Jour 117 ☼ — Saül chancèle, David se relève
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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit d'une traite les trois derniers chapitres du premier livre de Samuel. David, renvoyé par les princes philistins, retrouve Ciklag incendiée et ses familles emmenées : il poursuit les Amalécites, délivre tout le monde et instaure la règle du partage égal entre combattants et gardiens des bagages. Pendant ce temps, Israël s'effondre sur le mont Guelboé : les fils de Saül tombent, et Saül, blessé, se jette sur son épée. Le commentaire s'arrête sur ce dernier baroud d'honneur, sur la compassion que ce naufrage inspire, et sur les hommes de Yabesh de Galaad qui viennent rendre les derniers hommages à celui qui les avait jadis sauvés.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Nous arrivons à la fin du livre de Samuel, et la lecture d'aujourd'hui va être longue, au point que je n'aurai pas le temps de la commenter comme je le souhaiterais. Alors, on arrête de râler. Si la lecture est longue aujourd'hui, c'est parce que ça n'avait aucun sens de séparer les deux chapitres que vous allez entendre l'un tout de suite après l'autre, qui vont être David allant se réfugier du côté des ennemis. Souvenez-vous, c'est toujours nos bandes d'Apirou qui se vendent aux plus offrants, parce que c'était la vie à cette époque-là. Et ensuite, dernier chapitre — ça fera trois chapitres aujourd'hui — l'épilogue du livre de Samuel.
Lecture : 1 Samuel 29-31
Les Philistins rassemblèrent toute leur armée à Afek, tandis qu'Israël campait à la source qui est dans la plaine de Yizréel. Les princes des Philistins défilaient avec leurs troupes de centaines et de milliers. David et ses hommes, avec Akish, défilaient en dernier.
Les princes des Philistins demandèrent : « Ces Hébreux, qui sont-ils ? » Akish leur dit alors : « C'est David, le serviteur de Saül, le roi d'Israël. Il est avec moi depuis un an ou deux. Je n'ai pas trouvé la moindre chose à lui reprocher, du jour de son ralliement jusqu'à maintenant. »
Mais les princes des Philistins s'emportèrent contre lui et lui dirent : « Renvoie cet homme, et qu'il retourne dans le lieu que tu lui as assigné, mais qu'il ne descende pas avec nous au combat. Il se changerait en adversaire. Avec quoi celui-là pourrait-il regagner la faveur de son maître, sinon avec les têtes des hommes que voici ? N'est-il pas ce David pour qui l'on dansait en se renvoyant ce refrain : "Saül a tué ses milliers et David ses dizaines de milliers" ? »
Akish appela David et lui dit : « Par la vie du Seigneur, tu es un homme droit. Je prends plaisir à partir en campagne et à revenir avec toi, car depuis le jour où tu es venu chez moi jusqu'à maintenant, je n'ai rien trouvé de mauvais en toi. Mais tu déplais aux princes. Retourne donc et va en paix. Ainsi tu ne feras rien qui soit mauvais aux yeux des princes des Philistins. »
David dit à Akish : « Mais qu'ai-je donc fait ? Qu'as-tu trouvé en ton serviteur depuis le jour où je me suis présenté à toi jusqu'à maintenant ? Pourquoi ne puis-je aller combattre les ennemis de mon seigneur le roi ? »
Akish répondit à David : « À mes yeux, tu es bon, comme un ange de Dieu, je le sais. Seulement, les princes des Philistins ont dit : "Il ne montera pas avec nous au combat." Alors lève-toi de bon matin, toi et les serviteurs de ton maître qui sont venus avec toi. Levez-vous de bon matin et, dès qu'il fera jour, partez. »
David se leva tôt, lui et ses hommes, pour partir de bon matin et retourner au pays des Philistins. Quant aux Philistins, ils se dirigèrent vers la plaine de Yizréel.
Lorsque David et ses hommes arrivèrent à Ciklag le troisième jour, des Amalécites venaient de faire une incursion dans le Néguev et à Ciklag. Ils avaient dévasté Ciklag et l'avaient incendié. Ils avaient réduit en captivité les femmes qui s'y trouvaient. Ces femmes, sans tuer personne, ni petits ni grands, ils les avaient tous emmenés en continuant leur chemin.
David et ses hommes arrivèrent donc à la ville. Ils virent qu'elle était incendiée et que leurs femmes, leurs fils et leurs filles étaient emmenés en captivité. Alors David et les gens qui étaient avec lui poussèrent des cris et pleurèrent jusqu'à n'avoir plus la force de pleurer.
Les deux femmes de David avaient été emmenées captives : Ahinoam de Yizréel et Abigaïl, femme de Nabal de Carmel. David fut dans une grande angoisse, car les gens parlaient de le lapider, tous étant remplis d'amertume à cause de leurs fils et de leurs filles. Mais David reprit courage par le Seigneur son Dieu.
David dit au prêtre Abiatar, fils d'Ahimélek : « Apporte-moi donc l'éphod. » Abiatar apporta l'éphod à David. David interrogea le Seigneur : « Si je poursuis cette bande de pillards, pourrai-je les atteindre ? » Et il lui dit : « Poursuis ! Sûrement tu atteindras ! Sûrement tu délivreras ! »
David partit, ainsi que les six cents hommes qui étaient avec lui, et ils arrivèrent au torrent de Bésor. Les autres étaient restés à Ciklag. David continua la poursuite avec quatre cents hommes, tandis que deux cents restaient sur place, étant trop fatigués pour traverser le torrent de Bésor.
On trouva dans la campagne un Égyptien. On l'amena auprès de David, puis on lui donna du pain qu'il mangea, on lui fit boire de l'eau, on lui donna encore un gâteau de figues et deux gâteaux de raisins secs. Après avoir mangé, il retrouva ses esprits. En effet, il n'avait rien mangé ni bu depuis trois jours et trois nuits.
David lui demanda : « À qui appartiens-tu et d'où es-tu ? » Il répondit : « Je suis un jeune Égyptien, esclave d'un Amalécite. Mon maître m'a abandonné il y a trois jours parce que j'étais malade. C'est nous qui avons fait une incursion au Néguev des Kérétiens, contre le Néguev de Juda et contre celui de Caleb, et nous avons incendié Ciklag. »
David lui dit : « Veux-tu me conduire jusqu'à cette bande ? » Il répondit : « Jure-moi par Dieu que tu ne me feras pas mourir et que tu ne me livreras pas entre les mains de mon maître. Alors je te conduirai jusqu'à cette bande. » Il le conduisit donc.
Voici que les Amalécites étaient éparpillés sur toute l'étendue du pays, mangeant, buvant, faisant la fête avec l'énorme butin qu'ils avaient pris au pays des Philistins et au pays de Juda. David les combattit depuis l'aube jusqu'au soir du lendemain. Aucun d'eux n'en réchappa, sinon quatre cents jeunes gens qui s'enfuirent à dos de chameaux.
David délivra tous ceux qu'Amalek avait pris. Il délivra ainsi ses deux femmes. Il ne manqua personne, ni petit ni grand, aucun fils ni aucune fille, ni la moindre chose du butin, de tout ce qui leur avait été pris. David ramena le tout. David prit tout le petit et le gros bétail. Ceux qui précédaient ce troupeau pour le conduire disaient : « Voilà le butin de David ! »
David arriva près des deux cents hommes trop fatigués pour le suivre, et qui étaient restés au torrent de Bésor. Ils se portèrent à la rencontre de David et de sa troupe. David s'avança avec sa troupe et les salua.
Mais parmi les hommes qui avaient accompagné David, ce furent tous les méchants et les vauriens qui prirent la parole et dirent : « Puisqu'ils ne sont pas venus avec nous, on ne leur donnera rien du butin que nous avons récupéré, si ce n'est à chacun sa femme et ses enfants : qu'il les emmène et qu'ils s'en aillent. »
Et David déclara : « Mais non, vous ne ferez pas cela, mes frères, avec ce que le Seigneur nous a donné. Il nous a gardés, il a livré entre nos mains la bande qui nous avait attaqués. Qui pourrait vous écouter sur ce point ? En effet, comme est la part de celui qui descend au combat, ainsi est la part de celui qui reste au bagage. Ils partageront entre eux. » À partir de ce jour, David en fit pour Israël une règle, un droit, qui vaut encore aujourd'hui.
Arrivé à Ciklag, David envoya des parts de butin aux anciens de Juda, ses proches, avec ce message : « Pour vous. Comme en bénédiction, voici une part du butin pris sur les ennemis du Seigneur. » Il en envoya aussi à ceux de Béthel, à ceux de Ramoth du Néguev, à ceux de Yattir, à ceux d'Aroër, à ceux de Siphmoth, à ceux d'Eshtemoa, à ceux de Rakal, à ceux des villes des Yerahmeélites, à ceux des villes des Kénites, à ceux de Horma, à ceux de Bor-Ashane, à ceux d'Atak, à ceux d'Hébron, et de tous les lieux où David et ses hommes étaient passés.
Les Philistins livraient bataille à Israël. Les hommes d'Israël s'enfuirent devant les Philistins et tombèrent, frappés à mort, sur le mont Guelboé. Les Philistins rattrapèrent Saül et ses fils. Ils frappèrent Jonathan, Abinadab et Malki-Shoua, les fils de Saül. Le poids du combat se porta vers Saül. Les tireurs d'arc le surprirent. Il fut gravement blessé par les tireurs.
Saül dit à son écuyer : « Tire ton épée et transperce-moi, de peur que ces incirconcis ne viennent me transpercer et se jouer de moi. » Mais son écuyer refusa, tant il avait peur. Alors Saül prit son épée et se jeta sur elle. Quand l'écuyer vit que Saül était mort, il se jeta lui aussi sur son épée et mourut avec lui. Ainsi, ce jour-là, Saül, ses trois fils et son écuyer, avec tous ses hommes, moururent ensemble.
Les hommes d'Israël qui se trouvaient de l'autre côté de la vallée et ceux qui étaient de l'autre côté du Jourdain virent que leur troupe avait pris la fuite et que Saül et ses fils étaient morts. Ils abandonnèrent leurs villes et s'enfuirent. Alors les Philistins vinrent s'y installer.
Le lendemain, les Philistins, venus pour dépouiller les morts, trouvèrent Saül et ses trois fils gisant sur le mont Guelboé. Ils lui coupèrent la tête et le dépouillèrent de ses armes. Puis ils envoyèrent à la ronde, dans le pays des Philistins, porter la bonne nouvelle dans la maison de leur idole et parmi le peuple. Ils déposèrent ses armes dans la maison des Astartés et clouèrent son corps sur le rempart de Beth-Shéane.
Les habitants de Yabesh de Galaad apprirent ce que les Philistins avaient fait à Saül. Alors tous les hommes de valeur se mirent en route et marchèrent toute la nuit. Ils enlevèrent du rempart de Beth-Shéane le corps de Saül et ceux de ses fils. Ils revinrent à Yabesh et y brûlèrent les corps. Ils prirent ensuite leurs ossements, les ensevelirent sous le tamaris de Yabesh et jeûnèrent pendant sept jours.
Commentaire
La mort de Saül. Vous aviez vu, au dernier chapitre, le naufrage psychologique de Saül qui tombe au pied d'une sorcière. Et qui, ici, arrive plus ou moins à se ressaisir, allant — on l'imagine tremblant de peur, mais quand même se ressaisissant — mener un dernier combat, un dernier baroud d'honneur, parce que c'est de ça dont il s'agit. Il n'a pas l'espoir de gagner cette guerre. D'ailleurs, c'est peut-être le signe qu'il ne fallait pas la faire. Mais n'empêche qu'il n'a pas hésité à risquer sa vie pour son pays une dernière fois.
De manière dramatique, vous avez vu le combat qui se rapprochait de lui : d'abord les hommes qui s'enfuient, ensuite la mort qui touche ses trois fils, et puis ensuite lui qui est atteint par une flèche. Mais Saül ne tombe pas aux mains de l'ennemi. Il n'y a que lui-même qui peut se donner la mort.
Alors, évidemment, le suicide est considéré comme un péché, et un péché mortel. N'empêche que Saül savait le destin qui l'attendait. Non seulement il avait perdu la bataille, mais il savait qu'il allait mourir. Et en plus, il savait qu'il allait être torturé avant de mourir par les Philistins. Alors je sais bien que l'hagiographe ici se plaît à souligner comment le suicide de Saül est le signe de sa réprobation, et comment il commet l'irréparable en ne mettant pas sa foi en Dieu. N'empêche que moi, je ne peux pas m'empêcher quand même d'avoir un peu mal pour lui.
En attendant, avec Saül périt le premier royaume israélite. Et vous avez entendu comment, à la fin de la bataille, les Philistins arrivent pour occuper les territoires que Saül détenait.
Et puis les hommes de Yabesh de Galaad, qui parviennent à dérober le corps de Saül pour lui rendre les derniers hommages. Et là, avec eux, on ne peut pas s'empêcher de verser une petite larme d'émotion. Souvenez-vous, Yabesh de Galaad, c'était une des premières guerres de Saül, dont il avait pris l'initiative alors que personne ne voulait les sauver. Il n'y a pas eu que du mal dans le règne de Saül. Et c'est là-dessus aussi qu'insiste ce dernier chapitre.
Psaume 76
Vers Dieu, je crie mon appel. Je crie vers Dieu qu'il m'entende.
Au jour de la détresse, je cherche le Seigneur. La nuit, je tends les mains sans relâche. Mon âme refuse le réconfort.
Je me souviens de Dieu, je me plains. Je médite et mon esprit défaille. Tu refuses à mes yeux le sommeil. Je me trouble, incapable de parler.
Je pense aux jours d'autrefois, aux années de jadis. La nuit, je me souviens de mon chant. Je médite en mon cœur et mon esprit s'interroge.
Le Seigneur ne fera-t-il que rejeter ? Ne sera-t-il plus jamais favorable ? Son amour a-t-il donc disparu ? S'est-elle éteinte d'âge en âge, la parole ? Dieu oublierait-il d'avoir pitié ? Dans sa colère, a-t-il fermé ses entrailles ?
J'ai dit : une chose me fait mal, la droite du Très-Haut a changé.
Je me souviens des exploits du Seigneur. Je rappelle ta merveille de jadis. Je me redis tous tes hauts faits. Sur tes exploits, je médite.
Dieu, la sainteté est ton chemin. Quel Dieu est grand comme Dieu ? Tu es le Dieu qui accomplit les merveilles, qui fait connaître chez les peuples ta force. Tu rachetas ton peuple avec puissance, les descendants de Jacob et de Joseph.
Les eaux, en te voyant, Seigneur, les eaux, en te voyant, tremblèrent. L'abîme lui-même a frémi. Les nuages déversèrent leurs eaux, les nuées donnèrent de la voix, la foudre frappait de toutes parts.
Au roulement de ta voix qui tonnait, tes éclairs illuminèrent le monde. La terre s'agita et frémit. Par la mer passait ton chemin, tes sentiers, par les eaux profondes, et nul n'en connaît la trace.
Tu as conduit comme un troupeau ton peuple par la main de Moïse et d'Aaron.
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