1 En la neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nabucodonosor, roi de Babylone, vint attaquer Jérusalem avec toute son armée ; il établit son camp devant la ville, qu'il entoura d'un retranchement.
2 La ville fut assiégée jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias.
3 Le neuvième jour du quatrième mois, comme la famine était devenue terrible dans la ville et que les gens du pays n'avaient plus de pain,
4 une brèche fut ouverte dans le rempart de la ville. Mais toute l'armée s'échappa dans la nuit, par la porte du double rempart, près du jardin du roi, dans la direction de la plaine du Jourdain, pendant que les Chaldéens cernaient la ville.
5 Les troupes chaldéennes poursuivirent le roi et le rattrapèrent dans la plaine de Jéricho ; toute son armée en débandade l'avait abandonné.
6 Les Chaldéens s'emparèrent du roi, ils le menèrent à Ribla, auprès du roi de Babylone, et l'on prononça la sentence.
7 Les fils de Sédécias furent égorgés sous ses yeux, puis on lui creva les yeux, il fut enchaîné et emmené à Babylone.
8 Le septième jour du cinquième mois, en la dix-neuvième année du règne de Nabucodonosor, Nabouzardane, commandant de la garde, officier du roi de Babylone, fit son entrée à Jérusalem.
9 Il incendia le Temple, le palais et toutes les maisons des notables.
10 Les troupes chaldéennes qui étaient avec lui abattirent les remparts de Jérusalem.
11 Nabouzardane déporta tout le peuple resté dans la ville, les déserteurs qui avaient passé au roi de Babylone, bref, toute la population.
12 Il laissa seulement une partie du petit peuple de la campagne, pour avoir des vignerons et des laboureurs. (traduction liturgique catholique romaine)
DU 2ème LIVRE DES ROIS
Commentaire
1. Situation
Les 2 Livres des Rois nous relatent l'histoire des royaumes d'Israël et de Juda depuis Salomon jusqu'à l'exil à Babylone, c'est-à-dire depuis le milieu du 10ème siècle jusqu'au milieu du 6ème siècle. Intervalle qui correspond exactement à la période durant laquelle Israël et Juda ont été vraiment, l'un et l'autre, un Etat, au sens politique du terme, et non pas seulement le "Peuple de Dieu", qui a existé comme tel bien avant l'avènement de David qui l'avait ainsi unifié, ainsi que bien après l'exil, qui a marqué la fin de son indépendance politique. Intervalle qui est également celui d'un déclin régulier, à travers une marche historique faite de lumières et d'ombres.
Dans ces Livres des Rois, chacun des rois nous est présenté selon un schéma identique : date et âge d'avènement, longueur du règne, nom de la reine-mère (pour les rois de Juda), appréciation de son attitude face au Dieu d'Israêl. Le récit concernant chacun d'eux se conclut également de la même façon : indication de la source de renseignements utilisée concernant ce roi, mention de sa mort et de sa sépulture, nom et prise de pouvoir de son successeur.
Le thème fondamental de ces livres des Rois est que le Temple de Yahvé-Dieu à Jérusalem est le seul endroit où l'on peut légitimement adorer Dieu. Israël, le royaume du Nord, suite à la division du royaume unfié, après la mort de Salomon, a donc construit des sanctuaires schismatiques, soumis aux influences païennes.
Tous les rois d'Israêl et de Juda ne sont finalement appréciés que selon le critère du 1er commandement donné à Moïse, et concernant le culte exclusif à rendre à Yahvé, le seul et unique Dieu.
Vu l'importance de la réforme religieuse du roi Josias en 622, selon les données du Livre du Deutéronome au chapitre 12 (2 Rois, 22), on estime que toute l'histoire des rois a été ainsi relue et composée après ce règne et cette réforme de Josias.
Que ces 2 Livres des Rois aient été écrits avant ou pendant l'exil Babylonien, il n'en reste pas moins que le, ou les, auteur(s) de ces livres est, ou sont, marqué(s) par le Deutéronome ou la pensée Deutéronomiste, telle qu'elle est résumée en Deutéronome, 6,4. Leur but est de montrer à quel point l'histoire d'Israël et de Juda est à interpréter selon la relation au Dieu de l'Alliance, et comment, perçue ainsi, on la découvre conduite par Yahvé-Dieu.
Ces 2 Livres des Rois sont à aborder comme une seule oeuvre nous transmettant en 3 parties : - l'histoire du règne de Salomon (1 Rois, 1 - 11), - l'histoire synchronique des 2 royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda), jusqu'à la ruine du Royaume du Nord (1 Rois, 12, 1 - 2 Rois, 17, 41), - la fin de l'histoire du royaume de Juda jusqu'à l'exil Babylonien ( 2 Rois, 18, 1 - 25, 30).
2. Message
Sédécias, placé sur le trône royal de Jérusalem par le roi chaldéen de Babylone Nabuchodonosor, lors de la 1ère déportation, en est venu à se révolter contre Nabuchodonosor.
D'où la réponse brutale de ce dernier qui s'en vient assiéger Jérusalem, affamer ses habitants. La rétribution est très lourde et terrible quand Sédécias tente de s'échapper avec son armée, se fait rattraper et devient le prisonnier torturé et rendu aveugle de Nabuchodonosor.
La ville entière est iincendiées, le Temple de Dieu est détruit, les remparts sont démolis. , et une grande partie de la population de Jérusalem est déportée à Babylone.
3. Decouvertes
Telle est bien la fin d'une époque. Même si Dieu va continuer d'accompagner son peuple en exil comme après le retour d'exil, le peuple Juif ne retrouvera de fait (quoi que l'on puisse penser de cette dernière retrouvaille) la maîtrise de sa terre qu'à dater des années 1950 de notre ère, suite à la seconde guerre mondiale.
En effet, à leur retour d'exil, les Israélites du Royaume de Juda récupèreront certes leur liberté religieuse, ils pourront même reconstruire leur Temple ainsi que les remparts de la ville, mais dans une situation et un environnement où désormais la Palestine et Jérusalem sont devenues et deviendront successivement, province Perse, puis Grecque, puis Romaine.
Le roi Sédécias était l'oncle de Jehoiakin, que Nabuchodonosor avait déjà déporté à Babylone. Jérémie nous est présenté comme son confident (Jérémie, 37, 17 - 21; 38, 14 - 28), mais un confident qui n'est pas écouté par Sédécias, qui préfère adopter une politique anti-babylonnienne qui lui coûtera très cher.
Il semble que la population Palestinienne laissée dans le pays soit plus importante que le laisse entendre ce passage.
4. Prolongement
Ruine d'un peuple, d'une nation, d'une ville, d'un Temple, nous dit ce texte, avec sans doute de l'exaggération. Ce qui n'empêche pas de laisser dans l'esprit des croyants de ce peuple place à l'espérance soit d'un Messie Royal à venir comme un descendant de David, soit, pour d'autres, d'un Serviteur de Dieu, confidant du Seigneur et acceptant de souffrir en sa mission pour le salut de son peuple (Isaïe, 42; 49; 50; 52 - 53).
Jésus a vécu lui-même la proximité de la destruction de son humanité dnas sa crucifixion, comme une grande peine et une agonie, avant d'être exaucé en sa résurrection glorieuse. Avec lui, qui, dans le don de son Esprit Saint nous transmet ce qu'il a vécu en profondeur en son événement pascal, nous vivons dès maintenant une vi nouvelle car nous avons été baptisés dans sa mort-résurrection et nous avons revêtu le Christ, en devenant fils avc lui et co-héritiers de son Royaume.
Face à cet achèvemnet de out le plan de Dieu en la mort-résurr'ection de jésus, la ruine de Jérusalem n'est pour nous qu'une étape, doht la bible nous dit qu'elle s'expllique par le péché des hommes d'Israêl qui ne cherchainet qu'à être une nation "comme les autres", sans plus désormais donner priorité à la Parole et à l'actionde Dieu qui les appelait à être le peuple prophétique d'un salut dont les dimensions dépassent les jhorizons ordinaires de ce monde.
Prière
*Seigneur Jésus, tu nous as dit être venu parmi nous pour sauver ce qui était perdu, et, en obéissant jusqu'au bout à la volonté du Père pour révéler à quel point Dieu est miséricordieux et nous sauve tout-à-fait gratuitement, tu nous as offert le salut et la libération de notre péché, qui est repli intégral sur nous-mêmes et refus de l'ouverture à Dieu et aux autres : donne-moi de mesurer la puissance de la rédemption que tu nous proposes et réalises en chacune et chacun d'entre nous, si nous nous ouvrons dans la confiance à ton action de miséricorde et de pardon que nous explique le message de ta Parole. AMEN.
25.06.2004.*