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La volonté de Dieu

🎓 Enseignement · Lc 12, 22-31 ; Mt 25, 31-46

Enseignements et témoignages · diffusé en janv. 2020

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📖 Ce texte à la messe : Dimanche 22 novembre 2026 · Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers

En bref : Qu'est-ce que « la volonté de Dieu » ? À partir d'un souvenir d'hôpital et du livre de Bruno Régent, cette émission écarte l'image d'un Dieu qui déciderait tout à votre place. Elle cherche cette volonté du côté de l'Évangile, dans le service du frère, et jusque dans la kénose du Christ. Vous êtes invités à y reconnaître le désir de vie que Dieu a mis au fond de votre cœur.

Bonjour. Pour cette émission « La foi, chemin de liberté », je me suis posé la question : la volonté de Dieu, c'est quoi ?

Une visite à l'hôpital

Il y a quelques années, j'accompagnais ma mère à l'hôpital. Peu après, elle s'était perdue dans les couloirs — ma mère avait la maladie d'Alzheimer, ou quelque chose d'apparenté. Elle a été ramenée par une jeune femme portant fièrement un crâne chauve. « Il y a pire que ma mère », pensais-je. Mais ma stupeur fut de reconnaître une paroissienne que le crabe dévorait. Cette jeune femme que j'avais croisée à l'église était, elle aussi, à l'hôpital. Je suis allée la visiter, mais elle m'a éconduite : « Je suis trop fatiguée. » Elle s'était confiée à l'aumônier.

C'était quoi, cette volonté de Dieu qui laisse mourir les jeunes femmes et retomber en enfance les vieilles dames ?

Alors, la volonté de Dieu, c'est quoi ? Devant ce mal qui environne, l'absurdité de la vie qui jaillit de toutes parts et semble condamner à l'échec toute tentative vers le bien, vers le beau, vers le bon. De quoi se demander : est-ce que je ne rêve pas ? Est-ce que l'utopie du règne de Dieu n'est pas une chimère ?

Et puis, sans rire, peut-on imaginer que Dieu s'occupe de tout, compte les cheveux de ma tête, a ouvert un grand livre pour peser les tablettes de chocolat englouties quand j'étais petite, ou capitaliser la souffrance des enfants d'Izieu envoyés vers la mort ? C'est quoi, la volonté de Dieu ? Et si ce n'était pas dans ce chantier-là qu'il faut la chercher ?

Liquider une fausse image

Avec l'aide de Bruno Régent, dans son livre « De la vie spirituelle », liquidons cette fausse représentation. L'expression « volonté de Dieu » n'est donc pas si simple à comprendre, puisqu'elle ne veut pas dire qu'il y aurait quelqu'un, peut-être Dieu, qui aurait une volonté extérieure à moi et qui s'imposerait à mon agir pour qu'il soit bien.

Dieu a une volonté. Il n'est pas indifférent à tout. Il aime la vie, et il désire ardemment que tout, dans la création, honore la vie, la bonté, la relation. C'est quoi, la volonté de Dieu ? Il a mis en chacun, en sa conscience, cette petite flamme, au fond, qui aide à choisir entre ce qui mène à la mort et ce qui mène à la vie, entre ce qui favorise la relation et ce qui la pourrit.

En fait, Dieu ne veut rien. Il n'y a pas un extérieur — la volonté de Dieu — et un intérieur — la volonté propre de chacun. Il y a, à chaque moment, à désirer, à décider de la parole à dire, du geste à poser, des occupations, des engagements. Et c'est dans le concret qu'il y a à choisir ce qui favorise la vie. Cheveux courts ou longs, poireau ou café, là n'est pas la question.

La volonté de Dieu, c'est de choisir, au plus profond de soi, sa volonté. C'est de réaliser avec cœur ce que je suis, avec mes capacités, avec mon histoire, avec mes goûts. C'est sentir vers où penche l'appel à vivre pleinement l'Évangile, pour le service de l'Église et de l'humanité.

Comment se fait ce discernement de la volonté de Dieu ? Peut-être par ce dialogue intime et mystérieux entre l'Esprit qui habite le cœur de chacun et les personnes et les moyens privilégiés par Dieu depuis la création : sa Parole, la prière, les personnes rencontrées, les amis dans le Seigneur. Et puis, cette volonté de Dieu débouche sur un agir, un accomplissement, des actes.

Du côté de l'Évangile

Ne nous posons pas trop de questions et regardons du côté de l'Évangile. En Luc, Jésus nous dit :

Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps ; car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement.

Et il nous propose de considérer les oiseaux, qui ne sèment ni ne moissonnent, qui n'ont ni cellier ni grenier, et que Dieu nourrit. « Combien plus valez-vous que les oiseaux ! », nous dit-il, et il nous propose de chercher son Royaume — et le reste nous sera donné par surcroît.

Le mal, la kénose du Christ

Pourtant, autour de nous, le mal environne. Ce mal devant lequel des amis interrogent : « Où est-il, ton Dieu ? » Ou bien, devant cette souffrance de l'enfant malade : Dieu est peut-être avec cet enfant, avec ses parents, mais le mal, lui, est bien là, et il fait souffrir. Il est à combattre.

Combattre : c'est un terme de guerre, de militaire, avec des drapeaux, des clairons, pour triompher de l'ennemi. Mais la volonté de Dieu ne semble pas là non plus.

Comment accepter un Dieu qui, dans sa miséricorde, détaché de tout, si faible, si vain, se rapproche du néant ? Il s'est vidé de son pouvoir, et il se fait l'homme pendu sur la croix — la kénose du Christ, dans le jargon des théologiens. Mais je m'en fiche, de cette kénose ! C'est peut-être un mystère, même si je comprends que, dans la nuit, Dieu vient vers moi, vers chacun de nous, dans cette humanité, dans cette infra-humanité, dans cette misère qui nous colle. Lui qui veut la beauté, la bonté, ne substitue pas sa volonté à celle de l'humanité ; mais, même lorsque tout est perdu, il est là, pour nous rendre capables de Dieu.

Le jugement dernier selon Matthieu

Elle est peut-être à chercher de façon plus discrète. C'est en saint Matthieu que se trouvent d'autres pistes. Dans la présentation du jugement dernier, il nous dit :

J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi.

Donc la volonté de Dieu, c'est peut-être de faire, justement, pour l'autre : l'avoir vêtu, visité. Elle est pourtant assez difficile à déceler.

Et puis, quelquefois, nous n'avons pas envie de faire cette volonté de Dieu.

Volonté de Dieu, volonté propre

À l'inverse de la volonté de Dieu, la volonté propre — ma volonté — c'est mon côté têtu et égoïste, qui veut être indépendant, qui aspire à la tranquillité, au bien-être, sans prendre en considération plus loin que soi-même.

Il y a un combat entre la volonté de Dieu et la volonté propre, la vie étant du côté de ce qui favorise les relations, le service. On a vu, dans l'Évangile, cette visite aux malades, cette nourriture pour les affamés... alors que la volonté propre n'est peut-être pas à chercher dans ce service de l'autre.

Il y a donc ce combat entre un extérieur — la volonté de Dieu — et un intérieur — la volonté propre. Mais ce combat est dans le cœur de chacun, la volonté de Dieu étant celle qui se glisse au fond du cœur et qui nous dit : « Allez, avance, va vers toi-même, rencontre et sers les autres. »

Ce que je vais faire, Dieu ne le sait pas encore à l'avance. Il attend, il espère ce que je vais inventer, et, selon les cas, s'en réjouit si j'adhère à sa volonté, ou s'en attriste si je m'en éloigne. Adhérer à la volonté de Dieu ouvre à la joie, à la paix, tout en ayant une dimension de sacrifice de son autonomie.

Bien sûr, cette volonté de Dieu débouche sur un agir, un accomplissement, des actes. Mais elle est d'abord un esprit à habiter : que le désir de vie de Dieu soit bien mon désir, à la source de mes décisions.

Peut-être, simplement, rappeler la prière scoute.

Transcription de l'émission Foi, chemin de liberté, produite et diffusée par Radio Grand Ciel (Chartres). L'écoute reste la référence : épisode original.