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Résumé : Le frère Paul-Adrien inaugure la lecture du Lévitique, livre central de la Torah, en expliquant son enjeu fondamental : permettre à l’homme d’entrer en présence du Dieu saint. Après une introduction détaillée sur la structure des trois premiers chapitres (holocauste, offrande végétale, sacrifice de paix), il lit Lévitique 1 à 3 en intégralité. L’épisode se conclut avec le Psaume 9b, cri du pauvre vers le Seigneur face à l’oppression de l’impie.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Aujourd’hui, nous commençons un nouveau livre. Le livre que tout le monde attend depuis le début, le livre du Lévitique, qui a tellement mauvaise presse parce qu’on y voit là un fatras de règles sur le sacrifice, de pureté et d’impureté, et on se dit heureusement que le Christ est passé par là pour nous en délivrer, sauf que maintenant il est resté dans la Bible, il faut le lire et alors on ne sait plus comment le prendre. Eh bien écoutez, nous allons faire un pari. Et le pari, c’est qu’on va réussir à rentrer dedans et qu’il est beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît.

Alors pour ça, j’ai dû faire des choix. Le premier choix que j’ai fait, c’est que nous allons lire le Lévitique, et non seulement on va le lire, mais on va le lire en entier et d’une traite. Alors que souvent, dans les plans de lecture, pour essayer d’agrémenter le passage, on le panache avec d’autres lectures, mais si vous faites ça, ça veut dire que vous avez déjà, d’entrée de jeu, disqualifié le texte en disant, il est daté et on va simplement faire passer la pilule. Je ne suis pas là pour vous faire passer la pilule. Nous allons nous plonger dans la parole de Dieu.

Il y a d’ailleurs un petit truc qui devrait vous mettre la puce à l’oreille. C’est que la Torah, les cinq premiers livres de la Bible — Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome — qui sont dans l’Ancien Testament les livres les plus importants, au centre de la Torah, vous avez quel livre ? Vous avez le Lévitique. Et que si jamais au centre de la partie la plus importante de l’Ancien Testament, c’est le Lévitique, il y a peut-être quelque chose aussi qu’il faut voir.

Le deuxième choix que je vais faire pour vous bichonner, ça va être de faire des introductions plus longues et des commentaires plus courts. Des introductions plus longues pour vous permettre de rentrer dans le texte, pour vous prendre par la main, et puis ensuite, les commentaires, il y en aura peut-être un peu moins. On ne peut pas tout avoir non plus, mais là, je fais le pari qu’en vous présentant le texte et en vous l’introduisant, vous allez rentrer dedans.

Alors, recollons les morceaux. Souvenez-vous de l’Exode. Nous avons laissé notre bon Moïse à l’extérieur de la tente de la rencontre, ne pouvant rentrer à l’intérieur parce que la place était déjà prise par la nuée, la gloire de Dieu, et que c’est dangereux de rentrer dans le lieu où se tient la présence de Dieu sous peine de mort. Et c’est ainsi que va commencer le Lévitique. Je vous lis chapitre 1, premier verset : « Le Seigneur appela Moïse et lui parla depuis la tente de la rencontre. » Et maintenant, regardez dans le livre qui va être juste après le Lévitique, le Livre des Nombres, chapitre 1, verset 1 : « Au désert du Sinaï, le Seigneur parla à Moïse dans la tente de la rencontre. » Qu’est-ce qui s’est passé entre le début du Lévitique où Moïse était à l’extérieur et aux Nombres où il a réussi à rentrer à l’intérieur ? Eh bien ça, c’est le Lévitique, et ça vous met tout de suite l’enjeu du Lévitique. L’enjeu du Lévitique, c’est de pouvoir vous faire rentrer en présence de celui qui est saint. Le but étant de voir Dieu.

Comment est-ce qu’on va le faire ? Eh bien, ok, on commence, je vous donne la structure des chapitres qui vont venir. On va parler des sacrifices. Chic ! Un de mes commentateurs dit : « Le couteau du boucher est en train d’être sorti. » Avant de râler, souvenez-vous quand même qu’au cœur de la liturgie chrétienne, il est question de sacrifice, pas un hasard.

Vous aurez trois chapitres que je vous ai mis ensemble, parce que ce sont trois chapitres qui concernent des sacrifices faits à l’initiative des laïcs, des offrandes que vous pourriez faire. Vous avez d’abord l’holocauste, chapitre 1, puis une offrande de céréales, chapitre 2, puis l’offrande de paix, chapitre 3. À chaque fois, il y aura des séries de trois. On passera du plus important au moins important, du plus précieux au moins important. Donc, par exemple, dans l’holocauste, chapitre 1, on va commencer par le gros bétail — les taureaux, les vaches, etc. — puis le petit bétail — les agneaux, les béliers, les boucs — et enfin les oiseaux. De la même manière, chapitre 2, qui sera l’offrande végétale, on va commencer par le plus précieux, ce qui est naturel, ce qui n’est pas préparé, pour ensuite ce qui est cuit, et ensuite le reste des choses. Puis, chapitre 3, à nouveau on reprendra l’offrande de la paix : le gros bétail, puis les agneaux, puis les boucs.

Et maintenant que vous avez la structure générale, le pourquoi du comment, bonne lecture ! Et écoutez, avec ça, vous avez déjà de quoi faire votre beurre pour les trois premiers chapitres qui seront sans concession.

Lecture : Lévitique 1–3

Le Seigneur appela Moïse et lui parla depuis la tente de la rencontre. Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : quand l’un d’entre vous apporte au Seigneur un présent réservé, il choisira ce présent parmi le gros ou le petit bétail.

Si le présent réservé est ce qui est offert en holocauste, de gros bétail, il apportera un mâle sans défaut. Il l’apportera à l’entrée de la tente de la rencontre pour qu’il soit agréé par le Seigneur. Il posera sa main sur la tête de l’animal offert en holocauste et celui-ci sera agréé pour lui comme rite d’expiation. Alors le taureau sera immolé devant le Seigneur et les fils d’Aaron, les prêtres, apporteront le sang. Ils en aspergeront chaque côté de l’autel qui est à l’entrée de la tente de la rencontre. L’animal offert en holocauste sera ensuite écorché et découpé en quartiers. Alors les fils d’Aaron, les prêtres, poseront le feu sur l’autel et mettront du bois sur le feu. Puis les fils d’Aaron, les prêtres, mettront les quartiers avec la tête et avec la graisse au-dessus du bois placé sur le feu de l’autel. On lavera dans l’eau les entrailles et les pattes. Le prêtre fera fumer le tout à l’autel. C’est un holocauste, une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

Si le présent réservé est du petit bétail, jeune bélier ou chevreau, et que l’un de vous l’offre en holocauste, il apportera un mâle sans défaut. Celui-ci sera immolé sur la partie nord de l’autel devant le Seigneur et les fils d’Aaron, les prêtres, aspergeront de son sang chaque côté de l’autel. Quand l’animal aura été découpé en quartiers, le prêtre mettra ceci avec la tête puis la graisse au-dessus du bois placé sur le feu de l’autel. On lavera dans l’eau les entrailles et les pattes. Le prêtre apportera le tout et le fera fumer à l’autel. C’est un holocauste, une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

Si le présent que l’un de vous réserve pour le Seigneur est un holocauste d’oiseaux, il apportera des tourterelles et des jeunes pigeons. Le prêtre les apportera à l’autel. Il arrachera la tête qu’il fera fumer à l’autel. Puis il fera gicler le sang sur le côté de l’autel. Il détachera alors le jabot et ses plumes. Il les jettera à l’est de l’autel, à l’endroit où l’on dépose les cendres grasses. Il fendra l’animal en deux moitiés, une aile de part et d’autre, mais sans les séparer. Alors le prêtre fera fumer l’animal à l’autel sur le bois placé sur le feu. C’est un holocauste, une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

Lorsque quelqu’un apporte comme présent réservé au Seigneur une offrande de céréales, ce présent sera de la fleur de farine sur laquelle il versera de l’huile et mettra de l’encens. Il le portera aux fils d’Aaron, les prêtres. Le prêtre prendra une pleine poignée de cette fleur de farine et de cette huile et, en plus, tout son encens. Il le fera fumer à l’autel en témoignage. C’est de la nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur. Le reste de l’offrande sera pour Aaron et pour ses fils, part très sainte de la nourriture offerte pour le Seigneur.

Lorsque tu apporteras comme présent réservé une offrande de céréales, une pâte cuite au four, elle sera de fleur de farine en gâteau sans levain pétri à l’huile ou en galette sans levain frottée à l’huile. Si ton présent réservé est une offrande cuite sur la plaque, elle sera de fleur de farine pétrie à l’huile sans ajouter de levain. Tu la rompras en morceaux et tu verseras sur elle de l’huile. C’est une offrande de céréales. Si ton présent réservé est une offrande cuite dans un récipient, elle sera faite de fleur de farine préparée dans l’huile.

Tu porteras donc au Seigneur une offrande préparée selon l’une de ces manières. Elle sera apportée au prêtre qui l’approchera de l’autel. Le prêtre prélèvera une partie de l’offrande en témoignage et la fera fumer à l’autel. C’est de la nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur. Le reste de l’offrande sera pour Aaron et pour ses fils, part très sainte de la nourriture offerte pour le Seigneur.

Aucune des offrandes de céréales que vous apporterez au Seigneur ne sera préparée avec un ferment, car vous ne ferez jamais fumer ni du levain ni du miel en nourriture offerte pour le Seigneur. Votre présent réservé à titre de prémices, vous l’apporterez au Seigneur, mais on ne le brûlera pas à l’autel en agréable odeur. Sur tout présent réservé qui consiste en une offrande de céréales, tu mettras du sel. Tu ne laisseras pas ton offrande manquer du sel de l’alliance avec ton Dieu. Avec tout ce que tu réserveras, tu apporteras du sel.

Si tu apportes au Seigneur une offrande de prémices, tu l’apporteras sous forme d’épis grillés au feu ou de grains frais moulus, comme offrande des prémices de ta récolte. Tu mettras sur elle de l’huile et tu ajouteras de l’encens. C’est une offrande de céréales. Et le prêtre fera fumer en témoignage une partie du grain frais et de l’huile avec tout son encens comme nourriture offerte pour le Seigneur.

Si le présent réservé est un sacrifice de paix et si quelqu’un amène du gros bétail, mâle ou femelle, c’est un animal sans défaut qui sera amené devant le Seigneur. Il posera sa main sur la tête de la victime. Elle sera immolée à l’entrée de la tente de la rencontre et les fils d’Aaron, les prêtres, aspergeront de son sang chaque côté de l’autel. Il apportera alors une part de ce sacrifice de paix en nourriture offerte pour le Seigneur : toute la graisse qui est au-dessus des entrailles, les deux rognons, la graisse qui est sur eux près des lombes, ainsi que le lobe du foie qu’il enlèvera avec les rognons. Les fils d’Aaron feront fumer cette part à l’autel avec l’holocauste sur le bois placé sur le feu. Ce sera de la nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

Si son sacrifice de paix pour le Seigneur est du petit bétail, qu’il s’agisse d’un mâle ou d’une femelle, il amènera un animal sans défaut. Si c’est un jeune bélier qu’il amène comme présent réservé, il l’amènera lui-même devant le Seigneur. Il posera sa main sur la tête de la victime, celle-ci sera immolée devant la tente de la rencontre. Puis les fils d’Aaron aspergeront de sang les côtés de l’autel. On apportera alors une part de ce sacrifice de paix en nourriture offerte pour le Seigneur : la graisse, la queue entière qu’il détachera près du sacrum, la graisse qui couvre les entrailles et toute la graisse qui est au-dessus des entrailles, les deux rognons, la graisse qui est sur eux près des lombes, ainsi que le lobe du foie qu’il enlèvera avec les rognons. Le prêtre fera fumer cette part à l’autel comme nourriture, une nourriture offerte pour le Seigneur.

Si le présent réservé est une chèvre, l’homme l’amènera devant le Seigneur et il posera sa main sur la tête de la victime. Celle-ci sera immolée devant la tente de la rencontre. Puis les fils d’Aaron aspergeront de sang les côtés de l’autel. Il apportera alors comme nourriture offerte pour le Seigneur une part de son présent réservé, à savoir la graisse qui couvre les entrailles, toute la graisse qui est au-dessus des entrailles, les deux rognons, la graisse qui est sur eux près des lombes, ainsi que le lobe du foie qu’il enlèvera avec les rognons. Le prêtre les fera fumer à l’autel comme nourriture, une nourriture offerte en agréable odeur.

Toute la graisse appartient au Seigneur. C’est un décret perpétuel pour toutes vos générations. Et en quelque lieu que vous habitiez, vous ne mangerez donc ni graisse, ni sang.

Commentaire

Ce premier épisode, exceptionnellement, pas de commentaire. Écoutez, je crois qu’il est déjà assez long comme ça, mais j’ose espérer que ma petite introduction vous a rendu plus attentif au texte.

Psaume 9b

Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ? Pourquoi te cacher aux jours d’angoisse ? L’impie, dans son orgueil, poursuit les malheureux. Ils se font prendre aux ruses qu’il invente.

L’impie se glorifie du désir de son âme. L’arrogant blasphème, il brave le Seigneur. Plein de suffisance, l’impie ne cherche plus. « Dieu n’est rien », voilà toute sa ruse.

À tout moment, ce qu’il fait réussit. Tes sentences le dominent. Très haut, tous ses adversaires, il les méprise. Il s’est dit : « Rien ne peut m’ébranler. Je suis pour longtemps à l’abri du malheur. »

Sa bouche qui maudit n’est que fraude et violence, sa langue mensonge et blessure. Il se tient à l’affût près des villages. Il se cache pour tuer l’innocent. De ses yeux, il épie le faible.

Il se cache à l’affût, comme un lion dans son fourré. Il se tient à l’affût pour surprendre le pauvre. Il attire le pauvre, il le prend dans son filet. Il se baisse, il se tapit, et de tout son poids, il tombe sur le faible.

Il dit en lui-même : « Dieu oublie. Il couvre sa face. Jamais il ne verra. »

Lève-toi, Seigneur ! Dieu, lève ta main ! N’oublie pas le pauvre. Pourquoi l’impie brave-t-il le Seigneur en lui disant : « Viendras-tu me chercher ? »

Mais tu as vu. Tu regardes le mal et la souffrance. Tu les prends dans ta main. Sur toi repose le faible. C’est toi qui viens en aide à l’orphelin.

Brise les bras de l’impie, du méchant. Alors tu chercheras son impiété sans la trouver. À tout jamais le Seigneur est roi. Les païens ont péri sur sa terre.

Tu entends, Seigneur, le désir des pauvres. Tu rassures leur cœur, tu les écoutes. Que justice soit rendue à l’orphelin, qu’il n’y ait plus d’opprimés, et que tremble le mortel né de la terre.


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