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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien aborde le chapitre 11 du Lévitique, qui détaille les lois alimentaires distinguant les animaux purs des animaux impurs. Il explique que cette traversée des règnes animal — terre, air, eau — est en réalité un parcours de la création tout entière, inscrit dans l’espace liturgique du parvis du sanctuaire. Après la mort des fils d’Aaron, on ressort dans le parvis pour refaire le tour de la création avant de pouvoir à nouveau s’approcher de Dieu.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Aujourd’hui, puisque nous sommes en train de parler des rites, des sacrifices, de la liturgie, enfin bref, du Lévitique, le prêtre que je suis ne peut pas s’empêcher de vous rappeler que, quitte à parler d’offrandes et d’offrandes volontaires, il y a un lieu pour ça que nous avons gardé à la messe, nous chrétiens. Ça s’appelle la quête. La quête est d’avoir quelque chose que vous offrez à Dieu. Et c’est pour ça que, quand j’étais jeune et que j’étais étudiant, quand la quête se terminait par le panier juste à côté de l’autel, je ne donnais pas parce que c’était une offrande que je faisais à Dieu et je n’étais pas là pour payer pour un spectacle.
Pourquoi je vous dis ça ? Vous le savez pourquoi. Les lévites, dans l’Ancien Testament, ils vivaient d’amour et d’eau fraîche et de la générosité des gens. Et aujourd’hui, les gens, c’est vous. Et le lévite, c’est moi. Aidez-moi à payer les patates de mon équipe. Mettez ce podcast sur pause. Regardez les liens en bas. Et faites chauffer votre générosité. Oh, mais, oh, merci. Je vois l’un, genre, qui arrive là. Oh, je vais pouvoir vivre. Enfin, merci.
Bon, alors maintenant, revenons au Lévitique. Désolé de casser l’ambiance. Même si, quand même, le Lévitique, vous avez une autre vision. Dans le dernier épisode, il y a eu un sentiment de joie mêlé de chagrin. Sentiment de joie parce que le rite d’investiture du grand prêtre a été accompli et accepté et que pour la première fois, Aaron est rentré dans la tente de la rencontre. Ça y est, on se dit, les choses sont gagnées. Et patatras, voilà que les deux fils d’Aaron meurent. Comme si ce premier aller-retour dans la tente de la rencontre, ben maintenant, fallait pas non plus aller trop vite.
Donc, ben donc, on va refaire un tour avant d’essayer de rentrer à nouveau dans la tente de la rencontre. Et ce tour que nous allons à nouveau faire, ce ne sera plus sur des questions de sacrifice, comme nous avons eu jusqu’à présent — offrande de paix, holocauste, sacrifice de réparation. Non, le tour que nous allons faire à nouveau maintenant va être centré autour des questions de pur et d’impur. Et nous allons commencer en parlant de pur et d’impur par les animaux que l’on a droit de manger, les animaux purs, et les animaux qu’on n’a pas le droit de manger, les animaux impurs.
Pour soutenir votre attention à la lecture de ce chapitre 11 du Lévitique que d’aucuns d’entre vous jugeront fastidieux, alors que j’espère vous avoir prouvé qu’il n’en était rien, quand même, j’attire votre attention sur le point suivant. À travers ces animaux, vous allez traverser les différents espaces de la création. Ce qu’il y a sur terre, les animaux, ce qu’il y a dans les airs, les oiseaux, et ce qu’il y a dans les eaux, les poissons. Ce que vous avez le droit de manger, ce que vous n’avez pas le droit de manger sera l’occasion ici de faire le tour de la création.
Nous sommes dans le sanctuaire ici, et le sanctuaire est une réplique à la fois du mont Sinaï et de l’univers tout entier. C’est le jardin d’Éden que l’on est censé retrouver, donc c’est normal qu’il y ait des animaux dedans. Bon voyage ! Oui, dans le Lévitique, il y a plus qu’il n’y paraît.
Lecture : Lévitique 11
Le Seigneur parla à Moïse et à Aaron et leur dit : « Parlez aux fils d’Israël. Parmi tous les animaux qui sont sur la terre, voici ceux que vous pourrez manger. Tout animal qui a le sabot fourchu, fendu en deux ongles, et qui rumine, vous pourrez le manger.
Cependant, parmi les ruminants et parmi les animaux ayant des sabots, vous ne pourrez pas manger ceci : le chameau, car bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu, il est impur pour vous ; le daman, car bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu, il est impur pour vous ; le lièvre, car bien que ruminant, il n’a pas le sabot fourchu, il est impur pour vous ; et le porc, car bien qu’ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas, il est impur pour vous. Vous ne mangerez pas de leur chair, ni ne toucherez leur cadavre. Ils sont impurs pour vous.
Et parmi tous les animaux aquatiques, vous pourrez manger ceci : tout animal aquatique, de mer ou de rivière, qui a des nageoires et des écailles, vous pourrez le manger. Mais tout ce qui n’a pas de nageoires ni d’écailles, dans les mers ou dans les fleuves, parmi toutes les bêtes des eaux et tous les êtres vivants qui s’y trouvent, sera immonde pour vous. Vous les considérerez comme immondes, vous n’en mangerez pas la chair et vous aurez en dégoût leurs cadavres. Tout ce qui vit dans l’eau sans avoir de nageoires ni d’écailles sera immonde pour vous.
Voici, parmi les oiseaux, ceux qui seront immondes pour vous et qu’on ne mangera pas, car ce sont des choses immondes : l’aigle, le gypaète, l’orfraie, le busard, les différentes espèces de milan, toutes les espèces de corbeaux, l’autruche, le chat-huant, la mouette et les différentes espèces d’éperviers, le hibou, le cormoran, la chouette, l’ibis, la hulotte, le vautour blanc, la cigogne et les différentes espèces de hérons, la huppe, la chauve-souris.
Toutes les bestioles ailées qui marchent sur quatre pattes seront immondes pour vous. Mais parmi toutes les bestioles ailées qui marchent sur quatre pattes, vous mangerez seulement celles qui ont des pattes articulées leur permettant de sauter sur le sol. Voici donc celles que vous pourrez manger : les différentes espèces de sauterelles, criquets, grillons et locustes. Mais toute autre bestiole ailée qui a simplement quatre pattes sera immonde pour vous.
Vous vous rendrez impur avec les animaux ci-après. Quiconque touche leur cadavre sera impur jusqu’au soir, et quiconque porte une partie de leur cadavre devra laver ses vêtements et sera impur jusqu’au soir. Voici ces animaux : tout quadrupède qui a le sabot non fendu ou qui ne rumine pas sera immonde pour vous. Quiconque le touchera sera impur. De même, tous les animaux qui marchent sur la plante des pieds sont impurs pour vous. Quiconque touche leur cadavre sera impur jusqu’au soir. Et quiconque porte leur cadavre doit laver ses vêtements et sera impur jusqu’au soir. Ces animaux seront impurs pour vous.
Parmi tous les petits animaux qui foisonnent sur la terre ferme, voici ceux qui seront impurs pour vous : la taupe, la souris, les différentes espèces de lézards, geckos, lézards tachetés, lézards verts, lézards des sables et caméléons. Et parmi tous les petits animaux, ceux-là sont impurs pour vous. Quiconque les touche, quand ils sont crevés, sera impur jusqu’au soir.
Qu’une de ces bêtes ayant crevé tombe sur n’importe quel objet, celui-ci devient impur. Que ce soit un ustensile de bois, un vêtement, une peau ou une toile à sac, bref, un ustensile servant à n’importe quel usage, on le plongera dans l’eau, il sera impur jusqu’au soir, puis il sera pur. Et si l’une de ces bêtes tombe dans un quelconque récipient d’argile, tout son contenu deviendra impur, et vous briserez le récipient. Tout aliment qui entrera en contact avec cette eau sera impur. Il en sera de même pour une boisson potable : elle deviendra impure, quel que soit le récipient qui la contient. Si le cadavre d’une de ces bêtes tombe sur quelque objet, celui-ci sera impur. Un four ou un foyer devront être démolis, car ils sont impurs, et vous les tiendrez donc pour impurs. Mais une source ou une citerne où l’on recueille de l’eau restera pure. Toutefois, quiconque touchera un de ces cadavres tombés dedans sera impur. Si l’un des cadavres tombe sur une semence prête à être semée, elle restera pure. Mais si une semence a été humectée d’eau et que l’un de leurs cadavres tombe sur elle, elle sera impure pour vous.
Si un animal que vous pouvez manger vient à crever, quiconque touchera son cadavre sera impur jusqu’au soir. Quiconque mangera de son cadavre devra nettoyer ses vêtements et sera impur jusqu’au soir. Et quiconque transportera son cadavre devra nettoyer ses vêtements et sera impur jusqu’au soir.
Tous les petits animaux qui foisonnent sur la terre sont choses immondes. On n’en mangera pas. Tous ceux qui rampent sur le ventre, tous ceux qui marchent sur quatre pattes ou davantage, bref, tous les petits animaux qui foisonnent sur la terre, vous n’en mangerez pas, car ils sont immondes.
Ne vous rendez pas immondes vous-mêmes avec tous ces petits animaux qui foisonnent. Ne devenez pas impurs avec eux et ne soyez pas impurs à cause d’eux. Car moi, le Seigneur, je suis votre Dieu. Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car moi, je suis saint. Ne vous rendez pas impurs avec tous ces petits animaux qui rampent sur la terre, car moi, le Seigneur, je vous ai fait monter du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Vous serez donc saints, car moi, je suis saint.
Telle est la loi concernant les animaux, les oiseaux, tout être vivant qui remue dans l’eau et tout être vivant qui foisonne sur la terre. Elle sépare ce qui est impur de ce qui est pur, les animaux qui peuvent être mangés de ceux qui ne peuvent pas être mangés. »
Commentaire
Mes commentateurs dans la Bible se perdent très volontiers dans le détail pour essayer de m’expliquer pourquoi tel animal est pur et pourquoi tel animal est impur. Par exemple, le cochon, c’est bizarre. Qu’est-ce qui fait qu’il soit impur ? Et donc on cherche des explications. Ou bien encore d’autres questions passionnantes, comme par exemple : pourquoi est-ce qu’on ne parle pas d’un écureuil ? Je vous jure, je l’ai vu.
Le commentaire que j’ai trouvé le plus intéressant reste quand même, à ce propos, celui de Mary Douglas, L’anthropologie et la Bible, lecture du Lévitique, qui prend plus de recul et qui oppose ces animaux purs et impurs aux sacrifices. Dans les sacrifices, il était déjà question d’animaux. C’était les animaux nobles que l’on pouvait offrir à Dieu. Et là, il est question des animaux tout courts, des animaux banals, des animaux purs comme des animaux impurs. L’un qui fait le pendant à l’autre.
Je vous dis cela parce que ce commentaire de Mary Douglas est en fait plus profond qu’il n’y paraît. Elle, elle voit une continuité entre les sacrifices, les sacrifices d’animaux, et puis maintenant ces discussions sur le pur et l’impur. Pour elle, en fait, on est toujours dans le même espace liturgique, ce parvis situé à l’intérieur du sanctuaire, mais juste devant la tente de la rencontre. Est-ce que tout le monde voit bien ?
Je redis pour que les choses soient bien claires. Dieu est apparu sur le mont Sinaï. Et la tente de la rencontre, c’est une manière de reproduire le mont Sinaï de manière mobile qu’on va pouvoir transporter dans le désert, avoir Dieu avec soi, pour ensuite plus tard le reconstruire à grandeur nature sur un autre mont, le mont à Jérusalem — ça vous donnera le temple.
Bon, et bien ça, ça vous explique les différents espaces qui constituent cette tente de la rencontre. De la même manière qu’il y avait trois étages dans le mont Sinaï — en bas avec le peuple, la montagne où étaient rentrés Moïse et les anciens, et tout en haut, sur ce ciel de topaze, Dieu — ça vous donne dans la tente de la rencontre le parvis extérieur, là où tout le monde peut venir, le Saint réservé aux prêtres, et le Saint des Saints, l’endroit où habite Dieu.
Avec Aaron et ses fils, dans l’épisode précédent, on était rentrés rapidement, mais quand même, dans le Saint, sauf que ça s’est mal passé, et donc là maintenant on ressort à nouveau dans le parvis extérieur et on refait le tour du parvis extérieur avec cette question de pur et d’impur. Tout ce que vous entendez en ce moment dans le Lévitique est situé dans un espace très précis que nous sommes en train de parcourir.
Et avec cette histoire de parvis que l’on est en train de parcourir, souvenez-vous d’une chose : c’est qu’en même temps que l’on parcourt la création, c’est aussi votre vie que l’on parcourt. Parce que votre vie est comme un pèlerinage qui tourne autour de Dieu jusqu’au moment où vous pourrez rentrer à l’intérieur. C’est de vous, toujours, dont il est question.
Psaume 12
Combien de temps, Seigneur, vas-tu m’oublier ? Combien de temps me cacher ton visage ? Combien de temps aurai-je l’âme en peine et le cœur attristé chaque jour ? Combien de temps mon ennemi sera-t-il le plus fort ?
Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu. Donne la lumière à mes yeux, garde-moi du sommeil de la mort. Que l’adversaire ne crie pas : « Victoire ! » Que l’ennemi n’ait pas la joie de ma défaite.
Moi, je prends appui sur ton amour. Que mon cœur ait la joie de ton salut. Je chanterai le Seigneur pour le bien qu’il m’a fait.
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