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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien poursuit la lecture du chapitre 17 du livre des Nombres. Après la révolte de Coré, les récriminations continuent et un fléau frappe le peuple avant d’être arrêté par l’intercession d’Aaron. Dieu ordonne alors l’épreuve des douze bâtons : celui d’Aaron fleurit miraculeusement, préfigurant la résurrection du Christ et rejoignant dans l’Arche d’Alliance le Décalogue et la manne. L’épisode se conclut avec le psaume 26.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.
Nous poursuivons avec le chapitre 17 du livre des Nombres. On pourrait croire que les fils d’Israël ont compris la leçon, le respect des anciens, le respect d’Aaron et de Moïse, mais manifestement il en faudra peut-être encore un peu plus.
Lecture : Nombres 17
Le Seigneur parla à Moïse, il dit : « Ordonne à Éléazar, fils du prêtre Aaron, de retirer du brasier les brûle-parfums et de répandre au loin leurs feux, car ils sont saints, les brûle-parfums de ces hommes qui ont payé de leur vie leurs péchés. Qu’on en fasse des plaques martelées pour le revêtement de l’autel, car ils ont été apportés devant le Seigneur et ils sont saints ; qu’ils deviennent un signe pour les fils d’Israël. »
Le prêtre Éléazar prit donc les brûle-parfums de bronze que les hommes brûlés vifs avaient apportés, et on en fit des plaques pour le revêtement de l’autel. C’est un mémorial pour les fils d’Israël, afin qu’aucun homme profane, c’est-à-dire étranger à la lignée d’Aaron, ne s’approche pour brûler de l’encens devant le Seigneur, et afin que personne ne soit traité comme Coré et sa communauté, selon ce que le Seigneur lui avait dit par l’intermédiaire de Moïse.
Le lendemain, toute la communauté des fils d’Israël se mit à récriminer contre Moïse et contre Aaron : « C’est vous, disaient-ils, qui avez fait mourir le peuple du Seigneur. »
Or, tandis que la communauté se rassemblait contre eux, Moïse et Aaron se tournèrent vers la tente de la Rencontre. Voici que la nuée l’avait couverte, et la gloire du Seigneur apparut. Alors Moïse et Aaron allèrent devant la tente de la Rencontre.
Le Seigneur parla à Moïse, il dit : « Éloignez-vous de cette communauté. Je vais les exterminer à l’instant. »
Moïse et Aaron tombèrent face contre terre, puis Moïse dit à Aaron : « Prends le brûle-parfum, mets-y du feu de l’autel et place dessus de l’encens. Emporte-le vite vers la communauté et fais sur eux le rite d’expiation, car la colère du Seigneur a éclaté et le fléau a commencé. »
Aaron prit le brûle-parfum comme Moïse le lui avait dit, et il courut vers la communauté, où, en effet, le fléau avait commencé parmi le peuple. Il mit l’encens et fit le rite d’expiation sur le peuple. Il se tint entre les morts et les vivants. Et le fléau s’arrêta.
Quatorze mille sept cents moururent du fléau, sans compter les morts dans l’affaire de Coré. Aaron retourna vers Moïse à l’entrée de la tente de la Rencontre. Le fléau s’était arrêté.
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle aux fils d’Israël et fais-toi remettre par eux une branche pour chaque tribu, remise par tous les responsables de tribus. Cela fera douze branches. Tu écriras le nom de chacun sur sa branche. Mais sur la branche de Lévi, tu écriras le nom d’Aaron, car il n’y aura qu’une seule branche par chef de tribu. Tu déposeras les branches dans la tente de la Rencontre devant le Témoignage, là où je vous rencontre. L’homme que j’aurai choisi sera celui dont la branche fleurira. Ainsi, j’apaiserai en les écartant de moi les récriminations que les fils d’Israël élèvent contre vous. »
Moïse parla aux fils d’Israël, et chacun de leurs responsables lui donna une branche. Une branche par responsable selon leur tribu, soit douze branches. Et la branche d’Aaron se trouvait au milieu de leurs branches. Puis Moïse déposa les branches devant le Seigneur dans la tente du Témoignage.
Le lendemain, Moïse entra dans la tente du Témoignage, et voici : la branche d’Aaron avait fleuri pour la maison de Lévi. La branche avait fait éclore une floraison, fleurir des fleurs et mûrir des amandes.
Moïse enleva toutes les branches qui étaient devant le Seigneur pour les montrer aux fils d’Israël. Ils les virent, et chacun reprit sa branche.
Alors le Seigneur dit à Moïse : « Remets la branche d’Aaron devant le Témoignage. Garde-la comme un signe pour les fils rebelles. Ainsi, tu mettras fin à leurs récriminations contre moi, et ils ne mourront pas. »
Moïse fit comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il fit ainsi.
Les fils d’Israël dirent à Moïse : « Vois, nous expirons ! Tous nous sommes perdus, car quiconque s’approche de la demeure du Seigneur, celui-là mourra. Allons-nous expirer jusqu’au dernier ? »
Commentaire
C’est la panique au camp. Pour reprendre toujours cette analogie du réacteur nucléaire — je suis désolé, peut-être en avez-vous assez, mais je trouve qu’elle fonctionne assez bien — on a le sentiment que là, le réacteur est fissé, il est fissuré de tous les côtés, et que le feu a du mal à être contenu. D’où cette espèce de fébrilité avec Aaron, qui prend de l’encens, qui prend du feu, qui essaye de faire ce qu’il peut pour colmater les brèches, qui remet le feu sur l’encens, puis ensuite qui va sanctifier tout le monde. Bref, on fait ce qu’on peut, on essaye de suivre les paroles de Dieu pour arriver à contenir l’incontenable.
Imaginez que vous vivez avec l’éternité au milieu de vous. Vous savez, il y a deux abîmes sur terre. Il y a l’abîme du mal, et il y a l’abîme de la lumière. L’abîme du mal, c’est par le vide. L’abîme de la lumière, c’est par l’excès. « L’abîme appelant l’abîme, à la voix de tes cataractes. Ton amour a passé sur moi, Seigneur. » Ça, c’est ce que dira le psaume. Le ciel qui, tout d’un coup, déverse sa lumière, son éternité, son bien à l’état pur, que représente la Loi, et qu’il faut contenir comme on peut, parce que tant qu’on n’a pas les lunettes de soleil, on ne peut pas regarder le soleil, et c’est de ça dont il est question.
En attendant, le réacteur fuit, et Dieu, de manière dramatique, commence à mettre en place ce qu’il avait dit. À cause de votre révolte, parce que vous n’obéissez pas à mes commandements, vous ne pourrez pas rentrer dans la terre promise, il l’avait dit, aux 600 000 Hébreux. Donc là, préparez-vous. Verset 14 : 14 700 personnes moururent du fléau sans compter les morts dans l’affaire de Coré. Le compteur est enclenché. À terme, il y a 600 000 personnes qui vont mourir dans le désert, et on n’en est qu’au début.
On pourrait se dire, mais c’est horrible. C’est vache. Mais en face de lui, il a quoi ? Il a un peuple à la nuque raide qui refuse de comprendre. Et l’image que vous devez avoir en tête, c’est le cœur endurci de Pharaon, qui se trouve maintenant au milieu du peuple. On a vu comment Pharaon s’était endurci le cœur. On a vu comment est-ce qu’il avait été prévenu, qu’il avait refusé d’entendre. On a vu comment est-ce qu’on lui avait envoyé des prophètes et des magiciens qu’il avait refusé d’écouter. Et en face de ça, eh bien, il y avait les fléaux qui pleuvaient les uns après les autres. Eh bien, Pharaon, ce n’était pas un cas isolé. En emportant l’or et l’argent, les bijoux des Égyptiens, en quittant ce pays où ils avaient été réduits en esclaves, c’est le Pharaon qu’ils ont emporté dans leur cœur.
Alors, en face de ça, eh bien, Dieu multiplie les signes. Et ce qui est amusant — enfin, amusant, dramatique — c’est que les signes qu’il multiplie ressemblent quand même étrangement aux signes que nous avions en Égypte. Cette terre qui s’ouvre pour engloutir les fils de Coré, qui fait quand même penser à la mer Rouge, et puis là, le bâton d’Aaron. Mais le bâton d’Aaron, c’est avec ça que Dieu avait accompli les fléaux.
Alors d’ailleurs, petite note de traduction, verset 16. Le Seigneur parle à Moïse et il dit : « Parle aux fils d’Israël et fais-toi remettre par eux une branche pour chaque tribu. » Moi, quand je vois ça, cette branche, je me dis quoi ? Je me dis une branche de pommier, une branche de tilleul, je ne sais pas quoi. En fait, ici, je pense que la traduction est défectueuse. Le terme, ici, vous voudriez plutôt dire « bâton » ou encore mieux « staff », « fanion ». Vous savez, dans les scouts, le chef de patrouille, il a un fanion, un beau bâton de commandement. Et dans les religions antiques ou dans les peuples de l’Antiquité, il y avait le bâton qui était le signe de l’autorité. Et quand Moïse dit « remettez-moi douze branches », en fait, il est en train de dire aux douze tribus : « Remettez-moi votre fanion, votre insigne de commandement. » Et il y en avait un treizième qui était le bâton d’Aaron.
Alors, c’est là qu’il va y avoir ce miracle. Avec ce bâton d’Aaron qui va se mettre à reverdir. Je vous cite : « La branche avait fait éclore une floraison, fleurir des fleurs et mûrir des amandes. » Les amandes, c’est la première fleur de l’arbre qui mûrit au printemps, qui précède l’aurore, qui annonce le printemps. Et là, quand même, pour le coup, ça vous fait penser à la résurrection.
Il ne faut pas tout de suite plaquer l’Évangile sur l’Ancien Testament, mais là, c’est quand même difficile de ne pas voir le rapport entre Aaron, le grand prêtre d’un côté, Jésus, l’autre grand prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédech, le bâton qui refleurit, et puis de l’autre côté, l’arbre de vie, la croix de Jésus-Christ. Quand même ! Derrière l’ombre de Moïse, il y a Jésus qui sera le prophète, comme dira le Nouveau Testament. De même manière que derrière l’ombre de Moïse il y a Jésus, derrière l’ombre d’Aaron, il y a encore Jésus.
Et d’ailleurs, on va mettre tout ça dans l’Arche d’Alliance. Dans l’Arche d’Alliance maintenant, il y aura le Décalogue, et de un. Dans l’Arche d’Alliance, il y aura aussi un autre souvenir, un peu de manne, pour qu’on se rappelle la manière dont Dieu a nourri son peuple au désert, et par le pain, et par la parole — pour nous, ça donnera l’Eucharistie — et de deux. Et maintenant, dans l’Arche d’Alliance, il y aura le fanion, le bâton d’Aaron qui a reverdi, qui pour nous représente la mort et la résurrection de Jésus sur la croix, et de trois. L’Arche d’Alliance, c’est Jésus, qui incarne dans son corps la plénitude de la Loi.
Bon, mais on n’y est pas encore ! En attendant, gardez dans un coin de votre tête cette histoire de bâtons, parce que laissez-moi vous dire une chose : oh, on n’en a pas fini de parler de ces bâtons magiques, capables de faire des miracles, et capables de reverdir. Et ça arrivera à un lieu qui vous fera tous souffrir, et peut-être même verserez-vous une larme. Je n’en dis pas plus.
Psaume 26
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ?
Si des méchants s’avancent contre moi pour me déchirer, ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires, qui perdent pied et succombent.
Qu’une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s’engage contre moi, je garde confiance.
J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple.
Oui, il me réserve un lieu sûr au jour du malheur. Il me cache au plus secret de sa tente, il m’élève sur le roc.
Et maintenant je relève la tête devant mes ennemis. J’irai célébrer dans sa tente le sacrifice d’ovation. Je chanterai, je fêterai le Seigneur.
Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié, réponds-moi ! Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » C’est ta face, Seigneur, que je cherche. Ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère, tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu mon salut !
Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit.
Enseigne-moi ton chemin, Seigneur, conduis-moi par des routes sûres, malgré ceux qui me guettent. Ne me livre pas à la merci de l’adversaire ; contre moi se sont levés de faux témoins qui soufflent la violence.
Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
Espère le Seigneur, sois fort et prends courage. Espère le Seigneur.
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