Écouter
👁 Contemplation · Jn 10, 11-18 ; Ps 22
Sœur Michèle Marchant · Parcours 3 — Pratiquer : la retraite en 6 étapes · diffusé en nov. 2021
🎧 Écouter sur Radio Grand Ciel📖 Ce texte à la messe : Dimanche 11 octobre 2026 · 28ᵉ dim. ordinaire A
En bref : Sœur Michèle vous guide dans la quatrième étape de cette retraite : écouter. Après avoir préparé votre prière et accueilli le regard du Père, vous entrez dans la parabole du bon Pasteur pour y contempler la scène, les personnages et leurs paroles. Une contemplation à la manière de saint Ignace, jusqu'au dialogue final avec le Seigneur.
Bonjour à tous. De nouveau, Sœur Michèle est avec vous, très heureuse de vous retrouver pour cette quatrième étape de notre retraite. Nous poursuivons avec Prie en Chemin, le portail de la spiritualité à l'école d'Ignace de Loyola et des jésuites. La première étape s'appelait « S'arrêter », la deuxième « Accueillir », la troisième « Demander ». Notre quatrième étape, aujourd'hui, s'appelle « Écouter ».
Se préparer
D'abord, je prépare ma prière. Avec soin, je choisis mon lieu de prière : à la maison, au bureau ou au travail, dans une chapelle, à l'église. Ce sera en fonction de mon agenda ; le lieu peut varier.
Puis je vois la durée. Si vous débutez dans la prière, prenez vingt minutes. Vous avez déjà suivi une retraite ? Prenez trente minutes ou quarante-cinq minutes.
Et je prends les dispositions pour être au calme, me protéger des perturbations : mon téléphone et les alertes mail sont désactivés. J'ai ma Bible. Ma montre.
Accueillir la présence
Me voici pour un instant en silence devant toi. Me voici vers toi. Les bras tellement chargés des soucis de ma journée, je les dépose.
Avec les mots qui viennent à mon cœur, j'accueille la présence de Dieu auprès de moi. Il est là, et me regarde avec le regard d'un Père qui m'aime tel que je suis : avec mes talents et mes travers, mes joies et mes peines, mes forces et mes faiblesses. C'est moi tout entier qu'il aime, comme je n'ai jamais été aimé. Je prends un instant pour accueillir ce regard.
Que tout ce que je suis soit dirigé vers toi, Seigneur. Je t'accueille. Je t'accueille avec mon histoire, mon être, ainsi que mes désirs. Je t'accueille avec mon passé, mon présent et mon futur.
Demander la grâce
Au début de ce temps de prière, me préparant à écouter la voix du Seigneur qui va me parler à travers une histoire de berger, je demande au Père de me disposer à recevoir ce que Jésus veut me donner.
Le texte : Jean 10, 11-18
Moi, je suis le bon berger, le vrai berger qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n'est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur. Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m'aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, j'ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père.
Se rappeler l'histoire
Après la lecture, je me rappelle l'histoire. Ce discours de Jésus fait partie d'une longue parabole appelée « parabole du berger » ou « du bon pasteur ». Ce discours fait tout le chapitre 10 de saint Jean. Jésus s'y adresse aux Juifs de Jérusalem. À la fin de ce discours, Jean nous raconte que ces paroles provoquèrent à nouveau la division parmi les Juifs : beaucoup d'entre eux disaient même que Jésus est un possédé. C'est dire la force des paroles de Jésus.
Voir le lieu
Je vois le lieu. Cette parabole s'appuie sur ce que Jésus ne cesse de voir dès qu'il quitte les villages et sillonne les campagnes de Judée et de Galilée : des troupeaux de brebis, des pasteurs qui les guident, des voleurs qui les pillent, des loups qui les dévorent. Je me représente ce pays : des collines, des ravins et des plaines, des bergeries et des cabanes de bergers.
Contempler les personnes
Je contemple les personnes. Les bergers d'abord : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger », et puis le berger mercenaire. L'un est bon, l'autre ne travaille que pour l'argent. Bien voir ces deux pasteurs.
Parmi les personnages, il y a aussi Dieu. Jésus et le Père se connaissent. Jésus parle de sa vie, de sa mort — donner sa vie — et de sa résurrection. Bien voir les relations qui unissent le Père et Jésus : le Père m'aime parce que je donne ma vie.
Et voir aussi les brebis, c'est-à-dire nous tous. Bien voir ainsi l'humanité entière. Ces personnages sont en fait les acteurs de l'histoire du monde.
Écouter ce qu'ils disent
Et puis j'écoute ce qu'ils disent. J'entends comment sont qualifiées les relations entre les bergers et les brebis. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis ; le berger mercenaire, les brebis ne lui appartiennent pas : écoutez la différence.
J'entends comment Jésus parle de ses brebis et comment il parle de son Père : « Je connais mes brebis, mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père. » Écoutez la similitude.
J'entends comment Jésus se soucie des autres, de ceux qui sont ailleurs : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les conduise. » Écoutez la confiance.
J'écoute enfin comment Jésus désire entrer en dialogue avec moi. Je repère comment je peux reconnaître sa voix quand il me parle.
Regarder ce qu'ils font
Je regarde aussi ce qu'ils font. Qu'est-ce qu'ils font ? Jésus ne fait qu'une seule chose, et il le dit cinq fois : « Je donne ma vie. » Me croire destinataire de cette action.
Le mercenaire et le loup ont une action contraire au vrai berger : « S'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. » Me méfier de ceux qui agissent ainsi.
Je regarde aussi l'impératif de Jésus : « Il faut que je les conduise. » C'est la mission reçue du Père. Demeurer dans la confiance : Père et Fils agissent de concert pour mener tout homme vers la vie.
Le colloque
À la fin de ma prière, je parle à Dieu ou à Jésus comme un ami parle à un ami, mais aussi comme un serviteur parle à son maître. Je lui partage ce qui est venu dans la prière, avec une grande confiance mais aussi un grand respect.
Prière finale
Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. Il me conduit par le juste chemin, pour l'honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.