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Résumé : Dans cet épisode consacré au Lévitique 17, le frère Paul-Adrien explique comment ce chapitre clôt la première partie du Lévitique par une insistance sur le caractère sacré du sang et de la vie. Il montre que deux principes fondamentaux y sont posés — le respect absolu de la vie et le pouvoir expiatoire du sang — qui trouvent leur accomplissement dans le sacrifice de Jésus sur la croix et dans l’Eucharistie. L’épisode se conclut par une prière inspirée de sainte Catherine de Sienne sur le Précieux Sang.

Introduction

Lévitique, chapitre 17. Là, il sera question de sang, du respect du sang. Alors, avant de l’écouter, fidèle à notre habitude, un ou deux petits mots.

De la même manière que Yom Kippour clôturait l’épisode de l’encens offert inadéquatement, le chapitre que vous allez entendre, avec son insistance sur le sang, son insistance sur le sacrifice, reprend ce qui a été vu depuis le début du livre du Lévitique. Encore, allez-vous me dire ? Eh non ! Souvenez-vous, c’est ce qu’on appelle une inclusion. Le thème du début est repris à la fin. En fait, on est en train de clore tout ce sujet. Donc plutôt, réjouissez-vous !

Et en exercice de lecture, on va voir si vous êtes devenus des sages, des experts du Lévitique. Petite question : qu’est-ce qu’il y aura de nouveau maintenant ?

Lecture : Lévitique 17

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à Aaron et à ses fils et à tous les fils d’Israël. Tu leur diras : voici ce que le Seigneur a ordonné.

Si un homme, un homme de la maison d’Israël, immole un taureau, un jeune bélier ou une chèvre dans le camp ou l’immole hors du camp, sans le faire venir à l’entrée de la tente de la rencontre, comme on apporte au Seigneur un présent réservé devant la maison du Seigneur, cet homme devra répondre du sang. Il a versé le sang. L’homme sera retranché du milieu de son peuple.

Ainsi les fils d’Israël, au lieu de sacrifier les victimes dans la campagne, les amèneront aux prêtres à l’entrée de la tente de la rencontre et ils les offriront en sacrifice de paix pour le Seigneur. Le prêtre aspergera de sang l’autel du Seigneur, qui est à l’entrée de la tente de la rencontre, et il fera fumer la graisse en nourriture offerte, en agréable odeur pour le Seigneur.

Ainsi ils n’offriront plus leur sacrifice à ces boucs, à la suite desquels ils se sont prostitués. C’est un décret perpétuel pour eux et pour leurs descendants.

Tu leur diras : si un homme, un homme de la maison d’Israël ou un immigré résidant parmi vous, offre un holocauste ou un sacrifice sans amener la victime à l’entrée de la tente de la rencontre pour la présenter au Seigneur, cet homme sera retranché du milieu de son peuple.

Si un homme, un homme de la maison d’Israël, ou un immigré résidant parmi vous, consomme n’importe quel sang, je tournerai mon visage contre celui qui aura consommé le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple.

Car la vie d’un être de chair est dans le sang, et moi, je vous le donne, afin d’accomplir sur l’autel le rite d’expiation pour vos vies. En effet, c’est le sang comme principe de vie qui fait expiation.

Et voilà pourquoi j’ai dit aux fils d’Israël : nul d’entre vous ne consommera du sang. L’immigré qui réside parmi vous ne consommera pas de sang.

Si un homme, un homme de la maison d’Israël ou un immigré résidant parmi vous, prend à la chasse un gibier ou un oiseau qu’il est permis de manger, il en répandra le sang et le recouvrira de terre.

Car la vie de tout être de chair est dans son sang, et je dis aux fils d’Israël : vous ne consommerez le sang d’aucun être de chair. Car la vie de toute chair est dans son sang, et quiconque en consommera sera retranché.

Si quelqu’un, israélite de souche ou immigré, mange d’un animal crevé ou déchiré, il devra nettoyer ses vêtements et se baigner dans l’eau, il sera impur jusqu’au soir, puis il sera pur. Mais s’il ne nettoie pas ses vêtements et ne baigne pas son corps, il portera le poids de son péché. »

Commentaire

Dans ce passage que vous venez d’entendre, qui fait une jolie clôture avec le Lévitique chapitre 1 sur cette question de sacrifice — ce qui veut donc dire que nous allons aborder une nouvelle partie, c’est ça ce que ça veut dire — eh bien du chemin aura été fait. Vous sentez que la manière dont on parle des sacrifices est légèrement différente. Là, il y a de nouvelles résonances.

Par exemple, si jamais je vous dis, verset 7, ce que vous avez lu : « Ainsi ils n’offriront plus leurs sacrifices à ces boucs, à la suite desquels ils se sont prostitués. » C’est quoi cette histoire de boucs devant lesquels les Israélites se prostituaient ? C’est que là, en fait, on est en train de vous parler des rites païens que les Israélites imitaient et que maintenant on est en train de spiritualiser pour les rendre agréables à Dieu. Et c’est tout le thème de l’étranger, de l’unification politique, de la tentation des rites païens qui a été introduit, sans peut-être que vous ne fassiez attention, mais ils étaient quand même là, dans ce chapitre. Et ça, c’était une nouvelle résonance.

Alors parlons-en : par quoi se distingue le culte israélite des autres cultes avoisinants ? Eh bien par le respect de la vie. Le sang, la vie, est tellement précieux que c’est sacré, on ne peut l’offrir que devant la tente de la rencontre, ce qui vous donnera plus tard dans la doctrine sociale de l’Église le principe du droit et de la défense de la vie. La vie est sacrée. C’est ça ce qu’il y a au cœur du culte ici israélite et qui le distingue des autres cultes environnants. Je vous cite : « Car la vie de tout être de chair est dans son sang, et je dis aux fils d’Israël : vous ne consommerez le sang d’aucun être de chair. » Donc verser le sang, c’est un acte sacré qui appartient à Dieu. Donc le sang, la vie, comme premier principe sacré distinctif du culte israélite. Respecter la vie.

Deuxième principe qui vient d’être posé là, comme ça, juste après le rite de l’expiation de Yom Kippour qui a permis de bien l’introduire, que vous n’avez peut-être pas remarqué, et qui pourtant pour nous, chrétiens, au fur et à mesure de la révélation, va prendre une telle ampleur que ça va devenir le trait constitutif du christianisme et du sacrifice du culte offert par Jésus sur la croix. Verset 11 que vous avez donc entendu : « La vie d’un être de chair est dans le sang » — toujours la même chose — « et moi je vous le donne afin d’accomplir sur l’autel le rite d’expiation pour vos vies. » Le sang a le pouvoir d’expier les péchés. C’est ce qu’on avait vu avec le rite de Yom Kippour où on sacrifiait le bouc émissaire. Mais là, on vous donne le principe qui était au cœur de ce Yom Kippour. Le sang. C’est le sang qui a le pouvoir de pardonner le péché. Et c’est ce principe que reprendra Jésus et qui vous donnera le sacrifice de la croix.

Alors moi, tous les gens qui me disent que le Lévitique c’est pas passionnant et que c’est un peu has-been, je rigole. Mais mes petits bichons, c’est le Lévitique qui vous a posé les principes de votre rédemption. Ne l’oubliez pas.

Lettre aux Hébreux 9, 22 : « Sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon des péchés. » Et ça vous donne encore le discours du pain de vie de Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, celui-là a la vie éternelle. » Et ça vous donne la messe : « Ceci est mon sang versé pour vous, qu’il soit versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. »

Alors pourquoi est-ce que maintenant, le sang a le pouvoir de pardonner les péchés ? C’est très curieux. C’est très curieux, c’est difficile de savoir exactement. Ce qu’on sait, c’est toujours cette histoire depuis Abel qui court dans l’Ancien Testament, c’est que le sang a le pouvoir de crier. Le sang d’Abel qui crie vengeance. Et ce sera plus tard le sang de Jésus qui crie pardon. Donc le sang, pour Dieu, a un poids particulier, il est attentif à chaque goutte de sang versée et il écoute la prière qu’il y avait derrière.

Derrière aussi, le fait de verser son sang vous donne le mérite de votre charité. C’est l’expression du plus grand amour quand vous donnez votre vie. Et ça, pour Dieu, c’est le principe même de sa vie. En fait, on ne s’en aperçoit pas, mais la sainteté de Dieu, elle vient précisément de là, de donner le meilleur de soi-même par une sorte d’excès de générosité, d’excès de vie. Donner son sang, c’est manifester qu’on a tellement de vie en soi, une vie spirituelle, une vie de générosité, une vie de charité, qu’elle déborde de tous les côtés et qu’on la donne gratuitement, comme une fontaine qui s’épanche gratuitement pour tout le monde.

Et enfin, le fait d’être aspergé de sang. Normalement, il faut voir que pendant les sacrifices, vous avez entendu, à chaque fois, on trempait les doigts dans le sang et on mettait ça en plein visage. De la même manière, nous, normalement, au pied de la croix, il y a Jésus qui, son côté transpercé, il y a du sang qui jaillit avec de l’eau et ça arrive sur notre visage. C’est pour ça, d’ailleurs, qu’on boit ça à la messe. C’est pour que le sang arrive jusqu’à nous. Et ça, derrière, ça veut dire que la vie qui a été donnée est maintenant reçue. Le sang de Jésus, c’est lui qui donne sa vie et quand il arrive sur votre visage ou que vous buvez le corps du Christ et le sang du Christ, vous prenez sa vie. La vie qui était à lui, il la donnait à Dieu et en la donnant à Dieu, il vous la donne à vous. Et donc, s’il la donne à Dieu, ça veut dire que son sacrifice est accepté et s’il la donne à vous, ça veut dire que vous participez à ce sacrifice accepté par Dieu. Et c’est ainsi que vos péchés sont pardonnés. Encore faut-il donner sa vie de manière parfaite, ce qui n’est pas donné à tout le monde, mais ce qui sera le cas de Jésus, qui sera le véritable bouc émissaire parce que c’est lui qui accomplit parfaitement ces figures du Lévitique.

Prière

Nous terminons par une prière inspirée de sainte Catherine de Sienne qui avait une dévotion particulière pour le sang du Christ.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Ô sang précieux qui jaillis des plaies de mon Seigneur Jésus-Christ crucifié et qui laves le monde de ses péchés, purifie-moi de toute souillure. Fais couler en moi ta vie. Ô sang d’amour, tu es la source de la vie, la clé de la miséricorde, le remède des affligés, la promesse de l’espérance. Que ta puissance m’enveloppe, que ton amour me consume, que ta paix m’inonde. Ô sang de mon Sauveur, tu es ma force et mon refuge, tu es mon salut et ma consolation. Fais que mon cœur devienne un autel où ton sang puisse couler pour la gloire de Dieu. Je t’aime, sang précieux, je te loue, je te bénis, je t’adore. Tu m’as ouvert les portes de la vie éternelle.

Et vous, que Dieu vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


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