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Résumé : Le frère Paul-Adrien conclut le livre du Lévitique avec la lecture du chapitre 27 sur les vœux, les consécrations et le rachat des personnes, animaux, maisons et champs voués au Seigneur. Dans son commentaire, il explique comment le Lévitique a permis d’apprivoiser la tente de la Rencontre et prépare la transition vers le livre des Nombres. L’épisode se termine par le Psaume 18, qui chante la gloire de Dieu dans la création et la perfection de sa Loi.
Introduction
Le dernier chapitre du Lévitique. On a terminé le Lévitique. Chapitre 27.
Lecture : Lévitique 27
Le Seigneur parla à Moïse et dit :
« Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : si quelqu’un a fait le vœu particulier de vouer une personne au Seigneur, il le fera selon la valeur de la personne.
Voici les évaluations. Pour un homme entre 20 et 60 ans, la valeur sera fixée à 50 sicles, au taux du sicle du sanctuaire. Si c’est une femme, la valeur sera fixée à 30 sicles.
Si c’est un garçon entre 5 et 20 ans, la valeur sera fixée à 20 sicles, et si c’est une fille, 10 sicles.
Si c’est un garçon entre 1 mois et 5 ans, la valeur sera fixée à 5 sicles d’argent, et si c’est une fille, à 3 sicles d’argent.
Si c’est un homme de 60 ans et plus, la valeur sera fixée à 15 sicles, et si c’est une femme, à 10 sicles.
Si quelqu’un est trop pauvre pour payer la valeur fixée, il placera devant le prêtre la personne vouée pour que le prêtre en fixe la valeur. Le prêtre l’évaluera en fonction des moyens de celui qui a fait le vœu.
S’il s’agit d’animaux qu’on apporte au Seigneur en présent réservé, tout animal ainsi donné au Seigneur sera chose sainte. On ne le changera pas, on ne le remplacera pas, on ne mettra pas un bon pour un mauvais, ni un mauvais pour un bon. Si l’on substitue un animal à un autre, l’un et l’autre seront choses saintes.
S’il s’agit d’animaux impurs dont aucun ne peut être apporté au Seigneur en présent réservé, l’animal sera placé devant le prêtre. Celui-ci l’évaluera, le jugeant bon ou mauvais, et l’on s’en tiendra à la valeur fixée. Mais si l’on veut le racheter, on ajoutera un cinquième à la valeur fixée.
Si un homme consacre sa maison comme chose sainte pour le Seigneur, le prêtre l’évaluera, la jugeant bonne ou mauvaise, on s’en tiendra à la valeur fixée par le prêtre. Mais si celui qui a consacré sa maison veut la racheter, il ajoutera un cinquième à la valeur fixée.
Si un homme consacre au Seigneur un champ de sa propriété, la valeur en sera fixée en fonction de ce qu’on peut y semer : pour un homer d’orge, cinquante sicles d’argent.
S’il consacre son champ pendant l’année jubilaire, on s’en tiendra à la valeur fixée. Mais s’il consacre son champ après le jubilé, le prêtre en fixera la valeur en proportion du nombre d’années restant à courir jusqu’à celle du prochain jubilé, et la valeur fixée sera réduite en proportion.
Si quelqu’un qui a consacré son champ veut le racheter, il ajoutera un cinquième à la valeur fixée, et le champ lui reviendra. S’il ne le rachète pas, mais le vend à un autre, il n’y aura plus droit de rachat.
Quand le champ sera libéré lors de l’année jubilaire, il sera chose sainte pour le Seigneur. Tel un champ voué à l’anathème, il sera la propriété du prêtre.
Si un homme consacre au Seigneur un champ qu’il a acquis, mais qui ne fait pas partie de sa propriété patrimoniale, le prêtre en fixera la valeur en proportion des années à courir jusqu’à celle du jubilé, et l’homme en versera le prix le jour même. C’est chose sainte pour le Seigneur. Lors de l’année jubilaire, le champ reviendra à celui dont on l’avait acquis, et dont c’est la propriété dans le pays.
Toute évaluation sera faite en sicle du sanctuaire, un sicle valant 20 guéras.
Cependant, personne ne pourra consacrer un premier-né du bétail, puisqu’il est prémice pour le Seigneur. Gros ou petit bétail, il appartient au Seigneur. Mais si c’est un animal impur, on pourra le racheter à la valeur fixée, en ajoutant un cinquième. S’il n’est pas racheté, l’animal sera vendu à la valeur fixée.
Cependant, tout ce qu’un homme a voué au Seigneur par anathème, être humain, animal ou champ de sa propriété patrimoniale, ne pourra être vendu ou racheté. Tout ce qui est voué par anathème est chose très sainte pour le Seigneur. Tout être humain voué par anathème ne pourra être racheté, il sera mis à mort.
Toute dîme du pays, prélevée sur les produits de la terre ou sur les fruits des arbres, appartient au Seigneur : c’est chose sainte pour le Seigneur. Si un homme veut racheter une partie de sa dîme, il ajoutera un cinquième à la valeur fixée.
Toute dîme de gros ou petit bétail, c’est-à-dire chaque dixième bête qui passe sous la houlette du berger, est chose sainte pour le Seigneur. On ne fera pas le tri entre le bon et le mauvais, on ne remplacera pas l’un par l’autre. Si on le fait, la bête remplacée et l’autre seront choses saintes, on ne pourra pas les racheter.
Tels sont les commandements que le Seigneur donna à Moïse pour les fils d’Israël, sur le mont Sinaï. »
Commentaire
Sans transition aucune, le prochain livre, le livre des Nombres, recommencera à l’intérieur de la tente de la Rencontre. Toujours ce va-et-vient, mais souvenez-vous : la tente de la Rencontre, le mont Sinaï, la Jérusalem céleste, dans la pensée divine, c’est la même chose. Donc ne soyez pas totalement étonnés de ce va-et-vient, même si cette mention du mont Sinaï nous permet de clôturer tout un épisode qui avait commencé dans le livre de l’Exode.
Nous sommes restés avec le peuple hébreu un an au pied de la montagne. Avec le Lévitique, nous avons accompli tout ce qu’il y avait à accomplir sur cette montagne ou au pied de cette montagne. La boucle est bouclée et maintenant le peuple hébreu va pouvoir repartir en voyage. Ce sera le prochain livre, le livre des Nombres.
Alors quand je vous dis que tout a été accompli, laissez-moi vous dire un peu plus ce que je pense par là. Accomplir le Lévitique, c’est pouvoir entrer dans le Saint des Saints. C’est ça, accomplir le Lévitique, c’est accomplir l’alliance contenue dans l’arche d’Alliance avec le Décalogue.
Je vous ai dit que dans le Lévitique, personne n’avait réussi à rentrer dans le Saint des Saints, mais ce n’était pas tout à fait vrai parce qu’il y avait eu une exception : le grand prêtre Aaron, qui, une fois par an pendant Yom Kippour, pouvait rentrer et asperger de sang l’arche d’Alliance, le propitiatoire. Donc si vous voulez, on est déjà quand même en train d’apprivoiser la tente de la Rencontre à travers le Lévitique.
Le mode de fonctionnement a été donné par tout le truchement des sacrifices, des symboles du pur et de l’impur. À défaut d’avoir totalement réalisé ce que disait le Lévitique – ce qui ne s’accomplira qu’avec Jésus –, le mode d’emploi a été donné et la tente de la Rencontre a comme été, peut-être pas domestiquée, mais apprivoisée. La différence, c’est que domestiquée, vous lui avez retiré le côté sauvage, mais Dieu reste quelqu’un de dangereux. Apprivoisée, ça veut dire que vous avez commencé à rentrer dans sa familiarité.
Et de manière très fine et très belle, par quoi termine le livre du Lévitique, le chapitre que nous venons d’entendre ? Par le rachat. Quand vous avez accompli un vœu privé, que vous avez consacré une maison ou alors vous-même à Dieu, et que vous avez accompli votre vœu, comment racheter, c’est-à-dire de manière symbolique, comment sortir de la tente de la Rencontre une fois que vous avez accompli tous les rites ? Pendant 25 chapitres, on vous a expliqué comment rentrer au plus près de l’arche d’Alliance, on vous a donné le mode d’emploi ; maintenant on vous explique comment en sortir. Et en sortir, non pas par le bas, mais par le haut.
Le rachat, les vœux privés, c’est quoi ? Ce sont les offrandes libres, volontaires, que vous accomplissez uniquement, gratuitement et par générosité, à Dieu pour lui faire plaisir. Ce que nous, on appellerait en langage théologique chrétien la morale des conseils. Quand vous voulez aller encore plus loin, et cette fois-ci non pas simplement aimer Dieu, mais être saint.
En guise de prière finale, nous lisons ensemble le Psaume 18. Il tombe, curieux hasard – mais c’est bien la providence – pile pour la fin du Lévitique, parce qu’il parle de la loi, de la loi de Dieu qui est parfaite et qui donne la vie. Et il le fait d’une telle manière qu’il lui donne une dimension cosmique. Vous allez voir comment ce psaume commence par chanter la beauté de la création, pour ensuite parler d’un soleil qui va surgir pour tout illuminer – ici, c’est la vision du Jubilé, plus tard ce sera la vision du Fils de l’Homme –, pour finalement nous faire méditer sur la loi de Dieu, dont il n’a cessé d’être question tout au long de ce livre du Lévitique.
Psaume 18
Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit, et la nuit à la nuit en donne connaissance.
Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s’entendent, mais sur toute la terre en paraît le message, et la nouvelle aux limites du monde.
Là, se trouve la demeure du soleil. Tel un époux, il paraît hors de sa tente, il s’élance en conquérant joyeux.
Il paraît où commence le ciel, il s’en va jusqu’où le ciel s’achève. Rien n’échappe à son ardeur.
La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie. La charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent les cœurs. Le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard.
La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours. Les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables.
Plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons.
Aussi ton serviteur en est illuminé ; à les garder, il trouve son profit.
Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m’échappent.
Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil, qu’il n’ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché.
Accueille les paroles de ma bouche, le murmure de mon cœur ; qu’ils parviennent devant toi, Seigneur, mon rocher, mon défenseur.
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