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Jour 155 ☼ — Fin de règne, début du chaos

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Résumé : Après avoir partagé son rêve d'une « saison 2 » du podcast avec voix multiples et sound design, le frère Paul-Adrien lit le chapitre 8 du deuxième livre des Rois : le retour de la Shounamite, la visite d'Azaël à Élisée, l'assassinat de Ben-Hadad, puis la succession des rois de Juda apparentés à la maison d'Akab. Le commentaire souligne l'ironie d'un roi d'Aram consultant le Dieu d'Israël, la mesquinerie de Guéhazi qui se place à la cour sur le dos d'Élisée, et surtout l'accomplissement de la prophétie faite à Élie au mont Horeb : Azaël roi d'Aram. D'où les larmes d'Élisée et cette ambiance de fin de règne, ponctuée par l'apparition discrète d'un nom lourd de menaces : Athalie.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Aujourd'hui, avant de passer à 2 Rois, chapitre 8, je vous fais part d'un rêve, mon rêve pour ce podcast. Je me dis, vous voyez, si jamais on devait faire une saison 2 — je m'avance un petit peu parce que je n'en suis même pas encore à la moitié de la Bible, mais je ne peux pas m'empêcher de rêver. Si jamais je devais faire une saison 2, une réédition de ce podcast, imaginez pour les lectures bibliques la chose suivante. Pour les lectures bibliques, je vous fais des voix différentes selon que tel ou tel personnage parle. J'essaye de me former en prenant des cours de théâtre, je ne sais pas comment vous dire, mais ça doit exister.

Et surtout, je rajoute derrière ce qu'on appelle du sound design, c'est-à-dire des bruits d'ambiance. Quand on vous parle d'une guerre, vous entendez des bruits de guerre. Quand on vous parle d'un chant, on vous met de la musique, etc. Et imaginez le podcast que ça ferait. Imaginez les lectures bibliques que vous auriez, mais ce serait de la folie. Une Bible totalement immersive. Qu'on écouterait simplement pour le plaisir de voyager. Vous savez que ce genre de podcast, quand c'est bien fait, c'est encore plus immersif que le cinéma. Ça, c'est mon rêve. Si jamais je fais un jour une deuxième saison — mais je la ferai.

Je vous dis ça parce que c'est le jour aussi où je fais ma petite pub pour vous dire : aidez-nous. Si jamais vous avez envie qu'il y ait une saison comme ça, tous les liens sont en bas. Puis c'est aussi peut-être une manière tout simplement de nous remercier. En tout cas, enfin voilà quoi. Donc les liens pour nous aider sont en bas. Ce n'est pas parce qu'on a fait une fois ce podcast que ça va marcher, que ça va s'arrêter là. Moi, j'aimerais bien essayer de le faire vivre, essayer de le faire grandir. Je vous ai donné un de mes rêves, un de mes projets. Il y en aurait d'autres. On est quand même là au 155e jour. Ça commence à faire.

Bon, allez-y, je parle trop. Deuxième livre des Rois, chapitre 8.

Lecture : 2 Rois 8

Élisée avait dit à la femme dont il avait fait revivre le fils : « Lève-toi, pars, toi et ta famille. Séjourne où tu pourras, car le Seigneur a appelé la famine, et même elle vient sur le pays pour sept ans. » La femme se leva et agit selon la parole de l'homme de Dieu. Elle partit, elle et sa famille, et séjourna au pays des Philistins pendant sept ans.

Sept années passèrent et la femme revint du pays des Philistins. Elle alla implorer le roi au sujet de sa maison et de son champ. Or, le roi était en conversation avec Guéhazi, le serviteur de l'homme de Dieu. Il lui avait dit : « Raconte-moi donc toutes les grandes actions accomplies par Élisée. » Guéhazi était en train de raconter au roi comment Élisée avait fait revivre le mort, quand, justement, la femme dont il avait fait revivre le fils vint implorer le roi au sujet de sa maison et de son champ. Guéhazi dit alors : « Monseigneur le roi, voici la femme et son fils qu'Élisée a fait revivre. » Le roi interrogea la femme, qui lui en fit le récit. Il mit à sa disposition un de ses dignitaires et dit à celui-ci : « Fais-lui restituer tout ce qui lui appartient, avec tous les revenus de ce champ, depuis le jour où elle a quitté le pays jusqu'à maintenant. »

Élisée se rendit à Damas. Ben-Hadad, roi d'Aram, était malade. On l'informa en disant : « L'homme de Dieu est venu jusqu'ici. » Le roi dit à Azaël : « Prends avec toi un cadeau et va trouver l'homme de Dieu. Par lui, tu consulteras le Seigneur en disant : sortirai-je vivant de cette maladie ? » Azaël alla trouver Élisée avec, en cadeau, tout ce qu'il y avait de meilleur à Damas, de quoi charger quarante chameaux. Il entra, se tint devant Élisée et dit : « Mon fils Ben-Hadad, roi d'Aram, m'envoie te demander : sortirai-je vivant de cette maladie ? » Élisée lui répondit : « Va lui dire : c'est sûr, tu vivras. Mais le Seigneur m'a fait voir qu'en réalité il mourra. »

Le visage de l'homme de Dieu devint immobile, complètement figé. Et il pleura. Azaël demanda : « Pourquoi mon seigneur pleure-t-il ? » Il dit : « Je sais le mal que tu feras aux fils d'Israël. Leurs villes fortes, tu les livreras au feu. Les jeunes gens, tu les tueras par l'épée. Leurs petits enfants, tu les écraseras. Leurs femmes enceintes, tu les éventreras. » Azaël reprit : « Mais quel est donc ton serviteur, ce chien, pour faire ces atrocités ? » Élisée répondit : « Dans une vision du Seigneur, je t'ai vu roi d'Aram. »

Azaël quitta Élisée et retourna chez son maître. Le roi lui demanda : « Que t'a dit Élisée ? » Il répondit : « Il m'a dit : c'est sûr, tu vivras. » Mais le lendemain, Azaël prit une couverture, la plongea dans l'eau et l'appliqua sur le visage du roi, qui mourut. Azaël régna à sa place.

La cinquième année du règne de Joram, fils d'Akab, roi d'Israël, Josaphat étant roi de Juda, Joram, fils de Josaphat, devint roi. Il avait trente-deux ans lorsqu'il devint roi, et il régna huit ans à Jérusalem. Il marcha dans les chemins des rois d'Israël, comme avait fait la maison d'Akab, car il avait pour femme une fille d'Akab. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. Mais le Seigneur ne voulut pas détruire Juda, à cause de la promesse faite à David son serviteur, de lui donner, à lui et à ses fils, une lampe pour toujours.

Du temps de Joram, le pays d'Édom se révolta contre la domination de Juda et se donna un roi. Joram passa à l'endroit appelé Saïr, et tous ses chars étaient avec lui. S'étant levé de nuit, il battit les Édomites qui l'encerclaient, lui et les commandants des chars. Et le peuple s'enfuit vers ses tentes. Édom se révolta contre la domination de Juda, et cela jusqu'à ce jour. En ce temps-là, la ville de Libna se révolta.

Le reste des actions de Joram, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales des rois de Juda ? Joram reposa avec ses pères. Il fut enseveli avec eux dans la cité de David. Son fils Okozias régna à sa place.

La douzième année du règne de Joram, fils d'Akab, roi d'Israël, Okozias, fils de Joram, roi de Juda, devint roi. Okozias avait vingt-deux ans lorsqu'il devint roi, et il régna un an à Jérusalem. Le nom de sa mère était Athalie, fille d'Omri, roi d'Israël. Il marcha dans le chemin de la maison d'Akab, et il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, comme la maison d'Akab, car il était apparenté à la maison d'Akab.

Il partit avec Joram, fils d'Akab, pour combattre à Ramoth de Galaad Azaël, roi d'Aram. Mais les Araméens blessèrent Joram. Le roi Joram revint à Izréel se faire soigner des blessures que les Araméens lui avaient faites dans le combat contre Azaël, roi d'Aram. Okozias, fils de Joram, roi de Juda, descendit à Izréel pour voir Joram, fils d'Akab, parce qu'il était blessé.

Commentaire

Le roi d'Aram qui va consulter Élisée pour sa maladie. Étonnant quand même. D'autant plus étonnant qu'au début du deuxième livre des Rois, on avait Okozias qui était roi d'Israël ; son fils était malade — enfin, lui était malade — et il était allé consulter Baal-Zeboub. Précisément le dieu des Araméens. Et voilà que maintenant, c'est un Araméen qui vient consulter le Dieu d'Israël. C'est ironique. Ça vous montre à la fois la déchéance des rois d'Israël. Ça vous montre aussi la grandeur des rois d'Aram, qui sont peut-être des ennemis, mais qui sont des hommes de bonne volonté. Derrière, vous avez peut-être l'histoire de Naaman le Syrien qui a fait école.

Tiens d'ailleurs, en parlant de faire école, regardez qui on a retrouvé à la cour du roi d'Israël. On a retrouvé Guéhazi. L'ancien serviteur d'Élisée, qui d'ailleurs n'est plus au service d'Élisée, qui est devenu au service du roi. En fait, il a profité de son passage chez Élisée et de la gloire qu'a acquise Élisée maintenant pour se placer à la cour. Enfin quand même : il s'était déjà fait de l'argent sur le dos d'Élisée, et voilà maintenant qu'il se fait une position politique sur le dos d'Élisée. Bon, ben, il y a des gens comme ça.

Vous savez, c'est toujours un peu rageant de voir qu'on essaye de faire des choses qui sont belles et qui sont bonnes — parfois des grandes, parfois des petites — mais il y a toujours quelqu'un pour profiter de vous, pour reprendre à son compte vos combats, vos succès, et pour se placer grâce à ça, sans comprendre l'esprit qu'il y avait derrière. À la grandeur d'Élisée répond la mesquinerie. Bon, ben, il y a une leçon de vie pour nous.

Ce que ça veut dire aussi, c'est que le mouvement de réforme religieuse d'Élisée, il commence à avoir pignon sur rue. Il commence à être entendu à la cour. Parce que le roi d'Israël qui va interroger Guéhazi, en fait c'est quoi ? C'est le roi d'Israël qui se dit : c'est qui finalement, cet Élisée ? Peut-être que je me suis trompé, c'est peut-être pas seulement un prophète qui amène des malheurs ou qui fait deux ou trois miracles comme ça. Il y a peut-être derrière quelque chose de plus puissant. Allez, on fait le point. Toi qui connais Élisée, redis-moi toute son histoire, que je comprenne enfin à qui j'ai affaire.

Parce qu'Élisée, maintenant, il a acquis une stature internationale. Le roi d'Aram le consulte. Quand je vous disais qu'il y avait peut-être des alliances entre Aram et Israël grâce à Élisée… vous compterez le nombre de fois où les rois d'Aram se sont retrouvés devant Élisée au cours des derniers chapitres.

Sauf qu'il y a un drame qui est en train de se préparer. Et ce drame, il porte un nom : il s'appelle Azaël. Vous avez entendu comment Élisée prédisait que c'était lui, Azaël, qui allait assassiner le roi. Et comment Élisée le disait à contrecœur. Azaël, vous, vous l'avez oublié, mais on en a déjà parlé dans le premier livre des Rois. Parfaitement. Avec Élie — non plus Élisée, mais Élie. En haut du mont Horeb, quand Dieu lui parle dans le murmure d'un fin silence, Dieu avait dit à Élie, je cite :

« Tu iras sacrer Élisée, Jéhu, et Azaël roi d'Aram. Celui que l'épée d'Azaël épargnera, l'épée de Jéhu le tuera. Et celui que l'épée de Jéhu épargnera, Élisée en fera son affaire. »

Donc, quand Azaël, en mission commandée par le roi d'Aram, se retrouve en présence d'Élisée, Élisée devient blanc comme un linge, parce qu'il réalise que c'est la prophétie d'Élie qui est en train de s'accomplir. Parce qu'il comprend que les jours de la maison d'Israël, les jours de cette dynastie, sont comptés.

D'où cette ambiance de fin de règne, avec cette liste des rois de la maison d'Omri qui sont tous en train de mourir maintenant, les uns après les autres. Récapitulée, et de laquelle on a pris soin de vous distinguer un nom qui fait son apparition, mine de rien : Athalie. Athalie, la mère d'Okozias et la femme de Joram. Oh, on le retrouvera, ce nom.

Pour continuer sur cette ambiance de fin de règne, on vous a mentionné comme en passant la révolte d'Édom. Vous aviez déjà eu la révolte de Moab au début du deuxième livre des Rois. Voilà que maintenant un nouvel État vassal se révolte. Bientôt, il ne restera plus à la maison d'Israël que ses yeux pour pleurer.

Psaume 113

Alléluia ! Quand Israël sortit d'Égypte, et Jacob, de chez un peuple étranger, Juda fut pour Dieu un sanctuaire, Israël devint son domaine.

La mer voit et s'enfuit, le Jourdain retourne en arrière. Comme des béliers, bondissent les montagnes, et les collines, comme des agneaux.

Qu'as-tu, mer, à t'enfuir ? Jourdain, à retourner en arrière ? Montagnes, pourquoi bondir comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ?

Tremble, terre, devant le Maître, devant la face du Dieu de Jacob, lui qui change le rocher en source et la pierre en fontaine.

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire, pour ton amour et ta vérité. Pourquoi les païens diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? » Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu'il veut, il le fait.

Leurs idoles : or et argent, ouvrage de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier. Qu'ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles.

Israël, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui. Famille d'Aaron, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui. Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui.

Le Seigneur se souvient de nous : il bénira. Il bénira la famille d'Israël, il bénira la famille d'Aaron. Il bénira tous ceux qui le craignent, le Seigneur, du plus grand au plus petit.

Que le Seigneur multiplie ses bienfaits pour vous et vos enfants. Soyez bénis par le Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. Le ciel, c'est le ciel du Seigneur ; aux hommes, il a donné la terre.

Les morts ne louent pas le Seigneur, ni ceux qui descendent au silence. Nous, les vivants, bénissons le Seigneur, maintenant et pour les siècles des siècles.


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