CapBibliqueCapBiblique

Jour 303 ☾ — Hanoucca, purification du Temple

← J303 ☼ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J304 ☼ →


Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 10 du deuxième livre des Maccabées, le frère Paul-Adrien lit la reconquête du Temple par Judas Maccabée, sa purification et l'institution de la fête de Hanoucca, puis l'avènement d'Antiochus Eupator et les combats contre les Iduméens et Timothée. Le commentaire montre comment tout le livre converge vers ce chapitre : après la spiritualité du martyre et celle de la guerre sainte, Judas devient une sorte de gardien liturgique, à la fois prêtre, prophète et roi, tout en gardant la modestie de la figure biblique du juge. Ce que Hanoucca célèbre n'est pas la sauvegarde d'une civilisation, mais un idéal : celui de l'Exode et du désert, quand on campait sous des tentes et que Dieu était tout en tous. L'épisode s'achève par une prière pour que l'autre temple — l'âme, la vie, le corps — soit lui aussi consacré.

Introduction

Deuxième livre des Maccabées. On était hier avec un petit excursus sur la mort truculente d'Antiochus Épiphane. Est-ce que le prochain roi séleucide sera mieux ? On avait déjà la réponse dans le premier livre des Maccabées : oui. Mais le deuxième livre des Maccabées a sa manière bien à lui de raconter les choses. On y va, chapitre 10.

Lecture : 2 Maccabées 10

Sous la conduite du Seigneur, Judas Maccabée et ses compagnons reconquirent le Temple et la ville de Jérusalem. Ils détruisirent les autels païens édifiés sur les places publiques par les étrangers, ainsi que leurs lieux de culte. Après avoir purifié le Temple, ils bâtirent un nouvel autel. Après deux ans d'interruption, ils offrirent des sacrifices en prenant le feu obtenu par le moyen de pierres à feu. Ils brûlèrent de l'encens, allumèrent les lampes et placèrent les pains de l'offrande.

Cela fait, ils se jetèrent à plat ventre et supplièrent le Seigneur de ne plus les faire tomber dans de tels malheurs, mais de les corriger lui-même avec modération s'il leur arrivait encore de pécher, et de ne pas les livrer aux païens blasphémateurs et barbares.

Or, c'est au jour anniversaire de la profanation du Temple par les étrangers qu'eut lieu la purification du Temple, le même jour, à savoir le vingt-cinq du même mois. Ils célébrèrent cette fête dans l'allégresse durant huit jours, à la manière de la fête des Tentes, se souvenant comment, peu de temps auparavant, lors de la fête des Tentes, ils campaient dans les montagnes et les cavernes à la manière des bêtes sauvages. C'est pourquoi, portant des thyrses, des rameaux verdoyants et des palmes, ils faisaient monter des hymnes vers celui qui avait mené à bien la purification de son propre lieu saint. Puis ils décrétèrent, par un édit public et un vote, que toute la nation des Juifs célébrerait ces jours-là chaque année.

Telles furent les circonstances de la mort d'Antiochus, surnommé Épiphane. Nous allons maintenant exposer les événements survenus sous Antiochus Eupator, le fils de cet homme impie, en résumant les malheurs liés aux guerres.

Dès son accession au trône, en toute occasion il s'entendait appeler « traître » pour avoir abandonné Chypre, que lui avait confiée Philométor, et s'être retiré auprès d'Antiochus Épiphane. Comme il ne pouvait faire honneur à la dignité de sa charge, il mit fin à ses jours en prenant du poison.

Gorgias devint gouverneur militaire de la région. Il entretenait des troupes mercenaires et alimentait en toute occasion la guerre contre les Juifs. En même temps, les Iduméens, qui s'étaient rendus maîtres de forteresses stratégiques, harcelaient les Juifs. En attirant ceux qui étaient bannis de Jérusalem, ils s'employaient à alimenter la guerre.

Judas Maccabée et ceux qui l'entouraient, après avoir imploré et prié Dieu de se montrer leur allié, s'élancèrent contre les forteresses des Iduméens. Ils les attaquèrent avec vigueur et se rendirent maîtres de ces positions. Ils repoussèrent tous ceux qui combattaient sur le rempart.

Ceux qui l'entouraient se répandirent en supplication devant Dieu, la tête couverte de poussière et les reins ceints de toile à sac. Prosternés contre le soubassement antérieur de l'autel, ils demandaient à Dieu de leur être favorable et de se montrer l'ennemi de leurs ennemis, l'adversaire de leurs adversaires, comme l'affirme clairement la loi. Au sortir de cette prière, ils prirent les armes et s'avancèrent hors de la ville.

Lui-même se réfugia dans une forteresse appelée Gazara, importante citadelle que commandait Chéréas. Pendant quatre jours, Judas Maccabée et ceux qui l'entouraient assiégèrent la citadelle avec beaucoup d'entrain. Confiants dans la solidité de la place, ceux qui se trouvaient à l'intérieur proféraient d'énormes blasphèmes et lançaient des paroles que la loi interdit.

Mais lorsque le cinquième jour se mit à poindre, une vingtaine de jeunes gens de l'entourage de Judas Maccabée, enflammés de fureur par ces blasphèmes, s'élancèrent avec bravoure sur le rempart et abattirent sauvagement ceux qui leur tombaient entre les mains. D'autres montèrent pareillement contre les assiégés, à la faveur de cette diversion. Ils incendiaient les tours, allumaient les bûchers et brûlèrent vifs les blasphémateurs. Les premiers défoncèrent les portes pour laisser entrer le reste de l'armée et s'emparer de la ville.

Timothée, qui s'était caché dans une citerne, ils l'égorgèrent, de même que son frère Chéréas et Apollophane. Après avoir accompli ces exploits, ils entonnèrent des hymnes et des louanges pour bénir le Seigneur qui accordait à Israël de si grands bienfaits et lui donnait la victoire.

Commentaire

C'est quand même très bien construit. Bon, ce deuxième livre des Maccabées a mis du temps à se mettre en place, je vous l'accorde. On a commencé par un premier prologue où il y avait quelques hésitations, puis un deuxième prologue dans lequel on vous rappelait qu'il ne fallait pas mettre tout sur le dos des Grecs et de l'hellénisation : le mal venait de l'intérieur, avec cette crise des grands prêtres. Il n'y en a plus en ce moment, d'ailleurs on n'en parle pas là.

Et puis ensuite, chapitres 6 et 7, avec Éléazar et les sept frères : on vous a parlé de la spiritualité du martyre. C'est le sang des justes qui scelle la fidélité au Dieu unique et qui réveille sa miséricorde. Et puis de là, chapitre 8, on est parti sur la spiritualité de la guerre sainte : le glaive qui purifie ce que le sang innocent a sanctifié.

Et maintenant, tout converge. Chapitre 10. La figure de Judas est en train d'évoluer. Il est en train de devenir une sorte de gardien liturgique, avec cette fête de Hanoucca, de la purification. D'une certaine manière, on pourrait presque dire qu'à travers sa prière, à travers sa consécration du Temple, à travers son action guerrière, il est à la fois prêtre, prophète et roi. Tout en sachant quelle est sa place, et en n'exagérant pas son rôle.

Je vous avais parlé de la figure du juge. Dans l'idéal biblique, la figure du juge, c'est une manière humble et modeste de vivre et d'exercer le pouvoir. Et si, à la fin de sa vie, dans le premier livre des Maccabées, il y a une toute petite ambiguïté, ici, dans le deuxième livre des Maccabées, Judas exerce son rôle à la perfection. Ne boudons pas notre plaisir.

Et c'est ainsi que vous avez la célébration de Hanoucca. On l'avait déjà vue dans le premier livre. Je vous rappelle que dans le deuxième livre des Maccabées, le prologue rappelait que ce livre a été construit pour encourager les Juifs à Alexandrie, en leur disant qu'ils allaient bientôt célébrer Hanoucca et qu'on allait leur donner la véritable histoire, la véritable origine de Hanoucca. Oui, je sais, je me répète. Enfin, c'est bien de vous redire pourquoi ce livre a été écrit initialement. Donc, on y est.

Ce qui est célébré ici, à travers Hanoucca, c'est aussi un certain idéal. Un certain idéal à l'origine d'Israël, quand on était dans le désert. Quand on était sous des tentes, qu'il y avait des chefs comme Moïse, et que Dieu était tout en tous. Ce qu'on est en train de célébrer avec cette fête de Hanoucca, ce n'est pas la sauvegarde d'une civilisation, d'un pays ou d'une ville. C'est un idéal. L'idéal de l'Exode et du désert. C'est assez étonnant, d'ailleurs. Verset 6 :

Ils célébrèrent cette fête dans l'allégresse durant huit jours, à la manière de la fête des Tentes, se souvenant comment, peu de temps auparavant, lors de la fête des Tentes, ils campaient dans les montagnes et les cavernes à la manière des bêtes sauvages.

Bon, ça n'empêche pas la bataille de continuer après. Ça change un tout petit peu le sens de la bataille : avant, il s'agissait de purifier le Temple ; maintenant, il s'agira de protéger la terre et de protéger le Temple, pas d'étendre un royaume.

Prière

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.

Seigneur, toi qui as conduit Judas et ses frères à relever ton sanctuaire profané, donne-nous la force de veiller sur la sainteté, la sainteté que tu nous as confiée. Donne-nous de garder vivante la flamme de ton alliance et de ton amour. Apprends-nous à nous engager pour servir ton autel. Que nos combats intérieurs soient pour ta gloire et non pour la nôtre, et que notre fidélité soit plus forte que la peur.

Souviens-toi de tes martyrs et fais de nos vies une offrande, une purification, une consécration, une Hanoucca vivante. Seigneur, que ce ne soit pas simplement ce temple-là qui soit consacré, mais cet autre temple qui est mon âme, ma vie et mon corps.

Tu es le seul roi, tu es le seul sanctuaire, tu es la seule force. À toi la victoire, la pureté et la louange, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.


← J303 ☼ · 📋 Index · 🎧 Écouter · J304 ☼ →