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Jour 89 ☾ — La victoire de la vie sur la mort

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Résumé : Dernier épisode consacré à l'Évangile selon saint Matthieu, avec la lecture enchaînée du récit de la Passion et du récit de la Résurrection. Le frère Paul-Adrien annonce d'emblée qu'il ne commentera pas ces pages, trop longues et qui se passent de commentaire, tant elles sont tristes puis merveilleuses. Il attire seulement l'attention sur la toute dernière phrase de l'Évangile — « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » — qui forme la grande inclusion mathéenne avec le nom d'Emmanuel, « Dieu avec nous », donné au chapitre 1. L'épisode s'achève par le Credo, en action de grâce pour la mort et la résurrection de Jésus.

Introduction

Eh bien, ça y est, on y est, c'est la dernière partie du dernier épisode du dernier chapitre de l'Évangile selon saint Matthieu. Matthieu, chapitres 27 et 28 : on va enchaîner directement le récit de la Passion avec le récit de la Résurrection. Ce sont des récits qui sont longs. Longs, ça veut dire que, malheureusement, si jamais je veux tenir dans un temps raisonnable pour ce podcast, je ne vais pas pouvoir les commenter. Je me permets de vous le dire maintenant, mes petits bichons, pour que vous ne soyez ni étonnés, ni surpris, ni même déçus. Je ne peux pas forcer sur l'attention des gens, parce que sinon ils vont tout simplement se lasser, craquer, et ne pas parvenir jusqu'au bout de cette Bible en un an.

Alors, peut-être que d'une certaine manière, ça m'arrange, parce que s'il y a quelque chose qui se passe de commentaire, c'est bien celui-là, tellement c'est à la fois triste pour la Passion, et à la fois tellement merveilleux pour la Résurrection.

Je me permettrai simplement d'attirer votre attention sur la toute dernière phrase de l'Évangile selon saint Matthieu, que je trouve extraordinaire. « Et voici que moi, je suis avec vous jusqu'à la fin des temps. » « Et voici que moi, je suis avec vous. » Emmanuel, en hébreu : Dieu avec nous. Ce qui reprend — on appelle cela la grande inclusion mathéenne — ce qui reprend un des premiers chapitres, le chapitre 1 de Matthieu, quand il avait été question du nom de Jésus : et son nom sera Emmanuel, Dieu avec nous. Grande inclusion, et puis grande promesse finale.

Je ne sais pas comment vous dire, mais je pense à ça, et à la fois je pleure et je suis dans la joie. « Et voici que moi, je suis avec vous. » « Et voici que moi, je suis avec vous jusqu'à la fin des temps. » Et Jésus qui envoie en mission.

Bon, mais avant d'y arriver, il y a le douloureux récit de la Passion.

Lecture : Matthieu 27-28

Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mettre à mort. Après l'avoir ligoté, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.

En voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l'avait livré, fut pris de remords. Il rendit les trente pièces d'argent aux grands prêtres et aux anciens. Il leur dit : « J'ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! » Jetant alors les pièces d'argent dans le temple, il se retira et alla se pendre.

Les grands prêtres ramassèrent l'argent et dirent : « Il n'est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c'est le prix du sang. » Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. Et voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu'à ce jour le champ du sang. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Ils ramassèrent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d'Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné.

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C'est toi-même qui le dis. » Mais tandis que les grands prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « Tu n'entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné.

Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu nommé Barabbas. Les foules s'étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ou Jésus appelé le Christ ? » Il savait en effet que c'était par jalousie qu'on avait livré Jésus.

Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »

Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! » Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu'il soit crucifié ! » Pilate leur demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'il soit crucifié ! »

Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien sinon à augmenter le tumulte, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu'il soit crucifié.

Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d'un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne et la posèrent sur sa tête. Ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s'agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Et après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau et ils le frappèrent à la tête. Et quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix. Arrivés en un lieu dit Golgotha, c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire, ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel. Il en goûta, mais ne voulut pas en boire. Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort, et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête, ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » Alors on crucifia avec lui deux bandits, l'un à droite et l'autre à gauche.

Les passants l'injuriaient en hochant la tête ; ils disaient : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant : « Il en a sauvé d'autres, il ne peut pas se sauver lui-même. Il est roi d'Israël : qu'il descende maintenant de sa croix, et nous croirons en lui ! Il a mis sa confiance en Dieu : que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime ! Car il a dit : Je suis Fils de Dieu. » Les bandits crucifiés avec lui l'insultaient de la même manière.

À partir de la sixième heure, c'est-à-dire midi, l'obscurité se fit sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure. Vers la neuvième heure, Jésus cria d'une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? » ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » L'ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! » Aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge qu'il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d'un roseau et lui donnait à boire. Les autres disaient : « Attends ! Nous verrons bien si Élie vient le sauver. » Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.

Et voici que le rideau du sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas. La terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s'ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d'une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu'on le lui remette. Prenant le corps, Joseph l'enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu'il s'était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla. Or Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre.

Le lendemain, après le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens s'assemblèrent chez Pilate, en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit de son vivant : Trois jours après, je ressusciterai. Alors donne l'ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : Il est ressuscité d'entre les morts. Cette dernière imposture serait pire que la première. » Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l'entendez. » Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du sépulcre en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

Après le sabbat, à l'heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre ; l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu'ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.

L'ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voici qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà ce que j'avais à vous dire. »

Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d'une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte. Allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »

Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme, en disant : « Voilà ce que vous direz : Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit, pendant que nous dormions. Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l'argent et suivirent les instructions, et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à aujourd'hui.

Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »

Commentaire

Je vous l'avais dit, le récit est long et je ne vais pas le commenter. Vous garderez simplement en mémoire, comme ça, la dernière parole de Jésus dans l'Évangile selon saint Matthieu, qui, moi, fait ma joie, mon espérance et ma foi.

Nous terminons en guise de prière par le Credo, qui, quand même, résume la foi de l'Église. Et comme nous venons de terminer l'Évangile, nous rendons grâce à Dieu, à notre manière, de la mort et de la résurrection de Jésus, en lui faisant l'hommage de notre foi.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Et vous, que Dieu qui est tout-puissant vous bénisse et vous garde : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


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