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Jour 173 ☼ — Dieu libère… par l'épée !

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Résumé : Après le livre de la consolation, le frère Paul-Adrien nous ramène quelques années en arrière, en pleine guerre, pour assister à l'effondrement en direct de la cour royale de Juda. Il lit Jérémie 34 : l'oracle sur Sédécias, puis l'épisode de l'affranchissement des esclaves aussitôt révoqué. Le commentaire éclaire le rite d'alliance du veau coupé en deux, s'appuie sur les ostraca de Lakish retrouvés par l'archéologie, et montre que Sédécias n'avait libéré ses esclaves que pour gonfler son armée. Dieu répond à cette hypocrisie en proclamant lui-même une libération — celle de l'épée, de la peste et de la famine.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.

Le livre de la consolation est terminé, maintenant nous retournons dans le dur. Nous allons remonter quelques années auparavant pour encore essayer de mieux comprendre ce qui s'est passé. C'est toujours cette espèce de zoom progressif jusqu'à ce que le fin mot de cette histoire, de cet événement traumatique qu'est la chute de Jérusalem, soit vraiment compris. Comment en est-on arrivé là ?

Donc on remonte quelques années auparavant et on va assister, dans les chapitres qui viennent, à l'effondrement en direct de la cour royale. On est en pleine guerre. Ce n'est pas encore le moment du siège de Jérusalem, parce que l'armée de Babylone est en campagne : elle est en train d'assiéger d'autres villes, les quelques grandes villes fortifiées qui restent avant de s'attaquer à Jérusalem.

Vous entendrez au verset 7 la situation dramatique : « L'armée du roi de Babylone était encore en guerre contre Jérusalem et contre les villes de Juda qui tenaient encore. » Ça veut dire qu'il y en a déjà beaucoup qui sont tombées. Et on vous dit : Lakish et Azéka, c'étaient en effet les seules villes fortifiées qui restaient parmi les villes de Juda. La guerre commence à être perdue.

Vous entendrez alors une prophétie de Jérémie sur le roi de Juda, le roi Sédécias. Et à un moment, il sera question d'une libération d'esclaves : je vous demande d'y faire bien attention.

Lecture : Jérémie 34

Parole du Seigneur adressée à Jérémie, alors que Nabuchodonosor, roi de Babylone, toute son armée, tous les royaumes de la terre soumis à son pouvoir et tous les peuples étaient en guerre contre Jérusalem et contre les villes qui en dépendent.

Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : « Va dire à Sédécias, roi de Juda, va lui dire : Ainsi parle le Seigneur : Je vais livrer cette ville aux mains du roi de Babylone, qui l'incendiera. Et toi, tu n'échapperas pas à ses mains, mais tu seras bel et bien capturé, livré entre ses mains. Tes yeux verront les yeux du roi de Babylone, il te parlera face à face, et tu iras à Babylone.

Cependant, écoute la parole du Seigneur, Sédécias, roi de Juda. Ainsi parle le Seigneur à ton sujet : Ce n'est pas par l'épée que tu mourras, tu mourras en paix. Comme on a brûlé des parfums pour tes pères, les rois d'autrefois qui t'ont précédé, ainsi on en brûlera pour toi, et l'on fera cette lamentation : "Quel malheur, mon Seigneur !" Telle est la parole que j'ai dite, moi — oracle du Seigneur. »

Le prophète Jérémie adressa toutes ces paroles à Sédécias, roi de Juda, dans Jérusalem. L'armée du roi de Babylone était alors en guerre contre Jérusalem et contre les villes de Juda qui tenaient encore : Lakish et Azéka. C'étaient en effet les seules villes fortifiées qui restaient parmi les villes de Juda.

Parole du Seigneur adressée à Jérémie, après que le roi Sédécias eut conclu avec tout le peuple de Jérusalem une alliance qui proclamait l'affranchissement des esclaves : chacun devait renvoyer libre son esclave hébreu, homme ou femme, de sorte que personne ne soit asservi à son frère judéen. Tous ceux qui étaient entrés dans l'alliance, les princes et tous les gens du peuple, acceptèrent de renvoyer libres leurs esclaves, hommes et femmes, de sorte qu'ils ne leur soient plus asservis. Ils obéirent donc et les renvoyèrent. Mais après cela, s'étant ravisés, ils firent revenir leurs esclaves, hommes et femmes, qu'ils avaient renvoyés libres, et les réduisirent à nouveau en servitude.

Alors la parole du Seigneur fut adressée à Jérémie. Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d'Israël : « Moi, j'ai conclu une alliance avec vos pères, le jour où je les ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude, en déclarant : "Au bout de sept ans, chacun renverra son frère hébreu qui se sera vendu à lui. Il te servira durant six ans, puis tu le renverras libre de chez toi." Mais vos pères ne m'ont pas écouté, ils n'ont pas prêté l'oreille.

Vous, en ces jours-ci, vous vous étiez convertis, vous aviez fait ce qui est juste à mes yeux, en proclamant chacun l'affranchissement de son prochain ; vous aviez conclu devant moi une alliance dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué. Mais vous vous êtes ravisés et vous avez profané mon nom : vous avez fait revenir les esclaves, hommes et femmes, que vous aviez renvoyés pleinement libres, et vous les avez réduits de nouveau à être vos esclaves.

C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Vous, en fait, vous ne m'avez pas obéi quand chacun de vous proclamait l'affranchissement de son frère, de son prochain. Alors, moi, je vais proclamer contre vous — oracle du Seigneur — l'affranchissement de l'épée, de la peste et de la famine. Je ferai de vous un objet de stupeur pour tous les royaumes de la terre.

Je livrerai les hommes qui ont transgressé mon alliance, qui n'ont pas accompli les paroles de l'alliance conclue devant moi, quand ils avaient coupé en deux un veau et qu'ils étaient passés entre ces morceaux : je livrerai les princes de Juda et les princes de Jérusalem, les dignitaires et les prêtres et tous les gens du pays, ceux qui sont passés entre les morceaux du veau. Je les livrerai aux mains de leurs ennemis et aux mains de ceux qui en veulent à leur vie. Leurs cadavres serviront de pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.

Quant à Sédécias, roi de Juda, et à ses princes, je les livrerai aux mains de leurs ennemis, aux mains de ceux qui en veulent à leur vie, aux mains de l'armée du roi de Babylone qui a levé le siège de Jérusalem. Voici que je donne un ordre — oracle du Seigneur — je les fais revenir vers cette ville pour qu'ils l'attaquent, la prennent et l'incendient. Et je ferai des villes de Juda une désolation : plus personne n'y habitera. »

Commentaire

Verset 18, vous avez entendu :

Je livrerai les hommes qui ont transgressé mon alliance, qui n'ont pas accompli les paroles de l'alliance, quand ils avaient coupé en deux un veau et qu'ils étaient passés entre ces morceaux.

C'est comme ça qu'on concluait une alliance : on prenait un animal, on le coupait en deux, et on marchait au milieu. C'est ce que faisaient les Assyriens, c'est ce que faisaient les Babyloniens, c'est ce que faisait Édom, c'est ce que faisaient les Juifs, c'est ce qu'avait fait Abraham quand il avait conclu une première alliance avec Dieu. Et là, manifestement, c'est ce qu'avaient refait les rois de Juda dans ces temps troublés.

C'était en fait un rite de malédiction : si je romps mon alliance avec toi, voilà ce qui va m'arriver — de la même manière qu'on a égorgé ces animaux, moi aussi je serai égorgé. Ça, c'est Dieu qui vous dit : c'est vous-mêmes qui avez appelé sur vous la malédiction. C'est quelque chose de grinçant.

Et c'est d'autant plus grinçant que je vous avais mentionné les villes qui tenaient encore face à Babylone : Lakish et Azéka. Eh bien, on a retrouvé ces villes. Et on a retrouvé à Lakish ce que l'on appelle des ostraca. Les ostraca, ce sont des fragments de poterie sur lesquels on a écrit des lettres. En l'occurrence, c'étaient des lettres diplomatiques qui datent justement de cette guerre et de ce siège.

On en a retrouvé trois où l'on voit le ton de plus en plus angoissé. Un ostracon nous parle d'un espoir, d'une alliance avec l'Égypte — et de fait, l'Égypte va monter pour tenter de briser le siège de Jérusalem à cette époque-là, mais ça ne marchera pas. Dans un autre ostracon, le numéro 4 cette fois-ci, on apprend qu'on demande à Lakish de faire plus de signaux de fumée, parce qu'on n'arrive plus à voir les signaux de fumée venant d'Azéka, cette autre ville fortifiée dont je vous avais parlé : maintenant, c'est terminé, elle semble être tombée aux mains de l'ennemi. Même sur ces morceaux de poterie, on la sent, l'angoisse qui monte. Et dans l'ostracon numéro 6, on apprend cette fois-ci qu'il y a un prophète — on n'arrive pas à deviner son nom — un prophète qui démoralise et les troupes et les fonctionnaires royaux. C'était peut-être Jérémie. Enfin, vous sentez le ton de plus en plus angoissé jusqu'au bout, au moment où Lakish va tomber. Lakish, c'était la ville fortifiée qui protégeait toute la région montagneuse de Juda.

Alors, je vous avais demandé de faire attention à cette libération d'esclaves dont il était fait mention dans le chapitre. Ça, c'est parce qu'en face, vous avez Sédécias qui est à Jérusalem et qui voit l'armée babylonienne se rapprocher. Sauf qu'il n'a plus personne à leur opposer : il n'arrête pas de perdre bataille sur bataille. Et c'est dans ce contexte d'angoisse que là, il libère les esclaves pour gonfler les rangs de son armée. C'est parce qu'il lui fallait à tout prix des soldats.

Et ça, c'est extrêmement important. Vous avez entendu comment je n'arrête pas de vous dire qu'il y a une cécité spirituelle, diplomatique, militaire de la part des rois. Là, vous en avez la cause : une société fondée sur l'esclavage. Parce que ce que ça veut dire quand même, c'est la dureté de cette cour royale qui n'accepte de libérer ses esclaves que contrainte et forcée, en dernière extrémité. Et que si jamais ils ont aussi peur de les libérer, c'est parce qu'ils avaient peur qu'éclatent des troubles sociaux. Ce qui vous montre qu'il y avait d'énormes tensions et d'exploitation riches-pauvres à ce moment-là.

Et ça vous montre enfin et surtout l'hypocrisie de cette cour royale. Parce que ce qui va se passer, c'est que l'Égypte va essayer de sauver Juda. Babylone va devoir, pendant un temps, se retirer, lever le siège de Jérusalem pour défaire les Égyptiens. Et Sédécias, pendant ce contretemps, il va se dire quoi ? Il va se dire : « C'est bon, je n'ai plus besoin de rien faire, l'Égypte est venue me sauver. » Et tout de suite, il réduit à nouveau en esclavage les soldats qu'il avait libérés. C'était le verset 11 que vous avez entendu, que je vous redonne :

Après cela, ils revinrent sur leur décision et reprirent les esclaves qu'ils avaient affranchis, et ils les asservirent de nouveau.

Ce qui est complètement débile, parce que maintenant les esclaves ne vont plus avoir aucune envie de se battre pour un pays qui tantôt les libère, qui tantôt les réduit à nouveau en esclavage. Ce qui vous montre l'absence totale de diplomatie et de vision à long terme de Sédécias et des siens, qui sont en fait juste là pour jouir de l'instant présent. Ils ne veulent pas renoncer à leurs privilèges.

Et d'autant plus que normalement, dans le livre du Lévitique, des esclaves hébreux, ça ne doit pas exister. Tous les six ans, tous les sept ans, ce qu'on appelle l'année jubilaire, on est censé les libérer.

Du coup, Dieu tape du poing sur la table, et ça vous a donné le verset 17. « Vous n'avez pas voulu les libérer, vos frères ? C'est moi qui vais les libérer. Et c'est moi qui vais les libérer grâce à Nabuchodonosor. Et ce sera une libération autrement plus sanglante. S'il faut que j'utilise le glaive pour libérer contre vous vos frères, eh bien moi, je le ferai. » Verset 17 :

Ah, vous ne m'avez pas obéi en proclamant la libération, chacun de son frère ! Eh bien moi, je proclame contre vous une libération, dit le Seigneur : une libération pour l'épée, pour la peste et pour la famine.

En fait, Sédécias, ce qui l'intéresse, ce n'est pas la survie du peuple. Vous ne faites pas ça avec des esclaves, de les libérer et ensuite de les reprendre. Ce qu'ils veulent simplement, c'est garder leurs privilèges. Ils ont complètement mis la main sur la religion et sur l'État. Ce sont des mafieux qui sont au pouvoir. Des mafieux religieux, qui croient en Dieu, mais des mafieux quand même.

Et vous savez, peut-être que la ruine du Temple, peut-être que la chute de Jérusalem, ça n'a pas été pour tous les Juifs une mauvaise nouvelle.

Psaume 135

Rendez grâce au Seigneur : il est bon, éternel est son amour ! Rendez grâce au Dieu des dieux, éternel est son amour ! Rendez grâce au Seigneur des seigneurs, éternel est son amour !

Lui seul a fait de grandes merveilles, éternel est son amour ! Lui qui fit les cieux avec sagesse, éternel est son amour ! Qui affermit la terre sur les eaux, éternel est son amour !

Lui qui a fait les grands luminaires, éternel est son amour ! Le soleil qui règne sur le jour, éternel est son amour ! La lune et les étoiles sur la nuit, éternel est son amour !

Lui qui frappa les Égyptiens dans leurs aînés, éternel est son amour ! Et fit sortir Israël de leur pays, éternel est son amour ! D'une main forte et d'un bras vigoureux, éternel est son amour !

Lui qui fendit la mer Rouge en deux parts, éternel est son amour ! Et fit passer Israël en son milieu, éternel est son amour ! Il rejeta Pharaon et ses armées, éternel est son amour !

Lui qui mena son peuple au désert, éternel est son amour ! Qui frappa des princes fameux, éternel est son amour ! Et fit périr des rois redoutables, éternel est son amour !

Sihon, le roi des Amorites, éternel est son amour ! Et Og, le roi de Bashân, éternel est son amour ! Pour donner leur pays en héritage, éternel est son amour ! En héritage à Israël son serviteur, éternel est son amour !

Il se souvient de nous, les humiliés, éternel est son amour ! Il nous tira de la main des oppresseurs, éternel est son amour ! À toute chair, il donne le pain, éternel est son amour ! Rendez grâce au Dieu du ciel, éternel est son amour !


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