Jour 381 — Psaume 150
Résumé : Pour clore l'intersaison consacrée aux psaumes avant la reprise du 1er janvier, le frère Paul-Adrien lit le dernier psaume du psautier, le psaume 150. Son commentaire souligne la montée en puissance de la louange dans les derniers psaumes de la Bible, la signification du mot « Alléluia » — dernier mot du psautier et cri de victoire réservé aux psaumes dans l'Ancien Testament — et le caractère incarné de cette liturgie faite de danse, de musique et de corps. Il montre aussi le passage de la liturgie terrestre du temple à la liturgie céleste de la Jérusalem d'en haut, horizon et sens de notre vie. Enfin, il rapproche cette conclusion de la tradition chrétienne de terminer les prières par une doxologie, devenue trinitaire.
Introduction
Avant de reprendre la Bible en un an, et pour des raisons de calendrier, je vous propose aujourd'hui un petit psaume. Courage, ça reprend bientôt, ça reprend le 1er janvier. On avait le premier psaume, le psaume numéro 1. Eh bien, je vous propose maintenant le psaume, le dernier psaume, le psaume 150, pour terminer notre saison, notre intersaison à partir des psaumes, qui est un psaume assez court, qui est très beau, le psaume 150.
Lecture : Psaume 150
Alléluia !
Louez Dieu dans son temple saint. Louez-le au ciel de sa puissance. Louez-le pour ses actions éclatantes. Louez-le selon sa grandeur.
Louez-le en sonnant du cor. Louez-le sur la harpe et la cithare. Louez-le par les cordes et les flûtes. Louez-le par la danse et le tambour. Louez-le par les cymbales sonores. Louez-le par les cymbales triomphantes.
Et que tout être vivant chante louange au Seigneur.
Alléluia !
Commentaire
Et on termine avec ce psaume 150 par la louange. En fait, on ne va pas le voir, mais les derniers psaumes de la Bible, les trois ou quatre derniers psaumes, sont des psaumes de louange, comme si elle devenait de plus en plus forte.
Fun fact : le mot « Alléluia », vous l'avez entendu, c'est le dernier mot du psautier. Vous seriez peut-être étonné de l'apprendre, mais le mot « Alléluia », dans l'Ancien Testament, ne se retrouve que dans les psaumes. Alléluia. Vous reconnaissez le petit diminutif de Yahvé, Dieu. C'est comme un cri de victoire. On vous parlait des actions éclatantes de Dieu. Alléluia, c'est : la victoire appartient à Dieu.
On vous parlait d'une liturgie. Il s'agit de louer avec les cymbales, il s'agit de louer avec les flûtes. On pense évidemment à la liturgie juive traditionnelle dans le temple. On pourrait penser aussi aux différentes facultés de notre âme : louer Dieu par nos actions, louer Dieu par nos mains, par nos yeux.
Vous notez aussi que cette liturgie, c'est non seulement sur terre, mais aussi dans le ciel.
Alléluia ! Louez Dieu dans son temple saint
Jérusalem.
Louez-le au ciel de sa puissance.
Et cette fois-ci, c'est le temple qui n'est pas fait de main humaine, la Jérusalem céleste. C'est un psaume qui vous rappelle votre horizon, le sens de votre vie. Le sens de votre vie, c'est de passer de la liturgie terrestre à la liturgie céleste, et de voir Dieu, et de pouvoir le louer pour les actions qu'il a faites envers les hommes et envers vous en particulier.
C'est aussi quelque chose qui vous parle d'une liturgie incarnée. Il ne s'agit pas simplement de rendre grâce à Dieu en pensant à lui ou en parlant : on vous parle de danse, on vous parle de musique, on vous parle de corps.
Autre fun fact, c'est aussi ce qui a donné une autre tradition, c'est celle de terminer les prières chrétiennes par ce qu'on appelle une doxologie. Alors ici, vous avez une doxologie. La doxologie, c'est dire la gloire — doxa en grec, la gloire. Dire la gloire, louer Dieu pour ses actions éclatantes. Ça, ce sont les doxologies juives. Chrétiens, généralement, à la fin de nos prières, on les remplace par une autre doxologie, cette fois-ci trinitaire : « Gloire au Père, au Fils, à l'Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen. » Mais vous voyez que, de la même manière que nos prières chrétiennes se terminent par une doxologie, le psautier se termine lui aussi par une doxologie.
Bon, ça, c'était notre dernier jour pour méditer les psaumes. Demain, on retourne dans la Bible en un an. Et cette fois-ci, avec le 1er janvier, le premier épisode : on aura réussi à résoudre notre petit décalage. Donc, la vie est belle. Je vous redonne ce dernier psaume pour que, à nouveau, vous puissiez louer Dieu grâce à lui.
Psaume 150
Alléluia !
Louez Dieu dans son temple saint. Louez-le au ciel de sa puissance. Louez-le pour ses actions éclatantes. Louez-le selon sa grandeur.
Louez-le en sonnant du cor. Louez-le sur la harpe et la cithare. Louez-le par les cordes et les flûtes. Louez-le par la danse et le tambour. Louez-le par les cymbales sonores. Louez-le par les cymbales triomphantes.
Et que tout être vivant chante louange au Seigneur.
Alléluia !