Jour 142 ☼ — La roue de l'histoire s'emballe !
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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 15 du premier livre des Rois, le frère Paul-Adrien lit l'enchaînement vertigineux des règnes d'Abiam et d'Asa sur Juda, de Nadab et de Baasa sur Israël. Le commentaire reconnaît que ce chapitre est presque impossible à suivre — noms qui se ressemblent, règnes dédoublés, allers-retours chronologiques — et y voit un effet voulu : la roue du temps s'emballe, comme un train fou que plus personne ne remet sur les rails, au point qu'on revient au tohu-bohu primordial. Il relève aussi un détail masqué par la traduction : l'inceste de Maaka, mère de deux rois, première d'une lignée de reines mauvaises qui comptera Jézabel et Athalie. L'épisode s'achève par le psaume 102.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Nous sommes en plein dans l'histoire des rois d'Israël. Attention, ça va aller très vite, la roue de l'histoire s'accélère et s'emballe. 1 Rois, chapitre 15.
Lecture : 1 Rois 15
La dix-huitième année du règne de Jéroboam, fils de Nebath, Abiam devint roi sur Juda. Il régna trois ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Maaka, elle était la fille d'Absalom. Il imita tous les péchés que son père avait commis avant lui, et son cœur ne fut pas tout entier avec le Seigneur son Dieu, comme l'avait été le cœur de David son aïeul. Pourtant, à cause de David, le Seigneur son Dieu lui donna une lampe à Jérusalem, en maintenant son fils après lui et en gardant Jérusalem debout. Car David avait fait ce qui est droit aux yeux du Seigneur, et aucun jour de sa vie il ne s'était détourné de tout ce qu'il lui commandait, hormis dans l'affaire d'Urias le Hittite.
Il y eut toujours la guerre entre Roboam et Jéroboam. Le reste des actions d'Abiam, tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois de Juda ? Il y eut la guerre entre Abiam et Jéroboam. Abiam reposa avec ses pères et on l'ensevelit dans la cité de David. Son fils Asa régna à sa place.
La vingtième année du règne de Jéroboam, roi d'Israël, Asa devint roi sur Juda. Il régna quarante-et-un ans à Jérusalem. Sa grand-mère s'appelait Maaka, fille d'Absalom. Asa fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur, comme David son ancêtre. Il expulsa du pays les prostituées sacrées et supprima toutes les idoles immondes que ses pères avaient fabriquées. Et de plus, il destitua Maaka, sa grand-mère, du titre de reine-mère parce qu'elle avait fabriqué une infamie pour la déesse Ashéra. Asa abattit cette infamie et la brûla dans le ravin du Cédron. Mais les lieux sacrés ne disparurent pas, bien que le cœur d'Asa fût tout entier au Seigneur tous les jours de sa vie. Il fit apporter dans la maison du Seigneur les objets sacrés de son père et ceux qu'il avait lui-même consacrés, l'argent, l'or et les ustensiles.
Il y eut la guerre entre Asa et Baasa, roi d'Israël, durant toute leur vie. Baasa, roi d'Israël, monta contre le royaume de Juda. Il fortifia la ville de Rama pour empêcher quiconque de communiquer avec Asa, roi de Juda. Asa prit tout l'argent et l'or qui restait dans les trésors de la maison du Seigneur et aussi les trésors de la maison du roi. Il remit le tout aux mains de ses serviteurs. Le roi Asa envoya ceci chez Ben-Hadad, roi d'Aram, qui était le fils de Tabrimmôn, fils de Hézion, qui résidait à Damas. Il lui fit dire…
Ben-Hadad écouta le roi Asa. Il envoya les chefs de ses armées contre les villes d'Israël. Il frappa les villes d'Iyone, de Dane, d'Abel-Beth-Maaka, toute la région de Kinneret, et même tout le pays de Nephtali. Lorsque Baasa apprit cela, il cessa aussitôt de fortifier Rama et demeura à Tirsa. Alors le roi Asa convoqua tout Juda, sans excepter personne. Ils enlevèrent de Rama les pierres et le bois dont Baasa s'était servi pour la construire, et le roi les réemploya pour fortifier Guéba de Benjamin et Mispa.
Le reste de toutes les actions d'Asa, toute sa bravoure, tout ce qu'il a fait et les villes qu'il a construites, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois de Juda ? Hormis ceci : au temps de sa vieillesse, il eut les pieds malades. Asa reposa avec ses pères et il fut enseveli avec eux dans la cité de David, son ancêtre. Son fils Josaphat régna à sa place.
Nadab, fils de Jéroboam, devint roi sur Israël, la deuxième année du règne d'Asa, roi de Juda. Il régna deux ans sur Israël. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur et il marcha dans le chemin de son père, en imitant le péché que celui-ci avait fait commettre à Israël. Baasa, fils d'Ahias, de la maison d'Issakar, conspira contre lui. Baasa le frappa à Guibbetôn des Philistins, alors que Nadab et tout Israël assiégeaient Guibbetôn. C'est en la troisième année d'Asa, roi de Juda, que Baasa le mit à mort et il régna à sa place. Dès qu'il fut roi, il frappa toute la maison de Jéroboam, ne laissant âme qui vive. Il les extermina, conformément à la parole que le Seigneur avait dite par l'intermédiaire de son serviteur Ahias de Silo, à cause des péchés que Jéroboam avait commis et des péchés qu'il avait fait commettre à Israël, provoquant l'indignation du Seigneur, Dieu d'Israël.
Le reste des actions de Nadab, tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois d'Israël ? Il y eut la guerre entre Asa et Baasa, roi d'Israël, durant toute leur vie.
En la troisième année du règne d'Asa, roi de Juda, Baasa, fils d'Ahias, devint roi sur Israël à Tirsa, pour vingt-quatre années. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur et il marcha dans le chemin de Jéroboam, dans le péché que celui-ci avait fait commettre à Israël.
Commentaire
Ce chapitre est un cauchemar. C'est impossible à suivre et je suis prêt à parier que vous-même, au sortir de ce chapitre, vous êtes un peu perdu sans trop savoir exactement ce que vous venez d'entendre. Comment est-ce qu'on arrive, à la fin, à faire la distinction entre Jéroboam et Roboam ? Entre Abiam, Asa, Baasa ? Des noms qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Les règnes qui maintenant sont dédoublés, un au nord, un au sud, et qui ne commencent jamais en même temps, pour ne jamais se terminer en même temps, avec des allers-retours dans la chronologie. On vous parle de Baasa au début du chapitre, pour ensuite vous expliquer à la fin du chapitre qu'il était devenu roi par sa révolte. D'ailleurs, Jéroboam avait été à peine installé sur le trône que tout de suite une nouvelle dynastie prend le pas, pour faire encore plus ce qui est mal aux yeux de Dieu. C'est la même chose et c'est différent, ce qui fait qu'on s'y retrouve encore moins.
Vous avez des guerres qui commencent à éclater et elles n'en finissent pas. On ne vous dira d'ailleurs jamais qu'aucune guerre ne se termine. C'est une guerre qui succède à une autre guerre, tantôt les Israélites contre Juda, tantôt les Israélites contre Aram. D'ailleurs, là, vous avez vu, pour la première fois, vous avez Israël qui essaye d'envahir le royaume du sud de Juda, et Juda qui, pour la première fois, est obligé de faire une alliance avec les Araméens au nord contre les Israélites.
En fait, c'est simple : la roue du temps est en train de s'accélérer. Sur Salomon, on a eu un âge d'or et c'est comme si le récit, pendant de longs chapitres, était comme figé dans l'éternité. Sub specie aeternitatis. Puis, avec Jéroboam, on reprend le cours du temps et là, la roue de l'histoire devient folle, comme si elle s'était emballée, comme si elle était en train de dérailler et qu'il n'y avait plus personne pour la remettre sur les rails, comme un train fou. D'où ce sentiment de revenir comme à la confusion initiale, au tohu-bohu primordial.
Ce qui fait qu'il y a des petits détails qu'on ne voit pas alors que, même là, le mal se glisse. Je vous cite le chapitre 15, verset 1, c'était le tout début de la lecture :
Abiam devint roi sur Juda. Il régna trois ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Maaka. Elle était la fille d'Absalom.
Vous dire que c'est la fille d'Absalom, ça veut dire qu'on ne la porte pas vraiment dans notre cœur. Et deux, trois versets plus loin, vous avez marqué quoi ?
Asa devint roi sur Juda. Il régna quarante-et-un ans à Jérusalem. Sa grand-mère s'appelait Maaka, fille d'Absalom.
Et j'ai une petite note sur « grand-mère ». C'est la note numéro M. Je lis littéralement dans le texte : « sa mère ». Encore le politiquement correct, je vous en parlais le dernier épisode. Ce que la traduction essaye de vous cacher, c'est un inceste. Maaka était la mère du roi Abiam. Abiam a un fils, Asa. Et Asa, sa mère, c'est aussi Maaka. Elle est la mère de deux rois, du père et du fils.
Et juste après, le récit continue en vous disant : « Asa fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur. » Ça, ça mérite d'être dit, parce que c'est la première fois qu'on entend un roi faire quelque chose d'à peu près bien aux yeux du Seigneur. Et qu'est-ce qu'il a fait de bien ? Il a expulsé du pays les prostituées sacrées. Et en plus, verset 13, il destitua Maaka, sa mère, du titre de reine-mère parce qu'elle avait fabriqué une infamie pour la déesse Ashéra.
Je le mentionne parce qu'il est toujours question des hommes qui font n'importe quoi, et c'est à juste titre. Mais de la même manière que derrière chaque grand homme il y a une grande femme, derrière chaque petit homme il y a une petite femme. Maaka, c'est la première de ces reines mauvaises, de ces femmes profondément dévoyées. Nous verrons, il y en aura d'autres : Jézabel, Athalie.
En attendant, nous terminons par un psaume, avant de retourner dans nos prophètes. Ça fait du bien, un peu de parole droite, les prophètes, au milieu de ce monde profondément dévoyé.
Psaume 102
Bénis le Seigneur, ô mon âme ! Bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme ! N'oublie aucun de ses bienfaits !
Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie. Il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse. Il comble de biens tes vieux jours, tu renouvelles comme l'aigle ta jeunesse.
Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël, ses hauts faits.
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. Il n'est pas toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches. Il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses.
Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint. Aussi loin qu'est l'Orient de l'Occident, il met loin de nous nos péchés.
Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint. Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière.
L'homme ! Ses jours sont comme l'herbe, comme la fleur des champs il fleurit. Dès que souffle le vent, il n'est plus, même la place où il était l'ignore.
Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours, et sa justice pour les enfants de leurs enfants, pour ceux qui gardent son alliance et se souviennent d'accomplir ses volontés.
Le Seigneur a son trône dans les cieux : sa royauté s'étend sur l'univers. Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole.
Bénissez-le, armées du Seigneur, serviteurs qui exécutez ses désirs. Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez-le, sur toute l'étendue de son empire. Bénis le Seigneur, ô mon âme !
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