← J29 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J30 ☾ →
Résumé : Le frère Paul-Adrien poursuit la lecture des plaies d’Égypte avec Exode 9 : la peste sur les troupeaux, les ulcères et la grêle. Son commentaire met en lumière la singularité de la septième plaie — la grêle — où Dieu révèle le but profond des fléaux : publier son nom par toute la terre, y compris pour le peuple d’Israël. La dureté de cœur de Pharaon atteint son sommet : il confesse son péché tout en persistant librement dans le mal.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Écoutez, je ne vais pas en dire beaucoup plus parce qu’on est en plein dans les plaies d’Égypte et je ne vais pas gâcher le suspense, donc on y retourne, Exode, chapitre 9.
Lecture : Exode 9
Le Seigneur dit à Moïse : « Va trouver Pharaon et dis-lui : Ainsi parle le Seigneur, le Dieu des Hébreux : Laisse partir mon peuple afin qu’il me serve. Si tu refuses de les laisser partir, si tu les retiens plus longtemps, voici que la main du Seigneur s’abattra sur tes troupeaux qui sont dans les champs, sur les chevaux, les ânes, les chameaux, sur le gros et le petit bétail : ils seront frappés d’une terrible peste. Le Seigneur fera la distinction entre les troupeaux d’Israël et les troupeaux des Égyptiens. Pas une seule bête appartenant aux fils d’Israël ne périra. »
Le Seigneur fixa le moment en disant : « Demain, le Seigneur accomplira cela dans le pays. »
Le lendemain, le Seigneur mit sa parole à exécution. Tous les troupeaux des Égyptiens périrent, mais dans les troupeaux des fils d’Israël, pas une bête ne périt. Pharaon s’informa et voici : pas une seule bête des troupeaux d’Israël n’avait péri. Mais Pharaon s’entêta et il ne laissa pas le peuple partir.
Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron : « Prenez deux pleines poignées de suie de fourneau et que Moïse la lance en l’air sous les yeux de Pharaon. Elle deviendra une fine poussière qui retombera sur tout le pays d’Égypte et provoquera, chez les gens et les bêtes, des ulcères bourgeonnant en pustules. »
Ils prirent de la suie de fourneau et vinrent se tenir devant Pharaon. Moïse la lança en l’air. Hommes et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules. Les magiciens ne purent se tenir devant Moïse à cause des ulcères. En effet, ils en étaient couverts, comme tous les Égyptiens. Le Seigneur fit en sorte que Pharaon s’obstine et celui-ci n’écouta pas Moïse et Aaron, ainsi que l’avait annoncé le Seigneur.
Le Seigneur dit à Moïse : « Lève-toi de bon matin et tu te posteras devant Pharaon, tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, le Dieu des Hébreux. Laisse partir mon peuple afin qu’il me serve, car cette fois-ci je vais envoyer tous mes fléaux contre ta personne, contre tes serviteurs et contre ton peuple, afin que tu reconnaisses que sur toute la terre, nul n’est comme moi. Si dès l’abord j’avais laissé aller ma main et t’avais frappé de la peste, toi et ton peuple, tu aurais été effacé de la terre. Cependant, je t’ai laissé subsister. Et voici pourquoi : c’est afin que tu voies ma force et qu’on proclame mon nom par toute la terre. Tu le prends de haut avec mon peuple en t’opposant à son départ ? Eh bien, moi, demain, à pareille heure, je ferai tomber une grêle d’une extrême violence, comme il n’y en a jamais eu en Égypte depuis le jour de sa fondation jusqu’à présent. Maintenant, envoie donc mettre à l’abri tes troupeaux, ainsi que tout ce qui t’appartient dans les champs. Tout homme et toute bête qui se trouveront dans les champs et n’auront pas regagné les maisons, tous, quand la grêle s’abattra, périront. »
Parmi les serviteurs de Pharaon, celui qui craignit la parole du Seigneur mit à l’abri serviteurs et troupeaux. Mais celui qui ne prit pas à cœur la parole du Seigneur laissa dans les champs serviteurs et troupeaux.
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends la main vers le ciel, et qu’il y ait de la grêle partout en Égypte, sur les hommes et sur les bêtes, et sur l’herbe des champs dans ce pays d’Égypte. »
Moïse étendit son bâton vers le ciel, et le Seigneur déchaîna tonnerre et grêle. La foudre tomba sur terre, et le Seigneur fit pleuvoir la grêle sur le pays d’Égypte. Il y eut grêle, et foudre mêlée à la grêle, ce fut d’une violence extrême. Jamais il n’y eut rien de tel dans le pays d’Égypte depuis qu’il est une nation. Partout en Égypte, la grêle frappa tout ce qui était dans les champs, depuis l’homme jusqu’au bétail. La grêle frappa toute l’herbe des champs et brisa tout arbre dans les champs. Au seul pays de Goshèn, là où résidaient les fils d’Israël, il n’y eut pas de grêle.
Pharaon fit appeler Moïse et Aaron et leur dit : « Cette fois-ci, je reconnais mon péché. C’est le Seigneur qui est juste. Moi et mon peuple, nous sommes les coupables. Priez le Seigneur ! Assez de tonnerre et de grêle ! Je vous laisse partir, ne restez pas plus longtemps sur place. »
Moïse lui dit : « Dès que je serai sorti de la ville, je tendrai les mains vers le Seigneur. Le tonnerre cessera, la grêle ne tombera plus, afin que tu reconnaisses que le pays appartient au Seigneur. Et pourtant, toi et tes serviteurs, je le sais, vous ne craignez pas encore le Seigneur Dieu. »
Le lin et l’orge avaient été saccagés, car l’orge était en épis et le lin en fleurs. Le blé ainsi que l’épeautre avaient été épargnés, car ils sont tardifs.
Moïse quitta Pharaon, et sorti de la ville, il tendit les mains vers le Seigneur. Le tonnerre et la grêle cessèrent, et la pluie s’arrêta de tomber sur la terre. Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et le tonnerre avaient cessé, persévéra dans son péché. Lui et ses serviteurs s’entêtèrent. Pharaon s’obstina, il ne laissa pas partir les fils d’Israël, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire de Moïse.
Commentaire
Les plaies se suivent et ne se ressemblent pas. Malgré les apparences, elles ne se ressemblent pas. Tantôt c’est Moïse qui est à l’origine, tantôt c’est Aaron qui est à l’origine, tantôt c’est encore Dieu qui est directement à l’origine. Tantôt ce sont les magiciens qui essayent, qui n’y arrivent pas. Tantôt c’est encore le Pharaon qui montre des motifs différents de s’endurcir le cœur.
On est dans le registre de la tragicomédie, oui. On se moque de Pharaon, qui manifestement ne comprend rien à ce qu’il se passe. Mais derrière la tragicomédie de ces grenouilles, de ces serpents, de ces ulcères, de ces pustules, où on se moque de son adversaire, il y a comme un message sous-jacent d’explorer la dureté du cœur humain. Qui sait, après tout, si le Pharaon d’Égypte, ce ne sera pas plus tard les rois d’Israël qui refuseront à nouveau de servir Dieu. Souvenez-vous que l’Exode n’a pas été écrit juste au temps de Moïse, mais est une relecture de l’histoire d’Israël par les Israélites.
Alors, je vous disais que ces plaies se suivaient et ne se ressemblaient pas. On avait déjà mis de côté la première et la dernière. Peut-être qu’il faut mettre aussi de côté la septième plaie, la grêle que vous venez d’entendre. Un chapitre entier pour décrire une plaie, alors que jusqu’à présent, elles se succédaient à un rythme assez soutenu. Voilà que tout d’un coup, le récit s’arrête. Et puis sept, c’est un chiffre sacré. Alors, on se demande si, ici, il n’y a pas des choses nouvelles. D’autant plus que Dieu introduit ce fléau en disant : « Cette fois-ci, nouveauté, je vais envoyer tous mes fléaux, résumés et récapitulatifs, sur ton cœur. » Toujours cette question de la dureté du cœur du Pharaon.
Pourquoi cela ? Et c’est là que maintenant, Dieu introduit un nouveau motif dans l’histoire sainte afin que l’on comprenne pourquoi il l’a épargné : « Si je t’avais traité à la mesure du mal, tu n’existerais plus. Mais je t’ai laissé survivre. Et si je t’ai laissé survivre, c’est pour te faire voir ma vigueur afin qu’on publie mon nom par toute la terre. »
Et c’est là qu’on s’aperçoit que les plaies d’Égypte ne sont pas destinées uniquement au Pharaon pour qu’il laisse partir son peuple, mais sont peut-être et d’abord avant tout destinées au peuple israélite. Pour que le peuple israélite qui a perdu le souvenir de sa religion s’aperçoive des merveilles que Dieu est capable de faire et donc à la fois rende grâce à Dieu pour toutes les merveilles qu’il accomplit devant lui, et en même temps — c’est toujours cette ambivalence — se dise que Dieu est à craindre et que si un jour il se retrouve à la place du Pharaon, voilà aussi comment Dieu le traitera. Parce que le but de ces plaies, je le redis, c’est « pour publier mon nom par toute la terre » afin que tout le monde sache — tout le monde ici, ça veut dire les Hébreux — qui est Dieu, ce qu’il est capable de faire, ce qu’il pense, comment il punit le mal et comment il rétribue avec de l’honneur le bien.
Et toujours pour vous montrer la nouveauté de cette plaie, vous avez droit à un avertissement où Dieu dit : voilà ce qui va se passer et aussi, voilà ce que tu dois faire pour t’en protéger. « Maintenant donc — et là il parle à Pharaon — envoie mettre à l’abri les troupeaux et tout ce qui est à toi dans les champs. Tout homme et toute bête qui se trouveront dans les champs et n’auront pas été ramenés à la maison, la grêle s’abattra sur eux et ils mourront. » La grêle, vous pouvez penser ici aux eaux du déluge qui engloutissent les mauvais, mais c’est aussi, si les gens écoutent, comment échapper à la colère de Dieu. Et d’ailleurs, le texte continue en disant que parmi les serviteurs de Pharaon, certains ont craint la parole du Seigneur. Et là à nouveau, pour Israël qui a oublié quelle était sa religion, voyant qu’il y a des hommes de bonne volonté même parmi le peuple qui l’a asservi, il y a aussi là encore et toujours un avertissement, une leçon de morale.
Et continuons cette plaie. Cette fois-ci vous avez droit aussi à un développement plus long de Pharaon qui exprime son repentir : « Cette fois, j’ai péché. » Là, pour le coup, on a presque envie d’y croire parce que ça dure quelques phrases où le Pharaon implore la prière de Moïse. Et là, c’est à nouveau un nouveau thème dans la dureté de cœur. C’est-à-dire que Pharaon sait qu’il fait le mal. Pharaon sait qu’il a tort. Pharaon sait que c’est son problème et sa faute. Il demande pardon, mais il ne peut pas s’empêcher de continuer de mentir, de duper et d’essayer de tirer tout ce qu’il peut à lui.
Cette fois-ci, c’est le stade ultime de la dureté de cœur. Faire le mal en pleine conscience. « Cette fois-ci, j’ai péché. C’est le Seigneur qui a raison et moi et mon peuple, nous avons tort. » Et pourtant, il continue. Il n’y a pas de crainte de Dieu. Il n’y a même plus de logique. D’une certaine manière, il n’y a même plus de mauvaise foi parce que le Pharaon confesse son péché. Il y a simplement le mal à l’état pur. Il a choisi de faire le mal de manière libre. Et c’est ça le sommet de la dureté humaine. C’est que là, c’est à ce moment-là que le Pharaon apparaît le plus libre en même temps qu’il apparaît le plus dur.
Et Dieu qui reprend la main en disant : « Cela, je l’avais prévu et même je l’utiliserai pour publier mon nom par toute la terre afin qu’on voie qu’en face du mal, je suis capable de faire des merveilles et que je suis le Dieu qui endurcit les uns et qui récompense les autres » — c’est la souveraineté de Dieu sur le mal qui s’exprime. Dieu qui dit à Pharaon : « Tu veux jouer à ça ? Eh bien très bien, on va jouer à ça et je vais en rajouter une couche sur ta dureté de cœur et tu verras là où ça nous mène. »
Psaume 4
Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice. Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière.
Fils des hommes, jusqu’où irez-vous dans l’insulte à ma gloire, l’amour du néant et la course au mensonge ?
Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle. Le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Mais vous, tremblez, ne péchez pas, réfléchissez dans le secret, faites silence. Offrez les offrandes justes et faites confiance au Seigneur.
Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !
Tu mets dans mon cœur plus de joie que toutes leurs vendanges et leurs moissons.
Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance.
← J29 ☾ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J30 ☾ →