Jour 109 ☾ — Samuel s'en va… mais pas sans un dernier avertissement !
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Résumé : Samuel, devenu vieux, réunit tout Israël pour son discours d'adieu : il prend le peuple à témoin de son intégrité, retrace l'histoire des infidélités d'Israël et rappelle la faute d'avoir demandé un roi. Pour le prouver, il obtient du Seigneur un orage hors saison, en pleine moisson, qui terrifie le peuple. Le frère Paul-Adrien montre l'humanité de ce discours : le besoin d'être rassuré sur le travail accompli, la petite inquiétude secrète d'avoir été rejeté, et cette leçon qu'on ne peut s'empêcher de faire aux jeunes qui prennent la relève. L'épisode se termine par une prière pour ceux qui achèvent une étape de leur vie.
Introduction
Nous continuons notre série. Saül est devenu roi, Samuel a accompli son travail, et il va s'apprêter à partir à la retraite. 1 Samuel, chapitre 12.
Lecture : 1 Samuel 12
Samuel déclara à tout Israël : « Voyez, comme j'ai écouté jusqu'au bout votre appel, j'ai fait régner sur vous un roi, et maintenant voici que le roi marche devant vous. Quant à moi, je suis devenu vieux, j'ai blanchi. Et mes fils que voici sont avec vous. Moi qui ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour, me voici. Témoignez contre moi en face du Seigneur et de son Messie. De qui ai-je pris le bœuf ? De qui ai-je pris l'âne ? Qui ai-je exploité ? Qui ai-je maltraité ? De la main de qui ai-je reçu un pot-de-vin pour fermer les yeux sur son cas ? Je restituerai. »
Ils répondirent : « Tu ne nous as pas exploités, tu ne nous as pas maltraités, et tu n'as rien pris de la main de personne. »
Il leur dit : « Le Seigneur est témoin contre vous, et son Messie est témoin aujourd'hui que vous n'avez rien trouvé en ma main. » Ils lui dirent : « Il en est témoin. »
Et Samuel dit au peuple : « Il est témoin, le Seigneur, lui qui a suscité Moïse et Aaron et qui a fait monter vos pères du pays d'Égypte. Et maintenant, tenez-vous prêts, que j'entre en jugement avec vous devant le Seigneur pour toutes les justes actions que le Seigneur a accomplies envers vous et vos pères.
Alors que Jacob était venu en Égypte, vos pères ont crié vers le Seigneur. Et le Seigneur envoya Moïse et Aaron, qui les ont fait sortir d'Égypte et les ont installés en ce lieu où nous sommes. Mais ils ont oublié le Seigneur leur Dieu. Et lui les a vendus au pouvoir de Sisera, chef de l'armée du roi de Haçor, au pouvoir des Philistins et au pouvoir du roi de Moab, qui leur ont fait la guerre. Alors ils ont crié vers le Seigneur : "Nous avons péché en abandonnant le Seigneur pour servir les Baals et les Astartés. Maintenant, délivre-nous de la main de nos ennemis et nous te servirons."
Et maintenant, voici le roi que vous avez choisi, celui que vous avez demandé. Et voici que le Seigneur vous l'a donné. Puissiez-vous craindre le Seigneur, le servir, écouter sa voix, sans vous révolter contre les ordres du Seigneur, et vous-mêmes, avec le roi qui règne sur vous, puissiez-vous suivre le Seigneur votre Dieu. Mais si vous n'écoutez pas la voix du Seigneur, si vous vous révoltez contre les ordres du Seigneur, la main du Seigneur sera contre vous, comme elle fut contre vos pères.
Maintenant donc, tenez-vous prêts et voyez cette grande chose que le Seigneur va accomplir sous vos yeux. N'est-ce pas aujourd'hui la moisson des blés ? Je vais invoquer le Seigneur et il fera tonner et pleuvoir. Comprenez donc et voyez à quel point vous avez mal agi en demandant pour vous-mêmes un roi. »
Samuel invoqua le Seigneur, et le Seigneur fit tonner et pleuvoir ce jour-là. Tout le peuple éprouva une grande crainte à l'égard du Seigneur et de Samuel.
Tout le peuple dit à Samuel : « Prie le Seigneur ton Dieu en faveur de tes serviteurs, afin que nous ne mourions pas. Oui, nous avons ajouté à tous nos péchés ce mal de demander pour nous un roi. »
Samuel répondit au peuple : « Ne craignez pas. Certes, vous avez fait tout ce mal, mais cessez de vous écarter du Seigneur. Servez-le de tout votre cœur. Ne vous écartez pas du Seigneur. Ce serait suivre les idoles de néant qui ne servent à rien et ne délivrent pas, car elles ne sont que néant. Le Seigneur, lui, ne rejettera pas son peuple, à cause de son grand nom. En effet, il a voulu faire de vous son peuple. Et moi, quelle horreur pour moi si je péchais contre le Seigneur, si je cessais de prier en votre faveur. Je vous enseignerai le chemin du bien et de la droiture. Seulement, vous, craignez le Seigneur et servez-le en vérité, de tout votre cœur. Voyez ce qu'il a fait de grand parmi vous. Mais si vous persistez à faire le mal, vous et votre roi, vous périrez. »
Commentaire
Un discours d'adieu ! Comment est-ce que vous, vous allez partir à la retraite ? Est-ce que vous ferez mieux que Samuel ?
Ah, il est content de lui, Samuel. Le sentiment du devoir accompli, d'avoir non seulement fait les choses, mais bien fait les choses. Mais on n'est jamais trop sûr de soi. Le voilà qui appelle le peuple entier pour le prendre à témoin et vérifier que maintenant on peut clore les dossiers et qu'il n'y a pas de cadavres dans les placards. Il rappelle au peuple qu'il lui a obéi, qu'à sa demande il a fait un roi, et que lui, contrairement au roi qui va venir et dont Samuel a prévenu le peuple qu'il aurait le droit de prendre des femmes, des terrains et des hommes pour son armée, lui, Samuel, a été juste et n'a pris ni le champ ni la femme de personne.
Mais vous savez, il y a parfois ce besoin, quand on a vieilli longtemps dans un poste, au moment de partir à la retraite : on ne peut pas s'empêcher de faire une petite leçon aux jeunes qui arrivent pour prendre la relève. Et Samuel n'échappe pas à la règle, qui rappelle quand même au peuple sa méchanceté d'avoir demandé un roi. Ah, il l'a quand même mauvaise, Samuel, que le dernier acte de sa vie publique, ce soit de lui avoir demandé un roi, ce contre quoi il s'est érigé toute sa vie, car, il le rappelle, Dieu seul est roi.
En même temps, à mots couverts, il y a dans ces questions de Samuel une petite peur, une inquiétude secrète. Est-ce que ce ne serait pas, par hasard, parce que lui a mal fait le boulot, qu'ils en sont venus à demander un roi ? Souvenez-vous, quand le peuple lui avait demandé un roi, Samuel s'était demandé si ce n'était pas lui que le peuple avait rejeté. Et donc là, c'est comme s'il voulait en être sûr, et il demande à mots couverts au peuple si jamais il n'y a pas des histoires qui restent à traiter entre lui et le peuple. Le peuple le rassure en lui disant : « Non, ne t'inquiète pas, tu as bien fait ton boulot. »
Voilà Samuel tout rassuré. Ce n'est pas lui qu'ils ont rejeté, c'est bien Dieu qu'ils ont rejeté en demandant un roi. Et donc il va s'en donner à cœur joie, refaisant toute l'histoire d'Israël pour montrer la perversité de ce peuple. Ah ben, il est beau, le discours d'adieu ! Et qui rappelle — ce qui est quand même vrai — qu'avoir un roi pour gagner à la guerre… quand même, le début du livre de Samuel le rappelait, qu'il y avait parmi eux un puissant guerrier, et c'était le Seigneur, le Seigneur des armées, comme on l'appelait.
Et pour bien prouver au peuple que c'est lui qui a raison et qu'il sait de quoi il parle, il va faire un signe effrayant. Il va demander à ce que de l'eau pleuve sur les moissons. Ce qui, d'ailleurs, n'est pas très sympa, parce que la pluie pendant la moisson, ce n'est pas le meilleur moyen de conserver le blé. Et c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, que le peuple a peur. Les commentateurs disent, à propos de ce signe, qu'avoir de la pluie hors saison, c'est le signe que la demande d'avoir un roi était hors saison.
Bref, plus apeuré par le signe que convaincu par son discours, le peuple s'empresse de réconforter le vieux prophète Samuel en lui assurant que c'était lui qui avait raison, et en faisant bonne figure. Voilà le peuple qui dit : « Oui, nous avons ajouté à tous nos péchés ce mal de demander pour nous un roi, mais maintenant, prie le Seigneur ton Dieu pour que la pluie s'arrête. » Et voilà notre bon Samuel réconforté, qui dit à tout le monde : « Ne craignez pas ! Certes, vous avez fait tout ce mal, mais maintenant, aimez Dieu, servez-le de tout votre cœur et tout va bien se passer. » Fin de la pluie, retour du beau temps, on peut passer à la moisson.
Moi, je dis que ce discours de départ à la retraite, c'est tout sauf un discours de départ à la retraite. Manifestement, Samuel, il y a encore des choses qu'il n'a pas bien digérées, et au moment où il promet de quitter la scène, il prouve à tout le monde que la vigueur de son bras ne s'est pas encore desséchée, et on va voir ce qu'on va voir.
Nous terminons par une prière.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui terminent une étape de leur vie. Nous te prions pour nous-mêmes, quand nous devons remettre notre charge, et que cela est parfois difficile, comme ton serviteur Samuel qui, après avoir accompli avec droiture et humilité sa mission, a voulu se retirer en paix, même si cela lui était difficile.
Tu as vu notre labeur, tu as vu nos efforts, tu as vu nos épreuves comme notre joie. Nous te demandons, Seigneur, de libérer notre cœur de tout regret et de l'emplir de gratitude. Apprends-nous à voir la nouvelle saison qui arrive non comme une fin, mais comme une occasion de te servir autrement.
Et puissent les personnes qui vont venir prendre notre relève accomplir avec encore plus de magnificence la mission que nous avons tenté, tant bien que mal, de faire. Seigneur, protège-les, bénis leur travail, et ôte de notre cœur toute graine d'amertume.
Nous te le demandons par Jésus le Christ, notre Seigneur.