📋 Index · 🎙️ Écouter · J1 ☾ →
Résumé : Dans ce premier épisode, le frère Paul-Adrien lance le podcast « La Bible en un an » et lit le récit de la création du monde en Genèse 1. Son commentaire met en lumière la beauté et la structure unique de ce texte, qui se distingue radicalement des autres récits de création du monde ancien par sa paix, sa gratuité et son amour. L’épisode se conclut avec les premiers versets du livre des Proverbes.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ça y est, on est parti ! La Bible en un an ! Ça fait au moins six ans que je rêve de le faire ce podcast. Je suis un peu stressé parce que j’ai vaguement le sentiment d’être parti dans quelque chose que je ne maîtrise pas bien. Mais la Bible, la Bible, la grande histoire d’amour de ma vie.
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis le frère Paul-Adrien, prêtre religieux catholique dominicain. J’ai une chaîne sur YouTube et sur Instagram, vous pouvez me suivre. J’ai fait un épisode introductif à ce podcast que je vous conseille vivement d’écouter parce que c’est là que je vous donne tous les détails, dans lequel j’explique le choix de la traduction, comment est-ce que nous avons construit ces podcasts, le plan de lecture et encore beaucoup d’autres détails, ainsi que des conseils pour bien l’écouter.
Vous savez, on est parti pour une œuvre de longue haleine. À mon avis, ça va être assez passionnant. Mais ça vaut le coup de vérifier que vous avez avec vous tous les petits conseils qui vous permettront de pouvoir l’écouter de la manière que vous voulez. Et j’allais dire la plus profitable et la plus confortable pour vous. L’épisode d’aujourd’hui sera un peu plus long que les autres. Le temps pour nous de poser gentiment les choses et de vérifier que vous êtes tous avec moi et que je ne perds personne en cours de route.
Peut-être une chose quand même avant d’y aller. Parce que je vous connais et parce que je sais qu’il y aura des flemmards parmi vous qui n’iront pas écouter le chapitre introductif. Mais vous avez tort. Bref, pour eux, je me permets simplement de vous redire ceci parce que c’est important. Parmi toutes les informations qu’il y avait dans cet épisode introductif, je vais vous expliquer que chaque jour, il y aurait deux épisodes. Parce que ça permet de mieux mélanger lecture et commentaire. Parce que ça permet de mieux mélanger texte narratif et texte moins narratif et que vous pourriez peut-être trouver sinon plus ennuyeux. Parce qu’aussi, c’est ce que vous m’avez demandé. Parce que certains préfèrent écouter une partie le matin et le soir. Bref, pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, il y a deux épisodes par jour. Mais évidemment, vous pouvez les écouter en lecture au quotidien. Vous pouvez les écouter en lecture automatique l’un après l’autre. À vous de trouver une plateforme qui lance automatiquement le podcast les uns à la suite des autres. Il est sur toutes les plateformes. Deezer, Spotify, il est même sur YouTube. Vous le retrouverez partout.
Vous allez entendre au début et à la fin des lectures une toute petite cloche pour indiquer le changement de scène, si je puis dire. On vous l’a mis aussi parce que parmi vous, il y en a qui aiment bien utiliser ce podcast pour prier. Donc, si vous aimez prier avant la lecture, cloche, pause. Si vous préférez prier après la lecture, cloche, pause. Ceux qui veulent l’enchaîner directement, eh bien écoutez, faites-vous plaisir. C’est la grande liberté des enfants de Dieu.
Ça, c’était pour l’introduction. Je suis vraiment très enthousiaste de me lancer avec vous dedans. Je dois dire qu’à l’heure où j’enregistre cet épisode, je ne sais pas si j’y arriverai. En termes de temps, en termes d’argent, en termes de fatigue. Je me confie à vos prières.
Aujourd’hui, nous commençons gentiment. Je vous invite à être amoureux et à être émerveillé sur Dieu qui crée le monde. Premier épisode, Genèse chapitre 1. Deuxième épisode, Genèse chapitre 2.
Lecture : Genèse 1
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide. Les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme. Et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.
Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne. Et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour ». Il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir. Il y eut un matin. Premier jour.
Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux. » Dieu fit le firmament. Il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir. Il y eut un matin. Deuxième jour.
Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi. Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruits donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi. La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir. Il y eut un matin. Troisième jour.
Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit. Qu’ils servent de signe pour marquer les fêtes, les jours et les années. Et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour commander au jour, le plus petit pour commander à la nuit. Il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir. Il y eut un matin. Quatrième jour.
Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. » Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ses paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers. Que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir. Il y eut un matin. Cinquième jour.
Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages, selon leur espèce. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image. À l’image de Dieu il le créa. Il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a le souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.
Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Et voici : cela était très bon. Il y eut un soir. Il y eut un matin. Sixième jour.
Commentaire
Je vous l’ai dit, nous commençons gentiment et tout en douceur avec un seul chapitre. Mais comment ne pas passer un peu de temps dessus ? Le récit de la création de l’univers. Mon Dieu, qu’est-ce que c’est beau. Par où commençons-nous ? Par où commencer ?
Alors si, peut-être par là. Avant toute chose, je redis, s’il y en avait besoin, que nous, chrétiens, nous ne sommes pas obligés de choisir entre d’un côté la Bible, le récit de la création du monde en six jours, et de l’autre côté, les récits scientifiques modernes qui parlent du Big Bang et de la création de l’univers en millions d’années. À preuve, c’est un prêtre catholique belge, le père Georges Lemaître, qui a découvert le Big Bang.
D’ailleurs même, pour bien comprendre, jusqu’au bout : six jours. Six jours, en fait, ça vous ramène à Babylone, la grande puissance culturelle de l’époque, qui, elle, comptait en base 12, et pour qui 6 était un chiffre sacré, ce qui permet en fait de structurer le récit en trois jours et trois jours. La lumière, les eaux d’en haut et d’en bas, la terre, et puis ensuite les astres, qui étaient considérés comme des êtres vivants à cette époque, les oiseaux, les poissons, et les animaux, dont l’homme. Donc les six jours sont là d’abord pour structurer le récit. Trois jours pour planter le décor, trois jours pour mettre la vie à l’intérieur, et qui revient comme un refrain inlassable : « Et Dieu vit que cela était bon ! » « Et Dieu vit que cela était bon ! » « Et Dieu vit que cela était très bon ! »
Parole de bénédiction qui met tout de suite ce texte de la Genèse à part de tous les récits de création du monde ancien. Que ce soit l’Égypte, que ce soit la Grèce, que ce soit la Mésopotamie, la création du monde, chez eux, est issue d’une lutte entre plusieurs dieux. Et les hommes sont créés pour subvenir aux besoins des dieux. Ici, il n’y a aucune lutte. Le ton est d’une paix et d’une beauté extraordinaires. Vous avez ici un long récit qui progresse jusqu’à ce chef-d’œuvre qui est censé représenter dans le macrocosme, dans l’univers, l’image de Dieu, qui est l’homme. L’homme est créé de manière totalement gratuite, non pas comme subalterne, mais à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il n’y a ça que dans la Bible.
Cet amour et cette beauté qui feront dire aux théologiens du Moyen Âge, à propos de la création, qu’elle est gratuite. Bonum diffusivum sui. Voilà pourquoi Dieu a créé le monde. « Le bien se diffuse de lui-même », que l’on pourrait encore traduire par « la beauté irradie d’elle-même ». Comme s’il y avait en Dieu un trop-plein qui ne pouvait faire autrement que s’épancher, et qui explique à la fois la générosité, la gratuité et l’amour avec lequel Dieu a créé le monde.
Après, vous avez encore énormément de petites subtilités. Comme par exemple Dieu qui crée en séparant, en distinguant les eaux d’en haut, les eaux d’en bas, la terre et la mer. Et ça, ça vous rappelle vaguement ces anciens récits de création que vous retrouvez plutôt en Asie, avec les principes opposés, le yin et le yang. Sauf que le yin et le yang, l’homme et la femme, dans ces récits éloignés, sont considérés comme des principes primordiaux, alors qu’ici, ce sont des créatures. Dieu crée en séparant. En mettant de l’ordre.
D’ailleurs, c’est ça en fait cette création. C’est passer du désordre primordial, le tohu-bohu, à l’ordre final qui va culminer jusque dans le sabbat que nous entendrons demain. Regardez ce qui se passe au début. La terre était informe et vide. C’est le chaos primordial. Et ici, le mal est représenté comme étant synonyme de chaos. Et petit à petit, Dieu va circonscrire le mal dans le monde en mettant des limites à ce mal. Et vous aurez plus tard, dans la Bible, des récits d’animaux mythologiques, des sortes de titans figures du mal, le Léviathan, le Béhémoth, qui surgissent de ce chaos et qui habitent les eaux d’en haut et les eaux d’en bas. Et précisément, Dieu les met aux frontières de la création. Il leur donne une limite.
Dieu crée aussi en parlant. Le fait que Dieu parle dit qu’il y a déjà Dieu, la Parole de Dieu, et ce fameux Esprit qui plane au-dessus des eaux, avec ce pluriel de majesté : « Faisons l’homme à notre image. » Vous avez déjà une anticipation, une préfiguration de la Trinité.
Il y a vraiment, au-dessus de tout ceci, le soleil de Dieu qui resplendit. Et vous ne pouvez pas, à la fin, être insensible à la simplicité, à la beauté, à la majesté et à l’amour qui se dégage de ce texte, qu’on a beau connaître, connaître et encore connaître, mais à chaque fois, on comprend qu’il a traversé les âges. Il est d’une puissance et d’une beauté extraordinaires. Dieu qui vous dit qu’il a créé le monde avec ordre — c’est ça ce que représentent les jours —, fait pour abriter la vie — c’est ça ce que représente cette progression —, et une vie à son image. Ce qui vous montre déjà la générosité de Dieu qui donne tout sans compter.
Allez, encore une petite chose. Au tout début : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » Le ciel, évidemment, est bien plus que le ciel, et la terre, bien plus que la terre. Au commencement, à l’origine, Dieu créa le paradis et l’univers. Vous est déjà donné le sens de votre vie dès le début. Et à la fin : « Faisons l’homme à notre image. » Et c’est Dieu ici qui vous dit que l’homme est fait pour croître et se multiplier, et qu’il est fait aussi pour être le jardinier, l’intendant de l’univers.
On pourrait rester des heures et des heures à parler de ce texte. Gardons-en un petit peu pour la suite. Ce sera le deuxième récit de la création.
Bon, avant de passer à notre deuxième épisode que vous pourrez regarder soit automatiquement, soit plus tard dans la journée, comme on est dans notre premier jour, je fais une petite pause pour vous expliquer comment le podcast est construit. Il y aura entre ces deux épisodes une transition. Et ce seront des textes poétiques tirés de l’Ancien Testament. Et comme ça, en fait, prendre des courts morceaux de poésie vous permettra de les apprécier d’autant mieux. Aujourd’hui, nous sommes dans Proverbes, chapitre 1.
Proverbes 1,1-9
Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’Israël.
Veux-tu connaître la sagesse et l’instruction ? Avoir l’intelligence des propos intelligents ? Veux-tu acquérir une instruction éclairée, la justice, le jugement, la droiture ? Veux-tu rendre astucieux les naïfs, donner aux jeunes gens savoir et perspicacité ?
Que le sage écoute, il progressera encore, et l’homme intelligent apprendra à diriger. Il saisira les proverbes et les traits d’esprit, les propos des sages et leurs énigmes.
La sagesse commence avec la crainte du Seigneur. Sagesse et instruction, l’insensé les méprise.
Écoute, mon fils, les leçons de ton père, ne néglige pas l’enseignement de ta mère. C’est une couronne de grâces sur ta tête, un collier à ton cou.
📋 Index · 🎙️ Écouter · J1 ☾ →