Jour 298 ☾ — Massacre et profanation du Temple
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Résumé : Dans ce chapitre 5 du deuxième livre des Maccabées, le frère Paul-Adrien lit l'apparition guerrière au-dessus de Jérusalem pendant quarante jours, l'attaque de Jason contre ses propres concitoyens, puis la répression d'Antiochos : quatre-vingt mille victimes en trois jours, le pillage du Temple par la main de Ménélas, et l'envoi d'Apollonios qui massacre la foule un jour de sabbat. Le commentaire replace l'épisode dans le contexte de la seconde campagne d'Égypte et du tribut exigé par Rome, et souligne que les Juifs eux-mêmes ont cessé de respecter leur religion en faisant du souverain pontificat un objet de marchandage. La vision du début du chapitre est lue comme l'armée céleste qui remonte au ciel : Dieu ne défend plus son Temple. D'où la question laissée ouverte par le texte : Judas Maccabée, vivant d'herbes dans les montagnes, est-il un zélé ou un fanatique ?
Introduction
Oh non, elle n'est pas belle, la rumeur que l'on entend au sujet des habitants de Jérusalem. Nous sommes toujours dans le deuxième livre des Maccabées à prendre notre loupe pour voir comment cette insurrection maccabéenne a vraiment commencé. Et ce n'est pas dit que ce soit entièrement de la faute des Séleucides. Oh non, le ver était déjà dans le fruit.
On avait déjà vu un premier complot avec Simon qui convoitait de l'or et Héliodore qui est venu le chercher, mais on avait réussi à déjouer le complot à coups d'apocalypse et de loyauté envers l'Empire. Sauf que ce n'était que le prologue, et on est passé depuis à machination sur machination, complot sur complot. Ce n'était pas un cas isolé. Pour atteindre finalement des meurtres politiques, sous les yeux effarés du roi Antiochos, qui en vient à se demander si Héliodore lui a dit la vérité lorsqu'il lui a présenté le Temple de Jérusalem comme une pièce maîtresse pour la sécurité et la paix de son empire.
Alors, parvenu à ce stade-là, maintenant que les choses ont définitivement dégénéré, c'est quoi la suite ? Deuxième livre des Maccabées, chapitre 5.
Lecture : 2 Maccabées 5
Vers cette époque, Antiochos se mit à préparer sa deuxième expédition contre l'Égypte.
Or il arriva que, dans la ville de Jérusalem tout entière, pendant près de quarante jours, apparurent des cavaliers courant dans les airs, vêtus de robes brodées d'or, des troupes armées disposées en cohortes, des glaives dégainés, des escadrons de cavalerie en ordre de bataille, des attaques et des charges lancées de part et d'autre, des mouvements de boucliers, des forêts de piques, des projectiles volants, un éclat fulgurant d'armures d'or et des cuirasses en tout genre. Ainsi, tous priaient pour que cette apparition soit de bon augure.
Comme une fausse rumeur avait répandu la nouvelle de la mort d'Antiochos, Jason prit avec lui pas moins d'un millier d'hommes et dirigea à l'improviste une attaque contre la ville. Ceux qui étaient sur le rempart furent bientôt repoussés, et la ville bientôt prise. Ménélas se réfugia alors dans l'acropole.
Jason se livra sans pitié au massacre de ses propres concitoyens, oubliant qu'une victoire sur des frères de race est la plus grande des défaites. Il se comportait comme si ses trophées étaient remportés sur des ennemis, et non sur des compatriotes. En fait, il ne réussit pas à s'emparer du pouvoir. Il finit même par se couvrir de honte à cause de ses machinations, si bien qu'il gagna de nouveau en fugitif le pays des Ammonites.
En définitive, il subit un misérable retournement des choses. Enfermé d'abord chez Arétas, prince des Arabes, il s'enfuit de ville en ville, pourchassé par tous, détesté parce qu'il rejetait les lois, abhorré comme le bourreau de sa patrie et de ses concitoyens, il alla échouer en Égypte. Lui qui avait banni tant d'hommes de leur pays périt sur une terre étrangère, après s'être rendu auprès des Lacédémoniens, dans l'espoir d'y trouver un refuge en raison de leur parenté avec son peuple. Lui qui avait privé tant de gens de sépulture, nul ne le pleura. Il n'y eut aucune espèce de funérailles, ni aucune espèce de place dans les tombeaux de ses pères.
Lorsque ces faits parvinrent à la connaissance du roi, celui-ci en conclut que la Judée s'était révoltée. Il quitta donc l'Égypte, furieux comme une bête sauvage, et s'empara de la ville à la pointe de la lance. Il ordonna aux soldats d'abattre sans pitié ceux qui tomberaient entre leurs mains et d'égorger ceux qui se réfugieraient dans les maisons. On extermina jeunes et vieux. On massacra femmes et enfants. On égorgea jeunes filles et tout-petits. Il y eut quatre-vingt mille victimes dans ces trois jours : quarante mille tombèrent sous les coups, et autant furent vendus comme esclaves.
Non content de cela, Antiochos eut l'audace de pénétrer dans le temple le plus saint de toute la terre, sous la conduite de ce Ménélas, qui en était venu à trahir et les lois et la patrie. De ses mains infâmes, il s'empara des objets sacrés. Et les dons que d'autres rois avaient déposés pour l'enrichissement, la gloire et la dignité du lieu saint, il les déroba de ses mains profanes.
Enflé d'orgueil, Antiochos ne voyait pas que le maître suprême était un moment irrité à cause des péchés des habitants de la ville, et que c'est pour cela qu'il détachait ses regards du lieu saint. Car si les habitants de la ville n'avaient pas été plongés dans une multitude de péchés, Antiochos lui aussi aurait été flagellé dès son arrivée et ainsi détourné de sa témérité, tout comme cet Héliodore qui avait été envoyé par le roi Séleucos pour inspecter la salle du trésor.
Pourtant, ce n'est pas à cause du lieu saint que le Seigneur a choisi le peuple, c'est à cause du peuple qu'il a choisi le lieu saint. C'est pourquoi le lieu saint lui-même, après avoir été associé au malheur du peuple, eut ensuite part avec lui à son rétablissement. Lui qui avait été délaissé au temps de la colère du Tout-Puissant, il fut à nouveau restauré dans toute sa gloire lors de la réconciliation avec le maître suprême.
Antiochos, après avoir enlevé au Temple mille huit cents talents, s'empressa de regagner Antioche. Dans son arrogance, il s'imaginait rendre la terre navigable et la mer praticable à la marche, tellement son cœur était enflé d'orgueil.
Mais il laissa des gouverneurs chargés de faire du mal à la nation : Philippe, à Jérusalem, phrygien de race, mais de caractère encore plus barbare que celui qui l'avait établi, et Andronicos, au Garizim. En plus de ceci, il laissa Ménélas, qui surpassait tous les autres en méchanceté envers ses concitoyens.
Nourrissant à l'égard des citoyens de Judée une profonde hostilité, le roi envoya Apollonios le mysarque à la tête d'une armée de vingt-deux mille hommes, avec l'ordre d'égorger tous ceux qui étaient dans la force de l'âge et de vendre les femmes et les jeunes enfants. Arrivé à Jérusalem et jouant le personnage pacifique, Apollonios attendit le saint jour du sabbat. Alors, profitant du repos des Juifs, il commanda à ses hommes d'organiser une parade militaire. Tous ceux qui étaient sortis pour voir le défilé, il les fit massacrer. Puis, parcourant la ville avec ses soldats en armes, il abattit une foule considérable de gens.
Or Judas, appelé aussi Maccabée, s'étant retiré dans les montagnes avec une dizaine de compagnons, vivait avec eux à la manière des bêtes sauvages. Il ne mangeait que des herbes pour ne pas contracter la moindre souillure.
Commentaire
Nous étions sous le règne du roi Séleucos, et depuis déjà un ou deux chapitres, le roi maintenant s'appelle Antiochos. Antiochos le Grand, qui, d'après la tradition, a fait une campagne contre l'Égypte en 168, une campagne victorieuse. Sauf que, ce que le texte ne dit pas — mais c'est le premier livre des Maccabées qui le dit, et c'est attesté par d'autres sources — ça a fait peur aux Romains, qui se sont dit qu'Antiochos devenait trop puissant et que l'équilibre au Proche-Orient était en train d'être menacé. Ils sont intervenus, et Antiochos a dû se retirer d'Égypte et payer aux Romains un tribut, ce qu'il a fait en partie en se payant sur le Temple de Jérusalem. D'où l'épisode d'aujourd'hui.
Alors, ok, ce n'est pas bien, mais est-ce qu'on peut en vouloir à Antiochos ? À partir du moment où les Juifs eux-mêmes ne respectent pas leur propre religion, est-ce que vous pouvez en vouloir à un roi païen de ne pas la respecter ? À partir du moment où les Juifs eux-mêmes réduisent la charge de souverain pontife à être un objet de marchandage et d'achat lucratif, pourquoi est-ce qu'un roi païen verrait les choses autrement ? Vous n'allez pas respecter un peuple et une religion qui ne se respectent pas eux-mêmes.
D'ailleurs, c'est parce qu'il y a de telles dissensions internes, avec Ménélas, qu'Antiochos maintenant en vient à penser que Jérusalem est en état d'insurrection. Le texte ne vous le dit pas comme ça. Le texte vous dit que c'était pour punir les péchés du peuple qu'il avait permis Antiochos, mais qu'Antiochos n'aurait pas dû le faire. Très bien, mais ce que le texte dit à sa manière biblique, c'est exactement ce que je vous dis.
Ce qui ne va pas, c'est qu'Antiochos n'est pas non plus un saint : c'est quelqu'un qui a aussi un orgueil, une ambition démesurée. D'ailleurs, son nom, c'est Antiochos le Grand. On vous disait, par exemple, qu'il voulait rendre la mer praticable à pied. Ça, c'était son projet de faire une digue qui permettrait de rejoindre la Grèce pour l'envahir. Bon, ok, mais ce n'est pas parce qu'Antiochos est orgueilleux que ça dédouane les Juifs.
D'ailleurs, cette vision, au tout début du chapitre, quand pendant quarante jours on entend des bruits de cavaliers qui quittent le Temple de Jérusalem : là, pour le coup, dans le premier chapitre, on avait dit que c'était l'Apocalypse qui descendait sur terre. Là, maintenant, c'est l'Apocalypse qui remonte au ciel. L'armée céleste ne défendra plus le Temple de Jérusalem. C'est ça que ça veut dire.
Ce qui fait qu'à la fin du chapitre, quand on vous parle de Judas Maccabée qui vit à la manière des bêtes sauvages et qui mange de l'herbe pour ne pas contracter la moindre souillure, c'est à la fois extrêmement louangeur pour le zèle, et en même temps un peu pétochant. Est-ce qu'ils sont zélés, ou est-ce qu'ils sont fanatiques ? Est-ce que la révolte maccabéenne, c'est un progrès dans la civilisation, ou alors est-ce que c'est un retour à quelque chose de plus primitif ? Eh bien, le texte ne le dit pas, mais en tout cas, il pose la question.
Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la révolte maccabéenne n'est qu'un pis-aller. C'est parce que Dieu a refusé de défendre son Temple qu'il a fallu que des hommes se lèvent. Mais est-ce que c'était ça, le vrai combat à mener ? Peut-être pas.
Prière
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, je te confie le zèle, je te confie mon zèle, que ce soit un zèle intelligent, tourné vers les bonnes choses, et que je ne sois pas en train de compenser, par une sorte de fanatisme et de militantisme caché, ce que j'aurais dû faire par conversion personnelle.
Je te demande, Seigneur, que nous puissions être fiers de notre religion, fiers de notre religion pour de belles choses, pour de grandes choses, pour la pureté de la vertu, pour la qualité de sa générosité, pour la tendresse de sa charité et le respect de la justice.
Je te demande, Seigneur, que quand je parle de l'Église chrétienne, je puisse moi-même y croire.
Et je n'oublie pas, Seigneur, en disant ceci, que si j'étais saint, saint à la manière d'Onias III, le grand prêtre, je ne me poserais pas ces questions. Il suffit d'un juste, il suffit d'un saint pour justifier la multitude et racheter l'Église. Malheur à moi qui ne suis ni juste ni saint. Les péchés que je vois dans l'Église, ce sont les miens.
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