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Jour 171 ☼ — Jérusalem tombe… mais Dieu ne cède pas

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Résumé : Dernier chapitre du deuxième livre des Rois : le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, la fuite et l'aveuglement de Sédécias, l'incendie du Temple et du palais, le pillage du bronze, la déportation, puis l'assassinat de Godolias et la fuite en Égypte. Le frère Paul-Adrien s'arrête sur la destruction des deux colonnes du Temple, Jakin et Booz, qui symbolisaient la stabilité et la force de la dynastie davidique. Il montre que cette chute n'est pas un effondrement brutal mais une lente déchéance, causée par des rois qui n'écoutent plus les prophètes. Le commentaire relit tout le livre à la lumière de la « théologie du reste » apparue avec Élie : Dieu proposait un rayonnement spirituel au milieu des empires, les rois ont préféré la confrontation armée. Le livre se referme malgré tout sur une lueur : le roi de Juda sorti de prison et admis à la table du roi de Babylone.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

On n'a plus besoin de les introduire, ces chapitres. C'est le dernier du livre des Rois. Trembler, pleurer, gémir. Aujourd'hui, la vierge, la fille de mon peuple, Jérusalem, tombe.

Lecture : 2 Rois 25

La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint attaquer Jérusalem avec toute son armée. Il établit son camp devant la ville, qu'il entoura d'un ouvrage fortifié. La ville fut assiégée jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias.

Le neuvième jour du quatrième mois, comme la famine était devenue terrible dans la ville et que les gens du pays n'avaient plus de pain, une brèche fut ouverte dans le rempart de la ville. Mais toute l'armée s'échappa dans la nuit, par la porte du double rempart, près du jardin du roi, dans la direction de la plaine du Jourdain, pendant que les Chaldéens cernaient la ville.

Les troupes chaldéennes poursuivirent le roi et le rattrapèrent dans la plaine de Jéricho. Toute son armée en déroute l'avait abandonné. Les Chaldéens s'emparèrent du roi. Ils le menèrent à Ribla auprès du roi de Babylone, et l'on prononça la sentence. Les fils de Sédécias furent égorgés sous ses yeux. Puis on lui creva les yeux. Il fut attaché avec une double chaîne de bronze et emmené à Babylone.

Le septième jour du cinquième mois, la dix-neuvième année du règne de Nabuchodonosor, roi de Babylone, Nabouzaradan, commandant de la garde au service du roi de Babylone, fit son entrée à Jérusalem. Il incendia la maison du Seigneur et la maison du roi. Il incendia toutes les maisons de Jérusalem, toutes les maisons des notables. Toutes les troupes chaldéennes qui étaient avec lui abattirent les remparts de Jérusalem.

Nabouzaradan déporta tout le peuple resté dans la ville, les déserteurs qui s'étaient ralliés au roi de Babylone, bref, toute la population. Il laissa seulement une partie du petit peuple de la campagne, pour avoir des vignerons et des laboureurs.

Les colonnes de bronze qui se trouvaient dans la maison du Seigneur, les bases et la mer de bronze qui se trouvaient dans la maison du Seigneur, les Chaldéens les brisèrent et en emportèrent le bronze à Babylone. Ils prirent également les vases, les pelles, les ciseaux, les gobelets et tous les objets de bronze qui servaient au culte. Le commandant de la garde prit les brûle-parfums et les bols à aspersion, tout ce qui était en or et tout ce qui était en argent.

Les deux colonnes, la mer qui était unique, et les bases que Salomon avait faites pour la maison du Seigneur : tous ces objets étaient d'un poids de bronze qu'on ne pouvait évaluer. La hauteur de la première colonne était de dix-huit coudées. Elle était surmontée d'un chapiteau de bronze, et la hauteur d'un chapiteau était de trois coudées. Il y avait un filet et des grenades tout autour du chapiteau. Le tout était en bronze. La deuxième colonne, avec son filet, était semblable à la première.

Le commandant de la garde prit Seraya, chef des prêtres, Sophonie, prêtre en second, et les trois gardiens du seuil. Dans la ville, il prit un dignitaire, celui qui était préposé aux gens de guerre, cinq hommes parmi les familiers du roi qui furent trouvés dans la ville, puis le secrétaire du chef de l'armée, chargé d'enrôler les gens du pays, et soixante hommes des gens du pays qui se trouvaient dans la ville. Nabouzaradan, commandant de la garde, les ayant pris, les amena au roi de Babylone, à Ribla. Le roi de Babylone les frappa et les mit à mort à Ribla, au pays de Hamath. Et Juda fut déporté loin de sa terre.

Quant aux gens restés dans le pays de Juda, et qu'avait laissés Nabuchodonosor, roi de Babylone, celui-ci leur donna comme gouverneur Godolias, fils d'Ahikam, fils de Shafane. Tous les officiers des troupes et leurs hommes apprirent que le roi de Babylone leur avait donné Godolias comme gouverneur. Ils vinrent, eux et leurs hommes, auprès de Godolias à Mispa. C'était Ismaël, fils de Netanya, Yohanane, fils de Karéah, Seraya, fils de Tanhoumète, qui était de Netofa, et Yaazanyahou, fils du Maakatite. Godolias leur fit un serment, à eux et à leurs hommes. Il leur dit : « N'ayez pas peur des officiers des Chaldéens. Demeurez dans le pays, servez le roi de Babylone, et tout ira bien pour vous. »

Mais, le septième mois, Ismaël, fils de Netanya, fils d'Élishama, qui était de sang royal, vint avec dix hommes, et ils frappèrent à mort Godolias, les Judéens et les Chaldéens qui étaient avec lui à Mispa. Alors tous les gens, du plus petit jusqu'au plus grand, et les officiers des troupes se levèrent et se rendirent en Égypte, car ils avaient peur des Chaldéens.

La trente-septième année de la déportation de Jékonias, roi de Juda, le douzième mois, le vingt-sept du mois, Évil-Mérodac, roi de Babylone, l'année même où il devint roi, fit grâce à Jékonias, roi de Juda, et le fit sortir de prison. Il lui parla avec bonté. Il lui accorda un rang plus élevé que celui des rois qui étaient avec lui à Babylone. Il lui fit quitter ses vêtements de prisonnier, et Jékonias prit désormais ses repas en présence du roi, tous les jours de sa vie. Sa subsistance fut assurée en permanence par le roi, jour après jour, tous les jours de sa vie.

Commentaire

On peut se dire qu'avec le siège de Jérusalem, tout est brutalement tombé. Mais à bien y regarder, ces livres des Rois vous auront plutôt donné l'impression d'une lente déchéance. Le Temple qui est pillé, c'est la septième fois qu'il est pillé dans ce livre. Enfin, entre les prises de guerre et les rois de Juda qui eux-mêmes pillaient le Temple de Jérusalem qu'ils avaient reconstruit, pour payer des armées étrangères, on ne s'en sortait plus.

Là, moi, la seule chose qui m'a frappé, c'est l'insistance du narrateur à décrire la destruction de ces deux colonnes. Alors j'ai fait mes petites recherches. Elles portaient un nom, ces deux colonnes. Il y avait Jakin et Booz. Jakin : « il l'établit », qui symbolisait la stabilité et l'établissement de la dynastie de David. Et Booz, qui voulait dire « en lui la force », comme Booz, l'ancêtre du roi David, et qui représentait la force de Dieu soutenant son peuple. En détruisant ces deux colonnes, symboliquement, c'est la dynastie de David que l'on a détruite.

Une fin cruelle donc. La ruine d'un Temple, et puis aussi ce roi à qui on crève les yeux avant de lui donner un dernier spectacle : ses deux fils et deux héritiers égorgés devant lui. Mais ce roi dont on crève les yeux, symbole de sa cécité spirituelle et politique, ça fait longtemps qu'il ne voyait plus rien. On l'a dit et on l'a redit : ces rois qui ne comprennent rien à ce qui se passe sur la scène internationale, parce qu'ils n'écoutent pas les messages des prophètes.

Quelle est la dernière fois que, dans ces chapitres, vous avez entendu un prophète prévenir le roi ? Et pourtant ils existent, on n'arrête pas de les écouter à côté. Le livre des Rois, qui n'arrêtait pas de nous raconter leur histoire, eh bien là, maintenant, ils n'interviennent plus du tout dans le récit. La dernière fois qu'on a entendu parler de prophètes, c'était juste avant la bataille de Meguiddo, le narrateur qui disait que Dieu avait dit à ses prophètes qu'il ne sauverait pas Juda.

Alors vous allez me dire : très bien, mais en attendant, on fait quoi ? Dieu qui prédit la ruine de Juda, on se laisse envahir ? Il faut quand même bien résister. Sauf que ce n'était pas le tout des messages des prophètes, qui disaient : mais soumettez-vous, laissez-vous envahir et tout va bien se passer. Vous préférez quoi ? Essayer de garder votre indépendance et partir en déportation dans un pays ruiné ? Ou bien être pauvres — parce qu'il faudra payer des tributs — mais pauvres et libres dans une terre qui vous appartiendra ?

Le temps de la grande indépendance nationale, le temps d'une royauté, d'un petit empire au milieu du Proche-Orient, il est fini depuis Salomon, depuis qu'on a apostasié, et qu'on a entendu avec Élie comment Dieu avait changé son fusil d'épaule, comment Dieu préférait un petit reste à un royaume idolâtre.

Si jamais je le dis en termes modernes, cette théologie du reste qui est apparue avec Élie et qui est le plan de Dieu — le plan de Dieu, c'était de transformer le royaume d'Israël et de Juda en soft power, un rayonnement spirituel dans un empire plus large. C'était de faire évoluer la religion d'Israël vers l'Évangile, plutôt que vers le nationalisme étroit. C'est ce que n'arrêtaient pas de dire les prophètes : Jonas qui était parti évangéliser les Assyriens, Élisée qui baptise Naaman le général araméen, et puis maintenant Jérémie qui préconise de se soumettre à l'empire babylonien. C'était ça, les portes de sortie que Dieu donnait.

Et à la place, on a choisi quoi ? Eh bien, la porte de sortie que Josias a choisie, c'est la confrontation armée à Meguiddo. Le triomphe de la royauté et des institutions humaines. Parce que j'ai fait ma réforme religieuse, Dieu doit me donner la victoire. Eh bien non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. La victoire que proposait Dieu, ce n'était pas une victoire humaine, militaire, c'était une victoire religieuse, celle du petit reste qui rayonne.

Et vous savez, ça aurait pu être beaucoup plus efficace. On sait que vous pouvez subvertir un empire de l'intérieur, ça existe, des choses comme ça. Et la religion d'Israël avait ce pouvoir. Enfin, c'est quand même ce qui se passera plus tard avec l'Empire romain. Les rois de Juda, s'ils l'avaient compris, seraient restés à Jérusalem, il n'y aurait pas eu de déportation. Parce qu'ils ne l'ont pas compris, eh bien Dieu choisira la manière forte pour que son plan à lui se réalise, à savoir une victoire religieuse plutôt qu'une victoire militaire.

D'où ce dernier paragraphe par lequel se conclut le livre des Rois : comment, finalement, à Babylone, le roi Évil-Mérodac fait sortir le roi de Juda de la prison pour le faire asseoir à sa table.

Psaume 134

Alléluia ! Louez le nom du Seigneur, louez-le, serviteurs du Seigneur, qui veillez dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu.

Louez la bonté du Seigneur, célébrez la douceur de son nom. C'est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien.

Je le sais, le Seigneur est grand : notre Maître est plus grand que tous les dieux. Tout ce que veut le Seigneur, il le fait au ciel et sur la terre, dans les mers et jusqu'au fond des abîmes.

De l'horizon il fait monter les nuages, il lance des éclairs et la pluie ruisselle, il libère le vent qu'il tenait en réserve.

Il a frappé les aînés de l'Égypte, les premiers-nés de l'homme et du bétail. Il envoya des signes et des prodiges chez toi, terre d'Égypte, sur Pharaon et tous ses serviteurs.

Il a frappé des nations en grand nombre et fait périr des rois valeureux : Sihôn, le roi des Amorites, Og, le roi de Bashane, et tous les royaumes de Canaan. Il a donné leur pays en héritage, en héritage à Israël son peuple.

Pour toujours, Seigneur, ton nom, d'âge en âge, Seigneur, ton mémorial ! Car le Seigneur rend justice à son peuple : par égard pour ses serviteurs, il se reprend.

Les idoles des nations, or et argent, ouvrages de mains humaines : elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, leurs oreilles n'entendent pas, et dans leur bouche, pas le moindre souffle. Qu'ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles.

Maison d'Israël, bénis le Seigneur ! Maison d'Aaron, bénis le Seigneur ! Maison de Lévi, bénis le Seigneur ! Et vous qui le craignez, bénissez le Seigneur ! Béni soit le Seigneur depuis Sion, lui qui habite Jérusalem !


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