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Jour 208 ☾ — Dieu s'énerve… pour consoler !

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Résumé : Dans cet épisode consacré aux chapitres 43 et 44 d'Isaïe, le frère Paul-Adrien lit les oracles de consolation où Dieu rachète Jacob, l'appelle par son nom et annonce une chose nouvelle qui germe déjà, avant la grande satire des fabricants d'idoles. L'introduction montre que la querelle a changé de nature : Dieu ne s'emporte plus parce que son peuple est idolâtre, mais parce qu'il refuse de croire à la restauration promise — un mari qui jure à sa femme que tout va bien se passer, sans être cru. Le commentaire rapproche les deux façonnages : celui des idoles par les hommes et celui d'Israël par Dieu, pour conclure que l'amour de Dieu pour le peuple qu'il a créé est déraisonnable à la folie.

Introduction

On est reparti dans les querelles de couple, on ne s'en sort pas ! À nouveau Dieu qui s'engueule — excusez-moi du terme, mais ça montre bien la vivacité de ce que vous allez entendre — avec son peuple. Mais il y a une différence, si vous avez bien suivi : c'est que d'habitude, quand Dieu se dispute avec son peuple, c'est parce qu'il a des choses à lui reprocher, parce qu'il est idolâtre, parce qu'il est injuste, parce qu'il ne croit pas dans la calamité à venir, parce que Dieu en a ras-le-bol et qu'il va tout détruire. Et là, c'est parce que cette fois-ci, le peuple ne croit pas dans la restauration et la consolation à venir.

Et là, la querelle de couple, c'est le mari qui dit à sa femme : « Mais si ! Je te jure, ça va bien se passer ! » et la femme qui ne le croit pas. Parce qu'en fait, il y a un petit humour caché quand même derrière : ce n'est plus la colère pour la colère, vous sentez la petite ironie, la petite tendresse masquée.

Donc on a dit que Dieu maintenant voulait consoler son peuple et que pour cela, il a amené un nouveau conquérant venu de l'Est, mais qui effraie le peuple, qui n'y croit pas. Donc Dieu a dit ce qu'il avait en tête, il a dit : « Mais non, mais en fait, derrière, il y a un plan dans le plan. Derrière le serviteur, il y en a encore un autre à venir ; celui-là, vous allez l'adorer. » C'était notre premier chant du Serviteur.

Et maintenant, chapitre 43, Dieu reprend : « Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur d'Israël, lui qui t'a créé, Jacob, et t'a façonné, Israël. Ne crains pas ! Je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi ! » Dieu, après avoir dévoilé tout ce qu'il avait en tête, dit maintenant à Israël : « Eh bien voilà ! Tu n'as pas besoin d'avoir peur, ne crains pas ! » Israël n'est pas du tout rassuré. Du coup, ça énerve Dieu : « Ce n'est pas moi que tu as invoqué, Jacob, car tu t'es fatigué ; tu ne m'as pas apporté de petit bétail, tu ne m'as pas glorifié. C'est moi qui efface tes crimes à cause de moi-même ! » D'une certaine manière, c'est Dieu qui est obligé de s'énerver aussi fort qu'auparavant pour arriver maintenant à rassurer Israël.

Lecture : Isaïe 43-44

Mais maintenant, ainsi parle le Seigneur, lui qui t'a créé, Jacob, et t'a façonné, Israël : Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom, tu es à moi.

Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, et les fleuves ne te submergeront pas. Quand tu marcheras au milieu du feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne te consumera pas, car je suis le Seigneur, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Sauveur.

Pour payer ta rançon, j'ai donné l'Égypte en échange de toi, l'Éthiopie et Séba, parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur, et que je t'aime. Je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie.

Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai revenir ta descendance de l'Orient, de l'Occident, je te rassemblerai. Je dirai au Nord : « Donne ! » et au Midi : « Ne retiens pas ! » Fais revenir mes fils du pays lointain, mes filles des extrémités de la terre, tous ceux qui se réclament de mon nom, ceux que j'ai créés, façonnés pour ma gloire, ceux que j'ai faits.

Faites sortir le peuple aveugle qui a des yeux, les sourds qui ont des oreilles. Toutes les nations sont rassemblées, les peuples sont réunis. Qui, parmi eux, peut annoncer cela et nous rappeler les événements du passé ? Qu'ils produisent leurs témoins pour se justifier, qu'on les entende et qu'on puisse dire : « C'est vrai. »

Vous êtes mes témoins — oracle du Seigneur — vous êtes mon serviteur, celui que j'ai choisi, pour que vous sachiez, que vous croyiez en moi et compreniez que moi, je suis. Avant moi, aucun dieu n'a été façonné, et après moi, il n'y en aura pas. C'est moi, oui, c'est moi qui suis le Seigneur. En dehors de moi, pas de sauveur.

Je ne suis pas un dieu étranger parmi vous. Vous êtes mes témoins — oracle du Seigneur — et moi, je suis Dieu. Oui, depuis toujours, moi, je suis. Personne ne délivre de ma main. Ce que je fais, qui s'y opposera ?

Ainsi parle le Seigneur, votre Rédempteur, le Saint d'Israël : En votre faveur, j'envoie une expédition à Babylone. Je fais tomber tous les verrous, et les vaisseaux des Chaldéens retentissent de leurs cris. Je suis le Seigneur, votre Dieu saint, le Créateur d'Israël, votre Roi.

Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers : les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils sont éteints, consumés comme une mèche.

Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d'autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je fais passer un chemin dans le désert, des fleuves dans le lieu aride. Les bêtes sauvages me rendront gloire, les chacals et les autruches, parce que j'aurai fait couler de l'eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j'ai choisi. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange.

Ce n'est pas moi que tu as invoqué, Jacob, car tu t'es fatigué de moi, Israël. Tu ne m'as pas apporté de petit bétail pour l'holocauste, tu ne m'as pas glorifié par des sacrifices. Et je ne t'ai pas asservi en réclamant des offrandes, je ne t'ai pas fatigué en réclamant de l'encens. Tu n'as rien dépensé pour m'offrir des aromates, tu ne m'as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices. Au contraire, tu m'as asservi par tes péchés, tu m'as fatigué par tes fautes.

C'est moi, oui, c'est moi qui efface tes crimes à cause de moi-même. De tes péchés, je ne vais pas me souvenir. Fais-moi un procès, nous comparaîtrons ensemble. Plaide toi-même pour te justifier. Ton ancêtre Jacob a péché, tes porte-parole se sont révoltés contre moi. Alors j'ai dû retirer leur dignité aux princes consacrés, j'ai livré Jacob à l'anathème, Israël au sarcasme.

Et maintenant, écoute-moi, Jacob, mon serviteur, Israël que j'ai choisi. Ainsi parle le Seigneur qui t'a fait, qui t'a façonné dès le sein maternel et reste ton appui : Sois sans crainte, Jacob, mon serviteur, Israël que j'ai choisi. Je répandrai l'eau sur ce qui est assoiffé, des ruisseaux sur la terre desséchée. Je répandrai mon esprit sur ta postérité, ma bénédiction sur tes descendants.

Ils croîtront, verdoyants comme un peuplier au bord des eaux courantes. « Moi, je suis au Seigneur », dira celui-ci, et celui-là se réclamera du nom de Jacob. Un autre encore écrira sur sa main : « Je suis au Seigneur », et il prendra le nom d'Israël.

Ainsi parle le Seigneur, le roi d'Israël, son rédempteur, le Seigneur de l'univers : Je suis le premier et je suis le dernier. Hors moi, pas de Dieu. Qui est comme moi ? Qu'il prenne la parole, qu'il annonce et m'expose ce qu'il en est. Qui, d'avance, a fait entendre les choses à venir ? Que l'on nous prédise ce qui doit arriver.

Ne tremblez pas, ne craignez pas. Depuis longtemps, ne te l'ai-je pas fait entendre, ne te l'ai-je pas annoncé ? Vous êtes mes témoins. Y a-t-il un Dieu en dehors de moi ? Il n'est pas d'autre rocher, je n'en connais pas.

Ceux qui façonnent des idoles ne sont tous que néant, et leurs œuvres préférées ne servent à rien. Ce sont des témoins aveugles et sans intelligence, aussi seront-ils couverts de honte. Quelqu'un va-t-il façonner un dieu ou fondre une idole qui ne sert à rien ? Voici tous ses adeptes couverts de honte, les artisans ne sont que des humains. Qu'ils se rassemblent tous, qu'ils comparaissent ensemble : ils trembleront, ils seront couverts de honte.

Le forgeron travaille le fer à la braise, il le façonne au marteau, il le travaille à force de bras. Le voilà sans force, il ne boit pas d'eau, il est épuisé. Le menuisier prend des mesures, il esquisse une idole à la craie, il la travaille à la gouge, il l'esquisse au compas. Il la travaille en prenant pour modèle un homme, la beauté d'un être humain, afin qu'elle habite une maison.

Il a débité des cèdres, il a pris du rouvre et du chêne qu'il a laissé croître parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie fait grandir. Pour l'homme, c'est du bois à chauffer : il le prend pour se chauffer, il le brûle aussi pour cuire son pain. Il en fabrique aussi un dieu et il se prosterne, il en fait une idole et il s'incline devant elle.

Il en brûle la moitié au feu. Avec cette moitié, il fait rôtir la viande, la mange et se rassasie. Il se chauffe aussi et dit : « Ah, je me chauffe et je vois la flamme ! » Et avec le reste, il fait un dieu, son idole. Il s'incline et se prosterne devant elle, il l'implore et dit : « Délivre-moi, car tu es mon dieu. »

Ils ne savent pas et ne discernent pas, leurs yeux sont empêchés de voir et leur cœur de réfléchir. Nul ne rentre en soi-même. Nul n'a assez de savoir ni de discernement pour se dire : « J'en ai brûlé la moitié au feu, j'en ai aussi fait cuire du pain sur les braises, j'ai rôti de la viande et je l'ai mangée. Et du bois qui reste, je ferais une abomination ? Je m'inclinerais devant un morceau de bois ? »

Souviens-toi de ceci, Jacob. Toi, Israël, tu es mon serviteur, je t'ai façonné, tu es pour moi un serviteur. Israël, je ne t'oublierai pas. J'efface tes révoltes comme des nuages, tes péchés comme des nuées. Reviens à moi, car je t'ai racheté.

Car le Seigneur a racheté Jacob, en Israël il a manifesté sa splendeur.

Commentaire

C'est que de la même manière que ce sont les hommes qui ont façonné des idoles, c'est de la même manière que Dieu a façonné Israël. Israël, d'une certaine manière, est une idole au sens d'une vanité, de quelque chose qui ne vaut rien parce qu'elle a été créée de toutes pièces — ce qui n'empêche pas Dieu d'aimer ce peuple que lui-même a façonné.

C'est étonnant comme manière de dépeindre l'amour divin : Dieu qui idolâtre son peuple. De la même manière que l'amour des hommes pour des idoles qu'ils ont créées est déraisonnable, de la même manière, l'amour que Dieu a pour le peuple qu'il a créé est déraisonnable à la folie.

Il est temps de nous mettre à prier.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, c'est toi le potier et c'est moi le vase. C'est toi le créateur, c'est moi la créature. C'est toi la main et c'est moi qui suis dans ta main.

Tu as jeté les yeux sur moi. Tu me scrutes, tu me vois, tu me connais. Fais de moi ce qu'il te plaira.

Je suis ton œuvre, ta créature, et c'est à toi que j'appartiens. C'est toi mon Dieu et c'est moi ton serviteur.

Amen.


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