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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien détaille les vêtements sacrés des prêtres décrits en Exode 28, du caleçon de lin au fleuron d’or en passant par l’éphode et le pectoral du jugement. Il place exceptionnellement le commentaire avant la lecture pour aider à comprendre la symbolique de chaque pièce du vêtement sacerdotal. L’épisode se conclut avec le Psaume 10.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Vous croyez que c’était terminé avec la tente de la rencontre ? Oh que nenni ! Quand on aime bien les choses, on aime bien toujours s’appesantir dans le détail. Nous allons cette fois-ci parler des prêtres, puis on va faire les choses bien. On va d’abord parler des vêtements des prêtres, et ensuite de la consécration des prêtres. Donc ça, c’est l’instant sacristie. Moi, le prêtre que je suis adore ce passage. Je me demande si pour les laïcs, ça a la même saveur. Mais écoutez, on va essayer de creuser ça, et vous me direz si jamais ça vous a plu ou pas.
Voici ce que je vous propose. Exceptionnellement, je ne vais pas mettre le commentaire après la lecture, je vais le mettre au début de la lecture, pour que vous ne soyez pas totalement perdus quand ça arrivera, et que vous ayant décrit entre guillemets au préalable l’habit sacerdotal, vous puissiez mieux suivre le cours de la lecture.
Commentaire
Le vêtement est ici expression de la personnalité et symbole de la fonction. Ça veut dire que par le manteau qu’il porte, le prêtre se distingue des autres membres de la communauté, et il est le signe et la gloire de la majesté divine. Alors la question c’est : en quoi ces vêtements permettent-ils de s’approcher en toute sécurité de cette tente de la rencontre, qui est comme une source de sainteté dangereuse ?
Probablement, c’est à travers le jeu des symboles. En portant sur soi le symbole de la gloire, de la majesté, de la pureté et de Dieu, il y a comme une certaine forme de continuité qui s’instaure entre Dieu qui est saint d’un côté, et le prêtre qui est peut-être pécheur et impur, mais qui a conscience de ce vers quoi il s’approche. Porter sur soi le symbole de la sainteté montre que vous avez conscience de qui vous rencontrez, et c’est peut-être ça qui permet de protéger le prêtre et le grand prêtre.
Les vêtements qui vont vous être décrits vont partir du plus saint — les fautes — pour aller vers le moins saint — le caleçon. Je vous propose néanmoins, pour rendre les choses plus visuelles, de commencer dans l’autre sens et de voir comment le prêtre s’habille, les vêtements les uns après les autres. Comme ça, quand vous irez dans le texte, vous serez moins perdus.
Donc vous avez d’abord le caleçon de lin, symbole de la modestie et de la pureté rituelle. Puis par-dessus vous avez la tunique de lin fin, qui est comme un vêtement long qui couvre tout le corps, et qui lui encore représente la pureté. C’est la première couche visible, si vous voulez, c’est l’équivalent de l’aube pour le prêtre. Ce qu’il y avait en dessous, on aurait pu dire que c’était l’amict. Et puis même, vous voyez que le prêtre, enfin dans la liturgie catholique, normalement on essaye de garder le fait que ce soit en lin, sauf que ça coûte plus cher, donc parfois c’est du synthétique plutôt que du lin. N’empêche que le lin est le symbole de la pureté rituelle dans l’Ancien Testament.
Par-dessus ça, vous avez la ceinture de lin, que vous retrouvez encore dans l’habit de prêtre. Alors pas une ceinture en lin, mais le fait qu’il y ait un cordon sur les reins, qui symbolise la chasteté pour nous, et qui ici représente l’engagement, la dévotion et l’obéissance du grand prêtre.
Par-dessus tout ça, vous avez un manteau bleu, symbole du ciel. Je me demande si ce n’est pas l’équivalent de la chasuble pour le prêtre. En tout cas, c’est un manteau qui, ici, est décoré de clochettes d’or et de grenades en tissu pourpre, bleu, cramoisi, le long de l’ourlet. Les clochettes annoncent la présence du grand prêtre dans le lieu saint, et ça rappelle aussi la solennité de la tâche.
Par-dessus tout ça encore, vous avez deux pièces — qui sont plus importantes — l’éphod et le pectoral.
Parlons un peu plus de l’éphod. L’éphod, c’est un tablier sans manche qui recouvre la partie supérieure du grand prêtre. Il est fabriqué à partir de fils d’or, de bleu, de pourpre, de cramoisi et de lin fin, ce qui vous rappelle la richesse de la création et la majesté divine. Le mélange des couleurs, ça vous rappelle aussi le tabernacle. C’est comme si ça faisait une sorte de connexion visuelle entre, d’un côté, le ciel, de l’autre côté, la création, et au milieu, le grand prêtre et même le lieu saint du tabernacle.
Bon, toujours l’éphod, ce tablier richement brodé. L’éphod porte deux bretelles. Et sur chacune des bretelles, vous avez une pierre d’onyx — c’est une pierre précieuse noire. Et sur cette pierre d’onyx, donc sur chacune des épaules, vous avez gravé le nom des douze tribus d’Israël : six tribus sur l’épaule gauche, six tribus sur l’épaule droite, gravées sur une pierre d’onyx qui fait la bretelle de l’éphod. Ça, ça vous montre que le grand prêtre porte les prières et il porte spirituellement le peuple d’Israël. Les épaules : lieu de force, de soutien, de responsabilité. Bon, puis après, vous avez encore une ceinture qui, là encore, représente la dévotion et l’engagement. Ça, c’est pour l’éphod, qui incarne la présence spirituelle des douze tribus dans le lieu saint.
De la même manière, vous avez ensuite le pectoral, appelé pectoral du jugement, parce qu’il exerce un rôle pour discerner la volonté divine. Vous allez me dire : en quoi est-ce qu’un pectoral permet de discerner la volonté divine ? Eh bien, c’est parce que dedans, vous aviez comme des petites poches — je ne sais pas exactement comment c’était — enfin, en tout cas, vous aviez deux objets mystérieux qui étaient dans ce pectoral, que l’on appelle l’ourim et le toummim. L’ourim et le toummim, ce sont des pierres de vision, des pierres de discernement. Alors, je ne sais pas quoi exactement en dire. Peut-être que le plus simple, c’est que je vous cite une de mes notes de bas de page : l’ourim et le toummim, ce sont des petits objets que l’on pouvait lancer comme des dés et qui étaient un moyen divinatoire agréé par Dieu. Donc là, vous avez peut-être des relents d’un ancien culte divinatoire que vous retrouvez ici sur le pectoral du jugement.
Alors pectoral, c’est parce que vous le mettez sur les pectoraux, quoi, sur la poitrine. Et dessus, vous aviez aussi — ça c’est plus important presque — vous avez douze pierres précieuses : le rubis, la topaze, l’émeraude, le saphir, le diamant, le jaspe, etc., qui représentent chacune des douze tribus d’Israël, l’unité du peuple que porte le grand prêtre dans la tente de la rencontre.
Lecture : Exode 28
Tu parleras à tous les artisans habiles, que j’ai remplis d’un esprit de sagesse. Ils feront les vêtements d’Aaron afin que celui-ci soit consacré et qu’il exerce pour moi le sacerdoce.
Voici les vêtements qu’ils feront : un pectoral, un éphod, un manteau, une tunique brodée, un turban et une ceinture. Ils feront donc des vêtements sacrés pour Aaron ton frère et pour ses fils, afin qu’ils exercent pour moi le sacerdoce. Pourpre violette, pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin.
Ils feront l’éphod en or, pourpre violette et pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin retors. Ce sera une œuvre d’artiste. L’éphod sera fixé aux deux extrémités par deux brides. L’écharpe portée au-dessus de l’éphod et faisant corps avec lui sera travaillée de la même manière, en or, pourpre violette, pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin retors.
Tu prendras ensuite deux pierres de cornaline et tu graveras les noms des fils d’Israël : six sur la première pierre, six sur la seconde, selon l’ordre de naissance. On taillera les deux pierres et tu les graveras au nom des fils d’Israël, comme on grave un sceau. Tu les enchâsseras dans des chatons en or. Tu placeras les deux pierres sur les brides de l’éphod. Ces pierres seront un mémorial pour les fils d’Israël. Ainsi, devant le Seigneur, Aaron portera leur nom sur ses deux épaules, un mémorial.
Tu feras des chatons en or et deux chaînettes torsadées en or pur que tu placeras sur les chatons.
Ensuite, tu feras le pectoral du jugement. Ce sera une œuvre d’artiste. Tu le feras de la même manière que l’éphod, en or, pourpre violette, pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin retors. Il sera carré et on le dédoublera. Il aura un empan de côté.
Tu le garniras de quatre rangées de pierres : la première de sardoine, topaze et émeraude ; la deuxième d’escarboucle, saphir et jaspe ; la troisième de béryl, agate et améthyste ; et la quatrième de chrysolithe, cornaline et onyx. Elles seront serties dans l’or.
Les pierres seront au nom des fils d’Israël. Comme leurs noms, elles seront douze, gravées à la manière d’un sceau. Chacune portera le nom de l’une des douze tribus.
Tu feras au pectoral des chaînettes tressées et torsadées en or pur. Tu feras au pectoral deux anneaux d’or et tu fixeras les deux anneaux aux deux extrémités du pectoral. Tu fixeras les deux torsades d’or aux deux anneaux, aux extrémités du pectoral, tandis que tu fixeras les deux extrémités des deux torsades aux deux chatons. Tu les fixeras aux brides de l’éphod, par devant.
Tu feras deux anneaux d’or et tu les mettras aux deux extrémités du pectoral, du côté tourné vers l’éphod, en dedans. Tu feras deux anneaux d’or et tu les fixeras aux deux brides de l’éphod, à leur base, par devant, près de leur point d’attache, au-dessus de l’écharpe de l’éphod.
On reliera le pectoral par ses anneaux aux anneaux de l’éphod avec un cordon de pourpre violette. Le pectoral sera sur l’écharpe de l’éphod et ne pourra pas s’en détacher.
Ainsi, quand Aaron entrera dans le sanctuaire, il portera sur son cœur, avec le pectoral du jugement, les noms des fils d’Israël, en mémorial devant le Seigneur, perpétuellement.
Tu placeras dans le pectoral du jugement les ourim et les toummim. Ces objets seront sur le cœur d’Aaron quand il se présentera devant le Seigneur. Aaron portera sur son cœur le jugement des fils d’Israël devant le Seigneur, perpétuellement.
Puis tu feras le manteau de l’éphod, tout entier de pourpre violette. Il aura en son milieu une ouverture pour la tête, bordée comme celle d’une cuirasse, et donc indéchirable. Ce sera l’œuvre d’un ouvrier tisserand.
Sur les pans du manteau, tout autour, tu feras des grenades de pourpre violette, de pourpre rouge et de cramoisi éclatant, alternant avec des clochettes d’or, tout autour. Clochettes d’or et grenades sur les pans du manteau, tout autour.
Aaron portera ce manteau quand il officiera. On entendra le son des clochettes quand il entrera dans le sanctuaire devant le Seigneur, ou qu’il en sortira, et ainsi il ne mourra pas.
Puis tu feras un fleuron d’or pur ; comme sur un sceau, tu y graveras l’inscription : « Consacré au Seigneur ». Tu attacheras le fleuron à un cordeau de pourpre violette et tu le placeras sur le devant du turban. Il se trouvera sur le front d’Aaron.
Et Aaron portera ainsi les fautes commises envers les choses saintes que consacreront les fils d’Israël, quelles que soient les choses saintes qu’ils donnent. Le fleuron restera toujours sur son front pour que ses dons trouvent grâce devant le Seigneur.
Enfin, tu broderas une tunique de lin, tu feras un turban de lin et une ceinture ; ce sera l’œuvre d’un artisan brodeur.
Pour les fils d’Aaron, tu feras des tuniques, des ceintures et des tiares, en signe de gloire et de majesté. Tu en revêtiras ton frère Aaron ainsi que ses fils, tu leur donneras l’onction, tu leur conféreras l’investiture, tu les consacreras, et ils exerceront pour moi le sacerdoce.
Fais-leur aussi des caleçons de lin pour couvrir leur nudité, des reins jusqu’aux cuisses. Aaron et ses fils les porteront quand ils entreront dans la tente de la rencontre ou s’approcheront de l’autel pour officier dans le sanctuaire. Ainsi ils ne se chargeront pas d’une faute qui entraînerait leur mort. C’est là un décret perpétuel pour Aaron et pour sa descendance.
Je ne commente pas, je vous ai mis les commentaires au début pour que vous soyez moins perdus. Je vous propose maintenant simplement de nous tourner vers les psaumes.
Psaume 10
Auprès du Seigneur j’ai mon refuge. Comment pouvez-vous me dire : « Oiseaux, fuyez à la montagne » ?
Voici que des méchants tendent l’arc, ils ajustent leurs flèches à la corde pour viser dans l’ombre l’homme au cœur droit.
Quand sont ruinées les fondations, que peut faire le juste ?
Mais le Seigneur, dans son temple saint, le Seigneur, dans les cieux où il trône, garde les yeux ouverts sur le monde. Il voit, il scrute les hommes.
Le Seigneur a scruté le juste et le méchant ; l’ami de la violence, il le hait.
Il fera pleuvoir ses fléaux sur les méchants, feu et soufre et vent de tempête : c’est la coupe qu’ils auront en partage.
Vraiment, le Seigneur est juste, il aime toute justice, et les hommes droits le verront face à face.
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