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Résumé : Après le fiasco de l’entrée manquée en Terre promise, Dieu reprend les règles sacrificielles avec son peuple et introduit le port des franges (tzitzit) aux vêtements comme rappel permanent de ses commandements (Nombres 15). Le frère Paul-Adrien relie ces franges au manteau de Joseph, aux vêtements que Dieu fit pour Adam, et au miracle de la femme hémorroïsse touchant les franges de Jésus dans les Évangiles.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Vous sentez cette magnifique lecture ? La Bible en un an, c’est ça ce qu’il y a de beau, c’est que là vous avez qui se déploie devant vous la fresque entière de l’histoire sainte. Ça alors évidemment, on n’a pas le temps de s’arrêter sur tous les détails, on sort de là frustré en se disant « mais il faudrait encore parler pendant une douce journée, trois journées », parce que les chapitres qu’on a entendus étaient extraordinaires. Et c’est vrai, mais enfiler les chapitres comme ça, vous sentez bien que ça vous donne une intelligence globale de l’histoire que vous n’auriez pas autrement. Comme on est passé de cette parade qui était magnifique, puis cette lente montée, les murmures qui arrivent, et finalement la débâcle finale. Et que ça, ce contraste-là, bah évidemment ça nous renvoie à notre vie et à nous quand on fait des grands plans, puis qu’on arrive au moment, au jour J, et puis c’est la débâcle. Et on sort de là en ayant simplement… rien fait ou mal fait. Et c’est de ça dont il est question, de nous dont il est question, mais là ça a pris une proportion, j’allais dire quasi cosmique, ou en tout cas à l’échelle d’un peuple entier. Et comme on est emporté dans notre lecture qui enfile les chapitres, ce mouvement-là est encore dans notre tête. Ce qui fait que le choc est encore plus violent devant ce fiasco.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Maintenant qu’on a raté notre entrée dans la Terre promise, qu’est-ce qu’on va faire ? Ce qui était — pourquoi est-ce que Dieu avait sorti son peuple d’Égypte ? C’est quand même LE GRAND FIASCO ! Enfin, c’est monumental, le fiasco auquel vous venez d’assister. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Eh ben, on fait ce qu’on a toujours fait dans la Bible. On reprend les choses. Dieu qui va reprendre les lois, les règles. « Vous n’avez toujours rien compris, je vous redonne les règles du jeu. » Et on est reparti sur des règles. Les lois, la pureté, l’impureté. Parce que… parce que c’est comme ça ! Alors vous trouverez peut-être ce passage un peu ennuyeux, mais c’est là qu’on est content d’avoir une intelligence globale et d’enfiler les chapitres. Parce que… quand on arrivera au chapitre 19, dans pas longtemps, tout ça va faire sens. Et je vous jure que vous direz « la Bible, quand même ! La Bible, vraiment ! Oh ! Quel livre ! »

Lecture : Nombres 15

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle aux fils d’Israël, tu leur diras : Quand vous entrerez dans le pays où vous habiterez, le pays que je vous donne, et que vous présenterez au Seigneur la nourriture offerte, holocauste ou sacrifice, pour accomplir un vœu ou pour rendre grâce, ou bien à l’occasion de vos fêtes, donc lorsque vous présenterez du gros ou du petit bétail, en agréable odeur pour le Seigneur, alors, celui qui apporte au Seigneur son présent réservé apportera une offrande d’un dixième de fleur de farine, pétrie avec un quart de mesure d’huile, et aussi un quart de mesure de vin pour la libation. Tu l’ajouteras à l’holocauste ou au sacrifice pour chaque agneau.

Si c’est un bélier, tu feras une offrande de deux dixièmes de fleur de farine pétrie avec un tiers de mesure d’huile, et un tiers de mesure de vin pour la libation. Tu l’apporteras en agréable odeur pour le Seigneur.

Et quand tu offriras un jeune taureau, soit en holocauste, soit en sacrifice, pour accomplir un vœu ou comme sacrifice de paix pour le Seigneur, tu apporteras en plus du jeune taureau une offrande de trois dixièmes de fleur de farine pétrie avec une demi-mesure d’huile, et tu apporteras une demi-mesure de vin pour la libation. C’est une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur.

On fera de même pour chaque taureau, chaque bélier, ou pour les têtes de petit bétail, moutons ou chèvres. Quel que soit le nombre de ceux que vous offrirez, vous ferez la même chose pour chacun, oui, quel que soit leur nombre.

Tout Israélite de souche fera les choses ainsi lorsqu’il apportera de la nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur. L’immigré qui réside chez vous, ou quiconque réside parmi vous pour plusieurs générations, lorsqu’il présentera une nourriture offerte en agréable odeur pour le Seigneur, il fera comme vous ferez. Pour l’assemblée, il n’y aura qu’un seul rituel pour vous et pour l’immigré résident. C’est un décret perpétuel d’âge en âge. Il en ira de même pour vous et pour l’immigré devant le Seigneur. Il y aura une seule loi, un seul droit pour vous et pour l’immigré résident chez vous. »

Puis le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : Quand vous entrerez dans le pays où je vais vous faire entrer, et que vous mangerez de la nourriture du pays, vous en prélèverez une part pour le Seigneur. Comme prémices de vos fournées, vous prélèverez un gâteau. Vous le prélèverez de la même manière que vous prélevez du grain sur l’aire à battre. Des prémices de vos fournées vous donnerez une part au Seigneur, et ceci d’âge en âge.

Lorsque vous commettez une faute par inadvertance, et ne pratiquez pas tous ces commandements dont le Seigneur a parlé à Moïse, tout ce que le Seigneur vous a ordonné par Moïse, depuis le jour où le Seigneur a donné l’ordre par la suite d’âge en âge, si la faute par inadvertance a été commise à l’insu de la communauté, toute la communauté présentera un taureau en holocauste, en agréable odeur pour le Seigneur, avec son offrande de céréales et sa libation, suivant le rite, et elle présentera un bouc en sacrifice pour la faute. Alors le prêtre fera le rite d’expiation sur toute la communauté des fils d’Israël, et il leur sera pardonné, car il s’agit d’une faute par inadvertance. Quant à eux, ils auront apporté devant le Seigneur leur présent réservé, une nourriture offerte pour le Seigneur, ainsi que le bouc de leur sacrifice pour la faute, tout cela pour leur faute par inadvertance. Il sera donc pardonné à toute la communauté des fils d’Israël, ainsi qu’à l’immigré résidant parmi eux, car c’est tout le peuple qui a commis une faute par inadvertance.

Si une personne commet une faute, une faute par inadvertance, elle apportera en sacrifice pour la faute une chèvre de l’année. Devant le Seigneur, le prêtre fera le rite d’expiation sur la personne qui a commis une faute par inadvertance, il fera donc le rite d’expiation sur elle, et elle sera pardonnée. Pour l’Israélite de souche parmi les fils d’Israël, et pour l’immigré résidant parmi eux, une seule loi sera appliquée à qui commet une faute par inadvertance.

Mais la personne qui, Israélite de souche ou immigré, agit délibérément, c’est le Seigneur qu’elle outrage. Cette personne sera retranchée du milieu de son peuple. Puisqu’elle a méprisé la parole du Seigneur et violé son ordre, elle devra être retranchée, oui, retranchée de son peuple. Sa faute est en elle. »

Alors que les fils d’Israël étaient dans le désert, on trouva un homme ramassant du bois le jour du sabbat. Ceux qui l’avaient trouvé ramassant le bois l’amenèrent à Moïse, à Aaron et à toute la communauté. On le mit sous bonne garde, car il n’y avait pas de décision sur ce qu’on devait lui faire. Alors le Seigneur dit à Moïse : « L’homme sera mis à mort. Toute la communauté le lapidera en dehors du camp. » Comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse, toute la communauté le fit donc sortir hors du camp. On le lapida et il mourut.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle aux fils d’Israël, tu leur diras qu’ils se fassent une frange au pan de leurs vêtements, et ceci d’âge en âge, et qu’ils placent sur la frange du pan de leurs vêtements un cordon de pourpre violette. Vous aurez donc une frange. Chaque fois que vous la regarderez, vous vous rappellerez tous les commandements du Seigneur et vous les mettrez en pratique. Vous ne vous laisserez pas entraîner comme les explorateurs par vos cœurs et vos yeux qui vous mèneraient à la prostitution. Ainsi vous vous rappellerez et vous mettrez en pratique tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis le Seigneur votre Dieu. Moi qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour être votre Dieu, je suis le Seigneur votre Dieu. »

Commentaire

Voilà, on est reparti pour parler de la lèpre, sachant que derrière la lèpre, il n’est pas question d’une maladie physique mais d’une maladie spirituelle qu’on appelle le péché. Ce sont vos premiers pas dans ce bloc de chapitres qui nous emmènera jusqu’au chapitre 19 et qui s’avérera étonnamment émouvant.

Vous avez quand même noté au passage ce que Dieu disait. Il n’est pas chien, Dieu. Il est quand même miséricordieux et il n’oublie pas. Il dit aux fils d’Israël : « Tu leur diras : quand vous entrerez dans le pays où vous habiterez, le pays que je vous donne. » Il aurait pu dire « ben voilà, maintenant vous avez raté, ben c’est raté ». Donc ce qu’il y a de très beau, c’est qu’au moment même où le peuple, après avoir raté son entrée dans la Terre promise et il va retourner dans le désert, Dieu à mots couverts les rassure en leur disant : « Courage mes petits bichons, un jour vous entrerez dans le pays, je continue de vous aimer. »

Bon, ben là aussi il y a une morale pour nous, parce que nous aussi nous avons probablement raté notre entrée dans la Terre promise.

Et c’est comme ça que vous avez entendu tout ce rappel des règles de pureté, d’expiation, de purification, avec une nouveauté. Parce qu’à chaque fois qu’il y a des redites, il y a aussi toujours des petites nouveautés. Et donc là, c’était quoi la nouveauté ? La nouveauté, c’est ce vêtement que Dieu demande aux Israélites de porter. « Parle aux fils d’Israël, tu leur diras : une frange au pan de leurs vêtements. Des franges qui seront un cordon de pourpre violette. Vous aurez donc une frange. Chaque fois que vous la regarderez, vous vous rappellerez tous les commandements du Seigneur. »

Souvenez-vous du manteau de Joseph dans la Genèse ? Ce beau manteau que Jacob son père lui avait fait et qui avait rendu jaloux ses frères. Ben c’était peut-être déjà ça. Ça représentait les commandements et la loi de Dieu qui habille l’homme. Et peut-être même qu’il faut remonter encore plus loin, dans le jardin d’Éden, quand Dieu avait chassé Adam et, en le chassant, avait commencé à lui faire un vêtement. Et le vêtement ici, c’était peut-être la loi que Dieu préparait à Adam pour l’habiller à nouveau, lui donner une nouvelle dignité pour qu’un jour il rentre dans la Terre promise, le jardin d’Éden. Ben c’est toujours la même histoire.

C’est ce qui a donné naissance à une tradition dans les vêtements juifs : les tzitzit. Ces franges que les juifs encore aujourd’hui, quand ils pratiquent, portent à leurs vêtements. Et que Jésus portait lui aussi.

Mais si, allez, je vous le dis, ça vous fera voyager. Souvenez-vous, dans l’Évangile selon saint Luc ou selon saint Matthieu, vous aviez une femme qu’on appelle l’hémorroïsse, qui souffrait de pertes de sang — l’Évangile dit depuis douze ans. Et donc elle voit Jésus qui passe. Et elle dit, c’est ce que rapportent les Évangiles : « Si j’arrive à le toucher, ne serait-ce que de dos, son vêtement » — dans lequel il y avait des franges — « je serai guérie. » Elle touche les franges, elle touche la loi portée par Dieu, par Jésus qui les a accomplis, et elle est guérie. Donc derrière ce passage insignifiant du livre des Nombres, vous avez les miracles de Jésus à venir.

Et cette fois-ci, vous voyez, les commandements n’étaient plus simplement mis à l’intérieur de l’arche d’Alliance, dans le Saint des Saints dans lequel personne ne va : c’est tout le monde qui était invité à les porter sur lui. Dieu qui vous redit : « Il y en a marre maintenant, je vais vous faire un vêtement spécial qui vous rappellera les commandements pour que vous vous rappeliez de les pratiquer. »

Psaume 25

Seigneur, rends-moi justice. J’ai marché sans faillir. Je m’appuie sur le Seigneur et ne faiblirai pas.

Prouve-moi, Seigneur, scrute-moi. Passe au feu mes reins et mon cœur. J’ai devant les yeux ton amour. Je marche selon ta vérité.

Je ne m’assieds pas chez l’imposteur. Je n’entre pas chez l’hypocrite. L’assemblée des méchants, je la hais. Je ne m’assieds pas chez les impies.

Je lave mes mains en signe d’innocence pour approcher de ton autel, Seigneur, pour dire à pleine voix l’action de grâce et rappeler toutes tes merveilles.

Seigneur, j’aime la maison que tu habites, le lieu où demeure ta gloire.

Ne m’inflige pas le sort des pécheurs, le destin de ceux qui versent le sang. Ils ont dans les mains la corruption. Leur droite est pleine de profit.

Oui, j’ai marché sans faillir. Libère-moi, prends pitié de moi. Sous mes pieds, le terrain est sûr. Dans l’assemblée, je bénirai le Seigneur.


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