← J25 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J26 ☾ →
Résumé : En ce jour 26, le frère Paul-Adrien conclut la lecture du livre de la Genèse avec le chapitre 50 : les funérailles de Jacob en terre de Canaan et la réconciliation définitive de Joseph avec ses frères. Le commentaire montre comment la figure de Joseph vient dénouer le drame du jardin d’Éden, en refusant de prendre la place de Dieu et en révélant que la vraie connaissance du bien et du mal passe par la miséricorde. L’épisode se termine avec les Proverbes 6, 26-35, une mise en garde contre l’adultère.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Jour 26 ! Eh bien joué ! On va terminer aujourd’hui et le livre de la Genèse et le livre de Job. Bah vous avez fait votre premier bloc de lecture, c’est pas rien quand même !
Alors il y a peut-être encore 320 jours, je le dis rapidement, pour ne démoraliser personne. Mais vous venez d’accomplir un petit bout déjà de notre Bible en un an. Le meilleur est à venir ! Nous terminons donc d’abord aujourd’hui avec Genèse 50. Régalez-vous !
Lecture : Genèse 50
Joseph se pencha sur le visage de son père, le couvrit de larmes et l’embrassa. Puis il ordonna au médecin qui était à son service d’embaumer son père, et ceux-ci embaumèrent Israël. Cela dura quarante jours, le temps qu’il faut pour l’embaumement. Ensuite les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours.
Quand fut écoulé le temps des pleurs, Joseph parla ainsi aux gens de la maison de Pharaon : « Si j’ai trouvé grâce à vos yeux, allez donc rapporter à Pharaon que mon père m’a fait prêter serment en me disant : “Voici que je vais mourir, c’est dans le tombeau que je me suis creusé au pays de Canaan que tu m’enterreras. Maintenant laisse-moi donc monter en Canaan et enterrer mon père. Ensuite je reviendrai.” »
Pharaon répondit : « Monte donc enterrer ton père, comme il t’a fait prêter serment. »
Et Joseph monta enterrer son père. Tous les serviteurs de Pharaon, les anciens de sa maison, et tous les anciens du pays d’Égypte montèrent avec lui, ainsi que tous les gens de la maison de Joseph, ses frères et les gens de la maison de son père. Ils ne laissèrent au pays de Goshen que leurs jeunes enfants, leurs petits et leurs gros bétails. Même les chars et les cavaliers montèrent avec lui. C’était une caravane imposante.
Ils arrivèrent à l’aire de l’Épine, au-delà du Jourdain, et là ils célébrèrent des funérailles solennelles et imposantes. Joseph observa pour son père un deuil de sept jours. À la vue du deuil à l’aire de l’Épine, les habitants du pays, les Cananéens, s’écrièrent : « C’est un deuil important pour l’Égypte. » C’est pourquoi on appela cet endroit au-delà du Jourdain « Deuil de l’Égypte ».
Les fils de Jacob agirent pour lui comme il l’avait ordonné. Ils le transportèrent au pays de Canaan et l’enterrèrent dans la caverne du champ de Makpéla, en face de Mambré, ce champ qu’Abraham avait acheté à Éphron le Hittite comme propriété funéraire.
Après avoir enterré son père, Joseph retourna en Égypte avec ses frères et tous ceux qui étaient montés avec lui pour enterrer son père.
Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si jamais Joseph nous prenait en haine, et s’il allait nous rendre tout le mal que nous lui avons fait ! » Ils firent dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté : “Vous demanderez ceci à Joseph. De grâce, pardonne à tes frères leurs crimes et leurs péchés. Oui, ils t’ont fait du mal.” » « Mais toi, maintenant, pardonne donc le crime des serviteurs du Dieu de ton père. »
En entendant ce message, Joseph pleura. Puis ses frères vinrent eux-mêmes se jeter à ses pieds et lui dirent : « Voici que nous sommes tes esclaves. »
Mais Joseph leur répondit : « Soyez sans crainte. Vais-je prendre la place de Dieu ? Vous aviez voulu me faire du mal. Dieu a voulu le changer en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : préserver la vie d’un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte. Moi, je prendrai soin de vous et de vos jeunes enfants. » Il les réconforta par des paroles qui leur allaient au cœur.
Joseph demeura en Égypte avec la famille de son père et il vécut cent dix ans. Il vit les petits-enfants de son fils Éphraïm. Quant aux enfants de Makir, fils de Manassé, son autre fils, il les reçut sur ses genoux à leur naissance.
Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir. Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a fait serment de donner à Abraham, Isaac et Jacob. » Joseph fit prêter serment aux fils d’Israël en disant : « Quand Dieu vous visitera, vous ferez monter d’ici mes ossements. »
Joseph mourut à cent dix ans. On l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte.
Commentaire
Jacob vient de mourir et on est déjà en train de préparer la suite. Qu’est-ce qui va venir de ces os ? Et donc, derrière le livre de la Genèse, se profile un autre livre à venir, le livre de l’Exode. On n’en a pas fini de pérégriner. Ce qui s’est passé avec cette famille il y a 1500 ans avant Jésus-Christ, peut-être 1800 ans avant Jésus-Christ, c’est probablement aussi l’histoire de votre propre famille. Vous savez, on va d’un lieu en un lieu et les lieux où nous nous arrêtons ne sont toujours que temporaires. Nous sommes en pèlerinage.
En attendant, si vous vous souvenez bien, petit exercice de mémoire, je vous avais dit de garder une chose dans votre tête. Je ne sais pas si vous l’avez encore. Il s’agissait de comparer le début du livre de la Genèse avec la fin du livre de la Genèse. Le début du livre de la Genèse, c’est Adam et Ève. Et je vous avais dit qu’à travers l’histoire de Joseph, le drame qui s’était joué au jardin d’Éden, nous allions le résoudre petit à petit avec Joseph qui allait comme dénouer les fils de la malédiction originelle.
Souvenez-vous, il avait été établi comme intendant dans la maison de Potiphar. Il avait refusé de toucher le fruit défendu qui était sa femme. Il avait amené autour de lui bénédictions et bienfaits. Et je vous avais dit qu’il restait encore une chose à résoudre. C’était cette fameuse histoire de la connaissance du bien et du mal. Comme dans l’expression, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Et normalement, si vous avez été attentif à la lecture, vous avez dû l’entendre. Je le relis pour ceux qui n’auraient pas été attentifs.
Vous avez les frères qui ont peur. Parce qu’on a beau avoir été réconciliés, vous savez, quand vous avez essayé de tuer quelqu’un, vous vous demandez toujours pour le reste de votre vie si jamais cette personne vous a vraiment pardonné. C’est peut-être d’ailleurs, si vous voulez, un des châtiments de ceux qui font le mal. C’est qu’au fond de leur cœur, le souvenir de leurs méfaits n’est jamais totalement effacé. Et on ne peut pas leur enlever ça. C’est peut-être une manière pour eux de vivre sur terre leur purgatoire pour qu’ensuite ils aillent plus vite au ciel. Leur psychologie a été abîmée par le mal qu’ils ont fait.
Donc ils sont inquiets. Et ils se demandent si l’unique objet de la paix qu’ils avaient vécue avec Joseph, ce n’était pas grâce à leur père. Après tout, c’était le père qui jusqu’à présent avait été le ciment familial. C’est d’ailleurs la véritable épreuve. On va voir si Jacob Israël a bien fait son boulot, si la manière dont il a éduqué ses enfants marche. Vous savez que vous avez bien éduqué vos enfants quand les valeurs que vous leur avez transmises sont transmises à la génération future. Est-ce que la paix familiale va s’arrêter avec Jacob ? La réponse est non. Jacob a bien fait son travail. La paix familiale va perdurer. C’est un happy end que celui de la Genèse. Donc ça mérite d’être dit.
Alors voici cette phrase. Ses frères vinrent eux-mêmes se jeter devant lui, devant Joseph, et lui dirent : « Voici que nous sommes tes esclaves. » Ce qui vous fait quand même penser, mais peut-être de loin, au fils prodigue. Vous savez ce fils prodigue qui revient voir son père et qui lui dit : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. » Là vous avez les frères qui vont voir Joseph et qui disent : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton frère, traite-moi comme l’un de tes esclaves. » C’est toujours la même logique. Et derrière, il y a une certaine humilité qui touche le cœur.
La réponse de Joseph : « Suis-je à la place de Dieu ? » Là encore, c’est cette histoire de serpent qui au jardin d’Éden avait dit à Adam et Ève : « Vous serez comme des dieux. » Et là Joseph qui dit : « Ne craignez pas, suis-je à la place de Dieu ? » Donc la malédiction du début, la tentation diabolique vient d’être déjouée à travers la figure de l’innocent, de l’innocent persécuté. « Suis-je à la place de Dieu ? »
Et il continue : « Vous aviez, vous, médité le mal contre moi » — la trahison des proches — « Dieu a médité d’en faire du bien, afin d’accomplir ce qui est arrivé aujourd’hui, garder en vie un peuple nombreux. » Je reviens : vous aviez médité de faire le mal, Dieu en a médité de faire le bien. Et là, la méditation, la connaissance, le bien, le mal. Vous êtes au jardin d’Éden, au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Il y a une manière de goûter à cet arbre qui n’est pas bonne. C’est celle de la tentation, du serpent et de croquer dedans. Et en fait, ça consiste simplement à expérimenter dans sa chair les conséquences du mal que nous faisons. Mais il y a une manière de goûter à ce fruit défendu qui était en fait autorisé. C’est que la manière de goûter au fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, c’était à travers la miséricorde. Parce que ce que cet arbre vous révèle, c’est que Dieu est tellement puissant — et l’omnipotence divine va jusque-là — que Dieu est capable de transformer le mal en bien. Ne me demandez pas comment il fait. Moi, je ne suis pas à la place de Dieu non plus. « Suis-je à la place de Dieu ? »
Mais vous comme moi, nous savons que c’est possible. Dieu est capable de transformer le mal en bien. Ce qui n’enlève pas les souffrances que nous avons vécues. Ce qui n’enlève pas l’injustice. Mais c’est comme l’histoire de Job. C’est que quand on vit ça dans la foi, il y a une sagesse que l’on est capable d’acquérir avec ça. Vous êtes capable de devenir une source de bénédiction. Vous êtes capable de voir les miracles se multiplier autour de vous.
Quand vous vous mettez à pardonner et que vous décidez d’essayer de transformer le mal en bien, c’est comme si — jamais je pouvais dire — vous plongez du côté obscur, du côté surnaturel de la religion. C’est à ce moment-là où les choses se passent. Et c’est là où en fait vous êtes au paradis. L’homme qui est capable, par sa miséricorde, par sa charité, par son attention aux autres, de se confier à Dieu, de recevoir en pleine face le mal que les autres lui font pour le confier à Dieu et essayer de faire le bien autour de lui, cet homme-là est au paradis quand bien même son corps serait sur terre. Il est Joseph. Il est l’homme accompli.
La seule chose, c’est que ce Joseph, pour le moment, est dans les limbes de l’histoire et appartient plutôt à une sorte de légende ou de conte. On ne prête qu’au riche et peut-être que derrière, je ne l’avais pas dit, mais il y a des réminiscences d’un conte égyptien que l’on appelle le conte des deux frères, peu importe. Ça s’est peut-être passé comme ça, ça ne s’est peut-être pas passé comme ça. Vous sentez qu’on est peut-être aussi du côté de l’épopée, basé sur une histoire vraie mais avec des ajouts. On a le sentiment que ce Joseph-là, il faudrait qu’il vienne en chair et en os, goûter à ce fruit défendu, qui à lui est autorisé. Et celui-là, évidemment, ce sera Jésus. Et c’est là, d’ailleurs, que ces histoires d’ossements qu’il faut ramener en Israël préfigurent à leur manière la résurrection.
En attendant que Jésus revienne, nous passons à un autre épilogue, celui de Job, mais avant, petite pause poétique.
Proverbes 6, 26-35
À la prostituée, il suffit de gagner son pain. La femme mariée, elle, pourchasse une vie précieuse.
Peut-on mettre du feu dans sa poche sans brûler ses vêtements ? Peut-on marcher sur des charbons ardents sans se griller les pieds ? De même, courir après la femme de son prochain : nul n’y touchera sans en être puni.
Point de mépris pour un voleur si c’est la faim qui l’a poussé. Mais s’il est pris, il doit payer sept fois plus, tous les biens de sa maison.
L’adultère, lui, est un écervelé. Il fait d’une femme le bourreau de sa vie. Il recevra coup et affront. Son déshonneur ne s’effacera pas.
Car un mari jaloux devient fou de rage. Il est sans pitié au jour de la vengeance. Nul dédommagement ne l’apaisera. De multiples cadeaux ne le fléchiront pas.
← J25 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J26 ☾ →