← J33 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J34 ☼ →
Résumé : Le frère Paul-Adrien lit Exode 17-18 : l’eau jaillie du rocher à Massa et Meriba, la bataille contre les Amalécites où Moïse doit garder les mains levées soutenu par Aaron et Hour, puis la visite de Jéthro qui conseille à Moïse de déléguer la justice. Le commentaire retrace la chronologie des quarante-cinq jours de marche au désert, met en lumière le thème de la fatigue omniprésente, et rapproche la figure de Jéthro, beau-père exemplaire, de celle de Melchisédech.
Introduction
Nous continuons notre marche au désert, mais courage, on arrive à la fin. Exode 17-18, vous allez bientôt pouvoir reposer vos petits pieds fatigués par toutes ces journées de marche. On arrive au mont Sinaï.
Lecture : Exode 17-18
Et oui, toute la communauté des fils d’Israël partit du désert de Sine en observant les étapes prescrites par le Seigneur.
Ils campèrent à Réphidim. Comme il n’y avait pas d’eau à boire, le peuple chercha querelle à Moïse : « Donne-nous de l’eau à boire ! »
Moïse leur répondit : « Pourquoi me cherchez-vous querelle ? Pourquoi mettez-vous le Seigneur à l’épreuve ? »
Là, le peuple souffrit de la soif. Il récrimina contre Moïse et dit : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? »
Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu et ils me lapideront ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple. Emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël. Prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va. Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira. »
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.
Il donna à ce lieu le nom de Massa, c’est-à-dire « épreuve », et Meriba, c’est-à-dire « querelle », parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve en disant : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? »
Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Réphidim.
Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
Josué fit ce que Moïse avait dit. Il mena le combat contre les Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline.
Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalèque était le plus fort.
Mais les mains de Moïse s’alourdissaient. On prit une pierre, on la plaça derrière lui et il s’assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi, les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil.
Et Josué triompha des Amalécites au fil de l’épée.
Alors le Seigneur dit à Moïse : « Écris cela dans le livre pour en faire mémoire et déclare à Josué que j’effacerai complètement le souvenir d’Amalèque de dessous les cieux. »
Moïse bâtit un autel et l’appela « Le Seigneur est mon étendard ». Et il dit : « Puisqu’une main s’est levée contre le trône du Seigneur, le Seigneur est en guerre contre Amalèque de génération en génération. »
Jéthro, prêtre de Madiân, le beau-père de Moïse, entendit parler de tout ce que Dieu avait fait pour Moïse et pour Israël, son peuple. Le Seigneur avait fait sortir Israël d’Égypte.
Jéthro, le beau-père de Moïse, prit Cippora, la femme de Moïse, qu’il avait répudiée. Il prit aussi ses deux fils.
L’un s’appelait Guershom, ce qui signifie « immigré en ce lieu », car, avait dit Moïse, « je suis devenu un immigré en terre étrangère ». L’autre s’appelait Éliézer, ce qui signifie « mon Dieu est mon secours », car, avait-il dit, « le Dieu de mon père est venu à mon secours, il m’a délivré de l’épée de Pharaon ».
Jéthro, beau-père de Moïse, prit donc Cippora et ses deux fils. Il s’en alla rejoindre Moïse au désert, là où il campait, à la montagne de Dieu.
Il fit dire à Moïse : « C’est moi, Jéthro, ton beau-père, qui viens vers toi avec ta femme et tes deux fils. »
Moïse sortit à la rencontre de son beau-père, se prosterna et l’embrassa. Ils se saluèrent et entrèrent dans la tente.
Moïse raconta à son beau-père tout ce que le Seigneur avait fait à Pharaon et à l’Égypte à cause d’Israël, toutes les difficultés survenues en chemin et dont le Seigneur les avait délivrés.
Jéthro se réjouit de tout le bien que le Seigneur avait fait à Israël en le délivrant de la main des Égyptiens.
Et Jéthro dit : « Béni soit le Seigneur qui vous a délivrés de la main des Égyptiens et de la main de Pharaon. Béni soit le Seigneur qui a délivré le peuple de la main des Égyptiens. Je reconnais maintenant que le Seigneur est plus grand que tous les dieux, comme il l’a bien montré au temps de leur oppression. »
Jéthro, beau-père de Moïse, offrit un holocauste et des sacrifices à Dieu. Aaron et tous les anciens d’Israël vinrent participer au repas devant Dieu avec le beau-père de Moïse.
Or, le lendemain, Moïse siégea pour rendre la justice au peuple, et tout le peuple resta devant Moïse du matin jusqu’au soir.
Le beau-père de Moïse vit tout ce que celui-ci faisait pour le peuple. Il lui dit : « Que fais-tu là pour le peuple ? Pourquoi es-tu assis seul tandis que tout le peuple est debout devant toi du matin jusqu’au soir ? »
Moïse dit à son beau-père : « C’est que le peuple vient à moi pour consulter Dieu. S’ils ont un litige, ils viennent me trouver. Je leur rends justice et je fais connaître les décrets de Dieu et ses lois. »
Le beau-père de Moïse lui dit : « Ta façon de faire n’est pas la bonne. Tu vas t’épuiser, tu vas t’épuiser complètement, ainsi que ce peuple qui est avec toi. La tâche est trop lourde pour toi. Tu ne peux pas l’accomplir seul. Maintenant, écoute-moi. Je vais te donner un conseil, et que Dieu soit avec toi. »
« Tiens-toi face à Dieu au nom du peuple. Tu présenteras les litiges devant Dieu. Tu informeras les gens des décrets et des lois. Tu leur feras connaître le chemin à suivre et la conduite à tenir. »
« Toi, tu distingueras dans tout le peuple des hommes de valeur, craignant Dieu, dignes de confiance, incorruptibles. Et tu les institueras chefs de milliers, chefs de centaines, chefs de cinquantaines et chefs de dizaines. Ils auront à juger le peuple en tout temps. Les affaires importantes, ils te les présenteront, mais les affaires mineures, ils les jugeront eux-mêmes. Allège ainsi ta charge, qu’ils la portent avec toi. »
« Si tu fais cela, et que Dieu te l’ordonne, tu pourras tenir, et de plus, tout ce peuple rentrera chez lui en paix. »
Moïse écouta la voix de son beau-père et fit tout ce qu’il avait dit. Parmi tout Israël, Moïse choisit des hommes de valeur et les plaça à la tête du peuple : officiers de milliers, officiers de centaines, officiers de cinquantaines et officiers de dizaines.
Ils jugeaient le peuple en tout temps. Les affaires difficiles, ils les présentaient à Moïse, et les affaires de moindre importance, ils les jugeaient eux-mêmes.
Et Moïse laissa partir son beau-père, qui s’en retourna dans son pays.
Commentaire
Ça vaut peut-être le coup de faire un récap des différentes étapes qui nous emmenaient jusqu’ici, pour que vous compreniez dans quel état se trouvent nos troupes actuellement. Ça vous rendra peut-être ces récriminations plus compréhensibles.
Nous savons que la nuit de Pâques a eu lieu un 15 nissan et qu’ils arrivent au désert du Sinaï le premier sivan, comme il sera dit en Exode 19,1-2, ce qui nous donne quarante-cinq jours.
Alors, reprenons. Vous avez d’abord une première semaine. Cette première semaine vous amène de la nuit de Pâques jusqu’à la traversée de la mer Rouge. Que ça dure une semaine n’est pas écrit dans le texte, mais c’est plutôt les commentateurs juifs du Moyen Âge qui le diront. Mais ça vous reprend la semaine de la Création qui culmine dans l’œuvre de la délivrance, et Dieu qui sauve son peuple à travers les eaux de la mer Rouge. Une semaine.
Ensuite, vous avez les trois jours qui nous amènent à la première récrimination. Les eaux amères, les eaux de Mara, qui nous avaient amenés à l’oasis d’Élim, là où il y avait douze sources et soixante-dix palmiers. Et si, souvenez-vous, c’est quand Moïse a mis un bâton dans l’eau pour les rendre douces. Les trois jours ici représentent un nombre symbolique qui commence à désigner une épreuve.
Et ensuite on est parti avec cette histoire de la manne dans le désert de Sine. Le désert de Sine, c’est le même mot que dans Sinaï. Le texte donne une indication temporelle : c’est le jour trente-et-un, parce qu’il dit que c’était le quinzième jour du deuxième mois — il y a un mois plein après le départ d’Égypte — donc il s’est passé trente-et-un jours. Ce qui veut donc dire que pour aller maintenant au mont Sinaï, il vous reste quinze jours.
Parmi ces quinze jours, il va y en avoir une semaine entière, sept jours consacrés au don de la manne, où le peuple va apprendre à récolter chaque jour la manne et sa ration quotidienne. Ce qui vous laisse une semaine pour tout ce que nous venons d’entendre.
Et là, on comprend un peu mieux l’état des troupes. En une semaine, il s’est passé cette histoire de tentation et d’épreuve, Massa et Meriba — deux jours. Il y a eu ensuite, directement, tout de suite, la bataille contre les Amalécites — comptez deux jours puisqu’il y avait cette histoire avec le soleil qui ne baissait pas. Et ensuite, tout de suite après, la rencontre avec Jéthro, qui elle aussi a duré deux jours, ce qui vous amène au sabbat. Vous imaginez la tête de cette dernière semaine ! Le peuple juif, il arrive épuisé, exténué au mont Sinaï.
Et ça vous explique ce thème de la fatigue qui revient dans tout le chapitre. La fatigue du peuple qui râle — et là, cette râlerie prend à nouveau des accents plus dramatiques. On est passé de « j’ai soif » à « j’ai faim » à « j’en ai marre » de Moïse qui nous amenait dans le désert — ça, c’était l’épisode dernier. Maintenant, ils veulent carrément le lapider. La fatigue de Moïse qui n’arrive plus à lever les mains. Et puis la fatigue du peuple et de Moïse qui n’arrive plus à rendre justice. Il faudra à nouveau que ce soit un étranger, toujours un Madianite — qui pourtant, encore une fois, est une image d’un ennemi hostile à Israël — qui vienne remettre un peu d’ordre dans tout ça.
Petit bonus, parce que pour une fois qu’on a un beau-père avec qui ça se passe bien ! Souvenez-vous, dans les beaux-pères, on a eu Laban, et on ne peut pas dire que Laban, pour Jacob, était un exemple à suivre. Plus tard, vous aurez Saül qui sera le beau-père du roi David, et lui non plus ne sera pas vraiment un exemple à suivre. Donc pour une fois qu’on a un beau-père sympa, on s’y arrête deux secondes. Les commentateurs ont noté qu’il y avait un lien entre lui et Melchisédech. Les deux sont des prêtres étrangers qui, d’une certaine manière, ne viennent de nulle part, et qui vont repartir tout de suite. Ce qui vous montre une sagesse mystérieuse qui vient des autres nations : l’ouverture du peuple d’Israël à la sagesse du monde, dans ce que ça a de meilleur.
Prière
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Seigneur, nous nous confions à toi dans la Providence. Toi qui as dit « à chaque jour suffit sa peine », nous venons te remettre le fruit de notre travail. Toi qui as dit « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », souviens-toi des Hébreux dans le désert, toi qui les nourrissais jour après jour avec le pain venu du ciel. Seigneur, aujourd’hui encore, envoie-nous ta parole, donne-nous de quoi vivre. Seigneur, nous sommes tes enfants et nous sommes dans ta main. Prends pitié de nous. Et vous, que Dieu vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
← J33 ☼ · 📋 Index · 🎙️ Écouter · J34 ☼ →