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Jour 178 ☾ — Babylone tombe, le cri s'élève

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Résumé : Dans cet épisode, le frère Paul-Adrien lit le chapitre 50 de Jérémie, grand oracle contre Babylone : la puissance qui avait châtié Juda devient à son tour la châtiée, et derrière la colère se cache une espérance — le retour d'Israël et le pardon des fautes. Le commentaire prolonge la lecture par des lamentations antiques sur les villes détruites : la lamentation sur Our, ville natale d'Abraham, une lamentation grecque après la guerre, et la quatrième lamentation de Jérémie sur Jérusalem dévastée. Le frère fait entendre à travers elles un cri universel de souffrance, celui des Ukrainiens aujourd'hui comme celui des Égyptiens autrefois, pour former ses auditeurs à devenir prophètes.

Introduction

Nous sommes toujours dans notre partie, les oracles contre les nations. Mais il y a un changement. Cette fois-ci, l'oracle est destiné contre Babylone. Les châtieurs deviennent les châtiés. Derrière la colère de Dieu, il y a en fait une espérance déguisée.

Jérémie, chapitre 50, je vous laisse entendre ce cri de colère jusqu'à la nausée, avait-on dit. Vous êtes en train de devenir des prophètes, là, les enfants. C'est ce sentiment de nausée, de colère à l'infini qui va provoquer en vous un réveil. Oui, ce n'est pas moi qui vais faire de vous des prophètes. C'est Dieu. Et je lui laisse la parole.

Lecture : Jérémie 50

Parole que le Seigneur a prononcée sur Babylone, le pays des Chaldéens, par l'intermédiaire du prophète Jérémie.

Annoncez-le parmi les nations, faites-le entendre et levez l'étendard. Faites-le entendre et ne le cachez pas. « Babylone est prise. Le dieu Bel est couvert de honte, Mardouk terrorisé. Ses faux dieux sont couverts de honte, ses idoles immondes terrorisées, car depuis le nord, une nation monte contre elle pour livrer son pays à la dévastation. Nul n'y habitera plus. Depuis l'homme jusqu'au bétail, ils ont fui, ils sont partis. »

En ce temps-là, en ce temps-là, oracle du Seigneur, les fils d'Israël et les fils de Juda viendront tous ensemble. Ils marcheront en pleurant, ils chercheront le Seigneur leur Dieu. Ils demanderont le chemin de Sion, ils tourneront vers elle leur visage. « Venez, attachons-nous au Seigneur par une alliance éternelle inoubliable. »

Mon peuple était un troupeau de brebis perdues. Leurs bergers les égaraient, ils les avaient laissées errer dans les montagnes. Elles allaient de montagnes en collines, elles avaient oublié leur bercail. Tous ceux qui les rencontraient les dévoraient, et leurs adversaires disaient : « Nous ne sommes pas en faute, car ces gens ont péché contre le Seigneur, la demeure de justice, contre le Seigneur, l'espoir de leurs pères. »

Fuyez du milieu de Babylone, du pays des Chaldéens, sortez, et soyez comme des béliers à la tête des brebis, car voici que je suscite et je fais monter à l'assaut de Babylone un rassemblement de grandes nations venant des pays du Nord. Elles prendront position contre elle et s'en empareront. Leurs flèches seront comme celles d'un habile guerrier qui ne revient pas les mains vides. La Chaldée sera mise au pillage. Tous ceux qui la pilleront seront rassasiés, oracle du Seigneur.

Oui, vous vous réjouissez, oui, vous bondissez de joie, vous qui dépouillez mon héritage. Oui, vous gambadez comme des génisses dans les prés et vous hennissez comme des étalons. Mais votre mère est accablée de honte, celle qui vous a enfantés est couverte de confusion. La voici à la traîne des nations, un désert, une terre sèche et aride. À cause de l'irritation du Seigneur, elle ne sera plus habitée, mais sera tout entière un lieu désolé. Quiconque passera près de Babylone se désolera et fera entendre un sifflement de stupeur à la vue de toutes ses plaies.

Prenez position autour de Babylone, vous tous qui tendez l'arc. Tirez sur elle, n'épargnez pas les flèches, car elle a péché contre le Seigneur. Faites retentir autour d'elle le cri de guerre. Elle se rend, ses défenses tombent, ses remparts sont démolis. Oui, c'est la revanche du Seigneur. Vengez-vous d'elle, faites-lui ce qu'elle a fait. De Babylone retranchez celui qui sème et celui qui manie la faucille au temps de la moisson. Devant l'épée impitoyable, que chacun se tourne vers son peuple, que chacun s'enfuie dans son pays.

Israël était une brebis égarée, pourchassée par des lions. Le premier qui la dévora fut le roi d'Assour. Le dernier qui lui brisa les os, ce fut Nabuchodonosor, roi de Babylone. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur de l'univers, le Dieu d'Israël : voici que je vais châtier le roi de Babylone et son pays, comme j'ai châtié le roi d'Assour. Je ramènerai Israël à son enclos, pour le faire paître sur le Carmel et le Bashan, sur les montagnes d'Éphraïm et de Galaad, il sera rassasié.

En ces jours-là, en ce temps-là, oracle du Seigneur, on cherchera la faute d'Israël, mais il n'y en aura plus. On cherchera les péchés de Juda, mais on n'en trouvera plus, car je pardonnerai à ce reste que j'aurai préservé.

Monte, peuple du Nord, au pays de double révolte ! Monte contre lui et contre les habitants de Châtiment. Massacre ! Et voue à l'anathème les derniers d'entre eux, oracle du Seigneur, et agis en tout comme je te l'ai ordonné.

Bruit de guerre dans le pays, et grand désastre ! Comment est-il abattu et brisé, le marteau de toute la terre ? Comment est-elle devenue un lieu désolé, Babylone parmi les nations ? Je t'ai tendu un piège, et tu as été attrapée, Babylone, mais toi, tu ne l'as pas su. Tu as été trouvée, et tu as été empoignée pour avoir provoqué le Seigneur. Le Seigneur a ouvert ses réserves, il en a tiré les armes de son indignation. Oui, telle est l'œuvre du Seigneur, Dieu de l'univers, sur la terre des Chaldéens.

De partout, venez vers elle. Ouvrez ses granges. Faites-en des tas, comme des tas de gerbes, et vouez-la à l'anathème. Qu'il n'en reste rien ! Massacrez tous ces taurillons, qu'ils descendent à l'abattoir. Malheur à eux, car le jour est arrivé, le temps de leur châtiment.

Voix des fuyards et des rescapés sortis du pays de Babylone pour annoncer dans Sion la revanche du Seigneur notre Dieu, la revanche de son temple. Convoquez à Babylone les archers, tous ceux qui tendent l'arc. Dressez le camp contre elle, tout alentour, que personne n'en réchappe. Rendez-lui selon sa conduite, faites-lui tout ce qu'elle a fait, elle qui s'est dressée avec arrogance contre le Seigneur, contre le Saint d'Israël. Et voilà pourquoi ses jeunes gens tomberont sur ses places, et tous ses hommes de guerre seront réduits au silence en ce jour-là, oracle du Seigneur.

Me voici contre toi, Arrogance, oracle du Seigneur, Dieu de l'univers, car ton jour est arrivé, le temps où je vais te châtier. Alors Arrogance trébuchera, elle tombera, et personne pour la relever. Je mettrai le feu à ses villes, il dévorera tout ce qui l'entoure.

Ainsi parle le Seigneur de l'univers : les fils d'Israël sont opprimés, ainsi que les fils de Juda. Tous ceux qui les ont déportés les retiennent de force et ne veulent pas les relâcher, mais il est fort leur Rédempteur qui a pour nom le Seigneur de l'univers. Il les défendra, il défendra leur cause, pour donner au pays le repos et faire trembler les habitants de Babylone.

« Guerre aux Chaldéens, oracle du Seigneur, et aux habitants de Babylone, et à ses princes, et à ses sages. Guerre aux devins, qu'ils perdent la tête. Guerre à ses soldats, qu'ils soient terrorisés. Guerre à ses chevaux et à ses chars, à tout ce mélange de peuples qu'elle abrite, qu'ils soient des femmelettes. Guerre à tous ses trésors, qu'ils soient pillés. Guerre, sécheresse, dans ses cours d'eau, qu'ils tarissent, car c'est une terre à idoles où l'on délire devant des horreurs. »

C'est pourquoi les chats sauvages s'y installeront avec les hyènes, les autruches s'y installeront, et elle ne sera plus jamais habitée. On n'y demeurera plus de génération en génération. Plus personne n'y habitera, aucun être humain n'y séjournera.

Voici qu'un peuple arrive du nord. Aux confins de la terre s'éveille une grande nation, avec des rois nombreux. Ils empoignent arcs et javelots. Ils sont cruels, sans aucune compassion. Leurs voix grondent comme la mer. Sur des chevaux ils sont montés, rangés comme un seul homme pour la bataille, contre toi, fille de Babylone.

Le roi de Babylone a entendu la rumeur, ses mains faiblissent. L'angoisse le saisit comme les douleurs d'une femme qui accouche.

Le peuple du Nord, voilà qu'il monte comme un lion, des maquis du Jourdain vers les enclos prospères. Oui, en un clin d'œil, de là je ferai déguerpir les Chaldéens, et sur eux j'établirai celui qui est choisi. En effet, qui est semblable à moi ? Qui m'assignera en justice ? Et quel pasteur tiendra devant moi ?

Écoutez donc le plan que le Seigneur a conçu pour Babylone, et les projets qu'il a formés pour le pays des Chaldéens. Vraiment, les petits du troupeau les entraîneront. Vraiment, à cause d'eux, les enclos seront désolés. Au bruit de la prise de Babylone, la terre est ébranlée, et on entend son cri chez les nations.

Commentaire

Après la colère, la lamentation. Nous continuons notre école de prophètes. Et puisqu'en ce moment nous sommes dans la partie des oracles contre les nations, voici les lamentations que ces mêmes nations firent sur leur propre ville détruite. Et vous verrez que c'est le même cri.

Voici par exemple une première lamentation, une lamentation babylonienne sur la destruction de la ville d'Our en Chaldée, écrite il y a 4000 ans suite à une invasion des Élamites qui l'avaient détruite et incendiée. Our, c'est la ville natale d'Abraham. Et peut-être que l'extrait que vous allez entendre, c'est ce qu'Abraham a lui aussi vécu. Lamentation sur Our, la ville natale d'Abraham :

Les jours ne sont plus lumineux, la nuit ne s'achève jamais. Les vents de la mort soufflent sur la cité. Le peuple gît dans la poussière, aucun n'élève la tête. Les temples sont vides, les prêtres ont fui, les autels sont renversés, plus aucune offrande aux dieux.

Je vous ai donné la lamentation sur Our, mais j'aurais pu aussi vous donner une lamentation égyptienne, écrite au XIIIe siècle, qui montre le chaos politique dans lequel ce pays s'était enfoncé. J'aurais encore pu vous donner une lamentation écrite en grec suite à la guerre, écrite à la même époque que la chute de Jérusalem :

Où sont passés nos fiers guerriers ? Leurs boucliers sont brisés, leurs épées sont rouillées, leurs corps jonchent le sol et la terre de nos pères boit leur sang. Les femmes pleurent dans les ruelles, les cris résonnent dans la nuit. Il n'y a plus personne pour protéger la cité.

Quelques citations pour que vous perceviez différemment les oracles contre les nations que vous venez d'entendre, en voyant le résultat que ça a produit concrètement sur place, et aussi pour qu'à travers les lamentations que vous allez entendre, vous retrouviez ce cri universel de souffrance. C'est ce que les Ukrainiens disent en ce moment, c'est ce que les Égyptiens disaient en leur temps, c'est ce que Jésus a dit au premier siècle, et là, c'est ce que Jérémie, l'homme des douleurs, dit sur cette Jérusalem dévastée. Quatrième lamentation, dernière partie.

Ils ne croyaient pas, les rois de la terre, ni aucun habitant du monde, que l'adversaire, l'ennemi, franchirait jamais les portes de Jérusalem. Mais c'est les péchés de ses prophètes qui en sont la cause, et les fautes de ses prêtres, eux qui versaient en pleine ville le sang des justes. Ils erraient en aveugles dans les rues, souillés de sang, et toucher leurs vêtements devenait interdit. « Arrière, impur ! » leur criait-on. « Arrière ! Arrière ! N'y touchez pas ! » Et ils fuyaient, errants chez les païens qui disaient : « Ils ne s'installeront pas ! » La face du Seigneur les a dispersés et ne les regarde plus. Les prêtres ne sont plus respectés, ni les anciens honorés.

Sans répit, nos yeux se consument d'attendre en vain du secours. Nous guettons, nous guettons une nation qui ne peut pas sauver. On nous a chassés et pourchassés, nous ne pouvons plus aller sur nos places. Notre fin approche, nos jours sont comptés, notre fin est arrivée. Nos poursuivants sont plus rapides que les aigles dans les airs. Dans les montagnes, ils nous harcèlent. Dans le désert, ils nous traquent. Le Messie du Seigneur, le souffle de nos narines, a été pris dans leurs embûches, lui dont nous disions : « C'est sous sa protection que nous vivrons parmi les nations. »

Jubile et réjouis-toi, fille d'Édom, toi qui habites le pays de Outs. À toi aussi la coupe sera tendue. Tu t'enivreras et te montreras nue. Ta faute est expiée, fille de Sion. Il ne te déportera plus, mais il punira ta faute, fille d'Édom, et il dévoilera tes péchés.


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