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Jour 229 ☼ — Au commencement, la lumière s'est levée

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Résumé : Nouvelle pause messianique au milieu de l'Ancien Testament : nous ouvrons l'Évangile selon saint Jean, le plus tardif des quatre, né de l'école de Jean à Éphèse vers les années 90-100. La lecture couvre tout le chapitre 1 et le début du chapitre 2, jusqu'aux noces de Cana, car le tout forme une séquence cohérente appelée « semaine inaugurale ». Le commentaire médite les traductions possibles du Logos — la parole, la raison, le sens — et déroule la correspondance entre les sept jours de Jean et les sept jours de la Genèse, jusqu'au sabbat de Cana où l'eau devient le vin de l'Esprit. L'épisode inaugure aussi une nouveauté : le Cantique des Cantiques remplacera désormais psaumes et prières en fin d'épisode.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Aujourd'hui, nous commençons un nouveau livre dans le Nouveau Testament, l'Évangile selon saint Jean. Entre deux pages de l'Ancien Testament, petite pause messianique pour nous rappeler que le sommet de l'Écriture, c'est le Christ.

Donc, l'Évangile selon saint Jean. D'où sort cet Évangile ? La première génération des Apôtres est en train de mourir. Nous sommes dans les années 90-100, et d'après la tradition, Jean est parti s'installer à Éphèse, fondant une école, ayant des disciples. Et c'est de cette école qu'est sorti l'Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean, que vous allez entendre. Donc, l'Évangile le plus tardif, et qui suppose lus et connus les trois autres Évangiles, Matthieu, Marc et Luc, qu'il vient comme compléter pour en approfondir le sens.

Vous verrez, le ton va tout de suite être donné. Nous commençons aujourd'hui chapitre 1, le prologue selon saint Jean, et on va continuer un tout petit peu au début du chapitre 2, jusque dans les noces de Cana, parce que le tout forme une séquence cohérente que l'on appelle parfois la semaine inaugurale. Donc, vous compterez, c'est censé faire sept jours. Je vous laisse un exercice de lecture.

Lecture : Jean 1-2

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C'est par lui que tout est venu à l'existence, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il est venu comme témoin pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la lumière.

Le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l'existence, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C'est de lui que j'ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »

Et tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu. Le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c'est lui qui l'a fait connaître.

Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu'en est-il ? Es-tu Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. » « Es-tu le Prophète ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »

Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c'est lui qui vient derrière moi, et moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s'est passé à Béthanie, de l'autre côté du Jourdain, à l'endroit où Jean baptisait.

Le lendemain, voyant Jésus venir vers lui, Jean déclare : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c'est de lui que j'ai dit : L'homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté à Israël. »

Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l'Esprit Saint. Moi, j'ai vu, et je rends témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »

Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu'il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu'ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi — ce qui veut dire : Maître — où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était vers la dixième heure, environ quatre heures de l'après-midi.

André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d'abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie. » André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képhas », ce qui veut dire : Pierre.

Le lendemain, Jésus décida de partir pour la Galilée. Il trouve Philippe, et lui dit : « Suis-moi. » Philippe était de Bethsaïde, le village d'André et de Pierre. Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répondit : « Viens, et vois. »

Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n'y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D'où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu ! C'est toi le roi d'Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses bien plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. »

Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le. »

Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, c'est-à-dire environ cent litres. Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d'eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Commentaire

Au commencement était le Verbe. Extraordinaire quand même. Vous êtes dès le début dans cet Évangile en train de contempler le soleil de l'éternité. Et ce n'est pas pour rien qu'on représente saint Jean sous les traits d'un aigle : c'est le plus aérien, le plus divin.

Les exégètes disent que ce prologue que vous venez d'entendre est en fait une hymne liturgique. Que quand on passe au grec, on peut compter le nombre de syllabes et que tout cela correspond à des règles de poésie très précises. Ce qui lui donne, on le sent, ce caractère sacré.

Au commencement était le Verbe. En grec, le Logos. C'est un terme beaucoup plus riche en grec. On peut le traduire par la parole : c'est Dieu qui choisit de s'adresser à nous, qui estime que nous sommes des interlocuteurs dignes de lui. Rien que ça, c'est déjà étonnant.

Mais on pourrait aussi traduire par : « Au commencement était la raison. » C'est ce qu'on trouve dans d'anciennes traductions latines. Et vous avez là comme une résurgence de nos débats modernes sur la science et la foi. Dans l'Évangile selon saint Jean, dès le début, vous avez la science et la foi qui sont réconciliées. C'est pas mal quand même.

Et l'on pourrait encore le traduire, cette fois-ci de manière plus existentielle, plus moderne — mais j'avais trouvé ça sous la plume de Benoît XVI : « Au commencement était le sens. » Parce que, eh bien, on en est tous là, à se demander ce qu'on fait sur Terre. C'est quoi la vie ? C'est quoi la mort ? C'est quoi le sens de notre vie ? C'est quoi notre place dans l'univers ? Et on vient lire les Évangiles dans l'espoir de trouver une réponse à toutes nos questions. Et on a raison ! Car Jean nous le dit : cette vérité, cette vérité éternelle que le Père a contemplée, ce soleil qui nous éblouit, c'est Jésus. Ce Logos, c'est quelqu'un que Dieu a engendré de toute éternité et qu'il a envoyé parmi nous, en même temps qu'il a créé le monde. Eh bien, c'est à cette profondeur-là que, dès le début, se situe l'Évangile selon saint Jean.

Et c'est ainsi que le prologue, qui reprenait les mots de la Genèse — « au commencement » — débouche maintenant sur la création du monde et la reprise de la semaine inaugurale. Jour 1 : Dieu crée la lumière, il vit que cela était beau. Ça, c'était le prologue. Et puis ensuite, deuxième jour : il sépare les eaux d'en haut et les eaux d'en bas, et ça, ça vous donnait le baptême de Jésus. Puis, troisième jour : la terre ferme qui émerge, cette fois-ci sous les traits d'un homme, Simon, que Jésus va appeler Képhas, qui signifie Pierre — l'Église, la terre ferme de laquelle jaillit la vie. C'était ensuite le quatrième jour, les disciples qui se mettent à suivre Jésus. Et trois jours après, vous disait l'Évangile, soit le septième jour maintenant, le sabbat qui arrive, cette fois-ci sous les traits d'un miracle : le premier signe, les noces de Cana. L'eau de la repentance qui devient la joie, le vin de l'Esprit-Saint. C'est le mariage à nouveau consommé entre Dieu et son peuple.

Et maintenant que la vérité a pris chair, qu'elle s'est incarnée, maintenant que Dieu a recréé le monde en une semaine inaugurale, cette fois-ci, dans les prochains épisodes, nous allons suivre la geste glorieuse du Verbe éternel marchant au milieu de nous.

Nous terminons nos épisodes d'Évangile — tiens, d'ailleurs — par une petite surprise. J'ai choisi de vous mettre le Cantique des Cantiques, parce que je me suis dit qu'on allait rester dans la même tonalité poétique. Ce seront à la fois l'équivalent de nos prières et aussi de nos psaumes. On écoutera des moitiés de chapitres à chaque fin d'épisode. Vous aurez derrière la beauté de l'amour conjugal, mais aussi l'amour que Jésus éprouve pour son épouse, l'Église.

Cantique des Cantiques 1

Le Cantique des Cantiques, de Salomon.

Elle : Noire, je le suis, mais belle, filles de Jérusalem, pareille aux tentes de Qédar, aux tentures de Salma. Ne regardez pas à ma peau noire : c'est le soleil qui m'a brunie. Les fils de ma mère se sont fâchés contre moi, ils m'ont mise à garder les vignes. Ma vigne, la mienne, je ne l'ai pas gardée.


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