d’obéissance jusqu’au bout, sa mort, sa résurrection et son envoi de l’Esprit, ils lui confèrent le baptême, ainsi qu’à toute sa maisonnée.

3. Decouvertes

A remarquer le talent de “conteur” de Luc, qui nous fait vivre de façon très concrète tous ces événements, et nous dépeint tous ces acteurs en détail, au point que nous avons l’impression d’être vraiment à Philippes avec Paul et Silas.

L’emprisonnement de Paul et Silas rappelle étrangement celui de Pierre à Jérusalem, suivi également d’une libération aussi miraculeuse (Actes, 12, 1 - 10). Dans les deux cas, l’insistance est fortement accentuée sur les précautions prises pour empêcher toute évasion, et souligner, par contraste, le caractère miraculeux de la libération. A remarquer, à cette occasion, que, dans les Actes, les principaux événements vécus ou accomplis par Pierre le sont tout autant par Paul.

Comme dans le cas du centurion Corneille (Actes, 10, 48), celui de Lydie (16, 15), plus tard celui de Crispus à Corinthe (18, 8), le geôlier est ici baptisé ainsi que tous ceux qui vivent sous son toit. Souvent, dans les Actes, il est fait mention que les chrétiens se réunissent en petites communautés de ce genre.

De même que Lydie a insisté pour que Paul et Silas demeurent chez elle, ainsi le geôlier célèbre sa rencontre de Jésus dans sa conversion par un repas de fête où il invite Paul et Silas.

Dans les quelques lignes qui se trouvent juste avant notre passage de ce jour, au verset 18, Paul avait chassé le démon de la petite esclave qui les harcelait de ses cris, au Nom de Jésus, Jésus qui continue d’agir, car c’est toujours sa propre mission qui se déroule dans la puissance de son Esprit, et à travers l’engagement de foi et le témoignage de ses disciples et apôtres.

4. Prolongement

Ce qui compte d’abord, c’est que la Bonne Nouvelle de Jésus soit annoncée (Philippiens, 1, 18). Pour Paul, c’est une nécessité (relire 1 Corinthiens, 9, 16 - 23). Ce séjour dans la prison de Philippes est, pour Paul et Silas, l’occasion à saisir - et saisie - pour témoigner, devant les autres prisonniers et le geôlier, que Jésus est le Seigneur.

Bien loin de tirer profit de la liberté qui leur advient par l’événement miraculeux du tremblement de terre, ils restent là patiemment à attendre le geôlier, qu’ils protègent contre lui-même (car il aurait été mis à mort si ses prisonniers s’étaient enfuis). Et leur attitude devient ainsi un signe pour ce geôlier qui se convertit dans la joie.

L’annonce de Jésus Crucifié, Ressuscité, et Sauveur, est-ce d’abord cela qui compte dans notre vie, et à travers les lieux où nous avons à manifester notre expérience de croyants ?

Seigneur Jésus, de même que, tout au long de ton ministère terrestre, tu n’as cessé de te rendre disponible à tout appel et à toute situation rencontrés, pour y annoncer la venue avec toi du Règne définitif de Dieu, tu nous demandes désormais, en nous donnant la force de ta présence en nous par ton Esprit Saint, de saisir toute occasion pour témoigner de ton message et de ton action de salut pour tous les hommes et toutes les femmes de notre temps : ouvre mon être tout entier à cette attention à tout frère ou toute soeur qui te cherche, aide-moi à discerner chaque moment favorable pour proclamer ton Nom dans l’ordinaire de mon existence quotidienne et de toutes mes relations. AMEN.

27.05.2003.

Retour à la Page d’accueil

Prière

*Seigneur Jésus, de même que, tout au long de ton ministère terrestre, tu n’as cessé de te rendre disponible à tout appel et à toute situation rencontrés, pour y annoncer la venue avec toi du Règne définitif de Dieu, tu nous demandes désormais, en nous donnant la force de ta présence en nous par ton Esprit Saint, de saisir toute occasion pour témoigner de ton message et de ton action de salut pour tous les hommes et toutes les femmes de notre temps : ouvre mon être tout entier à cette attention à tout frère ou toute soeur qui te cherche, aide-moi à discerner chaque moment favorable pour proclamer ton Nom dans l’ordinaire de mon existence quotidienne et de toutes mes relations. AMEN.

27.05.2003.*

Évangile : Jean 16, 5-11

DE L’EVANGILE DE JEAN

Texte

5 Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?“
6 Mais parce que je vous ai dit cela, la tristesse remplit vos cœurs.
7 Cependant je vous dis la vérité : c’est votre intérêt que je parte ; car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai
8 Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement :
9 de péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ;
10 de justice, parce que je vais vers le Père et que vous ne me verrez plus ;
11 de jugement, parce que le Prince de ce monde est jugé

Commentaire

1. Situation

L’Evangile de Jean est un Evangile dont la structure nous paraît bien différente de la construction adoptée dans les trois autres Evangiles.

En effet, l’Evangile de Jean, entre un court Prologue (Jean, 1, 1 - 18), qui est la reprise d’une hymne primitive bien adaptée pour servir d’ouverture à la mission terrestre en Jésus du Verbe fait chair (la Parole de Dieu) , et un Epilogue (Jean, 21, 1 - 25), qui est un compte rendu d’apparition(s) du Christ ressuscité en Galilée, ajouté, semble-t-il, lors de la rédaction finale de l’Evangile, se divise en deux grandes parties :

  • LE LIVRE DES SIGNES, dans lequel , tout au long du ministère public de Jésus, nous assistons à la révélation qu’il nous donne de Dieu son Père par ses signes et ses paroles (Jean, 1, 19 - 12, 50),

  • LE LIVRE DE LA GLOIRE, long de huit chapitres (!), où Jésus, à ceux qui le reçoivent et l’accueillent, montre sa gloire en retournant au Père, à son “Heure”, passage qui se réalise dans sa mort, sa résurrection, son ascension, et le don de son Esprit ( Jean, 13, 1 - 20, 31).

Le Livre de la Gloire, qui va des chapitres 13 à 20 de cet Evangile, nous relate d’abord la dernière soirée des Jésus avec ses disciples, épisode qui couvre 5 chapitres, avec le lavement des pieds des disciples par Jésus, l’annonce de la trahison de Judas, les 3 discours d’adieux de Jésus et sa grande prière finale adressée à Dieu, son Père (13 - 17). Les 2 chapitres suivants sont consacrés à la passion et la mort de Jésus, et sont suivis du chapitre 20, qui traite entièrement de la résurrection et nous fournit la conclusion de l’Evangile, même si le chapitre 21, que l’on appelle “Epilogue”, nous donne un rebond de la résurrection avec le récit d’une apparition supplémentaire de Jésus ressuscité, autour d’une pêche miraculeurse et d’un long dialogue avec Pierre, avant de nous proposer une 2ème conclusion de l’Evangile, dans laquelle l’auteur se présente comme étant le “disciple que Jésus aimait”, que l’on continue d’identifier, non sans difficultés, avec l’Apôtre Jean, fils de Zébédée, et frère de Jacques.

Le Livre de la Gloire ne nous rend compte que de “l’Heure” de Jésus, c’est-à-dire tout ce qui concerne son “passage” au Père (passion-mort-résurrection de Jésus-don de l’Esprit par le Ressuscité).

A noter l’importance que le 4ème Evangile accorde aux tout derniers moments de la vie de Jésus, soit 9 chapitres, y compris l’Epilogue, là où les autres Evangiles ne consacrent que 2 chapitres.


Avec ce passage, nous lisons une partie du Dernier Discours de Jésus. Ce dernier discours, placé par l’Evangéliste au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, peut se diviser en trois sections : - Section 1 (13, 31 - 14, 31), - Section 2 (15, 1 - 16, 33), - Section 3 (17, 1 - 26). Chacune de ces sections se partage ensuite en sous-sections, certaines de ces sous-sections pouvant, à leur tour, être subdivisées.

Dans la Section 2 du Dernier Discours de Jésus (15, 1 - 16, 33), suite à la présentation et à l’explication de l’image-comparaison de la vigne et des sarments (sous-section 1 : 15, 1 - 17), ainsi qu’à la constatation de la haine du monde à l’égard de Jésus et de ses disciples (sous-section 2 : 15, 18 - 16, 4a), une dernière sous-section, que nous lisons maintenant, reprend les thèmes déjà abordés lors de la grande 1ère partie de ce discours (Section 1 : 13, 31 - 14, 31).

2. Message

Cette dernière sous-section de la deuxième partie du discours d’adieu de Jésus semble, au moins partiellement, reprendre un certain nombre d’éléments de la première partie, située, pour une très grande part, au chapitre 14, c’est-à-dire antérieurement dans ce discours.

Le message de notre page est clair : Jésus s’en va, et le Paraclet, ou le Défenseur, va venir le remplacer : il faut donc que Jésus parte pour qu’il nous l’envoie.

En faisant constater par Jésus que personne n’ose l’interroger sur la destination de son départ, notre texte semble oublier que, déjà, au cours de ce repas d’adieu, et même de la première partie du discours (voir, en particulier, 13, 31 - 14, 14), Pierre, Thomas et Philippe ont successivemnet interrogé Jésus à ce sujet.

En recanche, pour la première fois, Jésus parle de la tristesse que cause aux siens son départ, tristesse dont il précisera plus loin qu’elle se changera en joie (16, 20 - 22). Et le rôle de l’Esprit Saint - Paraclet - Défenseur, qui va venir remplacer Jésus, est bien de consoler et de prendre charge les disciples.

Le Paraclet - Défenseur va à la fois agir en Protecteur des disciples et en Juge dans le procès du monde hostile à Jésus, et de son prince.

Ainsi présenté, le Paraclet vient efficacement assurer la relève de Jésus, et la totalité de son rôle sera davantage précisée dans la suite du discours, juste après notre page.

3. Decouvertes

Le monde, pour lequel la condamnation et l’éxécution de Jésus sont preuve de sa soi-disant imposture, est soumis au jugement de l’Esprit - Défenseur, qui va animer le témoignage des disciples : Jésus, glorifié en sa mort-résurrection, est bien celui qui est Juste et se trouve dans son bon droit face au monde, qui, de ce fait, est mis en jugement.

Le péché du monde consiste dans le refus de la foi en Jésus, et de la lumière qu’il apporte (3, 19 - 21. 36; 8, 21 - 24; 9, 41; 12, 46; 15, 21 - 25)

Les disciples ne verront plus Jésus parce qu’il s’en retourne au Père dans l’événement unique de sa passion-mort-résurrection-ascension. Et ce départ de Jésus est victoire sur le monde, victoire dont les manifestations du Ressuscité, et le don de l’Esprit - Défenseur - Paraclet promis, attesteront la portée pour les disciples de Jésus.

4. Prolongement

Au moment où Jésus “passe ” de ce monde à son Père (13, 1 - 3), ses disciples (et nous après eux, dans notre vie de foi) doivent se préparer à un “passage” intérieur correspondant, de la situation où ils voient Jésus en ce monde et vivent avec lui, à une nouvelle situation, dans laquelle ils le reçoivent en la présence de son Esprit qu’il nous envoie, et dans lequel il revient au coeur de tous ceux qui croient en lui.

Suite aux apparitions du Ressuscité et au don que Jésus leur fera alors de son Esprit (20, 22 - 23), qui change les coeurs et permet d’entrer intérieurement dans la dimension de vie nouvelle de la résurrection, les disciples de Jésus seront, et sont depuis, à même de comprendre comment Jésus leur est revenu dans la force puissante de son Esprit.

C’est leur expérience de cette nouvelle présence de Jésus, ainsi que sa réalité, qu’ils nous ont transmise par leur témoignage dans les Ecritures du Nouveau Testament qu’ils nous ont laissées sur Jésus, et par lesquelles, à notre tour, nous rencontrons Jésus présent en nous, par son même Esprit, dans la mesure où nous croyons en lui, mais sans l’avoir vu (20, 29).

Prière

*Seigneur Jésus, tu nous demandes de croire en toi sans t’avoir vu, en nous basant sur le témoignage de ceux qui t’ont connu de plus près, et auxquels tu t’es manifesté vivant après ta mort, témoignage qui nous révèle que tu habites désormais notre existence dans la force de ton Esprit, qui nous situe en vérité face à toi, et nous permet, à notre tour, de te rencontrer chaque jour : apprends-moi à vivre en profondeur selon cette dimension nouvelle de ta présence et de ton action, aide-moi à ne jamais douter de toi, ni de cette vie nouvelle que tu nous proposes en demeurant ainsi dans notre coeur, et libère en moi la capacité de me laisser totalement transformer en ton image par ce don de ton Esprit. AMEN.

07.05.2002.*


La Bible commentée · Liturgie du jour