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Dialoguer

👁 Contemplation · Ps 5

Sœur Michèle Marchant · Parcours 3 — Pratiquer : la retraite en 6 étapes · diffusé en déc. 2021

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📖 Ce texte à la messe : Lu récemment : Lundi 7 septembre 2026 · lundi, 23ᵉ sem. ordinaire (paire)

En bref : Sœur Michèle vous conduit dans la cinquième étape de la retraite à l'école de saint Ignace de Loyola, celle du « colloque » : ce temps où l'on parle à Dieu comme un ami parle à un ami. En vous appuyant sur le psaume 5, vous préparez votre prière, vous accueillez la présence du Seigneur, puis vous entrez dans le dialogue. Prévoyez un lieu au calme et un vrai temps de silence.

Bonjour à tous, c'est Sœur Michèle du prieuré Saint-Thomas d'Épernon qui vous parle. Très heureuse de poursuivre avec vous ce chemin de retraite sur Radio Grand Ciel. Nous continuons avec « Prie en Chemin », le portail de la spiritualité, à l'école de saint Ignace de Loyola et des jésuites. C'est aujourd'hui notre cinquième étape.

Avec cette cinquième étape, nous arrivons au cœur de la prière selon saint Ignace de Loyola. En effet, après avoir pris le temps de préparer le temps de prière, d'avoir accueilli la présence de Dieu, de lui avoir demandé une grâce particulière et d'avoir écouté avec tout son être sa parole, vient alors un temps de dialogue avec Dieu qu'Ignace nomme le « colloque ».

Un détour par une chanson

Mais je vous invite d'abord à nous préparer en faisant un petit détour par la chanson française. Nous commençons par écouter quelques paroles d'une chanson de Baptiste Hamon. Cette chanson intitulée « Peut-être que nous serions heureux » est un dialogue entre un homme et une femme, rythmé par des « si ».

Si tu savais marcher avec moi dans l'oubli, si tu savais m'étreindre comme un enfant la nuit, si tu prenais ma main lorsque pleurent mes yeux, peut-être que nous serions heureux.

Si tu savais danser sur les lignes du temps, si tu pansais mes peines qu'affaiblit le printemps, si tu pouvais comprendre que je suis amoureux, peut-être que nous serions heureux.

Voici peut-être un de ces psaumes modernes où nos contemporains expriment quelque chose de leurs désirs les plus profonds. Dans ce cas précis, un appel au bonheur. C'est un appel à la joie, mais qui semble retenu à une décision personnelle à prendre, un acte de foi en l'autre. Il en est de même pour la prière : j'y parle à Dieu, dans un acte de foi en Lui. Bien sûr, vous pourrez retrouver les paroles de cette chanson sur le site de Radio Grand Ciel.

Se préparer

Comme les autres fois, d'abord, je prépare ma prière. Avec soin, je choisis mon lieu de prière : à la maison, au bureau ou au travail, dans une chapelle, à l'église, en fonction de mon agenda, du lieu, qui peut varier.

Puis, je fixe la durée. Si vous débutez dans la prière, prenez 20 minutes. Si vous avez déjà suivi une retraite, prenez 30 minutes, peut-être 45 minutes.

Et puis, je prends mes dispositions pour être au calme, me protéger des perturbations. Téléphone, alerte mail sont désactivés. J'ai ma Bible, ma montre. Je vais peut-être trouver qu'il me faut un environnement convivial. Pourquoi ne pas se créer un petit coin de prière ? Y a-t-il assez de lumière ? Je peux préparer une bougie, placer une icône ou une croix, ou une image que j'aime bien. Et si je suis devant mon ordinateur ou ma tablette, je peux mettre une image qui me porte à la prière.

Accueillir la présence de Dieu

En toi, Seigneur, j'ai mis ma confiance.

Avec les mots qui viennent de mon cœur, j'accueille la présence de Dieu auprès de moi. Il est là et me regarde, avec le regard d'un Père qui m'aime tel que je suis : avec mes talents, mes travers, mes joies, mes peines, mes forces et mes faiblesses. C'est moi tout entier qu'il aime, comme je n'ai jamais été aimé.

Je prends un instant pour accueillir ce regard. Que tout ce que je suis soit dirigé vers toi, Seigneur. Je t'accueille avec mon histoire, mon être, avec mes désirs. Je t'accueille avec mon passé, mon présent et mon futur.

(Temps de silence.)

Demander la grâce

Puis, je lis le texte qui m'est donné aujourd'hui. Il s'agit d'un psaume. Avec le priant d'il y a 3000 ans, je me tourne vers Dieu. Je lui demande la grâce de rester en éveil avec lui tout au long de ma prière.

En toi, j'ai mis ma confiance.

Le texte : Psaume 5

Écoute mes paroles, Seigneur, comprends ma plainte. Entends ma voix qui t'appelle, ô mon Roi et mon Dieu. Je me tourne vers toi, Seigneur, au matin, tu écoutes ma voix. Au matin, je me prépare pour toi et je reste en éveil.

Tu n'es pas un Dieu ami du mal, chez toi le méchant n'est pas reçu. Non, l'insensé ne tient pas devant ton regard. Tu détestes tous les malfaisants, tu extermines les menteurs. L'homme de ruse et de sang, le Seigneur le hait.

Pour moi, grâce à ton amour, j'accède à ta maison. Vers ton temple saint, je me prosterne, saisi de crainte. Seigneur, que ta justice me conduise : des ennemis me guettent. Aplanis devant moi ton chemin.

Rien n'est vrai dans leur bouche, ils sont remplis de malveillance. Leur gosier est un sépulcre béant et leur langue un piège. Dieu, traite-les en coupables, qu'ils échouent dans leurs projets. Pour tant de méfaits, disperse-les, puisqu'ils te résistent.

Allégresse pour qui s'abrite en toi, joie éternelle. Tu les protèges, pour toi ils exultent, ceux qui craignent ton nom. Toi, Seigneur, tu bénis le juste. Du bouclier de ta faveur, tu le couvres.

Prier avec le psaume

Ce psaume est une supplication individuelle au matin, qui fait allusion à la liturgie d'entrée dans le temple. Cette liturgie se déroulait à la porte du temple de Jérusalem. C'est le matin, et dans la Bible, c'est le moment des faveurs divines : l'aurore et la lumière symbolisent le salut.

D'abord, je regarde le Seigneur. Toi, Dieu, qui es-tu pour moi aujourd'hui ? Tu n'es pas un Dieu ami du mal. Tu protèges ceux qui s'abritent en toi. Tu bénis le juste, tu le couvres de ta faveur. Je poursuis ma prière avec mes propres mots.

Puis je regarde ma vie. Je repère l'action de ton amour dans ma vie. Pour moi, grâce à ton amour, j'accède à ta maison ; vers ton temple saint, je me prosterne. J'accueille ce qui vient en moi. J'y reste tant que j'y ai du goût.

(Temps de silence.)

Je regarde aussi les ennemis. Oui, des ennemis me guettent. Je peux les nommer devant Dieu : le méchant, l'insensé, les malfaisants, les menteurs, l'homme de ruse et de sang. Ma prière peut se faire supplication pour moi, pour ceux que j'aime, face à ces ennemis ; prière de supplication pour l'humanité.

(Temps de silence.)

Puis je peux aussi recueillir le bonheur des fidèles, don de Dieu à ces fidèles. Je me donne le temps de reconnaître ce bonheur dans ma vie. Allégresse pour ceux qui s'abritent en toi, joie éternelle. Tu les protèges, et pour toi ils exultent, ceux qui aiment ton nom. Toi, Seigneur, tu bénis le juste ; du bouclier de ta faveur, tu le couvres.

(Temps de silence.)

J'achève ma prière en laissant revenir à ma mémoire un mot ou un verset du psaume que j'ai particulièrement goûté et qui m'habitera aujourd'hui.

Le colloque

Et finalement, je termine ma prière. Pour clore ma prière, je parle à Dieu ou à Jésus comme un ami parle à un ami, mais aussi comme un serviteur parle à son maître. Ce sont les expressions de saint Ignace. Je lui partage ce qui est venu dans la prière, avec une grande confiance mais aussi un grand respect.

Je vous l'ai dit en commençant : avec la cinquième étape de notre retraite, nous arrivons au cœur de l'oraison selon saint Ignace de Loyola. Nous avons pris le temps de préparer le temps de prière, d'accueillir la présence de Dieu, de lui demander une grâce particulière et d'écouter avec tout notre être sa parole. Vient maintenant ce temps de dialogue qu'Ignace nomme le colloque. Pour Ignace, il s'agit là de la fine pointe de la prière, le but de tout ce qui précède : parler à Dieu comme un ami parle à un ami, ou comme un serviteur à son Seigneur, pour lui partager ce qui nous préoccupe, ce que nous avons pu découvrir de nouveau dans l'oraison, pour lui demander une grâce particulière.

Ignace dit « comme un ami parle à un ami ». Pourquoi ? Parce que, par l'incarnation du Fils, Dieu s'est fait définitivement connaître en Jésus-Christ comme celui qui marche à nos côtés, connaît pleinement notre condition humaine. C'est donc à un compagnon de route que nous pouvons nous adresser, à un ami avec qui nous partageons le pain, les joies, les peines. Cette proximité nous appelle à un langage simple, débarrassé de fioritures, le langage de ce qui nous monte du cœur. C'est à un frère et ami que nous nous adressons.

Mais Ignace ajoute tout de suite : « comme un serviteur parle à son Seigneur ». Parce que, en même temps, c'est à celui qui a tout créé, de qui je tiens l'être et la vie, que je m'adresse. C'est donc avec un infini respect que je me présente et parle à Dieu.

En toi, j'ai mis ma confiance.

Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.