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Jour 179 ☾ — Tout est anéanti… sauf l'espérance

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Résumé : Le frère Paul-Adrien lit le chapitre 52 de Jérémie, qui reprend presque mot pour mot la fin du deuxième livre des Rois : le siège de Jérusalem, la capture et l'aveuglement de Sédécias, l'incendie du Temple, la déportation et le pillage minutieux du mobilier sacré. Le commentaire souligne que cette troisième relecture de la chute de Jérusalem signe la complétude du récit : tout a été dit, militairement, religieusement et humainement. Il relève aussi une absence tragique — Jérémie a disparu, mort inconnu en Égypte, et ce dernier chapitre s'écrit sans lui. L'épisode s'achève sur la cinquième lamentation, immense prière qui fait répondre à la transcendance de Dieu la transcendance négative de la misère humaine.

Introduction

Dernier chapitre du livre de Jérémie. Un épisode plus narratif, un épisode que, à vrai dire, vous avez déjà entendu à la fin du deuxième livre des Rois, presque au mot près : ce qu'il s'est passé lors de la destruction de Jérusalem.

C'est la troisième fois qu'un chapitre de la Bible vous raconte la destruction de Jérusalem. La première fois, c'était à la fin du deuxième livre des Rois, et vous le découvriez avec moi. Et puis nous avons fait un long parcours par Jérémie pour essayer de comprendre l'effondrement de la cour royale. Ça nous a amenés à entendre une deuxième fois la prise de Jérusalem, cette fois-ci avec plus d'émotion. Et puis nous avons alors entendu cette longue plainte sur les habitants de Jérusalem, parfois réduits à manger leurs propres enfants : c'était du côté du livre des Lamentations.

Et maintenant, nous le lisons une dernière fois. Mais vous sentez qu'en le lisant une dernière fois, cette fois-ci, c'est le signe de la complétude. Tout a été dit. À la fois sur le plan militaire, sur le plan international, sur le plan religieux, sur le plan humain, toute la misère liée à la chute de Jérusalem a été dite. Si nous écoutons une dernière fois la prise de Jérusalem, cette fois-ci, c'est pour clore le sujet. L'essentiel a été dit.

Lecture : Jérémie 52

Sédécias avait vingt et un ans lorsqu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Hamoutal, fille de Jérémie. Elle était de Libna. Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, tout comme avait fait Joiaqim. C'est à cause de la colère du Seigneur qu'il en fut ainsi à Jérusalem et en Juda, jusqu'à ce qu'il les rejette loin de sa face. Mais Sédécias se révolta contre le roi de Babylone.

La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nabucodonosor, roi de Babylone, vint attaquer Jérusalem avec toute son armée. Les Chaldéens établirent leur camp devant la ville, qu'ils entourèrent d'un retranchement. La ville fut assiégée jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias.

Le neuvième jour du quatrième mois, comme la famine était devenue terrible dans la ville et que les gens du pays n'avaient plus de pain, une brèche fut ouverte dans le rempart de la ville. Mais tous les hommes de guerre prirent la fuite. Ils sortirent de la ville la nuit par la porte du double rempart, près du jardin du roi, dans la direction de la plaine du Jourdain, pendant que les Chaldéens cernaient la ville.

Mais les troupes chaldéennes poursuivirent le roi et le rattrapèrent dans la plaine de Jéricho. Toute son armée en débandade l'avait abandonné. Les Chaldéens s'emparèrent du roi. Ils le menèrent à Ribla, au pays de Hamath, auprès du roi de Babylone, qui prononça la sentence contre lui. Le roi de Babylone égorgea les fils de Sédécias. De même, tous les princes de Juda, il les égorgea à Ribla. Puis il creva les yeux de Sédécias et le fit attacher avec une double chaîne de bronze. Alors le roi de Babylone l'emmena à Babylone, où il le fit mettre en prison jusqu'au jour de sa mort.

Le dixième jour du cinquième mois, la dix-neuvième année du règne de Nabucodonosor, roi de Babylone, Nabouzardan, commandant de la garde, celui qui se tient en présence du roi de Babylone, fit son entrée à Jérusalem. Il incendia la maison du Seigneur et la maison du roi. Il incendia toutes les maisons de Jérusalem, toutes les maisons des notables. Toutes les troupes chaldéennes qui étaient avec lui abattirent tous les remparts de Jérusalem.

Nabouzardan déporta une partie du petit peuple, ceux qui étaient restés dans la ville, les déserteurs qui s'étaient ralliés au roi de Babylone, ainsi que le reste des artisans. Il laissa seulement une partie du petit peuple de la campagne, pour avoir des vignerons et des laboureurs.

Les colonnes de bronze qui se trouvaient dans la maison du Seigneur, les bases et la mer de bronze qui se trouvaient dans la maison du Seigneur, les Chaldéens les brisèrent, et ils en emportèrent tout le bronze à Babylone. Ils prirent également les vases, les pelles, les ciseaux, les bols pour l'aspersion, les gobelets et tous les objets de bronze qui servaient au culte. Le commandant de la garde prit les récipients, les brûle-parfums, les bols pour l'aspersion, les chaudrons, les chandeliers, les gobelets et les timbales, tout ce qui était en or et tout ce qui était en argent.

Les deux colonnes, la mer qui était unique, les douze bœufs en bronze qui étaient au-dessous, les bases que le roi Salomon avait faites pour la maison du Seigneur : tous ces objets étaient d'un poids de bronze qu'on ne pouvait évaluer. Les colonnes avaient chacune dix-huit coudées de hauteur. Un cordon de douze coudées en faisait le tour. Chacune était creuse, d'une épaisseur de quatre doigts. Elles étaient surmontées d'un chapiteau de bronze, et la hauteur du chapiteau était de cinq coudées. Il y avait un filet et des grenades tout autour du chapiteau. Le tout était en bronze. La deuxième colonne, avec ses grenades, était semblable à la première. Il y avait quatre-vingt-seize grenades en relief. Sur le filet tout autour, le total des grenades était de cent.

Le commandant de la garde prit Seraya, chef des prêtres, Sophonie, prêtre en second, et les trois gardiens du seuil. Dans la ville, il prit un dignitaire, celui qui était préposé aux hommes de guerre, sept hommes parmi les familiers du roi qui furent trouvés dans la ville, puis le secrétaire du chef de l'armée, chargé d'enrôler les gens du pays, et soixante hommes parmi les gens du pays qui se trouvaient au milieu de la ville. Nabouzardan, commandant de la garde, les ayant pris, les amena au roi de Babylone, à Ribla. Le roi de Babylone les frappa et les mit à mort, à Ribla, au pays de Hamath. Et Juda fut déporté loin de sa terre.

Voici le nombre des gens que Nabucodonosor déporta : la septième année, trois mille vingt-trois Judéens ; la dix-huitième année de Nabucodonosor, huit cent trente-deux personnes de Jérusalem ; la vingt-troisième année de Nabucodonosor, Nabouzardan, commandant de la garde, déporta sept cent quarante-cinq Judéens. Au total, quatre mille six cents personnes.

La trente-septième année de la déportation de Jékonias, roi de Juda, le douzième mois, le vingt-cinq du mois, Évil-Mérodac, roi de Babylone, l'année même où il devint roi, fit grâce à Jékonias, roi de Juda, et le fit sortir de prison. Il lui parla avec bonté et lui accorda un rang plus élevé que celui des rois qui étaient avec lui à Babylone. Il lui fit quitter ses vêtements de prisonnier. Et Jékonias prit désormais ses repas en présence du roi, tous les jours de sa vie. Sa subsistance fut assurée en permanence par le roi de Babylone, jour après jour, jusqu'au jour de sa mort, tous les jours de sa vie.

Commentaire

Ce chapitre que vous venez d'entendre, c'est quasiment le même que le dernier chapitre du deuxième livre des Rois. Et vous avez encore noté cette insistance à vous parler du mobilier du Temple qui a été déporté. Vous le sentez, là, le traumatisme.

On vous a parlé des deux colonnes du Temple, Jakin et Boaz, qui symbolisaient la dynastie de David : détruites. On vous a parlé de la mer de bronze, cette immense cuve d'eau qui représentait le ciel : détruite elle aussi. On vous a parlé des douze taureaux qui représentaient les douze tribus d'Israël et leur office sacerdotal, pour intercéder pour le monde : eux aussi détruits. Tout est détruit.

Mais on a assez pleuré sur Jérusalem et le siège. Il est maintenant temps de penser à la suite. Et de la même manière que le dernier paragraphe du livre des Rois s'était arrêté sur une note plus positive, pour nous indiquer la réhabilitation du roi de Juda à Babylone, de la même manière on vous parle d'un nouveau roi de Babylone qui invite à sa table le roi de Juda. On pourrait dresser un parallèle avec David, qui avait invité à sa table Mephibosheth, le fils de Saül.

Mais moi, c'est sur une absence tragique que je voudrais terminer. Vous entendez que nous ne sommes plus en Égypte avec la fin de ce chapitre : nous sommes à Babylone, et le prophète Jérémie a disparu. Cette fin, ce dernier chapitre, s'est écrit sans lui. Où est-il mort ? Il est mort inconnu, probablement en Égypte, dans un pays dans lequel il n'a pas voulu être emmené captif. Selon une ancienne tradition juive, il aurait été lapidé à mort par ses compatriotes en Égypte, à Daphnè, Tahpanès. Encore et toujours, Jérémie les appelait à la repentance.

Nous terminons par une prière, notre cinquième lamentation, qui est une immense prière et qui est une très belle manière de conclure tout ce long passage et cette longue méditation sur la ruine de Jérusalem. Cette prière va commencer avec un appel à la mémoire du Seigneur. Vous vous souvenez ? Manassé, celui qui oublie, celui par qui le malheur était entré sur Juda. Eh bien là, nous commençons notre prière par un appel à la mémoire :

Rappelle-toi, Seigneur, ce qui nous arrive. Regarde et vois notre honte.

Et à nouveau, le catalogue de désastres : les orphelins, les veuves, les pères, les esclaves, les vierges, les anciens, les jeunes gens, tous dévastés. Tout cela pour terminer, verset 18, par une prière sur la prière. Les quatre derniers versets contiendraient une prière acrostiche, cachée — on ne va pas rentrer dans les détails, elle est cachée derrière l'hébreu — mais vous entendrez ces mots :

Mais toi, Seigneur, tu sièges pour toujours, ton trône est pour les âges des âges.

On vous rappelle la souveraineté de Dieu, qui est libre de faire ce qu'il veut. On vous rappelle sa grandeur et sa transcendance. Oui, mais à la transcendance de Dieu répond maintenant — et c'est là la chose nouvelle — une autre transcendance, cette fois-ci négative. On a découvert, au verset 22 :

Nous aurais-tu voué au mépris ? Serais-tu irrité contre nous sans mesure ?

C'est comme si la transcendance de Dieu, dans la misère humaine, avait enfin trouvé son contrepoint.

Avec cette cinquième lamentation, nous achevons donc Jérémie, et puis cette longue séquence historique qui nous a amenés de Josué, un Samuel, deux Samuel, un Rois, deux Rois : c'est tout un pan de l'histoire sainte que nous achevons, et que nous achevons de manière tragique. Il est temps, les enfants, de faire un point. Le prochain épisode, nous parlerons de Jésus.

Prière

Rappelle-toi, Seigneur, ce qui nous arrive. Regarde et vois notre honte. Notre héritage a passé à des inconnus, nos maisons à des étrangers. Nous sommes orphelins de père et nos mères sont veuves. Notre eau, nous la buvons à prix d'argent. Nous achetons notre bois.

Nous voici pourchassés, asservis. Exténués, nous n'avons pas de repos. Nous tendons la main à l'Égypte, à Assour, pour notre part de pain. Nos pères ont péché, ils ne sont plus, et c'est nous qui portons leur faute. Pour maîtres, nous avons des esclaves, et nul ne nous tire de leurs mains. Nous risquons notre vie pour du pain, face à l'épée du désert. Notre peau brûle comme un four, face aux ardeurs de la faim.

Ils ont violé des femmes dans Sion, des vierges dans les villes de Juda. Par leurs mains, des princes ont été pendus. La face des anciens n'est pas honorée. Des jeunes gens ont porté la meule. Des garçons, sous le poids du bois, trébuchent. Les anciens ne tiennent plus conseil à la porte, et les jeunes ont cessé leurs chansons. La joie de notre cœur a cessé. Notre danse a fait place au deuil. La couronne est tombée de notre tête. Malheur à nous, car nous avons péché. Si notre cœur est malade, si nos yeux sont dans la nuit, c'est que le mont Sion est déserté et que là rôdent les renards.

Mais toi, Seigneur, tu sièges pour toujours. Ton trône est pour les âges des âges. Pourquoi nous oublier sans fin, nous abandonner pour la suite des jours ? Fais-nous revenir à toi, Seigneur, et nous reviendrons. Renouvelle pour nous les jours d'autrefois. Nous aurais-tu voué au mépris ? Serais-tu irrité contre nous sans mesure ?


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