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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit la fin de Nombres 9 et le chapitre 10, qui racontent le départ des fils d’Israël du Sinaï vers la Terre promise, guidés par la nuée divine et au son des trompettes d’argent. Le commentaire souligne la docilité exemplaire des Hébreux qui suivent promptement les ordres du Seigneur, tout en relevant une fissure subtile chez Moïse qui demande à son beau-frère Hovav de le guider dans le désert plutôt que de s’en remettre entièrement à Dieu. L’épisode se conclut avec le Psaume 23.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Alors, ça se passe comment pour vous cette Bible en un an ? Je suis d’accord qu’il y a certainement des passages exigeants et austères, mais quand même, vous sentez ce grand mouvement ? Est-ce que vous sentez cette palpitation de Dieu ? Ça, en tout cas, c’est ce qu’on essaye de vous faire vivre.

Alors, n’oubliez pas, si vous souhaitez nous aider dans cette grande œuvre d’évangélisation, ben, soyez généreux, parce que derrière, il y a des gens qui sont en train de se convertir. Derrière, il y a des gens qui sont en train de se rapprocher de Dieu. Derrière, il y a des saints qui sont en train de naître parmi vous qui écoutez ce podcast. Peut-être toi ? Hmmmm, bien joué.

Bon, allez, on y retourne. Nombres, chapitre 10. Alors, d’ailleurs, je vous avais même mis la fin du chapitre 9. Parce qu’en fait, à la fin du chapitre 9 qu’on était censé lire au dernier épisode, ben, on commençait à se remettre gentiment en marche. Et pour garder l’effet de bloc, je vous ai mis la fin du chapitre 9 avec le chapitre 10. Laissez-vous porter par le récit et puis le départ en grande fanfare vers la Terre promise.

Lecture : Nombres 9,15 – 10,36

Le jour où l’on dressa la Demeure, la nuée couvrit la Demeure, c’est-à-dire la tente du Témoignage. Et le soir, il y eut sur la Demeure comme l’apparence d’un feu, et cela jusqu’au matin. Il en fut toujours ainsi. La nuée couvrait la Demeure, et la nuit, il y avait l’apparence d’un feu.

Dès que la nuée montait au-dessus de la tente, les fils d’Israël levaient le camp. À l’endroit où elle s’arrêtait, les fils d’Israël campaient. Sur l’ordre du Seigneur, les fils d’Israël levaient le camp, et sur l’ordre du Seigneur, ils campaient. Tous les jours où la nuée demeurait sur la Demeure, ils campaient.

Et quand la nuée s’attardait de nombreux jours sur la Demeure, les fils d’Israël observaient l’ordre du Seigneur, ils ne levaient pas le camp. Il arrivait que la nuée reste peu de jours sur la Demeure ; sur l’ordre du Seigneur, ils campaient, et sur l’ordre du Seigneur, ils levaient le camp. Il arrivait que la nuée reste seulement du soir au matin. Le matin, la nuée s’élevait, et ils levaient le camp, ou bien elle restait un jour et une nuit. La nuée s’élevait, et ils levaient le camp. Que ce fût deux jours, un mois, ou plus encore, tant que la nuée s’attardait sur la Demeure, demeurait au-dessus d’elle, les fils d’Israël campaient et ne levaient pas le camp. Mais dès qu’elle s’élevait, ils levaient le camp. C’est sur l’ordre du Seigneur qu’ils campaient, et sur l’ordre du Seigneur qu’ils levaient le camp. Ils observaient les dispositions du Seigneur, selon son ordre.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Fais-toi deux trompettes d’argent. Tu les feras en métal repoussé. Elles te serviront à convoquer la communauté, et à donner le signal pour lever le camp. Lorsqu’elles sonneront toutes les deux, toute la communauté se rassemblera auprès de toi à l’entrée de la tente de la Rencontre. Lorsqu’une seule trompette sonnera, les responsables, les chefs des clans d’Israël, se rassembleront auprès de toi.

Lorsque vous accompagnerez d’ovations la sonnerie, ceux qui campent à l’est lèveront le camp. À la deuxième sonnerie accompagnée d’ovations, ceux qui campent au sud lèveront le camp. Pour lever le camp, on accompagnera d’ovations la sonnerie. Mais pour réunir l’assemblée, on n’accompagnera pas d’ovations la sonnerie.

Les prêtres, fils d’Aaron, seront chargés de sonner de la trompette. Ce sera pour vous et vos descendants un décret perpétuel.

Lorsque sur votre terre, vous marcherez au combat contre l’ennemi qui vous enserre, vous accompagnerez les cris de guerre de la sonnerie des trompettes. Ainsi, il sera fait mémoire de vous devant le Seigneur votre Dieu, et vous serez sauvés de vos ennemis.

Lors de vos jours de fête, de vos solennités et à chaque nouvelle lune, vous sonnerez des trompettes pour accompagner vos holocaustes et vos sacrifices de paix. Et elles seront pour vous un mémorial devant votre Dieu. Je suis le Seigneur votre Dieu. »

La deuxième année, le deuxième mois, le vingt du mois, la nuée s’éleva au-dessus de la Demeure du Témoignage. Alors les fils d’Israël levèrent le camp pour partir du désert du Sinaï. La nuée se posa au désert de Paran. Pour la première fois, ils levèrent le camp selon l’ordre du Seigneur transmis par Moïse.

En premier lieu partit l’étendard du camp des fils de Juda. Nahshôn, fils d’Aminadab, commandait l’armée de Juda. Netanéel, fils de Çouar, commandait l’armée de la tribu des fils d’Issacar. Éliab, fils de Hélôn, commandait l’armée de la tribu des fils de Zabulon.

La Demeure fut démontée, et alors les fils de Guershôn et les fils de Merari, porteurs de la Demeure, levèrent le camp.

Ensuite partit l’étendard du camp des fils de Ruben, groupés par formation de combat. Éliçour, fils de Shedéour, commandait l’armée de Ruben. Sheloumiel, fils de Çourishadaï, commandait l’armée de la tribu des fils de Siméon. Élyassaf, fils de Déouël, commandait l’armée de la tribu des fils de Gad.

Alors les Qehatites, porteurs des objets du sanctuaire, levèrent le camp. On dressait la Demeure avant leur arrivée.

Élishama, fils d’Ammihoud, commandait l’armée d’Éphraïm. Gamliel, fils de Pedahçour, commandait l’armée de la tribu des fils de Manassé. Abidân, fils de Guidéoni, commandait l’armée de la tribu des fils de Benjamin.

Ensuite, comme arrière-garde de tous les camps, partit l’étendard du camp des fils de Dan, groupés en formation de combat. Ahiézer, fils d’Ammishaddaï, commandait l’armée de Dan. Ahira, fils d’Einân, commandait l’armée de la tribu des fils de Neftali.

Tel était l’ordre des départs des fils d’Israël, groupés en formation de combat. C’est ainsi qu’ils levèrent le camp.

Moïse dit à Hovav, fils de Réouël le Madianite, beau-père de Moïse : « Nous, nous partons vers le lieu dont le Seigneur nous a dit : “Je vous le donnerai.” Viens avec nous et sois heureux, car le Seigneur a promis du bonheur pour Israël. »

Mais il répondit : « Non, je n’irai pas. Je n’irai que dans mon pays, chez les miens. »

Moïse reprit : « Ne nous abandonne pas, je t’en prie, car vraiment tu sais où nous pouvons camper dans le désert. Tu seras pour nous comme des yeux. Si tu viens avec nous, ce bonheur dont nous fera bénéficier le Seigneur, nous t’en ferons bénéficier. »

Ils partirent donc de la montagne du Seigneur pour une marche de trois jours. Pendant cette marche de trois jours, l’arche de l’Alliance du Seigneur les précédait afin de chercher pour eux un lieu de repos. Et la nuée du Seigneur les couvrait durant le jour, lorsqu’ils levaient le camp.

Au moment où l’arche partait, Moïse disait : « Lève-toi, Seigneur, pour que tes ennemis se dispersent, et que ceux qui te haïssent fuient loin de ta face. »

Et quand l’arche s’arrêtait, il disait : « Reviens, Seigneur, vers la multitude innombrable d’Israël. »

Commentaire

Nous voilà partis. Et tout fonctionne, tout a l’air de fonctionner. Regardez la manière dont les Israélites obéissent à Dieu qui se lève et qui descend.

Vous avez peut-être vu cette espèce de long développement, un paragraphe entier, pour nous dire comment Dieu guide la marche : la nuée qui couvre la Demeure et qui devient la nuit comme un feu qui les guide. On avait déjà rencontré ça dans le livre de l’Exode, juste quand Israël sortait d’Égypte, d’ailleurs juste après la Pâque. Comment, pour fuir les armées du Pharaon avant qu’ils ne les engloutissent dans la mer Rouge, le Seigneur guidait le peuple hébreu avec une colonne de feu. On nous l’avait déjà dit. Et donc là, on nous le redit, mais on nous le redit de manière beaucoup plus ample, pour souligner la promptitude, la docilité — c’est le mot.

La docilité avec laquelle les Hébreux suivent cette colonne de feu. La docilité, c’est la grande vertu mystique qui fait que vous passez non seulement de l’obéissance, mais à cette forme de spontanéité dans l’obéissance qui fait que vous devenez emplis de la présence de Dieu et que vous répondez tout de suite aux impulsions de la grâce. C’est comme ça que les grands mystiques ont progressé dans la nuit de la foi et dans la lumière de Dieu.

Donc, donc 20 sur 20, les Israélites ont compris, ils obéissent. Et d’ailleurs, pour bien le souligner, vous avez ces accents de trompette. Le shofar, la trompette liturgique, qui fait que cette marche dans le désert, ça devient une marche liturgique, et que là, on rentre en guerre comme on rentre en procession à la messe. Et à chaque fois, on acclame le Dieu des puissances, le Seigneur des armées, la gloire de Dieu qui va bientôt apparaître.

Vous avez les fils d’Israël qui se lèvent les uns après les autres, on démonte la tente, on se laisse guider par Dieu, et puis le soir, on remet tout ce campement, tout ça dans le plus grand ordre. Et ça se passe tellement bien cette affaire que les voilà qu’en trois jours, ils engloutissent sous leurs pas le désert et qu’ils passent en trois jours seulement du mont Sinaï jusqu’au désert de Paran, juste en dessous de la Terre promise.

Et Moïse qui s’exclame : « Lève-toi, Seigneur, pour que tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient devant ta face. » Ça, c’est les habitants de la Terre promise, ils n’ont qu’à bien se tenir. Et Moïse qui termine son appel à la victoire en disant : « Reviens, Seigneur, vers la multitude innombrable d’Israël. » Ah, il est fier Moïse, il est fier de ces 600 000 personnes, le doigt sur la couture et le fusil à l’épaule. Ça va barder.

En même temps, c’est la Bible. Alors on se dit, mais il est où ? Il est où le petit truc ? Vous savez, quand ça devient trop victorieux, quand on commence à prendre la confiance ? Et là, là, de manière propre, claire et nette, on l’a prise la confiance. Et là, cette fois-ci, c’est à vous que Dieu parle. C’est facile d’obéir à Dieu quand tout va bien. Donc là, on obéit et hop, la vie est belle. Là, on se dit, mais il est où le petit caillou dans la chaussure, là ?

Le petit caillou dans la chaussure, il a pris le nom d’une personne : Hovav. Hovav, c’est le beau-frère de Moïse, le fils de Réouël. Alors Réouël, qu’on avait déjà rencontré en Exode 2, c’est Jéthro. Réouël, Jéthro, c’est la même chose. Moïse lui demande de venir l’accompagner dans le désert. Et vous aviez ce petit dialogue entre Moïse et son beau-frère. Moïse qui essaie de le cajoler pour que sa famille puisse partir avec lui. Là, on en déduira plus tard qu’effectivement, Hovav l’a accompagné, ce qui va donner le clan des Kénites.

Mais ici, j’attire votre attention sur cette espèce de flatterie que Moïse fait à Hovav, son beau-frère. Il lui dit, verset 31 : « Ne nous abandonne pas, je t’en prie, car vraiment, tu sais où nous pouvons camper dans le désert, et tu seras pour nous comme des yeux. » « Tu seras pour nous comme des yeux. » Donc là, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Moïse demande à son beau-frère de le guider dans le désert. Ce qui est quand même curieux, parce que dans le livre de l’Exode, Moïse avait fait cette demande à Dieu : « Guide-nous à travers le désert. »

Et ce qui est d’autant plus curieux, c’est qu’après, on vous dit, juste deux versets après : « Pendant cette marche de trois jours, l’arche de l’Alliance du Seigneur les précédait, afin de chercher pour eux un lieu de repos. » Alors, qui guide qui ? Vous allez me dire, deux précautions valent mieux qu’une, il vaut mieux avoir deux guides qu’en avoir aucun. Mais dans la vie de foi, évidemment que ça se passe pas comme ça. Ou vous faites confiance à Dieu, ou vous lui faites pas confiance. Est-ce que c’est le beau-frère qui doit guider, ou est-ce que c’est Dieu ?

Ben, il y a un petit truc, là. Il y a un petit truc. Il y a une fissure qu’on avait déjà notée dans le personnage de Moïse, que l’on retrouve ici, et c’est pas la dernière fois. Un jour, il faudra bien que cette fissure explose.

Psaume 23

Au Seigneur le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants. C’est lui qui l’a fondé sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles et ne dit pas de faux serments. Il obtient du Seigneur la bénédiction, et de Dieu son Sauveur la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent, voici Jacob qui recherche ta face.

Portes, levez vos frontons, et levez-vous, portes éternelles, qu’il entre, le roi de gloire ! Qui est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles, qu’il entre, le roi de gloire ! Qui donc est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur, Dieu de l’univers, c’est lui, le roi de gloire.


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