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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien conclut la grande section du Lévitique consacrée au pur et à l’impur avec le chapitre 16 : le rituel de Yom Kippour, la fête des Expiations. Il met en lumière le lien entre la mort de Nadab et Abihou, l’encens offert devant l’Arche, et le double rite des deux boucs — l’un sacrifié, l’autre envoyé dans le désert pour Azazel. Son commentaire souligne que le propitiatoire et l’expiation partagent la même racine hébraïque signifiant « couvrir », et que ce rite préfigure le Christ portant nos péchés.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Eh bien, ça y est, on est en train de clôturer toute cette grande partie du Lévitique consacrée au pur et à l’impur, qui avait été introduite, souvenez-vous, par la mort de Nadab et Abihou, les deux fils d’Aaron, dont d’ailleurs on va évoquer à nouveau le souvenir ici, ce qui permet — la fin qui répond au début — de bien boucler la boucle.
Et après avoir parlé de la pureté et de l’impureté des animaux, puis de la pureté et de l’impureté de l’homme, avec au milieu la purification du lépreux — ce qui nous a permis de parler de ce nouveau thème : l’animal sacrifié, l’animal relâché — et voilà que maintenant les oiseaux relâchés, les oiseaux sacrifiés deviennent un bouc sacrifié et un bouc relâché. Nous sommes parvenus jusqu’à l’apothéose, la grande fête des Expiations, Yom Kippour. Bonne lecture.
Lecture : Lévitique 16
Le Seigneur parla à Moïse après la mort des deux fils d’Aaron, ceux qui moururent lorsqu’ils se présentèrent devant le Seigneur.
Le Seigneur dit à Moïse : « Parle à ton frère Aaron, qu’il n’entre pas n’importe quand dans le sanctuaire, au-delà du rideau, devant le propitiatoire qui se trouve sur l’arche. Ainsi il ne mourra pas quand j’apparais dans la nuée au-dessus du propitiatoire.
Voici comment Aaron entrera dans le sanctuaire : avec un taureau destiné au sacrifice pour la faute et un bélier pour l’holocauste.
Il revêtira une tunique de lin consacrée, il portera à même le corps un caleçon de lin, il se ceindra d’une ceinture de lin et se coiffera d’un turban de lin. Ses vêtements sacrés, il les revêtira après avoir baigné son corps dans l’eau.
Il recevra de la communauté des fils d’Israël deux boucs destinés au sacrifice pour la faute et un bélier pour l’holocauste.
Aaron présentera le taureau du sacrifice pour sa faute et accomplira le rite d’expiation pour lui et pour sa maison.
Puis il prendra les deux boucs et les placera devant le Seigneur à l’entrée de la tente de la rencontre.
Aaron tirera les sorts pour les deux boucs : un sort pour le Seigneur et un sort pour Azazel.
Aaron présentera le bouc sur lequel est tombé le sort pour le Seigneur et il en fera un sacrifice pour la faute.
Quant au bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel, on le placera vivant devant le Seigneur afin d’accomplir sur lui le rite d’expiation en l’envoyant vers Azazel dans le désert.
Aaron présentera le taureau du sacrifice pour sa faute, puis il accomplira le rite d’expiation pour lui et pour sa maison, et il immolera ce taureau en sacrifice pour sa faute.
Il prendra alors un brûle-parfum rempli de charbon ardent qui était sur l’autel devant le Seigneur. Puis il prendra deux pleines poignées de poudre d’encens aromatiques et portera le tout au-delà du rideau.
Il mettra l’encens sur le feu devant le Seigneur. Un nuage d’encens recouvrira le propitiatoire qui est sur le témoignage, et ainsi Aaron ne mourra pas.
Il prendra alors du sang du taureau et en aspergera avec le doigt le côté oriental du propitiatoire. Puis devant le propitiatoire, il fera sept aspersions de ce sang avec le doigt.
Il immolera alors le bouc destiné au sacrifice pour la faute du peuple et il emportera le sang au-delà du rideau. Il fera avec ce sang comme il a fait avec celui du taureau : il en aspergera le dessus et le devant du propitiatoire.
Il accomplira ainsi le rite d’expiation sur le sanctuaire pour les impuretés des fils d’Israël, leurs transgressions et toutes leurs fautes. Ainsi fera-t-il pour la tente de la rencontre.
Que personne ne se trouve dans la tente de la rencontre depuis l’instant où Aaron entre pour accomplir le rite d’expiation dans le sanctuaire jusqu’à ce qu’il en sorte.
Ainsi Aaron accomplira le rite de l’expiation pour lui-même, pour toute sa maison et pour toute l’assemblée d’Israël.
Ensuite, il sortira vers l’autel qui est devant le Seigneur et accomplira pour lui le rite d’expiation. Il prendra du sang du taureau et du sang du bouc et il en mettra sur les cornes de l’autel tout autour. De ce sang, il fera sept fois l’aspersion sur l’autel avec son doigt. Ainsi il purifiera et sanctifiera l’autel, le séparant des impuretés des fils d’Israël.
Une fois achevé le rite d’expiation du sanctuaire, de la tente de la rencontre et de l’autel, Aaron fera approcher le bouc vivant.
Il posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il prononcera sur celui-ci tous les péchés des fils d’Israël, toutes leurs transgressions et toutes leurs fautes. Il en chargera la tête du bouc, et il le remettra à un homme préposé qui l’emmènera au désert.
Ainsi, le bouc emportera sur lui tous leurs péchés dans un lieu solitaire. Et quand le bouc aura été emmené au désert, Aaron rentrera dans la tente de la rencontre, retirera les vêtements de lin qu’il avait mis pour entrer au sanctuaire, et les déposera là.
Il baignera son corps dans l’eau, en un lieu consacré, puis reprendra ses vêtements, sortira et offrira son holocauste et celui du peuple, accomplissant ainsi le rite d’expiation pour lui et pour le peuple.
Il fera fumer à l’autel la graisse du sacrifice pour la faute.
Celui qui aura emmené le bouc pour Azazel devra nettoyer ses vêtements et baigner son corps dans l’eau. Après quoi, il pourra rentrer au camp.
Le taureau du sacrifice pour la faute et le bouc du sacrifice pour la faute, dont le sang a été porté dans le sanctuaire pour accomplir le rite d’expiation, on les emportera hors du camp, et leurs peaux, leurs chairs et leurs excréments seront brûlés au feu.
Celui qui les aura brûlés devra nettoyer ses vêtements et baigner son corps dans l’eau. Après quoi, il pourra rentrer au camp.
C’est pour vous un décret perpétuel. Le septième mois, le dix du mois, vous ferez pénitence et vous ne ferez aucun travail, ni l’Israélite de souche ni l’immigré qui réside parmi vous.
C’est en effet en ce jour que l’on accomplira pour vous le rite d’expiation afin de vous purifier de toutes vos fautes. Devant le Seigneur, vous serez purs.
Ce sera pour vous un sabbat, un sabbat solennel, durant lequel vous ferez pénitence. C’est un décret perpétuel.
Le prêtre qui aura reçu l’onction et l’investiture pour exercer le sacerdoce à la place de son père accomplira le rite d’expiation. Il revêtira les vêtements de lin, vêtements consacrés. Il accomplira le rite d’expiation pour la partie très sainte du sanctuaire, et il purifiera la tente de la rencontre et l’autel. Il accomplira ensuite le rite d’expiation pour les prêtres et pour toute l’assemblée du peuple.
C’est pour vous un décret perpétuel. Une fois par an, pour les fils d’Israël, on accomplira le rite d’expiation, l’expiation de toutes leurs fautes. »
Et l’on fit comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
Commentaire
Évidemment, dans le rite de Yom Kippour, de l’expiation, ce qui retient d’abord l’attention, c’est cette histoire de deux boucs : l’un sacrifié, l’autre envoyé dans le désert. Mais je voudrais attirer quand même votre attention sur des détails pour mettre cette histoire de boucs en valeur.
Le premier détail sur lequel je voudrais attirer votre attention, c’est le verset 12. Il est donc question d’un brûle-parfum. Il est question d’encens. Ça ne vous rappelle rien ? Ben si ! Ben si ! C’est toujours cette histoire des deux fils d’Aaron ! Vous allez dire que j’arrête pas de parler de ça. Mais souvenez-vous, pourquoi est-ce qu’ils étaient morts ? Ils étaient morts parce qu’ils avaient voulu offrir de l’encens, un feu étrange que Dieu n’avait pas accepté. Et bien voilà que maintenant, alors que l’on clôture cette section sur le pur et l’impur que la mort des deux fils d’Aaron avait introduite, on vous explique la leçon qu’il y avait en réalité derrière.
Écoutez bien. Voilà ce que dit Dieu. C’est-à-dire, sous-entendu, pas comme ses fils. Laissez-moi vous le redire différemment. Les deux fils sont morts parce qu’ils ont emporté un encens qui était un excès de zèle qui ne plaisait pas à Dieu parce que c’était pas le bon moment. Et à travers tout ce long détour, on est passé de cet excès de zèle mal placé à la purification des lépreux, et maintenant à Yom Kippour. Sous-entendu, la grande leçon, c’est : si vous voulez mettre un excès de zèle, c’est dans votre demande de pardon qu’il faut le mettre. Elle est là, la grande leçon de tout ce passage.
Parce que cette rédemption, ce rachat des péchés, si vous faites attention, il vous emmène jusqu’où ? Il vous emmène jusque dans le sein, dans le sein de Dieu. On était ressortis dans le parvis extérieur et voilà que maintenant, Aaron peut offrir de l’encens devant l’Arche de l’Alliance. Il est donc rentré à l’intérieur de l’endroit le plus intime, en face de la présence de Dieu. C’est pas rien quand même !
Alors à propos de ce propitiatoire — le couvercle en or avec les chérubins sur l’Arche de l’Alliance — et à propos de Yom Kippour, écoutez, une fois n’est pas coutume, je ferai pas mieux qu’un passage que je vais vous citer. Il faut connaître les limites de son talent. Et moi, les limites de mon talent, elles se trouvent page 324, Jacques Cazeaux, La contre-épopée du désert.
Propitiatoire. Souvenez-vous, propitiatoire, c’est le couvercle en or qu’il y avait au-dessus de l’Arche de l’Alliance, devant lequel, en ce moment de Yom Kippour, Aaron se trouve pour offrir l’encens. Je reprends ma citation : « Propitiatoire, un mot quasi latin que personne ne comprend. Ce mot, en réalité, est en hébreu de la même racine que Kippour, l’expiation. Le point commun est l’idée simple de couvrir. Le rite d’expiation est une couverture des impuretés. » Ici, en fait, Dieu pardonne les impuretés en les recouvrant de sa miséricorde. En hébreu, propitiatoire, Kippour, couvrir, expier — en fait, c’est le même mot.
Je dois dire pour ma part que là, je pense qu’en fait, la meilleure explication, c’est d’arriver à Jésus. Si jamais il y a un endroit où vous voulez le mettre dans le Lévitique, ben c’est là. Il a pris sur lui nos péchés, il a porté sur lui le poids de nos soucis, de nos souffrances, homme de douleur : c’est par ses souffrances que nous sommes guéris.
Ah écoutez, ça me donne presque envie de m’arrêter là et de prier. Il faut quand même que l’épisode continue, donc moi je vous mets en transition poétique un psaume. Laissez-moi cinq minutes pour faire une prière, pour me confier à Jésus, et on y retourne.
Psaume 14
Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? Qui habitera ta sainte montagne ?
Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur.
Il met un frein à sa langue, ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain.
À ses yeux, le réprouvé est méprisable, mais il honore les fidèles du Seigneur. S’il a juré à ses dépens, il ne reprend pas sa parole.
Il prête son argent sans intérêt, n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
Qui fait ainsi demeure inébranlable.
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