Jour 298 ☼ — Judas sauve les communautés dispersées
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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 5 du premier livre des Maccabées, le frère Paul-Adrien explique en introduction que le conflit change d'échelle : de guerre interne à la Judée, il devient régional, en Idumée au sud, en Galilée au nord, en Philistie à l'ouest et en Galaad à l'est. Les peuples voisins, effrayés par les victoires juives, s'en prennent aux communautés dispersées de la diaspora, avec un risque de génocide. Judas envoie Simon en Galilée et part lui-même avec Jonathan en Galaad, non seulement pour combattre mais aussi pour organiser de véritables opérations d'évacuation vers la Judée. L'épisode se termine par la lecture des Proverbes 26, 16-21, faute de temps pour le commentaire annoncé sur le zèle, la peur et la guerre sainte.
Introduction
Notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Ah, je retourne à mes commentaires au début pour que vous arriviez à suivre, sinon vous allez être perdus. On était jusqu'à présent dans des guerres internes qui nous emmenaient jusqu'au cœur de la Judée, à Jérusalem. Cette fois-ci, la guerre devient régionale. Extension du conflit : on part tous azimuts. Il sera question de guerre en Idumée, ça c'est tout au sud de la Judée. Il sera question de guerre en Galilée, ça cette fois-ci c'est tout au nord. Il sera question de guerre en Philistie, cette fois-ci c'est à l'ouest. Et il sera question de guerre à l'est, en Galaad, au-delà du Jourdain.
Parce qu'à force de gagner des guerres, les peuples voisins ont commencé à avoir peur et se sont rebellés contre les Juifs : les Édomites, les Iduméens, les Ammonites, les païens de Galilée, qui vont profiter du chaos pour attaquer des villages juifs dispersés. Vous aviez à cette époque-là une diaspora, des communautés juives qui étaient dispersées dans toutes les régions alentours. Et cette fois-ci, il y a un risque de génocide.
Vous allez donc voir Judas qui envoie Simon et Jonathan en expédition pour éviter qu'Israël ne soit coupé en morceaux. Vous allez même le voir organiser des opérations d'évacuation massive.
Lecture : 1 Maccabées 5
Lorsque les nations d'alentour apprirent que l'autel des sacrifices avait été reconstruit et le sanctuaire restauré dans son état antérieur, elles furent très irritées. Elles prirent la décision de supprimer les descendants de Jacob qui vivaient au milieu d'elles, et commencèrent à en tuer parmi le peuple pour les exterminer.
Judas faisait la guerre aux fils d'Ésaü en Idumée, au pays d'Akrabattène, parce qu'ils encerclaient Israël. Il les frappa durement, les refoula et ramassa le butin. Puis il se souvint de la méchanceté des fils de Baïan. Ils étaient un piège et un obstacle pour le peuple par les embuscades qu'ils dressaient sur les chemins. Il les enferma dans leurs tours, les assiégea et les voua à l'anathème. Il incendia leurs tours avec tous ceux qui s'y trouvaient.
Ensuite, il se rendit chez les fils d'Ammon. Il y trouva une forte troupe et un peuple nombreux conduit par Timothée. Il leur livra un grand nombre de combats, si bien que ceux-ci furent écrasés devant lui et vaincus. Il emporta d'assaut Jazer, ainsi que les villages qui en dépendent, puis il revint en Judée.
Les païens de Galaad se liguèrent contre les gens d'Israël établis sur leur territoire afin de les exterminer. Ceux-ci se réfugièrent dans la forteresse de Dathéma. De là, ils envoyèrent des lettres à Judas et à ses frères pour leur dire : « Les nations païennes d'alentour se sont liguées contre nous afin de nous exterminer. Elles se préparent à venir prendre d'assaut la forteresse où nous nous sommes réfugiés. C'est Timothée qui commande leur armée. Viens donc maintenant, arrache-nous à leurs mains, car beaucoup d'entre nous sont déjà tombés. Tous nos frères du pays de Toubias ont été mis à mort. On a emmené en captivité leurs femmes et leurs enfants, confisqué leurs biens, et fait périr en ces lieux près d'un millier d'hommes. »
La lecture de ces lettres n'était pas encore achevée que d'autres messagers survinrent. Ils venaient de Galilée, leurs vêtements étaient déchirés, et ils apportaient les mêmes nouvelles : « Ceux de Ptolémaïs, disaient-ils, de Tyr et de Sidon, se sont ligués contre nous, de même que toute la Galilée des étrangers, pour nous faire disparaître. »
En apprenant ces nouvelles, Judas et le peuple réunirent une grande assemblée pour délibérer sur la manière d'aider leurs frères opprimés et assaillis. Judas dit à son frère Simon : « Choisis-toi des hommes et va délivrer tes frères qui sont en Galilée. Moi, j'irai avec mon frère Jonathan au pays de Galaad. » Il laissa en Judée Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, chef du peuple, avec le reste de l'armée pour assurer la garde. Il leur donna ses instructions : « Gouvernez ce peuple, mais n'engagez pas de combat avec les païens jusqu'à notre retour. » Trois mille hommes furent détachés pour accompagner Simon en Galilée, tandis que Judas emmenait huit mille hommes au pays de Galaad.
Simon se rendit en Galilée et livra de nombreux combats aux païens, qui furent écrasés devant lui. Il les poursuivit jusqu'à la porte de Ptolémaïs. Trois mille hommes environ tombèrent parmi les païens, et Simon ramassa le butin. Il recueillit ses frères de Galilée et d'Arbatta avec leurs femmes, leurs enfants et toutes leurs possessions. Il les conduisit en Judée dans l'allégresse.
De leur côté, Judas Maccabée et son frère Jonathan franchirent le Jourdain et marchèrent pendant trois jours dans le désert. Ils rencontrèrent les Nabatéens, qui les accueillirent de manière pacifique et leur racontèrent tout ce qui était arrivé à leurs frères au pays de Galaad. Un grand nombre d'entre eux se trouvaient enfermés à Bosora et à Bosor, près d'Aléma, à Chaspho, à Maked et à Carnaïn, qui sont toutes des villes fortes de Galaad. Il y en avait aussi dans les autres villes du pays de Galaad. L'ennemi avait pris ses dispositions pour donner l'assaut le lendemain à ces forteresses, s'en emparer et en exterminer en un jour tous ceux qui s'y trouvaient.
Aussitôt, Judas et son armée prirent à travers le désert la direction de Bosora. Ils s'en emparèrent, passèrent toute la population masculine au fil de l'épée, ramassèrent tout le butin et incendièrent la ville. De là, ils repartirent de nuit et marchèrent jusqu'aux abords de la forteresse de Dathéma. Au point du jour, en levant les yeux, ils aperçurent une foule innombrable qui dressait des échelles et des machines de guerre pour s'emparer de la forteresse. Déjà, on attaquait. Judas vit que le combat était engagé. Le cri de la ville s'élevait jusqu'au ciel, au son des trompettes et des hurlements. Il dit aux hommes de son armée : « Combattez aujourd'hui pour nos frères ! » Et il les fit marcher en trois bataillons sur les arrières de l'ennemi. Ils sonnèrent de la trompette et prièrent à grands cris. Alors l'armée de Timothée reconnut que c'était Maccabée, et elle s'enfuit à son approche. Judas les frappa durement, et huit mille hommes environ tombèrent ce jour-là.
Ensuite, il se tourna vers Aléma, lui donna l'assaut et s'en empara. Il en tua la population masculine, ramassa le butin et incendia la ville. De là, il partit s'emparer de Chaspho, de Maked, de Bosor et des autres villes du pays de Galaad.
Quant à Timothée, après ces événements, il rassembla une autre armée et prit position en face de Raphôn, sur l'autre rive du torrent. Judas envoya des hommes observer le camp ennemi, et ils lui firent ce rapport : « Tous les païens des alentours sont rassemblés auprès de Timothée. C'est une armée très nombreuse. Même des Arabes ont été recrutés comme auxiliaires. Ils campent sur l'autre rive du torrent, prêts à venir te combattre. » Judas se porta à leur rencontre et, avec son armée, il s'approcha du torrent. Alors Timothée dit aux chefs de son armée : « S'il traverse le premier, nous ne pourrons pas lui résister, car il aura un grand avantage sur nous. Mais s'il a peur et s'arrête de l'autre côté de la rivière, nous traverserons et nous l'emporterons sur lui. » Lorsqu'il arriva au bord du torrent, Judas y plaça les scribes du peuple et leur donna cet ordre : « Ne laissez personne s'installer ici, mais que tous les hommes aillent au combat. » Il traversa le premier à la rencontre de l'ennemi, et tout le peuple le suivit. Tous les païens furent écrasés devant lui. Ils jetèrent leurs armes et s'enfuirent vers le lieu de culte de Carnaïn. Cette ville, les hommes de Judas la prirent d'assaut et mirent le feu à son lieu de culte avec tous ceux qui s'y trouvaient. Carnaïn fut renversée. Dès ce moment, il ne fut plus possible de résister à Judas Maccabée.
Alors Judas rassembla tous ceux d'Israël qui vivaient au pays de Galaad, du plus petit jusqu'au plus grand, avec leurs femmes, leurs enfants et tout ce qu'ils possédaient. Cette troupe immense se mit en route vers la Judée. Ils arrivèrent à Éphrôn, ville importante et très puissante, qui se trouvait sur leur chemin. On ne pouvait la contourner ni à droite ni à gauche : il fallait la traverser. Les gens de la ville leur refusèrent le passage en barricadant les portes avec des blocs de pierre. Judas leur envoya des messagers de paix pour leur dire : « Nous allons traverser votre pays pour aller dans le nôtre. Personne ne vous fera de mal. Nous ne ferons que passer à pied. » Mais ils ne voulurent pas lui ouvrir. Alors Judas fit proclamer dans le camp l'ordre de prendre position, chacun à l'endroit où il se trouvait. Les soldats prirent position, et Judas attaqua la ville tout ce jour-là et toute la nuit. La ville tomba entre ses mains. Il passa toute la population masculine au fil de l'épée. Il détruisit la ville de fond en comble, en prit le butin et la traversa en marchant sur les corps des tués.
On franchit le Jourdain en direction de la grande plaine qui se trouve en face de Bethsan. Tout au long du chemin, Judas allait et venait pour regrouper les retardataires et encourager le peuple, jusqu'à son arrivée en Judée. Ils gravirent la montagne de Sion, tout remplis de joie et d'allégresse. Là, ils offrirent des holocaustes, car ils étaient revenus en paix sans avoir perdu aucun des leurs.
À l'époque où Judas et Jonathan étaient au pays de Galaad, et leur frère Simon en Galilée devant Ptolémaïs, les deux chefs de l'armée restés en Judée, Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, entendirent parler de leurs actes de bravoure et des combats qu'ils avaient livrés. Ils se dirent : « Nous aussi, faisons-nous un nom et allons combattre les païens des alentours. » Ils donnèrent des ordres à la troupe de l'armée qui était avec eux et marchèrent sur Jamnia. Gorgias sortit de la ville avec ses hommes pour engager le combat contre eux. Joseph et Azarias furent mis en déroute. On les poursuivit jusqu'aux frontières de la Judée. Environ deux mille hommes d'Israël tombèrent ce jour-là. Ce fut une grande déroute pour le peuple, car ils avaient désobéi à Judas et à ses frères, dans l'idée d'accomplir eux aussi des actes de bravoure. Mais ils n'étaient pas de la même race que ces hommes sur qui reposait le salut d'Israël.
La renommée du vaillant Judas et de ses frères devint très grande dans tout Israël et dans toutes les nations où l'on entendait citer leurs noms. On se pressait autour d'eux pour les acclamer.
Judas repartit avec ses frères pour combattre les fils d'Ésaü dans la région du Sud. Il frappa Hébron et les villages qui en dépendent. Il démolit ses fortifications et incendia les tours de ses remparts. Puis il se mit en marche vers le pays des Philistins et traversa la ville de Marisa. Ce jour-là, il y eut des prêtres qui tombèrent au combat, dans un geste inconsidéré pour faire acte de bravoure : ils étaient allés combattre eux aussi. Judas se tourna ensuite vers Azot, dans la région des Philistins. Il renversa leurs autels, fit brûler les images sculptées de leurs dieux et ramassa le butin de leurs villes. Après cela, il revint en Judée.
Commentaire
Je n'ai toujours pas le temps de faire mes commentaires. J'étais censé vous parler en plus du zèle, de la peur et de la notion de guerre sainte. Mes bichons, il faudra attendre un petit peu pour l'instant.
Livre des Proverbes.
Proverbes 26,16-21
Le paresseux se croit plus sage que sept hommes qui répondraient à bon escient.
Il attrape un chien par les oreilles, celui qui se mêle des querelles d'autrui.
Comme un homme qui fait le fou et lance des brandons et des flèches de mort, ainsi l'homme qui trompe son prochain et puis qui déclare : « Mais je plaisantais ! »
Quand le bois vient à manquer, le feu s'éteint ; et, faute de calomniateur, la querelle cesse.
Du charbon sur les braises, du bois sur le feu : c'est ainsi que l'homme querelleur attise le procès.
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