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Jour 303 ☼ — Jonathan, grand prêtre couronné par les rois

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Résumé : Dans cet épisode consacré au chapitre 10 du premier livre des Maccabées, le frère Paul-Adrien lit la surenchère des deux rois séleucides, Démétrios et Alexandre Épiphane, qui rivalisent de flatteries et de privilèges pour s'attacher Jonathan. Celui-ci choisit Alexandre, reçoit de lui le titre de grand prêtre, le manteau de pourpre et la couronne d'or, puis remporte la victoire sur Apollonios à Joppé et à Azote. Le commentaire s'arrête sur les problèmes moraux que soulève ce choix : Démétrios offrait la liberté religieuse et des avantages pour le peuple, Alexandre n'offre que des honneurs personnels. Le frère souligne le scandale d'un sacerdoce reçu comme un enjeu diplomatique, et d'une guerre contre l'hellénisme qui s'achève en amitié avec un roi nommé Alexandre.

Introduction

Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.

Les chapitres sont de plus en plus longs. Je ne sais pas comment je vais faire. Normalement, dans ma tête, les podcasts font moins d'un quart d'heure et j'essaye de tout calibrer en fonction de ça. Là, je suis désolé, les enfants. À l'impossible, nul n'est tenu, on fera ce qu'on pourra. Je vous promets d'essayer de ne pas exagérer, je vais essayer de réduire au maximum les commentaires. Mais en même temps, il faut bien que je vous dise certaines choses. Enfin bon, bref, je suis déjà en train de perdre du temps. Alors, en plus que ça devient passionnant, parce qu'on commence à voir les petits problèmes moraux qui sont en train de se poser.

Bon, écoutez, 1 Maccabées, chapitre 10.

Lecture : 1 Maccabées 10

En l'an 160 de l'Empire grec, Alexandre Épiphane, qui se prétendait fils d'Antiochos, vint s'emparer de Ptolémaïs. Il y fut accueilli et c'est là qu'il inaugura son règne. Apprenant cela, le roi Démétrios rassembla des troupes en un très grand nombre et marcha contre lui pour le combattre.

Il écrivit à Jonathan une lettre dont les paroles pacifiques étaient pleines de flatterie à son égard. Il se disait, en effet : hâtons-nous de consolider la paix avec ces gens-là avant que Jonathan ne la fasse avec Alexandre contre nous. Car il se souviendra de tous les malheurs dont nous l'avons accablé, lui, ses frères et sa nation.

Démétrios lui donna donc l'autorisation de rassembler des troupes, de fabriquer des armes et de se dire son allié. Il ordonna aussi qu'on remette à Jonathan les otages retenus dans la citadelle.

Ce dernier vint à Jérusalem. Il lut ce message en présence de tout le peuple et des occupants de la citadelle. Ceux-ci éprouvèrent une grande crainte en apprenant que le roi avait donné à Jonathan l'autorisation de rassembler des troupes. Les gens de la citadelle lui remirent donc les otages retenus dans la citadelle, et Jonathan les rendit à leur famille.

Jonathan s'installa à Jérusalem. Il se mit à rebâtir et à rénover la ville. Aux entrepreneurs des travaux, il ordonna de construire les remparts et l'enceinte de la montagne de Sion en pierre de taille pour la fortifier. Et ils le firent.

Les étrangers qui occupaient les places fortes construites par Bacchidès prirent la fuite. Chacun abandonna son poste pour retourner dans son pays. Seul Beth-Sour, devenu un lieu de refuge, ne fut pas déserté. Quelques-uns de ceux qui avaient abandonné la loi et les préceptes y demeurèrent.

Le roi Alexandre fut mis au courant des promesses que Démétrios avait faites à Jonathan. On lui raconta les combats, les exploits de cet homme et de ses frères, ainsi que les peines qu'ils avaient endurées. Alors le roi s'exclama : « Trouverons-nous jamais un seul homme pareil à celui-là ? Nous ferons de lui sans tarder notre ami et notre allié. »

Il lui écrivit donc une lettre rédigée en ces termes : « Le roi Alexandre à son frère Jonathan, salut ! Nous avons entendu dire de toi que tu es un vaillant guerrier et que tu mérites d'être notre ami. C'est pourquoi, à dater de ce jour, nous t'établissons grand prêtre de ta nation. Tu auras le titre d'ami du roi et nous t'envoyons un manteau de pourpre ainsi qu'une couronne d'or. Tu seras de notre parti et tu nous garderas ton amitié. »

Jonathan revêtit donc les ornements sacrés le septième mois de l'an 160 de l'Empire grec, à l'occasion de la fête des Tentes. Il rassembla des troupes et fabriqua des armes en quantité.

Quand Démétrios apprit tout cela, il en fut vivement contrarié. Il dit : « Qu'avons-nous donc fait pour qu'Alexandre s'empare, avant nous, de l'amitié des Juifs en vue d'affermir sa position ? Je vais leur adresser, moi aussi, un appel pressant. Je leur promettrai une situation élevée et des présents afin qu'ils m'accordent leur soutien. »

Il leur écrivit donc en ces termes : « Le roi Démétrios à la nation des Juifs, salut ! Vous avez respecté les conventions faites par nous, et vous êtes restés nos amis. Vous n'êtes pas passés du côté de nos ennemis. Nous avons appris tout cela avec joie. Continuez à nous garder votre confiance, et nous récompenserons votre attitude par des bienfaits. Nous vous accorderons de nombreuses remises d'impôts, et nous vous ferons des présents.

Dès maintenant, je vous libère. Je décharge tous les Juifs des contributions, de la taxe sur le sel et des couronnes. D'autre part, à compter de ce jour, je fais remise à perpétuité du tiers des produits du sol et de la moitié des fruits des arbres qui me reviennent, au bénéfice du pays de Juda et des trois districts de Samarie-Galilée qui lui sont annexés. Jérusalem sera sainte et exonérée de dîmes et de droits, ainsi que son territoire. Je renonce aussi à toute autorité sur la citadelle de Jérusalem, et je la cède au grand prêtre, qui pourra y établir une garnison choisie par ses soins. Je rends gratuitement la liberté à toute personne juive qui aurait été emmenée en captivité hors du pays de Juda, n'importe où dans mon royaume. Tous, ils seront exonérés d'impôts, même pour leurs bétails.

Toutes les fêtes, les sabbats, les nouvelles lunes et les jours fixés pour les solennités, ainsi que les anniversaires, ainsi que les trois jours qui précèdent celles-ci et les trois jours qui les suivent, seront tous des jours d'exemption, de péage et de remise des dettes pour tous les Juifs de mon royaume. Absolument personne n'aura le droit d'exiger d'eux la moindre chose ou de les inquiéter au sujet de quelque affaire que ce soit.

On enrôlera des Juifs dans les armées royales jusqu'au nombre de trente mille hommes. Ils toucheront la même solde que toutes les troupes du roi. Certains d'entre eux seront affectés aux grandes forteresses royales. D'autres seront nommés aux postes de confiance du royaume. Leurs officiers et leurs chefs seront choisis dans leurs rangs. Ils se conformeront à leurs lois, comme le roi l'a autorisé pour le pays de Juda.

Quant aux trois districts de la province de Samarie qui ont été annexés à la Judée, ils seront rattachés à la Judée, de telle sorte qu'ils ne dépendent que d'un seul homme et n'obéissent qu'à la seule autorité du grand prêtre. Je fais don de Ptolémaïs et du territoire qui en dépend aux lieux saints de Jérusalem pour couvrir les dépenses du culte. Je donne, en outre, chaque année quinze mille pièces d'argent prélevées sur les revenus du roi dans les lieux appropriés. Quiconque sera débiteur du trésor royal ou de toute autre affaire, il sera libre avec tous les biens qu'il possède dans mon royaume. Les frais des travaux de construction et de restauration du lieu saint seront mis au compte du roi. Les frais occasionnés par la construction des remparts de Jérusalem et la fortification de son enceinte, ainsi que par la construction d'autres remparts en Judée, seront également mis au compte du roi. »

Quand Jonathan et le peuple entendirent ces paroles, ils refusèrent d'y croire et de les prendre en considération. Ils avaient encore en mémoire tout le mal que Démétrios avait commis en Israël, toute l'oppression qu'il avait fait peser sur eux. Ils accordèrent donc leur préférence à Alexandre, qui avait été le premier à leur adresser des paroles de paix, et ils restèrent ses alliés en permanence.

Alors le roi Alexandre rassembla des troupes nombreuses et prit position contre Démétrios. Les deux rois engagèrent le combat et l'armée d'Alexandre prit la fuite. Démétrios le poursuivit et prit le dessus. Il mena le combat avec acharnement jusqu'au coucher du soleil. Mais ce jour-là, Démétrios succomba.

Alexandre envoya des messagers à Ptolémée, roi d'Égypte, pour lui dire : « Rentré dans mon royaume, je me suis assis sur le trône de mes pères. J'ai pris le pouvoir, j'ai écrasé Démétrios et je me suis rendu maître de mon territoire. Dans le combat que nous nous sommes livrés, lui et son armée ont été écrasés par nous, alors je me suis assis sur son trône royal. Maintenant, concluons donc une amitié l'un avec l'autre. Donne-moi ta fille et je te donnerai, ainsi qu'à elle, des présents dignes de toi. »

Le roi Ptolémée répondit en ces termes : « Heureux le jour où, rentré dans le pays de tes pères, tu t'es assis sur leur trône royal. Maintenant, je ferai donc pour toi ce que tu as écrit. Mais viens me rejoindre à Ptolémaïs, afin que nous nous voyions l'un l'autre. Alors je ferai de toi mon gendre, comme tu l'as dit. »

Ptolémée partit d'Égypte avec Cléopâtre, sa fille, et vint à Ptolémaïs en l'an 162 de l'Empire grec. Le roi Alexandre vint le rejoindre et Ptolémée lui donna Cléopâtre, sa fille. On célébra son mariage à Ptolémaïs avec beaucoup d'éclat, comme il convient à un roi.

Le roi Alexandre écrivit à Jonathan de venir le rejoindre. Celui-ci se rendit donc à Ptolémaïs avec éclat. Il rencontra les deux rois et leur donna, ainsi qu'à leurs amis, de l'argent et de l'or. Il fit de nombreux présents et trouva grâce à leurs yeux.

Alors se liguèrent contre lui des hommes infidèles à la loi, la peste d'Israël. Ils l'accusèrent devant le roi, mais celui-ci ne leur prêta aucune attention. Il ordonna même que l'on enlève à Jonathan sa tunique pour le revêtir de pourpre. Le roi le fit asseoir auprès de lui et dit à ses officiers : « Allez avec lui au milieu de la ville et faites proclamer que personne n'a le droit de porter plainte contre lui pour quelque motif que ce soit, ni de le tourmenter sous aucun prétexte. »

Alors, en voyant les honneurs qu'on lui rendait par cette proclamation et le manteau de pourpre dont il était revêtu, ses accusateurs s'enfuirent tous. Le roi le combla d'honneur. Il l'inscrivit au nombre de ses premiers amis et le nomma général et gouverneur. Aussi Jonathan retourna à Jérusalem dans la paix et l'allégresse.

En l'an 165 de l'Empire grec, Démétrios Nicator, fils de Démétrios, vint de Crète dans le pays de ses pères. À cette nouvelle, le roi Alexandre, fort contrarié, retourna à Antioche.

Démétrios confia le commandement à Apollonios, qui était gouverneur de la Coelé-Syrie. Celui-ci rassembla une grande armée, vint camper à Jamnia et envoya dire au grand prêtre Jonathan : « Tu es vraiment le seul à te dresser contre nous. À cause de toi, me voici devenu un objet de dérision et de honte. Pourquoi exercer ton pouvoir contre nous dans les montagnes de Judée ? Si tu as confiance dans tes troupes, descends donc maintenant vers nous dans la plaine. Nous y confronterons nos forces, car l'armée des villes est à mes côtés. Informe-toi, et tu sauras qui nous sommes, moi-même et les autres qui me prêtent main forte, puisque, par deux fois déjà, tes pères ont été mis en déroute dans leur propre pays. Maintenant, tu ne pourras pas résister à la cavalerie, ni à une aussi grande armée dans cette plaine, où ne se trouvent ni pierre, ni cailloux, ni aucun refuge. »

Quand il entendit ces paroles d'Apollonios, Jonathan, piqué au vif, choisit dix mille hommes et sortit de Jérusalem. Son frère Simon le rejoignit pour lui prêter main forte. On dressa le camp devant Joppé, dont les habitants avaient fermé les portes, car il y avait là une garnison d'Apollonios. Le combat commença. Pris de peur, les habitants ouvrirent les portes et Jonathan se rendit maître de Joppé.

Quand il apprit cela, Apollonios déploya trois mille cavaliers et une troupe nombreuse. Il se dirigea vers Azote, comme pour traverser le pays, tandis qu'en même temps il s'avançait dans la plaine, confiant dans le grand nombre de ses cavaliers. Les armées engagèrent le combat. Or, Apollonios avait laissé à l'arrière mille cavaliers en embuscade. Jonathan fut informé de ce piège dressé derrière lui. Les cavaliers encerclèrent son armée et lancèrent des flèches sur ses hommes du matin jusqu'au soir. Mais ils tinrent bon, comme Jonathan l'avait ordonné.

C'est alors que Simon entraîna son armée et attaqua les bataillons adverses, dont la cavalerie était épuisée. Les ennemis furent écrasés par Simon et s'enfuirent. La cavalerie se dispersa dans la plaine. Les fuyards parvinrent à Azote et pénétrèrent dans le sanctuaire de Dagon, leur idole, pour y trouver le salut. Mais Jonathan incendia Azote et les villes d'alentour. Il ramassa le butin et livra au feu le temple de Dagon avec ceux qui s'y étaient réfugiés. Près de huit mille personnes périrent par le glaive et par le feu.

Jonathan partit de là et dressa son camp près d'Ascalon. Les habitants de cette ville sortirent à sa rencontre avec de grands honneurs. Puis Jonathan revint à Jérusalem avec ses compagnons. Il ramenait un grand butin.

Lorsque le roi Alexandre fut informé de ces événements, il décerna de nouveaux honneurs à Jonathan. Il lui envoya une agrafe d'or, comme il est d'usage de l'accorder aux parents du roi. Il lui donna également en propriété la ville d'Accaron et tout son territoire.

Commentaire

Un petit commentaire quand même ! Alors, vous avez cette surenchère entre les deux rois, Alexandre et Démétrios, qui essayent de s'attirer les bonnes grâces de Jonathan. Bonne pioche ! Jonathan a choisi Alexandre, qui va gagner le combat. Alors oui, très bien.

En même temps, ça pose une ou deux petites questions, parce que les avantages que Démétrios proposait, c'étaient des avantages pour le peuple. C'était peut-être trop beau pour être vrai, mais c'était le souci du bien commun et la liberté religieuse, qui était quand même le premier motif de la guerre. À la place de quoi, Jonathan préfère quand même Alexandre. Et Alexandre, il ne propose pas du tout la paix religieuse, il ne propose pas des avantages pour le peuple : c'est simplement des honneurs pour Jonathan qu'il propose. C'est quand même étonnant.

C'était le verset 19 :

Nous avons entendu dire de toi que tu es un vaillant guerrier et que tu mérites d'être notre ami.

C'est quoi, ce qui fait la gloire de Jonathan ici ? C'est d'être zélé pour la loi ? C'est de s'occuper de son peuple ? Non, c'est d'être un guerrier. « Et tu mérites d'être notre ami. » Depuis quand, dans la Bible, on est là pour copiner avec le roi des nations ? Surtout quand ce roi s'appelle Alexandre, en souvenir d'Alexandre le Grand. Donc en fait, là, on demande à Jonathan d'être ami d'Alexandre le Grand. Alors évidemment, ça flatte l'ego, mais vous ne pouvez pas commencer une guerre pour lutter contre l'hellénisme pour ensuite devenir ami d'Alexandre. Ça n'a pas de sens.

« C'est pourquoi » — c'est Alexandre qui continue de parler —

à dater de ce jour, nous t'établissons grand prêtre de ta nation.

Mais il n'y a rien qui va. Au moins, ce qui est bien, c'est qu'il n'y a même pas besoin de commentaires : ça, c'est gros comme une maison. Depuis quand la légitimité du sacerdoce dépend des nations adverses ? Et depuis quand le sacerdoce est devenu un enjeu diplomatique, un instrument de gloire personnelle ? Il n'y a rien qui va.

Et on termine en disant :

et nous t'envoyons un manteau de pourpre ainsi qu'une couronne d'or. Tu seras de notre parti et tu nous garderas ton amitié.

L'argent, la gloire, la pourpre impériale. Enfin, quand même. Je vous dis, le père, Mattathias, il est en train de se retourner dans son tombeau quand il voit son fils.

Proverbes 27,11-15

Sois un sage, mon fils, pour ma plus grande joie, et j'aurai de quoi répondre à qui m'insulte.

Bien avisé, celui qui voit le malheur et se met à l'abri ; l'étourdi passe outre, il le paiera.

Quelqu'un s'est-il porté garant pour un tiers ? Saisis son manteau. S'il l'a fait pour des étrangers, prends-lui un gage.

Bénir un ami tôt le matin à grands cris ? Mais autant le maudire.

La gouttière qui ne cesse de couler un jour de pluie et l'épouse querelleuse, c'est tout un. Autant vouloir retenir le vent ou prendre de l'huile avec ses doigts.


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