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Résumé : Le frère Paul-Adrien introduit la symbolique des sacrifices dans le Lévitique, expliquant comment le corps animal — entrailles, reins, foie, graisse, sang — représente les profondeurs de notre être offertes à Dieu. La lecture du chapitre 4 du Lévitique détaille ensuite les sacrifices d’expiation pour les fautes commises par inadvertance, selon qu’elles sont le fait du prêtre, de la communauté, d’un prince ou d’un homme du peuple. L’épisode se conclut par une prière d’offrande personnelle.

Introduction

Revenons un instant sur cette notion de sacrifice. Le Lévitique, qui est comme une sorte de manuel à l’usage des prêtres, ce qu’on nous appellerait un missel, aime les sacrifices, il ne parle que de ça. Mais pour lui, parler du sacrifice, c’est tout un art, c’est parler aussi d’autres choses. Vous savez, vous avez des hommes qui vont vous parler de la navigation maritime comme un moyen d’explorer le monde. Eh bien, dans le Lévitique, c’est de la même manière qu’on vous propose les sacrifices pour explorer le monde. Et on verra si le voyage de l’un ne vaut pas le voyage de l’autre.

Regardez un animal sacrifié pour un prêtre : le lobe, les intestins, les entrailles. C’est exactement comme pour un marin : regardez les constellations étoilées qui vous indiqueront la route à suivre. Alors moi, ce que je voudrais faire pour vous en introduction du Lévitique, c’est vous donner quelques rudiments de cet art qui vous permettront de monter dans le navire du Lévitique et de partir à votre tour explorer ce monde.

Quand on parle d’un corps animal, quand l’on sacrifie, évidemment, c’est de vous que l’on parle. Oh, au secours ! Non, c’est beau, vous allez voir. Regardez comment le sacrifice commence, par un rite d’identification. Le prêtre qui pose la main sur la tête de l’animal pour que vous puissiez vous identifier à lui. Ensuite, pour consacrer cet animal, on prend son sang, symbole de la vie, que l’on répand au pied de l’autel ou ailleurs dans la tente du sanctuaire pour qu’il monte en parfum d’agréable odeur, en holocauste. Holocauste, en hébreu, qui veut dire un parfum d’agréable odeur, une montée odorante.

Et ensuite, on dépèce le corps animal, on le déconstruit pour ensuite le reconstruire symboliquement en prenant certaines parties. C’est-à-dire que l’on va disposer de telle ou telle manière sur l’autel, en en offrant à Dieu, et puis d’autres en les mettant à l’extérieur du camp. Il y a là tout un jeu de reconstruction, de résurrection du corps qui monte dans la fumée.

Ce qu’on offre à Dieu, de manière plus précise, c’est l’être intime, les entrailles. Les entrailles, c’est tout ce qui est recouvert de graisse, la graisse désignant les profondeurs de l’être. Ces entrailles, dans la Bible, ce sont le siège des émotions. Par exemple, la miséricorde, dans la Bible, se dit être pris aux entrailles. Les reins, ou encore les rognons, ça, ça désigne les intentions secrètes, ce que nous gardons par-devers nous — Dieu qui scrute les cœurs et les reins. Vous avez le foie, qui correspond là aux désirs et aux impulsions. La graisse, qui symbolise ce qu’il y a en nous, la richesse, le surplus. Le meilleur de nous. Le sang, qui symbolise l’élan vital.

Ça, en fait, c’est d’ailleurs plus que du symbolisme. C’est l’incarnation. Notre être est inscrit dans un corps. Et c’est ce corps-là que, sous couvert d’un sacrifice animal, le Lévitique explore pour l’offrir à Dieu. Ce symbolisme du sacrifice animal, vous le retrouvez aussi dans le sacrifice végétal. Et vous le retrouvez aussi dans le fait que tantôt on offre un taureau, symbole de la puissance, tantôt on offre un oiseau, symbole de ce qui est aérien.

Alors, qu’est-ce qui correspond à quoi exactement ? Ben, vous voyez que là, je suis déjà en train de vous intéresser. Je suis déjà en train de vous intéresser sur un exposé complet du Lévitique. Mais je suis désolé, mes petits cocos. Là, il s’agit juste d’une introduction. J’ai posé le principe. Le reste vous est laissé en exercice de lecture.

Donc, quand vous entendrez ce passage, qu’on ne me dise pas qu’il est ennuyant. Ceux qui s’ennuient, ce sont ceux qui ne savent pas rêver. Rêvez à tout ça, libérez votre imagination. Et par le jeu des correspondances et des symbolismes, offrez-vous à Dieu. Comme dira saint Paul, il est là le sacrifice spirituel, le sacrifice rationnel qui plaît à Dieu. Si vous aimez Dieu, vous serez capable de voir à travers ce manuel de boucherie — parce que c’en est un quand même — de voir une poésie mystique. Et ce n’est pas moi qui surcharge le texte. Il est construit comme ça. Et vous le verrez.

Lévitique, chapitre 4. Les dernières fois, il était question des offrandes de paix et des holocaustes. Là, il sera question des offrandes pour les étourderies, les fautes commises involontairement. Que symbolise pour vous un oiseau ? Que symbolise pour vous un taureau ? Que symbolise pour vous les rognons ? Bref, bonne lecture.

Lecture : Lévitique 4

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : si quelqu’un commet une faute par inadvertance contre l’un des commandements du Seigneur, en faisant ce qui ne doit pas se faire,

si c’est le prêtre consacré par l’onction qui commet une faute, et rend ainsi le peuple coupable, il amènera au Seigneur, pour la faute qu’il a commise, un taureau sans défaut en sacrifice pour la faute. Il fera venir ce taureau devant le Seigneur, à l’entrée de la tente de la Rencontre. Il posera sa main sur la tête du taureau et immolera le taureau devant le Seigneur.

Puis le prêtre consacré par l’onction prendra du sang de ce taureau et le portera dans la tente de la Rencontre. Le prêtre trempera son doigt dans le sang et, avec un peu de ce sang, aspergera sept fois le côté visible du rideau du sanctuaire, devant le Seigneur. Le prêtre mettra alors un peu de ce sang sur les cornes de l’autel des encens aromatiques qui est devant le Seigneur dans la tente de la Rencontre. Il versera tout le reste du sang du taureau à la base de l’autel des holocaustes qui se trouve à l’entrée de la tente de la Rencontre.

Il prélèvera toute la graisse de ce taureau destinée au sacrifice pour la faute : la graisse qui couvre les entrailles, toute la graisse qui est au-dessus des entrailles, les deux rognons, la graisse qui est sur eux près des lombes, ainsi que le lobe du foie qu’il enlèvera avec les rognons. Que tout cela soit comme la part prélevée sur le taureau destiné en sacrifice de paix. Le prêtre fera fumer ces morceaux sur l’autel des holocaustes.

Mais la peau du taureau et toute sa chair, y compris la tête et les pattes, les entrailles et les excréments, bref, tout le reste du taureau, il le fera porter dans un lieu pur, hors du camp, là où l’on déverse les cendres grasses. On le fera brûler sur un feu de bois. C’est à l’endroit où l’on déverse les cendres grasses que le taureau sera brûlé.

Si c’est toute la communauté d’Israël qui commet une faute par inadvertance, et que l’assemblée, ignorant que la chose est défendue par les commandements du Seigneur, devienne ainsi coupable en faisant ce qui ne doit pas se faire, lorsque la faute commise lui sera connue, l’assemblée amènera un taureau pris dans le troupeau en sacrifice pour la faute. Alors on le fera venir devant la tente de la Rencontre.

Les anciens de la communauté poseront leurs mains sur la tête de ce taureau devant le Seigneur, et le taureau sera immolé devant le Seigneur. Puis le prêtre consacré par l’onction portera dans la tente de la Rencontre un peu du sang de ce taureau. Le prêtre trempera son doigt dans le sang et, avec un peu de ce sang, aspergera sept fois la face visible du rideau, devant le Seigneur. Il mettra alors un peu de ce sang sur les cornes de l’autel qui est devant le Seigneur dans la tente de la Rencontre. Il versera tout le reste du sang du taureau à la base de l’autel des holocaustes qui se trouve à l’entrée de la tente de la Rencontre. Il prélèvera toute la graisse de l’animal et la fera fumer à l’autel. Il traitera ce taureau comme il a traité le taureau du sacrifice pour la faute. Ainsi fera-t-il.

Le prêtre ayant donc accompli pour les membres de la communauté le rite d’expiation, il leur sera pardonné. Il fera porter le taureau hors du camp. On le brûlera comme on a brûlé le premier taureau. Tel est le sacrifice pour la faute de l’assemblée.

Si c’est un prince qui commet une faute et fait par inadvertance l’une des choses défendues par le commandement du Seigneur son Dieu, et qu’il devienne ainsi coupable, et si on lui fait connaître la faute commise sur ce point, il amènera comme présent réservé un bouc, un mâle sans défaut. Il posera sa main sur la tête du bouc. Celui-ci sera immolé à l’endroit où les holocaustes sont immolés, devant le Seigneur. C’est un sacrifice pour la faute.

Le prêtre prendra avec son doigt un peu du sang de la victime et en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes. Puis il versera le reste du sang à la base de l’autel des holocaustes. Il fera fumer toute la graisse à l’autel, comme la graisse du sacrifice de paix. Le prêtre accomplira ainsi le rite d’expiation pour la faute du prince, et il lui sera pardonné.

Si c’est un homme du peuple qui commet une faute par inadvertance et fait l’une des choses défendues par le commandement du Seigneur, et qu’il devienne ainsi coupable, et si on lui fait connaître la faute commise, il amènera comme présent réservé une chèvre, une femelle sans défaut, pour la faute qu’il a commise. Il posera sa main sur la tête de la victime. Celle-ci sera immolée à l’endroit des holocaustes.

Le prêtre prendra avec son doigt un peu du sang et en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes. Puis il versera tout le reste du sang à la base de l’autel. Il détachera ensuite toute la graisse, comme on détache la graisse d’un sacrifice de paix, et la fera fumer à l’autel en agréable odeur pour le Seigneur. Le prêtre accomplira ainsi pour cet homme le rite d’expiation, et il lui sera pardonné.

S’il amène un agneau comme présent réservé en vue du sacrifice pour la faute, c’est une femelle sans défaut qu’il amènera. Il posera sa main sur la tête de la victime. Celle-ci sera immolée en sacrifice pour la faute, à l’endroit des holocaustes.

Le prêtre prendra avec son doigt un peu du sang et en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes. Puis il versera tout le reste du sang à la base de l’autel. Il détachera ensuite toute la graisse, comme on détache celle du jeune bélier du sacrifice de paix. Et le prêtre fera fumer ces morceaux à l’autel avec les nourritures offertes pour le Seigneur. Le prêtre accomplira ainsi pour cet homme le rite d’expiation pour la faute qu’il a commise. Et il lui sera pardonné. »

Commentaire

Nous terminons par une courte prière. Je suis désolé, l’introduction était très longue. Je ne vais pas en rajouter par un autre commentaire.

Retenez simplement que là nous avons parlé des sacrifices que vous pouviez offrir, vous, les laïcs, qui n’étiez pas à l’initiative des prêtres. Pour remercier Dieu, pour lui demander pardon pour vos inadvertances et vos étourderies. Pour simplement reconnaître sa grandeur. Holocauste, sacrifice de paix, sacrifice de réparation.

Prière

Nous prions. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Dieu très Saint, comme l’offrande de l’agneau sans défaut, purifie nos cœurs et nos esprits. Comme l’offrande du taureau, accepte, Seigneur, notre travail et notre labeur. Que notre âme soit comme l’encens de l’holocauste qui s’élève en parfum d’adoration. Que nous puissions, Seigneur, t’offrir les parties les plus profondes de notre être, comme le sacrifice du foie et des reins, le symbole et le siège de nos pensées, de nos intentions et de nos émotions. Que nous soyons en tout cela consacrés à ta gloire. Et accorde-nous d’être sanctifiés, purifiés par ton feu divin, en holocauste vivant.

Et vous, que le Seigneur vous bénisse et vous garde, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


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